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Apprendre le dessin de mode, le croquis de mode et à illustrer ses créations.
Ce deuxième volet de la série « Étapes de mode » se concentre sur les outils du dessin de mode. Apprendre à dessiner ses créations en commençant par la compréhension du corps humain et sa stylisation en dessin. Chacun y trouvera matière à exprimer sa créativité à travers les bases du dessin de mode féminin, masculin et enfant. Imaginer les différentes poses et le dessin sur la silhouette pour en exprimer les techniques avec les bases du dessin de vêtement à plat. Apprendre le vocabulaire, les formes et les détails des trois secteurs du vêtement.
À PROPOS DES AUTEURES
Diplômée d’Esmod Paris en 1987, puis styliste, chef de produit, coordinatrice de collection durant 14 ans,
Sylvie Fagegaltier rejoint l’enseignement au sein du groupe Esmod en 2001. Depuis Septembre 2013 ses nouvelles fonctions de direction la conduisent à ESMOD Bordeaux ou elle est également en charge du développement et de la communication de l’école.
Diplomée d'Esmod en 1981 en stylisme, modélisme,
Isabelle Gonnet y dispense depuis de nombreuses années son expérience et ses compétences dans l'enseignement du dessin et du stylisme de mode.
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Seitenzahl: 63
Veröffentlichungsjahr: 2021
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étapes de mode
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SylviefagegaltierIsabelle gonnet
dessins demode
Connaissance du corps
Silhouette de mode
Dessin à plat
Pose de vêtement
table des matières
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Notre appréhension du corps et de sa mise en volume est en lien direct avec notre culture occidentale et son mode de fonctionnement.
La silhouette, symbolique bien plus que réaliste, y est d’abord perçue comme un condensé des caractères types que déve-loppent nos sociétés.
Maternité, fécondité, procréation, protection, sont ainsi les termes réservés à la forme féminine ; tandis que virilité, force, puissance, pouvoir, lignée, sont ceux, évocateurs du masculin. La figure, dessinée, n’a pas alors grand chose à voir avec la réalité. Elle ne se réfère, ni à un « canon » esthétique, ni à une recherche purement anatomique. Elle y est plutôt envisagée comme une référence magique.
Remarquons par exemple, que la quasi-totalité des dessins, gravures et sculptures, produits à l’origine de nos sociétés euro-
péennes, mettent en avant des éléments symboles de cette évocation. L’on y retrouve de façon récurrente : les seins, les hanches, le sexe, le ventre, le nombril et les cuisses pour la femme ; le sexe et la cage thora-cique pour l’homme. Le modelé et le dessin y sont alors envisagés comme formes et attributs. Ils y sont souvent perçus comme géométrisés et stylisés, plutôt que comme des éléments naturalistes directement copiés sur un corps.
L’évolution de la représentation de la forme humaine, tend à montrer que la préoc-cupation première change d’orientation et de visées au fil du temps. Elle passe en effet progressivement de cet attachement quelque peu « magique », à une évocation de plus en plus liée à la hiérarchie sociale. Il y est également tenu compte des tissus de nouvelles croyances religieuses, des formes de traditions qui s’élaborent et des « effets de mode » qu’ils induisent.
avant propos
Par Nathalie Réveillé
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Le vêtement semble alors devenir un ex-cellent outil. Il accompagne le corps et en modifie sa visualisation. Il sert en effet tantôt à masquer, tantôt à amplifier, ou à réduire à loisirs certains éléments de la physionomie. Ces mêmes éléments qui, d’ailleurs, au départ, gênaient ou annulaient ces visées sociales et religieuses, deviendront souvent à terme, les formes esthétiques les plus recherchées. Ainsi gommées, ou au contraire mises en avant, ces parties corporelles suggèrent même parfois le lieu privilégié de l’érotique. L’apparition des guimpes, des chasubles, le bandage des seins, l’aspect corseté ou la chevelure « en coiffe » du moyen-âge en sont, par exemple, un témoignage flagrant. N’oublions pas que, dans notre culture chrétienne, le vêtement apparaît, d’une façon symbolique s’entend, en punition, et doit masquer la nudité impudique ; le pêché originel ren-dant désormais le corps non visible, car tentateur.
Il va de soi, qu’à partir de ces éléments clefs, l’esthétique de cette « écriture » du corps (signes - formes - symboles), évolue en fonction de deux critères essentiels :
La séduction, d’une part, qui permettra d’obtenir la confiance de la société et du sexe opposé pour son émetteur et d’en assurer le nom.
Le paraître, d’autre part, qui lui, ouvrira à la reconnaissance sociale et aux statuts qui en dérivent.
Il faut donc distinguer deux degrés de représentations qui se superposent.
Tout d’abord, le corps, tel qu’il est réellement, avec, d’un point de vue anatomique, une évolution en fonction des facteurs naturels et physiques auquel il est soumis.
Puis, dans un second temps, les éléments « de mode » suggérés par les facteurs sociaux et culturels. Ces éléments se tra-vaillent sur la base de la silhouette, soit comme un greffon (en ajout), soit comme une amputation (en retrait).
Le vêtement féminin entre alors particuliè-rement en jeu. Il procède bien évidemment par transformations visuelles (élargissements des hanches, tailles corsetées par exemple). Ces modifications s’opèrent grâce à des outils majeurs tels que : basques, corsets, paniers, vertugadins, crinolines, etc…
Le costume accompagne ainsi l’évolution de la perception de cette nouvelle forme de figure. Finalement, l’on tiendra bien moins compte du corps réel que de l’image véhiculée. Les « effets de modes » accen-tueront et accompagneront ces caractères sociaux plutôt que l’esthétique corporelle du moment. De la perruque fort encom-brante des femmes aux poufs et paniers, des crinolines aux lignes fort cintrées de nos dandys, il nous est fourni maints exemples de ces transpositions. La silhouette ne se façonne plus alors par la visualisation du corps lui-même. Elle rend compte, par exagération ou par atrophie, d’une forme globale, dont les contours extérieurs sont ceux du vêtement. Il suffit d’évoquer une femme du XVIIIe siècle par exemple, pour voir apparaître dans nos esprits, non pas la forme réelle de son corps, mais celle du vêtement dont elle est affublée.
Mais qu’en est-il alors de la représentation et du dessin du corps pour lui-même ?
L’élaboration de certains canons esthé-tiques, tel que celui de la Grèce antique, a eu un impact déterminant sur notre conception du corps et de son modelé.
table des matières
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Basé sur un véritable calcul mathématique, le corps grec devient un idéal de propor-tions. Équilibre et formes parfaites en sont les deux caractéristiques principales. Mais il faut souligner qu’il s’agit là encore d’un idéal de la représentation. La réalité ana-tomique n’y est pas encore entièrement de mise. En revanche, formes, modelés, courbes et volumes y sont sublimés. Le canon grec tient désormais compte du volume du corps dans son ensemble. L’œil semble pouvoir tourner autour parce que la représentation y est envisagée dans un espace perspectif. De plus, la construction anatomique implique désormais que toute parcelle du corps provient de la précédente et induit la suivante. Chaque élément y est traité comme un volume géométrique indé-pendant, distinct, mais clairement adapté et rattaché à un autre.
La Grèce antique est en quelque sorte à envisager comme modèle de référence à notre type de visualisation du corps dessiné. En redécouvrant ses auteurs et ses artistes, à d’autres époques et en d’autres lieux, viendront les progrès et les recherches de certains dessinateurs, peintres et sculpteurs. Botticelli puis Léonard de Vinci et Michel-Ange, en avant-garde, catalysent désormais la manière adéquate de représenter tout ou partie du corps. En plus de « copier-sublimer et idéaliser », « disséquer-analyser et corriger » seront alors trois nouvelles orientations puisées au cœur même des textes et des modèles classiques. De la philosophie néo-platonicienne (Michel-Ange) ainsi que de la visée humaniste de la Renaissance, les artistes tirent un modèle du corps allant de la « gracia » (comme pour Raphaël) à la « teribilita » (comme
pour Michel-Ange). La nouvelle esthétique de la figuration oscille désormais entre la représentation lisse et parfaite, le « monstre de beauté » de certaines figures de Botticelli par exemple, et la « torture » physique ou la torsion suggérée, par l’emprisonnement de l’âme (Michel-Ange).
Les progrès de la médecine, les découvertes scientifiques et les analyses anatomiques joueront également un rôle prépondérant dans l’établissement de nos codes de la silhouette. Le XIXe siècle, néo-classique, prône quant à lui un retour à l’antique et à la proportion. En parallèle, il envisage un dessin plus « réaliste ». La copie est à l’honneur. Le corps, véritable topographie est à la base de l’éducation visuelle. La conception plastique se réfère désormais à un modèle bien réel. Il existe des techniques de dessins particulières, dont la mise aux carreaux est le schéma directeur.
C’est de cette maîtrise anatomique que nous viennent sans aucun doute les des-sins de bases nécessaires aux recherches de style.
