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Devenir saint, c’est accomplir notre vocation au bonheur. L’Évangile – et toute l’Église à sa suite – est catégorique sur ce point : la sainteté est pour tous. Encore faut-il désirer ce trésor. Dans ce livre profond et vivifiant, l’auteur dépoussière les fausses images et nous entraîne dans la grande aventure de la sainteté. Être saint, ce n’est pas atteindre un idéal de perfection, mais consentir joyeusement à ce que nous sommes et nous laisser transformer par Dieu. Plutôt que des recettes toutes faites, ces pages offrent de nombreux exemples, conseils et encouragements pour nous (re)donner le goût de la sainteté et nous accompagner sur ce chemin d’amour et de joie.
À PROPOS DE L'AUTEUR
Marié et père de quatre enfants, Jacques Gauthier est professeur de théologie à l'Université Saint-Paul d'Ottawa. Ce canadien essayiste et conférencier, a publié une trentaine de livres dont les deux succès que sont Les défis du jeune couple (1991) et La crise de la quarantaine (1999). Amoureux de sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, il lui a déjà consacré trois ouvrages.
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Seitenzahl: 97
Veröffentlichungsjahr: 2020
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Jacques Gauthier
Devenir saint
Petit mode d’emploi
Éditions Emmanuel
Conception couverture : © Christophe Roger
Composition : Soft Office (38)
© Éditions de l’Emmanuel, 2020
89, bd Auguste-Blanqui – 75013 Paris
www.editions-emmanuel.com
ISBN : 978-2-35389-808-4
Dépôt légal : 2e trimestre 2020
« La volonté de Dieu, c’est que vous viviez dans la sainteté. »
1 Th 4, 3
« Si je veux ce que Dieu veut, je serai un saint. »
Saint Maximilien Kolbe
« Accepter chaque jour le chemin de l’Évangile même s’il nous crée des problèmes, c’est cela la sainteté ! »
Pape François, Gaudete et exsultate, n° 94
La sainteté est assise au seuil de notre maison, elle frappe à la porte pour faire sa demeure en nous. Elle prend spécialement sa joie chez les exclus de la société, les blessés de la vie, les petits de vertu, les souffrants de partout. Qui pense la posséder lui échappe. On ne peut la saisir qu’avec des mains vides. Elle est comme Dieu, elle s’accueille, tout simplement, avec un cœur d’enfant qui s’en va confiant au souffle de l’Esprit.
Abram était pourtant très âgé lorsque le Seigneur lui apparut et lui dit : « Je suis le Dieu-Puissant ; marche en ma présence et sois parfait. J’établirai mon alliance entre moi et toi, et je multiplierai ta descendance à l’infini » (Gn 17, 1-2). Nous qui sommes de sa descendance, nous allons clopin-clopant, parfois à cloche-pied, sans prendre les autoroutes de la perfection. Nous empruntons des chemins de traverse, ces petites voies d’imperfection que tant de saints et saintes ont chantées.
Ce livre veut aider à redécouvrir la sainteté pour mieux la vivre au quotidien. Elle n’est pas réservée à quelques privilégiés qui mènent une vie extraordinaire, mais à nous qui avons l’impression de reculer sur le chemin. Nous montons en descendant, nous nous élevons en nous abaissant. Qu’on soit premier ou dernier, nous avons la sainteté chevillée au corps depuis le jour de notre baptême.
Mais comment devenir saint, me direz-vous ? Cette question, qui peut sembler d’un autre âge, me paraît capitale, même si nos sociétés sécularisées l’ignorent. Elle touche au sens de la vie et de la mort, à la quête personnelle et communautaire du bonheur et de la justice. Elle renvoie à une transcendance, que l’on appelle Dieu, qui est en nous et qui est plus que nous.
Lors d’une conférence, j’avais demandé aux gens s’ils aspiraient à la sainteté. Personne n’avait répondu, comme si cette question faisait peur, leur rappelait un christianisme moralisateur, rigide, triste. On leur avait peut-être dit que désirer la sainteté, c’était de l’orgueil, alors que c’est plutôt « l’instinct de conservation de l’âme », comme l’écrivait le romancier Gilbert Cesbron. Pour eux, sainteté rimait avec austérité, auréole, canonisation, extase, mortification.
Et vous, que pensez-vous de la sainteté ? Vous la désirez peut-être un peu, sinon vous n’auriez pas ce livre entre les mains. Le pape François évoque ce désir de la sainteté dans son exhortation apostolique Gaudete et exsultate sur l’appel à la sainteté dans le monde actuel. Au dernier paragraphe, il écrit :
J’espère que ces pages seront utiles pour que toute l’Église se consacre à promouvoir le désir de la sainteté. Demandons à l’Esprit Saint d’infuser en nous un intense désir d’être saint pour la plus grande gloire de Dieu et aidons-nous les uns les autres dans cet effort. Ainsi, nous partagerons un bonheur que le monde ne pourra nous enlever (n° 177).
Pour François, la sainteté est un don de l’Esprit que l’on n’accueille pas seul, mais avec d’autres, et qui est lié au bonheur. C’est un cheminement spirituel, personnel et communautaire, « à faire deux à deux », comme dans un couple, où chacun peut être instrument du Christ pour la sanctification de l’autre.
Désirer être saint est un premier pas pour le devenir. Nous sommes appelés par Dieu à devenir ce que nous sommes, des saints et des saintes, car infiniment aimés de lui. La sainteté est notre vocation ultime, le désir profond de notre cœur, qui oriente notre vie et notre action. « N’aie pas peur de la sainteté », répète le pape François, dans la lignée de Jean-Paul II et de Benoît XVI. Elle mène à notre visage intérieur où Dieu demeure.
L’aventure de la sainteté est celle de l’amour et de la joie. Elle n’est pas destinée à une élite, mais à tout le monde ; elle n’est pas hors de nous, mais en nous. Sommes-nous trop raisonnables ou craintifs pour nous priver d’une telle folie ? Ce chemin unique de croissance personnelle et communautaire débouche sur la vie éternelle, dans le sillage du Christ ressuscité. Au fond, disait Léon Bloy, dans la vie « il n’y a qu’une tristesse, c’est de n’être pas des saints ».
Alors, comment vivre la sainteté au quotidien ? Il n’y a pas de recettes, seulement des pistes, qui sont différentes et exigeantes pour chacun. J’en proposerai quelques-unes au fil de ces pages, en m’inspirant de Thérèse de Lisieux et du pape François. Suivre ce parcours de conversion demande à dépoussiérer les images que nous nous faisons de la sainteté, et qui sont tributaires de nos conceptions de Dieu, toujours plus ou moins adéquates.
Le premier chapitre est consacré à l’appel universel à la sainteté, où nous avons à vivre le baptême reçu pour devenir une œuvre d’amour. Au deuxième chapitre, j’évoque la sainteté des gens ordinaires, celle de la classe moyenne, où nous marchons joyeux, sans nous prendre pour des héros et des stars. Ce qui nous amène tout naturellement à la petite voie de Thérèse de Lisieux, accessible à tous. Au quatrième chapitre, nous empruntons un chemin d’imperfection où les derniers sont premiers, et ceux qui s’abaissent sont élevés. Au cinquième chapitre, je me mets à l’écoute du pape François qui nous dit que tout est lié, en Dieu, en nous, dans le monde. Puis je passe en revue quelques ennemis de la sainteté, avant de présenter au septième chapitre les cinq « p », les cinq partages, pour mener une vie sainte : parole, prière, pardon, pain, présence. Au huitième chapitre, je réponds à quelques questions sur la sainteté. Je termine en proposant dix conseils pour devenir saint.
Je vous souhaite bonne route sur ce chemin de la sainteté où nous pouvons changer le monde en y mettant plus d’amour, de compassion et de justice. On y arrive un pas à la fois, chacun à son rythme, selon son originalité, à la suite de Jésus.
L’appel à la sainteté vient de Dieu lui-même. Cet appel est déposé au plus intime de notre être. Il prend différentes expressions : plénitude de vie, perfection dans l’amour, aspiration au bonheur, plus grande humanisation, dépassement de soi, désir de faire le bien… C’est là le plan d’amour du Père pour chacun de ses enfants, fils et filles adoptifs par Jésus Christ. Le pape François mentionne cette vraie vie dès le début de Gaudete et exsultate :
Le Seigneur demande tout ; et ce qu’il offre est la vraie vie, le bonheur pour lequel nous avons été créés. Il veut que nous soyons saints et il n’attend pas de nous que nous nous contentions d’une existence médiocre, édulcorée, sans consistance (n° 1).
Il rappelait ce chemin de la sainteté à un groupe de pèlerins, le 22 avril 2018 :
Dans la sainteté, s’inscrit la pleine réalisation de toutes les aspirations du cœur humain. C’est un chemin qui part des fonts baptismaux et qui amène jusqu’au ciel, et il s’accomplit jour après jour en accueillant l’Évangile dans la vie concrète.
Le concile Vatican II a mis la sainteté à l’honneur en affirmant que « tous sont appelés à la sainteté ». Le pape Jean-Paul II a actualisé cet appel en plaçant la sainteté comme le fondement de tout programme pastoral :
Comme le Concile lui-même l’a expliqué, il ne faut pas se méprendre sur cet idéal de perfection comme s’il supposait une sorte de vie extraordinaire que seuls quelques « génies » de la sainteté pourraient pratiquer. Les voies de la sainteté sont multiples et adaptées à la vocation de chacun. Je remercie le Seigneur qui m’a permis de béatifier et de canoniser ces dernières années de nombreux chrétiens et parmi eux beaucoup de laïcs qui se sont sanctifiés dans les conditions les plus ordinaires de la vie. Il est temps de proposer de nouveau à tous, avec conviction, ce « haut degré » de la vie chrétienne ordinaire : toute la vie de la communauté ecclésiale et des familles chrétiennes doit mener dans cette direction. Il est toutefois évident que les parcours de la sainteté sont personnels, et qu’ils exigent une vraie pédagogie de la sainteté qui soit capable de s’adapter aux rythmes des personnes (Novo millennio ineunte, n° 31).
Le pape Benoît XVI s’est situé en droite ligne de ce programme pastoral. Il a parlé à plusieurs occasions de l’invitation universelle à la sainteté, cette joie profonde « de faire partie de la grande famille des amis de Dieu » (Angélus de la Toussaint 2005). Le pape émérite a donné, de 2006 à 2011, plusieurs catéchèses du mercredi sur les Apôtres, les Pères de l’Église, les saints et saintes du calendrier liturgique.
Dans son exhortation, le pape François montre que la sainteté est l’accueil de l’amour de Dieu dans nos vies :
Nous sommes tous appelés à être des saints en vivant avec amour et en offrant un témoignage personnel dans nos occupations quotidiennes, là où chacun se trouve. Es-tu une consacrée ou un consacré ? Sois saint en vivant avec joie ton engagement. Es-tu marié ? Sois saint en aimant et en prenant soin de ton époux ou de ton épouse, comme le Christ l’a fait avec l’Église. Es-tu un travailleur ? Sois saint en accomplissant honnêtement et avec compétence ton travail au service de tes frères. Es-tu père, mère, grand-père ou grand-mère ? Sois saint en enseignant avec patience aux enfants à suivre Jésus. As-tu de l’autorité ? Sois saint en luttant pour le bien commun et en renonçant à tes intérêts personnels (Gaudete et exsultate, n° 14).
Tenter de définir la sainteté, c’est vouloir cerner le mystère de Dieu et, par conséquent, le mystère de l’homme. Dieu s’est fait parole dans le monde et visage en l’être humain. Quelle image pourrait bien le représenter, sinon celle qu’il a déjà livrée, l’homme et la femme, créés à son image (cf. Gn 1, 27) ? C’est après avoir créé Adam et Ève qu’il se reposa le septième jour, car il avait trouvé en leur cœur le lieu de son repos.
Mais le cœur humain est compliqué. Il est libre d’être le rival de Dieu ou son partenaire, de l’ignorer ou de l’aimer, de le voir comme un Père tendre ou comme un Dieu vengeur. C’est un risque que Dieu a pris en créant l’homme libre, mais que serait l’amour sans cette liberté ? Et l’être humain continue toujours de s’inventer un Dieu à son image, oubliant si souvent le premier regard d’amour par lequel il fut engendré. Et pourtant, c’est en choisissant d’aimer Dieu le Père comme un fils dans le Fils Jésus, que l’homme trouve sa pleine liberté.
Créés à l’image du Dieu trois fois saint, nous sommes appelés à lui ressembler. « Soyez saints pour moi, car moi, le Seigneur, je suis saint » (Lv 20, 26). Saints, ne le sommes-nous pas depuis le jour de notre baptême, où nous avons été plongés dans la mort et la résurrection du Christ, participant ainsi à la sainteté même de Dieu ? Saint Paul nous le rappelle dans ses lettres : « À vous qui êtes appelés à être saints » (Rm 1, 7) ; « Il nous a choisis, dans le Christ, avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints, immaculés devant lui, dans l’amour » (Ep 1, 4) ;
