Erhalten Sie Zugang zu diesem und mehr als 300000 Büchern ab EUR 5,99 monatlich.
À travers la Bible et l’expérience des saints, l’auteur nous entraîne dans un savoureux voyage à la découverte du monde invisible des anges. Loin des représentations désuètes ou ésotériques, les anges sont des créatures bien réelles qui tiennent une place essentielle dans le plan d’amour divin : ils adorent Dieu nuit et jour, le servent fidèlement et ont reçu la belle mission de nous accompagner vers lui sans relâche.
À PROPOS DE L'AUTEUR
Marié et père de quatre enfants, Jacques Gauthier est professeur de théologie à l'Université Saint-Paul d'Ottawa. Ce canadien essayiste et conférencier, a publié une trentaine de livres dont les deux succès que sont Les défis du jeune couple (1991) et La crise de la quarantaine (1999). Amoureux de sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, il lui a déjà consacré trois ouvrages.
Sie lesen das E-Book in den Legimi-Apps auf:
Seitenzahl: 93
Veröffentlichungsjahr: 2020
Das E-Book (TTS) können Sie hören im Abo „Legimi Premium” in Legimi-Apps auf:
Jacques Gauthier
En présence des anges
Découvrir le monde invisible
Éditions Emmanuel
Conception couverture : © Christophe Roger
Composition : Soft Office (38)
© Éditions de l’Emmanuel, 2020
89, bd Auguste-Blanqui – 75013 Paris
www.editions-emmanuel.com
ISBN : 978-2-35389-810-7
Dépôt légal : 2e trimestre 2020
À mon ange gardien.
« De tout mon cœur, Seigneur, je te rends grâce : tu as entendu les paroles de ma bouche. Je te chante en présence des anges. »
Ps 137, 1
« Comment est ma relation avec cet ange que le Seigneur a envoyé pour me garder et m’accompagner en chemin, et qui voit toujours le visage du Père qui est aux cieux ? »
Pape François, 2 octobre 2014
L’écrivain anglais Chesterton disait avec humour : « Si les anges volent, c’est parce qu’ils se prennent eux-mêmes à la légère. » On peut dire qu’aujourd’hui ils ne pèsent pas lourd dans la balance du scepticisme et du nihilisme ambiants. Ces créatures spirituelles, ailées ou non, suscitent habituellement un sourire moqueur de la part d’esprits cartésiens qui ne jurent que par la science et la technologie. Ce que déplorait le philosophe Michel Serres dans La Légende des anges : « Nous avons chassé tous les anges de nos campagnes, où ils n’entonneront plus l’hymne des cieux. »
Pour certains, les anges appartiennent au monde mythique de la fable et de la pensée magique. Ce ne sont que des personnages imaginaires issus de projections symboliques que les sciences humaines, comme la psychanalyse, peuvent expliquer. Devant l’omniprésence des écrans, des machines et des robots, on ne s’intéresse guère à eux. L’insistance est mise sur le « voir », non sur le « croire ». Leur présence mystérieuse est reléguée dans un « invisible » irréel, trop différent du monde dans lequel nous vivons.
Pour d’autres, les anges sont bien là, mais pas forcément dans les églises et les institutions religieuses. On les retrouve sur Internet, dans des boutiques de santé, à la librairie, au rayon « ésotérisme ». On en fait des bibelots, des calendriers, des affiches, des films. Ce phénomène traduit une quête spirituelle et un besoin de croire en l’au-delà. On organise des séances pour communiquer avec eux, connaître leurs noms, s’assurer une bonne réincarnation, sans trop savoir de quel esprit il s’agit. Ces pratiques n’ont rien à voir avec la tradition chrétienne, même si elles en empruntent certains éléments.
Pour l’Église, les anges sont des créatures bien réelles, qui nous protègent et qui intercèdent pour nous. Ils n’existent pas pour eux-mêmes, mais en fonction de Dieu et de son dessein d’amour pour les humains. Ils ne lui portent pas ombrage, puisqu’ils sont les ambassadeurs de sa transcendance, associés et soumis au Christ dans son œuvre de salut.
L’existence des êtres spirituels, non corporels, que l’Écriture Sainte nomme habituellement anges, est une vérité de foi. Le témoignage de l’Écriture est aussi net que l’unanimité de la Tradition (Catéchisme de l’Église catholique, n° 328).
En 2019, les éditions Novalis m’ont demandé d’écrire un opuscule sur les anges pour répondre aux questions des lecteurs1. J’ai constaté assez vite que je ne pouvais pas dire tout ce que je voulais en si peu de pages. C’était comme un hors-d’œuvre qui me laissait sur mon appétit, avant de passer au plat principal. J’ai donc repris les grandes lignes du livret précédent et ajouté de nouveaux chapitres. D’où la parution de ce livre, qui est un rapide tour d’horizon de la présence des anges dans la Bible et la liturgie, l’histoire et la théologie, la spiritualité et l’expérience des saints.
Partons donc à la découverte et à la rencontre de ces compagnons célestes qui ont une place particulière dans le plan divin et dans la création. Ils adorent Dieu, le servent fidèlement, et nous guident vers lui, de notre naissance jusqu’au jour de notre mort. « Il donne mission à ses anges de te garder sur tous tes chemins » (Ps 90, 11).
1. Jacques GAUTHIER, Les anges existent-ils vraiment ?, Montréal, Novalis, coll. « La vie en questions », 2020, 32 pages.
Nous professons dans le Symbole des apôtres que Dieu est « le Créateur du ciel et de la terre, de l’univers visible et invisible ». S’il y a des anges, c’est parce qu’il y a un Dieu, et s’ils sont saints, c’est parce qu’il est la source de toute sainteté.
Chaque ange est créé unique et original, mais qui sont-ils vraiment ? Le Compendium du Catéchisme de l’Église catholique en donne cette définition éclairante :
Les anges sont des créatures purement spirituelles, incorporelles, invisibles et immortelles, êtres personnels doués d’intelligence et de volonté. Contemplant sans cesse Dieu face à face, ils le glorifient, le servent et sont ses messagers dans l’accomplissement de la mission du salut pour tous les hommes (n° 60).
« Ange » vient du mot hébreu mal’ak qui signifie messager, ce qui donne angelos en grec, angelus en latin. Si la nature de l’ange est d’être un esprit, il se définit plus par ses fonctions : adorateur, serviteur et messager de Dieu. « Les anges ne sont-ils pas tous des esprits chargés d’une fonction, envoyés pour le service de ceux qui doivent avoir en héritage le salut ? » (He 1, 14).
La première fonction des anges est l’adoration et la contemplation de Dieu. Parfaitement heureux, car ils reçoivent sans cesse l’amour de Dieu, ils lui rendent cet amour par leur adoration et leur fidélité. « Vous, les anges du Seigneur, bénissez le Seigneur : À lui, haute gloire, louange éternelle ! » (Dn 3, 58).
La deuxième fonction est de servir Dieu et d’aider les hommes à le prier, à vivre en communion avec lui. Ils nous aiment sans condition, de cette tendresse que Dieu a pour nous. Ils méritent notre accueil, notre affection et notre respect. « N’oubliez pas l’hospitalité : elle a permis à certains, sans le savoir, de recevoir chez eux des anges2 » (He 13, 2).
La troisième fonction de ces esprits bienheureux est de protéger les hommes, de les soutenir dans l’épreuve et de les encourager à faire la volonté de Dieu. Leur joie est grande lorsqu’un pécheur se repent, dit Jésus : « Ainsi je vous le dis : Il y a de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se convertit » (Lc 15, 10).
Amis, pédagogues et compagnons de route, les anges sont les ambassadeurs de Dieu, les « invincibles porteurs de ses ordres, attentifs au son de sa parole » (Ps 102, 20). Ils donnent force et lumière si nous acceptons de nous laisser éclairer par eux. Mais attention à l’angélisme, cette tentation qui nous guette dans la vie spirituelle. Celui-ci se manifeste par un excès de pureté qui rabaisse le corps et dévalorise les réalités terrestres, nous avertit Pascal dans ses Pensées : « L’homme n’est ni ange ni bête, et le malheur veut que qui veut faire l’ange fait la bête » (éd. Brunschvicg, n° 358).
Les anges font partie du plan d’amour de Dieu, mais ils sont limités et faillibles, au point que certains, appelés démons ou esprits mauvais, se sont révoltés contre lui. Mais à l’origine, il n’y a pas deux principes, l’un bon (Dieu), l’autre mauvais (Satan). Les esprits mauvais sont des êtres bons, créés par Dieu, qui se sont pervertis. « Le diable et les autres démons ont certes été créés par Dieu naturellement bons, mais c’est eux qui se sont rendus mauvais » (concile de Latran IV en 1215).
En se révoltant contre Dieu, les anges déchus se sont eux-mêmes condamnés à l’enfer, que le Christ a vaincu par sa mort sur la croix et sa résurrection.
C’est pourquoi Dieu l’a exalté : il l’a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur terre et aux enfers, et que toute langue proclame : « Jésus Christ est Seigneur à la gloire de Dieu le Père » (Ph 2, 9-11).
C’est par le Christ que nous sommes appelés « enfants de Dieu », nous dit saint Jean. Il s’est manifesté pour enlever les péchés, afin que le diable ne nous égare pas : « C’est pour détruire les œuvres du diable que le Fils de Dieu s’est manifesté » (1 Jn 3, 8). Je reviendrai au chapitre suivant sur ce sujet de la chute des mauvais anges, de l’épreuve de fidélité envers Dieu et son Christ.
Il y eut alors un combat dans le ciel : Michel, avec ses anges, dut combattre le Dragon. Le Dragon, lui aussi, combattait avec ses anges, mais il ne fut pas le plus fort ; pour eux désormais, nulle place dans le ciel. Oui, il fut rejeté, le grand Dragon, le Serpent des origines, celui qu’on nomme Diable et Satan, le séducteur du monde entier. Il fut jeté sur la terre, et ses anges furent jetés avec lui. Alors j’entendis dans le ciel une voix forte, qui proclamait : « Maintenant voici le salut, la puissance et le règne de notre Dieu, voici le pouvoir de son Christ ! Car il est rejeté, l’accusateur de nos frères, lui qui les accusait, jour et nuit, devant notre Dieu » (Ap 12, 7-10).
Ce Dieu que personne ne peut voir, sinon de dos (cf. Ex 33, 23), mais que les saints anges adorent en permanence, transparaît dans le visage du Christ, le Verbe fait chair : « Celui qui m’a vu a vu le Père » (Jn 14, 9). Le Christ a la primauté absolue sur les anges et la création, affirme saint Paul :
En lui, tout fut créé, dans le ciel et sur la terre. Les êtres visibles et invisibles, Puissances, Principautés, Souverainetés, Dominations, tout est créé par lui et pour lui. Il est avant toute chose, et tout subsiste en lui (Col 1, 16-17).
En s’inspirant de ce texte, l’Église a établi au IVe siècle une structure du monde angélique composée de neuf chœurs. Vers le VIIe siècle, le Pseudo-Denys a approfondi cette théorie de la hiérarchie des anges, que Thomas d’Aquin, appelé « docteur angélique », simplifiera par la suite. La première hiérarchie est composée des Séraphins (cf. Is 6, 2), êtres de feu consumés en permanence par l’amour et la lumière de Dieu ; des Chérubins (cf. Gn 3, 24), guerriers qui gardent l’accès des choses de Dieu ; des Trônes, juges qui régentent l’action de Dieu sur terre. La seconde hiérarchie comprend les Dominations, spécialistes dans la lutte contre les dépendances qui enchaînent les hommes ; les Puissances, protecteurs contre les attaques des démons ; les Vertus, inspirateurs d’une vie vertueuse. La troisième hiérarchie est formée des Principautés, protecteurs qui veillent au développement spirituel des peuples ; des Archanges, hérauts des ordres divins ; et enfin des Anges, compagnons de vie qui marchent avec nous.
Cette hiérarchie nous montre que Dieu est libre de ses dons ; il appelle chacune de ses créatures à une vocation personnelle, particulière. Chaque ange de ces chœurs est un être parfait en lui-même, tout en étant différent des autres et relié à eux. Chacun possède son degré de perfection, selon la tâche qui lui est confiée. Étant dans la joie parfaite, il ne cherche pas une quelconque promotion ou un changement de mission. Il est dépendant de Dieu, par pure grâce, et n’existe que pour lui.
L’univers angélique demeure néanmoins un mystère pour nous. Dans une catéchèse sur les anges, le pape Jean-Paul II parle de ces êtres personnels qui sont groupés en chœur en tenant compte de notre langage limité :
