Dictionnaire Argot-Français - Napoléon Hayard - E-Book

Dictionnaire Argot-Français E-Book

Napoléon Hayard

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Beschreibung

RÉSUMÉ : Le "Dictionnaire Argot-Français" de Napoléon Hayard est une exploration fascinante de la langue argotique, révélant les subtilités et les nuances d'un langage souvent méconnu. Cet ouvrage se présente comme une ressource précieuse pour quiconque s'intéresse à la richesse linguistique de l'argot français. Hayard, avec une approche méthodique, décode les expressions familières, les jurons, les jeux de mots et autres formules argotiques qui ont façonné le parler populaire au fil des siècles. Le dictionnaire ne se contente pas de traduire ces mots et expressions en français courant, il en explique également l'origine et l'évolution, offrant ainsi un aperçu captivant de l'histoire sociale et culturelle de la France. Ce livre est un outil indispensable pour les linguistes, les historiens et les amateurs de langue, leur permettant de mieux comprendre comment l'argot a influencé et continue d'influencer le français moderne. À travers une présentation claire et organisée, chaque terme est soigneusement défini et contextualisé, rendant l'ouvrage accessible tant aux novices qu'aux experts. En parcourant ce dictionnaire, le lecteur est invité à un voyage linguistique et culturel, découvrant comment l'argot reflète les dynamiques sociales et les changements de la société française. Hayard réussit à capturer l'essence d'un langage vivant, vibrant et en constante évolution, tout en préservant l'intégrité et la richesse de ses expressions. Cet ouvrage est une véritable invitation à explorer les dessous de la langue française, là où se cachent des trésors de créativité et d'originalité verbale. L'AUTEUR : Napoléon Hayard, figure discrète mais influente dans le domaine de la lexicographie, a consacré une grande partie de sa vie à l'étude des langues et plus particulièrement de l'argot français. Bien que peu d'informations soient disponibles sur sa vie personnelle, ses travaux témoignent d'une passion indéfectible pour la langue et ses multiples facettes. Hayard s'est distingué par son approche rigoureuse et méthodique, combinant un intérêt pour l'histoire sociale avec une expertise linguistique. Son "Dictionnaire Argot-Français" reste une référence incontournable pour les chercheurs et amateurs de langue. L'oeuvre de Hayard s'inscrit dans une tradition de lexicographes qui ont cherché à documenter et préserver les formes non standardisées de la langue, souvent négligées par les dictionnaires traditionnels.

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Seitenzahl: 36

Veröffentlichungsjahr: 2021

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A MADAME HAYARD

—Comment, une biographie? Non mais, Madame!... Vous n'y songez pas, si Hayard nous entendait, il s'écrierait:

—Une biographie?... Pourquoi pas une statue?... Avec une mominette à la main... Ah! zut! Mort aux vaches!!

Et le public, quel intérêt voulez-vous qu'il prenne à la lire? Me voyez-vous racontant ce bon gros vivant, plein de santé, un sourire toujours fleurissant ses lèvres; avenant, la main tendue—souvent pour donner, discrètement, l'aumône coutumière,—ce fantaisiste, toujours dans l'actualité, la devançant parfois, qu'on rencontrait dans un coin du Croissant, son vaste feutre penché sur l'oreille; rêveur, une cigarette rarement allumée entre les doigts; ce brave homme qui vous prenait le bras, ayant toujours une anecdote à conter.

—Venez prendre quelque chose.

On partait—et c'étaient alors d'interminables palabres.

—...En 1870, pendant le siège, ma mère était seule, vieille, sans argent, ayant de plus à sa charge ma sœur, veuve avec trois enfants, moi, sans travail, malheureusement. Je n'hésitai pas. Afin que ma sœur ait l'autorisation d'avoir une cantine qui permît de vivre à la maisonnée, je m'engageai... (il commençait à rire)—Oui, je m'engageai... dans la marine... de la Seine!

Puis, il buvait une goutte d'absinthe, non sans avoir, au préalable, fait passer, en tournant vivement son verre, une partie du liquide par dessus les bords.

Son ami, Ernest Gegout en a fait, en marin de la Commune, une bien amusante description.

«Napoléon Hayard épate les légions communardes par sa somptuaire. Un yatagan a deux mains, enrichi de pierreries, pend à son côté, retenu par une corde. Au rapport, il le tire chaque matin, avec un air sombre et des yeux farouches, pour tailler son crayon!... A sa ceinture de flanelle rouge sont retenus des pistolets à crosses formidables incrustés d'or, et il chausse des bottes profondes, à revers rouges, le tout chipé, par inadvertance, au cours d'une perquisition chez le général de Galliffet.»

On pourrait aussi conter cette abracadabrante histoire des sifflets à roulettes que la préfecture de police vint lui acheter pour en empêcher la vente sur le passage d'un Président de la République.

Vous vous souvenez, Madame, qu'il courut tous les fabricants, pour en avoir quelques milliers, car il n'avait jamais eu l'idée d'en vendre, et qu'il réussit ainsi une excellente opération avec ces messieurs de la Tour pointue.

Vous voudriez sans doute aussi que je narre l'histoire de quelques-unes des manifestations politiques «spontanées» dont certains furent les héros, mais où il eut surtout la plus large part, au point de croire que c'était à lui que ces manifestations s'adressaient. Je me souviens d'une, principalement, où, tout le long des boulevards, dans la voiture de celui auquel les cris et les vivats étaient destinés, il saluait, se levait, agitait son feutre, un feutre gris, ce soir-là— étendant ses grands bras dans un mouvement rythmique de chef d'orchestre, comme pour tempérer ou accentuer les clameurs.—Et la foule, dans le clair-obscur de minuit, confondant grâce à sa barbe, lui et son client, l'acclamait, réellement séduite par l'énergie de sa mimique et de son allure.

Et, aussi son triomphal voyage à Londres—dernière étape de sa vie si mouvementée—où, pour faire vendre et chanter sa fameuse chanson, Viens Mimile, il partit à la suite du Président Loubet en Angleterre!—Il obtint un tel succès de curiosité que tous les journaux anglais donnèrent son portrait à côté de celui de M. Loubet, si bien que le peuple anglais dut se demander lequel des deux conduisait le char de l'Etat: le Président ou l'Empereur... des camelots?

Quand je songe à cette exubérance, à ce désir de vie, à cet amour du mouvement dont il était si plein, lui, l'homme des foules, l'ami du progrès, qui faisait de la «rue» son domicile privilégié—abandonnant le sien, si doux et si confortable—et qui fut tué, au coin d'une rue du «Croissant», par une automobile lancée à toute vitesse, tué par le progrès, dans la «rue», chez lui! Je sens une pointe de tristesse monter de mon cœur à mes yeux.

Et puis ne pensez-vous pas qu'il faudrait aussi dire qu'il connut les personnalités les plus hautes de la République,—qu'on lui confia même des secrets d'Etat—qu'il connut maints complots. Que sais-je encore? Et tout ça pour faire savoir au lecteur que Napoléon Hayard, par sa vie, était à même de parler et de connaître l'argot moderne. Mais son nom seul suffit à l'affirmer: «Napoléon Hayard, l'