Entre nos deux peaux - Harmonie J. - E-Book

Entre nos deux peaux E-Book

Harmonie J.

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Beschreibung

Différence de couleur de peaux Acceptation Amour

Das E-Book Entre nos deux peaux wird angeboten von BoD - Books on Demand und wurde mit folgenden Begriffen kategorisiert:
romance,Racisme,Amour,différences culturelles,resilience

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Seitenzahl: 54

Veröffentlichungsjahr: 2025

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Sommaire

Chapitre 1 : La terrasse aux mots

Chapitre 2 : Esquisses

Chapitre 3 : Café brûlant, regards glacés

Chapitre 4 : Les silences qui blessent

Chapitre 5 : Nuits aixoises

Chapitre 6 : Une invitation au goût amer

Chapitre 7 :

Lignes de faille

Chapitre 8 :

: La rencontre décisive

Chapitre 9 :

Le prix du courage

Chapitre 10 :

Les cicatrices du passé

Chapitre 11 :

Les promesses fragiles

Chapitre 12 : Le silence entre deux continents

Chapitre 13 :

Ce qu’il reste à dire

Chapitre 14 : Une maison pour deux âmes

Chapitre 15 : La peau des promesses

Chapitre 1 : La terrasse aux mots

Aix-en-Provence, un matin de septembre. L’air avait cette douceur particulière du sud, tiède et légèrement parfumé. Louane s’installa à la terrasse de son café préféré, un carnet Moleskine posé devant elle, un cappuccino fumant à sa droite, et une pile de manuscrits annotés à gauche. Elle venait tout juste de poser ses valises dans cette ville lumineuse, espérant que ses ruelles pavées et ses fontaines anciennes réveilleraient l’inspiration que Paris lui avait volée.

Trente-deux ans, écrivaine à mi-temps, rêveuse à plein temps. Louane avait publié deux romans qui avaient rencontré un succès d’estime, mais elle peinait à écrire le troisième. Les mots ne coulaient plus. Trop de doutes, trop de peur de décevoir. Alors elle s’était réfugiée à Aix, loin du bruit, des attentes, et de son ex trop toxique.

Elle leva les yeux un instant de ses pages gribouillées, juste au moment où un homme traversait la rue. Il marchait avec assurance, un rouleau de plans sous le bras, vêtu d’une chemise blanche impeccable et d’un pantalon beige élégant. Sa peau sombre captait la lumière comme du bronze poli. Il s’arrêta devant l’hôtel particulier en rénovation, à quelques mètres de la terrasse. Son regard se posa brièvement sur elle, sans insistance, juste assez pour qu’elle sente une vibration étrange lui parcourir l’échine.

Malik.

Elle ne savait pas encore son prénom, mais il venait de s’imprimer dans son regard comme un marque-page glissé entre deux lignes.

Il parlait au téléphone, dans un français à l’accent léger, presque musical. Elle ne comprit pas tout, juste quelques mots sur une façade, un mur porteur, des délais à respecter. Architecte ? Certainement. Il avait ce calme et cette précision dans les gestes qui trahissaient l’habitude de construire, d’ordonner, de penser en volumes.

Lorsqu’il raccrocha, il prit quelques photos du bâtiment, puis se retourna vers la terrasse. Leurs yeux se croisèrent à nouveau. Cette fois, un sourire. Léger. Sincère.

Louane sentit ses joues s’empourprer. Elle baissa les yeux vers son café, comme une adolescente surprise. Quand elle releva la tête, il était déjà parti, absorbé par son chantier.

Mais dans le silence qui suivit, entre deux pages de son roman en suspens, elle écrivit une phrase inattendue :

"Il était comme une porte entrouverte sur une histoire que je n’avais pas encore imaginée."

Chapitre 2 : Esquisses

Le lendemain, à la même heure, Louane revint s’asseoir à la terrasse. Son carnet était resté ouvert toute la nuit, comme si les mots s’étaient figés à l’endroit précis où elle avait écrit cette étrange phrase sur l’homme inconnu. Elle tentait de la relire, mais ses pensées divaguaient.

Et puis, comme la veille, il apparut.

Même démarche, même élégance tranquille. Mais cette fois, il s’arrêta net en la voyant. Un léger étonnement passa dans ses yeux, suivi d’un sourire presque complice.

— On dirait qu’on a le même sens du timing, dit-il en s’approchant.

Louane sourit, un peu déstabilisée par sa voix grave, posée, chaleureuse.

— Ou le même café préféré.

Il jeta un coup d’œil à sa table, aux feuilles remplies d’encre et aux ratures nerveuses.

— Vous écrivez ?

Elle hocha la tête.

— J’essaie, en tout cas. Des romans. Enfin… j’en ai écrit deux. Là, je rame.

— L’inspiration a besoin d’air frais, répondit-il. Et ici, il y en a à revendre.

Il hésita, puis désigna la chaise vide en face d’elle.

— Je peux ?

— Bien sûr.

Il s’assit, posa ses plans sur ses genoux, et tendit la main.

— Malik.

— Louane.

Le contact fut bref, mais laissa une chaleur étrange dans sa paume.

— Vous travaillez sur ce bâtiment en face ? demanda-t-elle.

— Oui, c’est une restauration. Un vieil hôtel particulier classé. On essaie de lui redonner vie sans trahir son histoire.

— C’est une belle mission, dit-elle. J’aime l’idée de faire renaître quelque chose sans l’effacer.

Il la regarda, intrigué par la manière dont elle disait les choses. Comme si chaque mot pesait, chaque image comptait.

— Et vos romans, ils parlent de quoi ?

Elle haussa les épaules.

— De femmes qui cherchent leur place. D’amours imparfaits. De silences trop longs. Rien de très joyeux.

— C’est ce qui est vrai, souvent, non ? Ce qui est un peu cassé.

Elle acquiesça en silence. Elle n’avait pas souvent rencontré quelqu’un qui parlait avec autant de sincérité, sans fioritures.

Il ouvrit ses plans, les déploya entre eux. Elle se pencha, curieuse.

— Tu me montres ?

— Bien sûr. Tu vois cette façade ? On garde les moulures d’origine. Et ici, ce sera une bibliothèque. Il y avait une cave, mais on va l’ouvrir pour laisser passer la lumière.

Il parlait avec passion. Et Louane se laissa entraîner dans ce monde de lignes, de courbes et de lumière. Il construisait, elle écrivait. Deux formes d’art qui, à cet instant, se répondaient.

Quand il se leva, une heure plus tard, elle avait presque oublié qu’ils venaient à peine de se rencontrer.

— À demain ? proposa-t-elle sans trop réfléchir.

— À demain, confirma-t-il avec un sourire.

Et tandis qu’il s’éloignait, elle reprit son stylo et nota : "Certains regards ne se croisent pas par hasard. Ils dessinent les fondations de ce qui peut devenir une histoire.”

Chapitre 3 : Café brûlant, regards glacés

Les jours passaient, et chaque matin ramenait Malik à la terrasse du café. Leur complicité grandissait, discrète mais sincère. Il y avait une douceur dans leurs échanges, une lenteur assumée. Louane n’avait pas envie de précipiter quoi que ce soit, et Malik semblait comprendre ça instinctivement.

Un samedi, Louane l’invita à un brunch chez une amie écrivaine, dans une maison lumineuse au-dessus du cours Mirabeau. Quelques auteurs, une éditrice, deux photographes — l’ambiance était détendue, vaguement bohème. Malik accepta, curieux de découvrir ce monde de mots qui entourait Louane.

Elle lui sourit en chemin :