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Que faut-il rééquilibrer pour enchanter le monde d’aujourd’hui et trouver l’accès au bonheur essentiel d’être pleinement Soi ? Le sentiment de « déséquilibre » est palpable dans bien des domaines de notre quotidien. Une vie riche est vécue au fil d’une saine balance entre nos deux énergies vitales : l’énergie féminine et l’énergie masculine.
Dans ce livre témoignage, Karen partage ses expériences et les outils de développement personnel et spirituel qui l’ont guidée vers plus d’équilibre. Pour Soi et le monde.
« Il nous a fallu peu de temps pour mesurer à quel point nous étions sur la même longueur d’onde sur bien des sujets du livre. Partageons ce que nous avons vécu et inspirons les autres à trouver leur juste contribution au monde. »
À PROPOS DE L'AUTRICE
Karen Kelchtermans, diplômée en Sciences Sociales, a connu le monde des affaires, le service public et même la politique. En 2009, elle écoute l’appel de la femme, l’amoureuse, la maman, la citoyenne qui vivent en elle. Elle publie alors un premier livre tout en découvrant le développement personnel et spirituel. Transformée par cette expérience, elle est aujourd’hui une écrivaine et oratrice inspirante qui nous invite à se mettre à l’écoute de nous-même.
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Seitenzahl: 373
Veröffentlichungsjahr: 2023
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Table des matières
Introduction
Chapitre 1 - Une société en déséquilibre
Les sciences holistiques
La conscience féminine et les sciences holistiques
Une émancipation qui a déraillé
Les générations X et Y en déséquilibre
Ce que nous avons perdu en nous et nos relations
Quel effet sur les hommes?
Chapitre 2 - La conscience féminine et la conscience masculine : un tout indissociable
Le yin et le yang : de quoi s’agit-il précisément ?
Les qualités du yin et du yang
Le yin et le yang : la perspective culturelle
Le yin et le yang : à chacun son énergie préférentielle
Les effets d’un rapport malsain entre le yin et le yang
Un excès de yin chez la femme
Un excès de yin chez l’homme
Un excès de yang chez la femme
Un excès de yang chez l’homme
Un rapport sain entre le yin et le yang
Le juste équilibre chez la femme
Le juste équilibre chez l’homme
Faites le test yin-yang
Types de couple engendrant beaucoup de perte d’énergie
Une énergie yin-yang saine chez l’homme comme chez la femme : l’image idéale, le nouveau couple alpha
Chapitre 3 - Le chemin vers l’équilibre
Le développement spirituel
Le désir perpétuel de complétude
De la partie visible de l’iceberg à sa partie cachée (le charbon ardent)
Notre éducation ne convient pas toujours à la personne que nous sommes (notre SOI)
Mécanismes d’adaptation en guise de protection
Le développement personnel
Un nouveau paradigme dans la société
La nouvelle clairvoyance
La nouvelle femme alpha : pionnière dans le glissement de paradigme
La pyramide des sucres pour réaliser le glissement de paradigme
Chapitre 4 - Entrer en relation avec sa conscience féminine
7 Principes pour entrer en relation avec soi
Mon histoire
Ma motivation
Quitter sa zone de confort
Processus de deuil
Mais où donc ton petit cœur s’est-il égaré ?
Nos cadres de référence
Agir pour agir, agir pour Être : quel chemin ?
Le changement commence par Soi
Mon kasàlà
Chapitre 5 - Renforcer notre équilibre en développant notre conscience
Les différentes étapes de prise de conscience
La phase d’absorption
La période rebelle
La phase du mirage
La phase d’authenticité
Outils pour se renforcer
Qu’est-ce qu’un carnet personnel de ressources ?
La métaphore du masque à oxygène
Chacun porte un sac à dos
Accepter mais ne pas se résigner !
La réalité n’existe pas
Le regret, c’est du temps perdu !
Soyez prêt à prendre vos responsabilités
Soyez indulgent envers vous-même
Gardez l’authenticité de votre esprit
Rendez vos balises visibles !
Investissez dans l’autorégulation corporelle
Une chambre à soi
Cueillez vos fruits saisonniers
Découvrez le rôle que vous jouiez dans votre enfance par l’ennéagramme
Soyez solidaire
Parlez à cœur ouvert
Agrandissez votre cercle
En conclusion
Ressources pour consolider ses relations
La femme en tant que catalyseur
Petite pharmacie d’appoint pour le couple : remèdes possibles
Cherchez de l’aide pour trouver le bon équilibre
Outils pour consolider son cocon familial
Le cocon familial en tant que système
Écoutez activement pour obtenir les bonnes informations
Le Taoïsme pour les parents
Optez pour un espace à vous au sein de votre cocon familial
Apprenez à vos enfants à parler avec leur cœur à l’aide d’un bâton de parole
Racontez-vous le plus beau moment de la journée
Parenté et leadership circulaire
Ne vous sentez pas coupable et partagez les tâches
Outils pour consolider la famille et la communauté dans laquelle on vit (le Soi)
Offrez à vos proches votre sourire
Soyez indulgent envers vos parents
Connaître, comprendre augmente la conscience de Soi
Partout on emporte la connexion avec sa tribu
Les âmes sœurs se prennent en charge
Outils pour consolider le monde
Sortir du paradoxe sexuel
Les sciences holistiques et les sciences naturelles sont complémentaires
L’enseignement actuel se prépare au changement de paradigme
Les enfants cristal, symboles du glissement de paradigme
Religion et spiritualité
Environnement et alimentation : rétablissons notre relation avec la terre
Retour aux méthodes holistiques dans les soins de santé
Avis de recherche : on recherche des pionniers médecins et scientifiques
Plan de naissance intégratif
Follow the money (L’explication du monde se trouve là où est l’argent !)
Leadership sous l’aile du nouveau paradigme : les nouveaux hommes et femmes alpha
Épilogue
Remerciements
Annexes
Annexe 1. Les sciences holistiques
Annexe 2. Maîtres dans les sciences holistiques
Bibliographie
avant-propos
L’idée d’écrire cet ouvrage est née en 2009 dans la salle d’attente de mon médecin de famille. Je lisais un article sur les mères qui ont beaucoup de mal à combiner leur foyer, leur couple et une profession. Sans hésiter, je m’y reconnaissais, rien qu’en pensant aux acrobaties pour arriver à temps chez le médecin. Il faut tout un village pour élever un enfant, j’ignore où se situe ce village… Je me suis mise à me libérer de mes frustrations en écrivant la première version de cet ouvrage. Car je voulais faire savoir au monde entier que, si nous étions des parents qui pataugent, c’était la faute de la société dans laquelle nous vivons, de mes employeurs, des féministes, de mon époux, des hommes en général... C’était finalement un des effets indésirables de l’émancipation. Je n’ai heureusement jamais publié ce manuscrit.
Les années se sont écoulées et j’ai écrit une nouvelle version. Entre-temps, je sais que ce n’est la faute de personne et que l’on n’a aucun intérêt à chercher des coupables car cela demande beaucoup d’énergie. Nous avons, au contraire, un besoin urgent de compassion et de compréhension envers soi et les autres.
L’ère dans laquelle nous vivons offre de multiples possibilités de se développer en nous faisant voyager entre notre foyer, nos ambitions et nos relations. Cependant, le nombre de personnes qui sont à bout, surstimulées ou durcies, n’a jamais été aussi élevé. Ce phénomène est à déplorer et il devient de plus en plus visible, que ce soit de manière sous-jacente ou publique. Des phénomènes liés à notre société d’abondance comme le burn-out, les maladies de notre civilisation d’abondance, des relations homme-femme compliquées, l’incompréhension mutuelle et des enfants surstimulés en sont, selon moi, les tristes conséquences.
Le sens de la vie au 21e siècle a été réduit à un code de comportements qui est devenu inconscient et que nous respectons tous (en tout cas pour la plupart d’entre nous) : se trouver un emploi suffisamment bien payé afin de pouvoir s’offrir ce que l’on souhaite et éviter toute souffrance ou tout désagrément. Travailler et être occupé font partie de la vie quotidienne et sont devenus des symboles de statut. Si une personne vous demande comment vous allez, il va de soi que vous répondiez par «Je suis fort occupé !» Le fait d’être occupé flatte avant tout l’égo. La cavalcade est à la fois épuisante et confortable. Peu importe comment l’on voit les choses, on n’arrête pas de courir.
Entre-temps, pratiquement tous nos désirs sont exaucés. Nous sommes bombardés d’images commerciales, notre faim de consommateur est satisfaite, mais sommes-nous réellement heureux ? Nous manquons de sens sous toutes ses formes.
Apparemment, nous ne trouvons plus de satisfaction dans ce code de comportement que nous respectons inconsciemment. Notre faim matérialiste a atteint son point culminant. Jusqu’en 2009, moi aussi je n’arrêtais pas de courir, emportée dans une course folle que j’avais créée moi-même tout en pataugeant. Je travaillais comme consultante dans une grosse entreprise, et j’étais responsable en RH et conseillère en communication dans un cabinet politique. J’étais conseillère communale, mariée et maman à la fois. J’étais satisfaite de pouvoir gérer tout cela, mais je n’arrivais plus à me détendre et profiter de la vie. Cette salle d’attente a changé ma vie car j’y ai décidé de prendre les choses en main.
En 2009, j’ai donné ma démission pour remanier le manuscrit du présent ouvrage. C’est là qu’a commencé mon plus beau voyage. J’y ai découvert le monde du développement personnel et spirituel et voilà qu’un nouveau chapitre a vu le jour.
J’ai réalisé surtout que le développement personnel et spirituel entraîne une prise de conscience supérieure. Son impact est positif et ne se limite pas qu’à soi, mais influence aussi l’entourage. La connexion s’améliore, non seulement avec soi, mais aussi avec son partenaire, ses enfants et le monde.
Cet ouvrage traite principalement du thème du développement de la conscience comme clé d’équilibre. J’ai compris que ce thème dépassait mon cas personnel et avait au contraire une dimension universelle, en 2016 lors de la conférence de Sa Sainteté le Dalaï Lama à Bruxelles. De ses conclusions, il ressortait qu’un rôle important est imparti aux femmes en Occident. Elles ont fait des études, sont émancipées et en général leurs besoins de base sont assouvis. La femme y a une plus grande connexion avec les qualités féminines dont le monde a besoin pour se remettre en équilibre. De quelles qualités s’agit-il ? La solidarité, l’inclusion, l’harmonie, la connexion, les soins relationnels, le développement personnel et spirituel. Heureusement, ce propos a été nuancé plus tard par divers orateurs en incluant les hommes car le principe féminin ne se manifeste pas uniquement chez la femme !
Dorénavant le puzzle était complet pour moi. Je réalisais que je n’étais pas seule à patauger dans un système où les qualités féminines étaient négligées, voire oubliées. Un système qui a toujours été dominé par les qualités masculines entraînant la société vers un déséquilibre et vers un manque de spiritualité. L’argent, le pouvoir et le capital prennent le pas sur la connexion, la solidarité et l’harmonie. La vie de famille, le repos et la réflexion, la convivialité et l’amour sont considérés comme inférieurs et bénéficient de moins de reconnaissance, de même que les professions qui y sont apparentées.
Au cours de cette conférence, je me suis sentie d’autant plus encouragée à écrire cet ouvrage. Mon histoire de mère emportée dans la course folle puis libérée par la prise de conscience est un mode d’emploi pour celle ou celui qui recherche plus d’équilibre. L’amour en équilibre se traduit en gros par une remise en équilibre des qualités féminines et masculines au départ de soi-même. Je suis convaincue qu’en rétablissant cet équilibre en nous-mêmes, nous allons restaurer le monde, chacun à notre mesure.
Je vous souhaite beaucoup d’inspiration.
Karen Kelchtermans
Introduction
J’ai décidé d’organiser ce livre en cinq chapitres.
Au chapitre 1, je me concentrerai sur l’évolution progressive de notre société, la montée de l’individualisme, l’émancipation des femmes, l’égalité entre les sexes mais aussi de la disparition lente de la conscience des différences entre l’énergie féminine et l’énergie masculine. Ces grands mouvements d’évolution couplés à l’adaptation progressive des hommes et des femmes ont créé une société exagérément axée sur l’énergie masculine. Les symptômes tels que le burn-out, les dépressions ou encore les relations homme-femme compliquées sont aujourd’hui notre quotidien.
Au chapitre 2, je m’intéresserai aux phénomènes naturels liés aux consciences masculine et féminine que nous portons tous. Vous y trouverez une série d’outils pratiques pour gérer votre vie au quotidien. J’aborderai toute une série de questions comme comment obtenir un rapport sain et équilibré entre ces deux états ? Quel est l’effet d’un excès de yin ou de yang sur la personne ou sur le couple ? J’aborderai ensuite les conséquences et les compensations au fait que nous vivons dans un total déséquilibre yin/yang
Depuis le premier jour de notre vie, nous sommes tous mis en mouvement par la recherche de la plénitude que génère une saine balance entre notre énergie yin et notre énergie yang. Cette balance est sans cesse bousculée par la vie quotidienne, notre environnement, nos peurs, nos désirs, nos croyances… Nos dysfonctionnements s’installent et s’enfouissent au point que nous ne les voyons plus. Pour chacun d’entre nous, le développement personnel et spirituel est indispensable. Au niveau collectif, c’est d’un nouveau paradigme sociétal dont nous avons besoin. C’est ce que nous allons voir au chapitre 3.
Tout en progressant dans son propre développement, chacun devient catalyseur de sa vie mais aussi de son entourage. Chacun contribue alors au glissement progressif vers un nouveau paradigme de fonctionnement de la société toute entière. Ce faisant, nous nous rapprochons tous ensemble de cet objectif de vivre sur une planète plus en équilibre. Dans le chapitre 4, je vais passer en revue les 7 principes pour entrer en relation avec soi et se mettre sur le chemin de ce développement que chacun peut emprunter. Ce sera pour moi l’occasion de vous partager mon chemin personnel au travers de ces différents principes.
Il nous arrive tous de traverser des périodes difficiles, de maladies à répétition, de maladie chronique, d’inconfort, de questionnement, de doutes… C’est souvent le signe d’un déséquilibre. Nous combattons mais nous nous épuisons car souvent, nous ne sommes pas connectés à l’essentiel. Le chapitre 5 est consacré à cette dynamique, les différentes étapes de sa prise de conscience mais surtout aux outils qui permettent de sortir de cette spirale infernale.
Je vous souhaite une très bonne lecture…
Chapitre 1 - Une société en déséquilibre
Autour de nous, nous voyons s’amplifier des phénomènes liés à notre société d’abondance, de plus en plus de relations interpersonnelles se déstabilisent. Il nous arrive d’être confrontés à un burn-out, un divorce, une relation homme-femme compliquée, des comportements indifférents face à la souffrance d’autrui, des enfants surstimulés, etc. Mais ces quelques exemples ne représentent que le sommet de l’iceberg. Que se passe-t-il sous la surface de l’eau ? Qu’est-ce qui dans notre subconscient collectif nous mène à cette pléthore de symptômes. Quelles sont les causes premières dont nous ne sommes pas conscients ?
Pour illustrer davantage mon propos, j’utiliserai la métaphore de l’iceberg.
Le modèle de l’iceberg : ce que l’on voit ne correspond pas toujours aux apparences. On voit la partie émergée de l’iceberg, mais nous sommes en fait gouverné par la partie invisible, le subconscient. Cette image vaut aussi bien pour les individus que pour la société.
Le modèle de l’iceberg : ce que l’on voit ne correspond pas toujours aux apparences. On voit la partie émergée de l’iceberg, mais nous sommes en fait gouvernés par la partie invisible, le subconscient. Cette image vaut aussi bien pour les individus que pour la société.
Les sciences holistiques
J’utilise le terme «sciences holistiques» pour recouvrir les sciences de l’intuition, de l’énergétique, du subconscient et de notre relation avec la nature. Ces sciences utilisent diverses stratégies permettant d’améliorer notre conscience de Soi et notre conscience spirituelle.
Dans ce chapitre, j’explore la partie immergée de l’iceberg, le subconscient collectif afin de mieux comprendre les phénomènes liés à la société d’abondance et leurs conséquences. À cet effet, je prends en considération le passé, le présent et le futur. Au lieu de lutter contre ces phénomènes dès leur apparition (par un jugement, une frustration ou une culpabilisation), mon but est d’y porter un autre regard, sans porter de jugement.
Tout d’abord, je constate que nous avons coutume de considérer les événements de manière cérébrale, logique, intellectuelle. C’est ce que j’appelle la Raison qui est aujourd’hui la tour de contrôle occidentale. A l’inverse, lorsqu’il nous arrive d'utiliser l’intuition, nous le faisons alors avec naïveté. Nous ne maîtrisons pas le langage pour exprimer ce que nous ressentons physiquement lorsque quelque chose d’émotionnel nous arrive. Ni notre éducation, ni l’enseignement que nous avons suivi ne nous y ont préparés. Nous avons appris à persévérer, à ne pas nous laisser aller, à serrer les dents et foncer, et surtout à ne pas montrer nos émotions. La honte est associée aux sentiments et à la pensée intuitive. Bien souvent, nous n’osons même pas en parler ouvertement.
Et pourtant, c’est l’intelligence émotionnelle et intuitive bien plus que la Raison qui nous a permis de développer notre nature humaine. Nos ancêtres étaient liés intuitivement à la nature et en faisaient partie intégrante. Ils vivaient au cœur de la nature et en symbiose avec elle. Ils voyaient dans les étoiles le reflet de l’humanité.
Notre Raison ne s’est développée qu’avec le langage verbal nous amenant à jeter un regard de plus en plus méprisant sur nos sentiments, dans la volonté absolue de maîtriser notre nature et la Nature. Notre intuition ne repose sur aucune base scientifique, elle est imprévisible et intangible. Autant ne pas s’y risquer et regagner un lieu sûr, celui de la Raison.
Autour de moi, je m’aperçois que ce que l’on veut résoudre de manière rationnelle, atteint un point de saturation. Les discussions éternelles sur le sommet de l’iceberg sont épuisantes à tous les niveaux : personnel, conjugal, interpersonnel, sociétal, politique… D’un point de vue collectif, on observe de plus en plus d’ouverture et d’aspiration à communiquer davantage son ressenti. Nous avons du mal à comprendre ce qui se passe d’un point de vue rationnel et nous n’arrivons plus à maîtriser les crises actuelles comme celle provoquée par la pandémie mondiale du Corona. Nous nous posons une foule de questions fondamentales sur la vie et la mort, notre style de vie et son impact sur la planète, notre qualité de vie et nos responsabilités.
Le besoin de développer notre personnalité et notre spiritualité pour chercher des réponses possibles à ces questions s’intensifie. À mon avis, il n’existe que deux voies pour accroître notre prise de conscience des événements.
La première est préventive. Plutôt que d’éviter les questions fondamentales, on y cherche proactivement des réponses.
On s’entoure de mentors, on consulte des ouvrages spécialisés et on se met à développer sa conscience personnelle et spirituelle. Par ce moyen, on apprend à développer un langage émotionnel pour exprimer ses propres perceptions. Cela se fait étape par étape pour finalement nous permettre de reprendre le contrôle de notre propre vie et être conscient de ce qui nous arrive. Nous finissons par comprendre le sens des grands événements de la vie et nous éprouvons une forme de transcendance. En étant ouverts, chaque crise se traduit par une transformation vers plus de prise de conscience et une opportunité pour devenir davantage soi-même.
La seconde voie est plus curative. On s’engage dans une voie où la vie nous mène à travers une série de traumatismes. D’une crise émotionnelle à l’autre, nous tirons des leçons de ce que nous vivons. La vie s’apparente alors à un combat permanent. C’est la voie que nous suivons collectivement depuis des siècles.
La pandémie a plongé des millions de personnes dans une crise nouvelle. Tout a été amplifié. Tout a été secoué. Des frustrations existantes ont émergé au grand jour, des relations compliquées au sein du couple ou de la famille ont surgi, des difficultés financières déjà existantes ont augmenté, d’anciens modèles de leadership ont été remis en question, on a pris douloureusement conscience du grand manque de reconaissance dans l'enseignement et les soins de santé, la lutte contre la précarité, les soins de santé et le bien-être de notre planète. Cette crise mondiale se traduit par une transformation à grande échelle dont nous ignorons encore le dénouement.
Dans ce livre, j’espère vous donner des outils pour une meilleure compréhension de vous-même ainsi que de vos relations et de votre entourage. Pour ce faire, je me suis inspirée des sciences holistiques.
Lorsqu’on s’engage sur le chemin du développement personnel, de nombreuses portes d’entrée s’offrent à nous. Le corps et l’esprit en sont les instruments. Il suffit de trouver la bonne clé au bon moment. Pour un développement personnel via le mental, on peut par exemple opter pour le coaching ou la programmation neurolinguistique, la technique de guérison post-traumatique et la pensée systémique ou les livres d’auto-assistance et la méditation transcendantale. Pour un développement personnel via le corps, on peut se tourner vers le yoga, le qi gong, le tai chi, les massages, la philosophie tantra, la réflexologie, la kinésiologie, le reiki, le shiatsu et bien d’autres disciplines visant à rétablir la fluidité énergétique corporelle. Les huiles et l’alimentation ayurvédiques, la naturopathie, l’homéopathie, les fleurs de Bach en sont d’autres exemples axés principalement sur le corps ; le bouddhisme, le taoïsme ou d’autres approches spirituelles moins connues font partie des voies spirituelles.
Toutes ces pratiques s’inspirent du domaine des sciences holistiques originaires d’Extrême Orient. Plus récemment, le célèbre psychiatre Gustav Yung utilisait le modèle yin-yang comme modèle de base pour sa psychologie.
Plus que jamais, les sciences holistiques sont mises en pratique et deviennent de plus en plus populaires. Faire appel aux sciences holistiques c’est également accepter un processus plus lent et moins visible que lorsqu’on fait appel au monde des sciences naturelles et de la médecine classique. C’est oser croire que prévenir vaut mieux que guérir. C’est partir d’une image holistique de l’homme, incluant le corps et l’âme de manière indissociable.
La conscience féminine et les sciences holistiques
Je souhaite ne pas me prononcer sur les différences de genre car cela pourrait conduire à la polarisation et au stéréotype. D’autant plus, que, selon moi, nous avons en chacun de nous une fluidité du genre qui n’a rien à voir avec la différence de sexe. Je suis convaincue que chacun d’entre nous a une énergie préférentielle masculine ou féminine, indépendamment du sexe.
Cependant, je constate que l’énergie féminine, par essence plus fréquente chez les femmes, leur confère une plus grande ouverture aux sciences holistiques. Elles semblent y être plus naturellement disposées. Pour insister sur le fait que je ne me focalise pas sur la différence des genres, les hommes qui laissent une place importante à leur énergie féminine ont toutes les chances d'être eux aussi ouverts à l’approche holistique. De son coté, la femme dispose d’une antenne de réception endogène propre à l’archétype féminin auquel elle est liée. L’homme, en revanche, dispose d’une antenne de réception exogène propre à l’archétype masculin auquel il est lié. Depuis des milliers d’années, la femme est reliée à la portée de sa progéniture, la naissance, les soins des siens et de la communauté. Elle dispose donc de ce qu’on pourrait appeler une mémoire ancestrale profondément ancrée dans ces qualités féminines.
Je suis personnellement convaincue que grâce à cet ancrage, la majorité des femmes a une ouverture plus large et plus directe aux sciences holistiques. Cela explique également l’intérêt particulier que la femme leur porte.
L’homme a une plus grande connexion avec le principe masculin de son archétype. Il ne se prépare pas à donner la vie par la gestation et l’accouchement, mais il peut être mis en contact, sensibilisé ou initié au principe féminin par des stimulations externes comme des femmes féminines, des sœurs aimantes, des éducatrices, mères, grands-mères, … Déjà depuis sa plus tendre enfance, son cœur s’ouvre à la conscience féminine développant une affinité plus large avec celle-ci. Il peut avoir hérité de cette disposition via la lignée féminine de ses géniteurs.
Le lien avec l’archétype masculin ou féminin constitue pour moi l’unique différence de genre pour expliquer l’ouverture aux sciences holistiques. Ce livre s’adresse tant aux hommes qu’aux femmes et à ceux qui manifestent plus de fluidité du genre. Mon expérience à travers mes exposés et ateliers me dit que mon livre a attiré davantage les femmes que les hommes. C’est un fait !
L’archétype féminin et masculin
Les archétypes féminin et masculin se définissent par une sorte de mémoire instinctive transmise à travers les générations depuis des siècles. Ils se nichent dans nos cellules et se traduisent également par une mémoire ancestrale. Physiquement, l’homme et la femme sont fondamentalement reliés à une conscience archétypale différente.
L’archétype féminin : images et expériences liées aux thèmes de la grossesse, l’accouchement, la maternité, l’amante, le sentiment maternel, mais aussi «ne pas être vue», la force invisible, le refoulement du féminin (j’y reviendrai plus tard).
L’archétype masculin : images et expériences liées aux thèmes de la chasse, le souci et la protection de la progéniture, l’action liée aux résultats, la guerre et la lutte, le regard méprisant porté sur les émotions (lié au versant féminin) car montrer ses émotions constitue un danger dans la lutte.
Depuis toujours, partant de son archétype, le rôle de la femme consiste à maintenir l’équilibre dans sa propre vie, au sein du couple, de son foyer et de la communauté. Elle représente la force invisible, le ciment, l’âme de la famille... Pour ce faire, elle fait confiance à son intuition, avec le soutien d’autres femmes.
C’est ainsi que la femme s’est ouverte aux sphères célestes, à la spiritualité, à l’alternatif, à la connaissance de l’invisible, aux médecines alternatives. La femme se lie instinctivement à l’invisible : il suffit de penser au lien invisible entre une mère et le bébé qu’elle porte en son sein. La femme a coutume d’être en lien avec «quelque chose» de vague, de pas encore tout à fait défini, quelque chose qui est encore en gestation. Plus que l’homme, elle a été en quête des sciences holistiques. Heureusement, aujourd’hui, la société tend à s’ouvrir à cette approche, tout en restant toujours dans le domaine du tabou. On en parle très peu. Les besoins en matière de spiritualité restent cachés. La Raison les regarde encore de haut. Toutefois, après douze années de pratique et d’étude approfondie de cette science, je suis heureuse de constater que les hommes s’y intéressent de plus en plus.
Une émancipation qui a déraillé
Je suis convaincue que l’histoire suit son cours et que, dans ce sens, elle a toujours raison. Il y a toujours de nombreuses raisons pour que les choses se passent comme elles se passent.
La répartition classique des rôles entre l’homme et la femme est restée figée très longtemps : l’homme, chef de famille et la femme au foyer. Jusqu’à ce que l’émancipation fasse son apparition… Après avoir été soumise, la femme découvre au fur et à mesure comment elle peut fonctionner dans les structures masculines. La génération du baby-boom (entre 1945 et 1955), la première à entrer en contact avec le féminisme et l’émancipation, passe à côté de l’occasion de se développer véritablement. Les enfants des femmes de la génération du baby-boom, à laquelle j’appartiens, peuvent quant à eux faire leurs propres choix. La suite, on la connaît. Les femmes en Occident se battent pour l’égalité dans la sphère publique. Elles revendiquent un droit équivalent aux hommes dans le monde. Leurs voix se sont élevées en Europe du Nord et de l’Ouest, au Canada, en Australie et aux Etats-Unis et l’émancipation est devenue un fait avéré.
Mais nous avons été influencés par d’autres choses encore. Ces générations ont été les premières à grandir avec le petit écran faisant fonction de «garderie». Souvent la télé occupait une place importante après l’école et c’est ainsi que les programmes télévisés d’antan se sont vu attribuer involontairement le rôle d’éducateur. Ces générations ont grandi avec des attentes parfois irréalistes par rapport au futur. Je me souviens de séries romantiques farcies de drames, de conflits, de jolies femmes carriéristes, souvenirs oh combien vivaces, faisant naître à mon avis un idéal inaccessible : celui de la femme alpha, une femme à la carrière éblouissante conciliant de manière irréprochable sa vie de famille et ses ambitions personnelles, une femme en outre plus forte que l’homme, capable de le dépasser.
Nous avons dû lutter pour être indépendantes. Et comment !
Les femmes se sont inconsciemment trop bien adaptées à une structure et un monde masculin. Elles se sont inconsciemment «masculinisées». Elles souhaitaient tant participer pleinement à la société et être visibles que l’émancipation a entraîné inconsciemment aussi une glorification de l’énergie masculine. La manière hiérarchique de diriger, la loi de l’Economie (l’homme étant au service de l’Economie et plus inversement), des structures de travail strictes et des méthodes quantitatives axées sur les résultats, sont toutes des formes de travail greffées sur l’archétype masculin et privilégiées depuis les débuts de l’industrialisation. Pour gagner l’émancipation, les femmes se sont accrochées et adaptées inconsciemment à ces méthodes.
Les générations X et Y en déséquilibre
Les générations X et Y (nées entre 1961 et 1980) se sont mises au service de l’économie, par besoin d’émancipation mais également par besoin économique. Dès que le diplôme était dans la poche et que l’âme sœur était trouvée, les jeunes se rangeaient en masse dans le modèle du couple à double revenu ou couple biactif. Mais dès qu’un enfant s’annonçait, le modèle avait tendance à se transformer fâcheusement en un «modèle galère». Ils se mettaient à patauger dans la vase afin de pouvoir tout combiner… Ménage, couple, ambitions, contacts sociaux, engendrant tension et épuisement.
Dans le modèle du couple biactif, les hommes et les femmes travaillaient au sein des structures greffées sur l’archétype masculin.
En cours de route, beaucoup de femmes et d’hommes des générations X et Y ont cessé d’être à leur propre écoute. De par le caractère impérieux de l’enrichissement matériel et la pression sur les performances, l’argent et les résultats, cette génération d’hommes et de femmes s’est vue perdre une partie précieuse de sa conscience féminine.
L’énergie nécessaire pour nourrir la conscience féminine a finalement été consacrée à nourrir l’économie. Ce qui fait grandir et épanouir l’être humain a été altéré. À présent, une perception plus claire de la conscience masculine et féminine est nécessaire pour mieux se comprendre soi-même et retrouver un équilibre. Qu’a-t-on perdu exactement ? Quel est l’impact de cette perte de conscience féminine sur soi-même, la relation avec les autres et la société ?
Ce que nous avons perdu en nous et nos relations
Dans le modèle biactif actuel, l’individualisme est au premier plan. La femme construit non seulement sa relation et son foyer, mais elle se construit également elle-même. La palette des choix est infinie. Il n’y a plus d’idéaux collectifs de complémentarité auxquels s’accrocher. De nombreuses questions se posent : comment retrouver collectivement un nouvel équilibre entre l’énergie masculine et féminine ? Le modèle masculin de soutien de famille était clair, le modèle biactif demande plus de transparence et de clarification pour être en équilibre.
Nous mourons d’envie de correspondre à l’image idéale. La femme tente de mieux vivre en suivant le principe masculin de la réussite, des résultats et de l’efficacité dans l’assemblage de ses activités quotidiennes.
Les femmes visent inconsciemment l’ancienne image idéale de la femme alpha : «Le jour où j’obtiens cela, alors... Et si je réussis à réaliser cela, alors…» Mais quel en est le résultat ? Dès qu’elle atteint son but, elle reste avec un sentiment d’insatisfaction.
Quel effet sur les hommes?
Le manque d’attention accordée à l’énergie féminine dans tous les domaines sociaux a des conséquences sur les deux partenaires du couple.
Du fait que la société s’est déstabilisée et que les qualités féminines chez bon nombre de femmes et d’hommes ont été perdues de vue, établir, entretenir et rétablir de bonnes relations reste un défi.
Si lors d’un conflit dans le couple, la femme s’exprime en faisant appel à son énergie masculine, l’homme s’adressera à elle en mobilisant encore davantage l’énergie masculine et les reproches se succèderont. Œil pour œil, dent pour dent. Ce qui est un processus inconscient. Tout se trame dans la masse immergée de l’iceberg. En s’adressant à sa conscience féminine en tant que femme ou homme, on se montre vulnérable. Cela mène à un tout autre type d’échange et offre au conjoint l’espace pour réagir selon son intuition. L’homme ou la femme osera montrer son côté vulnérable. Des qualités féminines viendront à nouveau agrémenter la relation, non seulement par le biais de la femme mais aussi par son compagnon.
Si nous souhaitons rétablir ce lien avec nous-mêmes, nos relations, voire avec notre planète, la conscience féminine est plus que jamais indispensable dans tout type de relation. Si nous réveillons à nouveau cette partie de nous-mêmes, nous donnons inconsciemment aux autres, et à notre partenaire en particulier, la permission d’admettre également leur conscience féminine, afin de faire remonter leur vulnérabilité à la surface. C’est ainsi qu’en tant que femme ou homme, il est possible d’adopter le rôle de catalyseur dans sa propre vie et dans ses relations.
Le mouvement entre la conscience masculine et féminine est identique au mouvement du symbole de l’infini, fluide et inconscient. Pour pouvoir vivre en équilibre, nous évoluons entre les deux centres de conscience, tant en soi-même que dans notre relation. Notre évolution a trop mis l’accent sur les qualités de la conscience masculine, ayant comme conséquence que la conscience féminine n’a plus été alimentée, aussi bien chez la femme que chez l’homme.
Il nous faudra encore plusieurs générations avant de retrouver l’équilibre personnel et relationnel dans les qualités masculines et féminines. L’émancipation et le modèle du couple biactif viennent de faire leur entrée dans l’histoire. Nous sommes la première génération à abandonner les stéréotypes ou les images collectives. La première à s’éloigner de l’interprétation collective des rôles masculins et féminins (comme le modèle où l’homme seul est soutien de famille). Une lueur d’espoir réside dans le fait qu’il est possible d’accélérer ce processus par le biais du développement personnel, en explorant son subconscient.
Revenons à l’iceberg. Ce que l’on voit de soi et de ses relations, n’est que le sommet de l’iceberg.
La plus grande partie est invisible sous la surface de l’eau. Si le combat est bien mené sur le sommet de l’iceberg, sa gestion se fait depuis les profondeurs.
Je me suis rendu compte que la prise de conscience de ce fonctionnement par le biais du développement personnel et spirituel était par essence la clé de la conscience féminine.
Cette prise de conscience nous donne accès, en nous et dans toutes nos relations, à un meilleur équilibre entre la conscience masculine et féminine.
Chapitre 2 - La conscience féminine et la conscience masculine : un tout indissociable
Il est important de savoir que tant l’homme que la femme détiennent en eux une conscience féminine et une conscience masculine. Parler de ces deux forces, c’est parler des principes du yin et du yang issus de la tradition orientale.
Cette tradition repose sur le principe holistique. Tout est considéré comme un ensemble. L’univers est vu comme un seul champ d’énergie. Tous les phénomènes se présentent comme une énergie qui se manifeste sous différentes formes. Tout est lié et l’homme aussi fait partie de ce champ d’énergie. Ce principe apparaît déjà dans la physique quantique, nouvelle science prometteuse de la physique.
Dans ce chapitre, j’explore le sens du yin et du yang. Reconnaître et accepter ces principes sont les premières étapes à franchir pour progresser vers l’équilibre. Faire la connaissance de la conscience féminine et de la conscience masculine c’est comme partir en exploration. Il suffit de désactiver la raison et d’écouter son intelligence intuitive. Pendant des milliers d’années, la tradition orientale a observé l’homme et ses interactions avec son entourage. Cette observation a débouché sur un système qui explique le fonctionnement du corps et des phénomènes naturels : les principes du yin et du yang. L’essentiel est de préserver l’harmonie entre le yin et le yang tant dans le corps que dans l’esprit et, ainsi, entretenir une relation harmonieuse avec le monde extérieur.
Il y a plusieurs années, je me suis mise à étudier et comprendre comment traduire ces concepts dans l’esprit de notre temps. Quelles sont les notions pratiques de ces phénomènes naturels que nous ne saisissons pas mais qui sont essentielles dans la quête de plus d’équilibre ? Dans ce chapitre, je rassemble mes connaissances dans le but de vous inspirer dans votre vie quotidienne. Je traite également des conséquences de la perte d’équilibre des principes du yin et du yang tant chez l’homme que chez la femme. Vous trouverez des listes d’affirmations pour l’homme et la femme plus loin dans le livre que vous pourrez compléter en couple ou individuellement afin de mieux connaître le juste équilibre entre votre conscience féminine et masculine (le test yin-yang).
Ce livre traite des relations interpersonnelles (non spécifiques au genre) et de la relation avec soi-même. Chacun d’entre nous a une conscience masculine et féminine et une énergie préférentielle, indépendamment du genre. Les questionnaires sont à compléter individuellement, ce qui fait que les résultats sont applicables à tout type de personne et de couple. Ce test est un instrument de conscientisation pour découvrir sa propre énergie, pour comprendre comment on aborde ses relations, comment on fonctionne personnellement.
Le yin et le yang : de quoi s’agit-il précisément ?
Les consciences féminine et masculine sont représentées par un seul symbole renfermant les deux énergies yin et yang. Ce principe est cité pour la première fois dans le I Tjing datant de 1000 à 700 ans avant Jésus-Christ. Le symbole connu représente le mouvement continuel entre ces deux énergies, le yin vers le yang et le yang vers le yin d’où l’idée que tout est possible, comme les objets qui se dilatent et se contractent lorsque la température monte ou baisse et inversement.
Le yin et le yang sont deux concepts à la fois opposés et complémentaires. L’un ne peut exister sans l’autre. Selon la philosophie orientale, l’ensemble de notre univers repose sur le yin et le yang. Les points dans les symboles représentent la dynamique : le yin propulse le yang et le yang propulse le yin. Un excès de l’un ou de l’autre engendre une dynamique. C’est un mouvement continuel que l’on retrouve également dans le couple : si un des deux partenaires est très yang, l’autre le compensera (inconsciemment) en se comportant plus yin, afin de maintenir l’équilibre. Sans cette adaptation, la relation perd son équilibre et vit un combat de tous les instants. C’est ce que je constate dans beaucoup de couples. J’y reviendrai plus tard dans le passage de perspective culturelle où j’évoque le modèle où l’homme seul est «soutien de famille» versus le modèle du couple biactif.
Les qualités du yin et du yang
Le chinois est une langue faite de symboles. Afin de pouvoir mieux saisir l’ancienne sagesse chinoise du yin et du yang en Occident, je me suis inspirée d’une traduction intéressante de ces concepts de Karen Hamaker et Anne Wislez dans l’esprit occidental contemporain.
Qualités du yin
Le principe féminin se traduit par la nuit, l’obscurité, le froid, l’eau, la terre, la lune, la force intérieure, la contraction, ce qui prend forme, la matière, l’accueil, le repos, le délassement, ce qui est passif, naturel, introverti, conservateur, inconscient, paisible, la soumission, le fait d’être ensemble, flexible, subjectif, cyclique, centré sur le présent (et le passé), le fait d’être, la collaboration, la docilité, la vulnérabilité physique, l’offre de sécurité, le personnel, les relations, le maintien de la vie, l’état d’alerte, la volonté de réunir, de former une équipe, d’harmoniser, être focalisé sur l’ensemble, la pensée holistique, la sagesse fondée sur l’intelligence intuitive, sentir et expérimenter, la douceur, chercher le sens des choses, avoir de la patience pour tout ce qui est et n’est pas encore, accepter la douleur et les moments difficiles et les assumer, pouvoir se lier avec quelque chose de potentiel, entrer en contact avec de vagues concepts, créer, l’entre-deux-mondes, rêver, l’irrationnel, la magie, être sensible à la vie et la mort et les reconnaître comme étant des cycles indispensables de la vie, pouvoir patienter en toute confiance comme élément faisant partie du processus créatif, la connaissance des lois universelles de la vie, donner la vie, porter, jouir, se livrer à la sensualité, la sexualité…
Qualités du yang
Le principe masculin se traduit par le jour, la lumière, la chaleur, le feu, le ciel, le soleil, les forces extérieures, la dilatation, l’énergie pure, ce qui est sans forme, le principe du don, le mouvement, l’excitation, tout ce qui est actif, technique, conscient, combatif, le contrôle, ce qui est solitaire, déterminé, objectif, linéaire, l’avenir, devenir, penser, faire, la raison, la dureté, la fougue, la compétitivité, le leadership, être physiquement fort, offrir la protection, l’implication dans le monde externe, l’abstrait et les affaires, pouvoir prendre des risques, vouloir se distinguer, développer l’individu, être focalisé sur un seul but, la capacité à structurer, l’analyse, comprendre, chercher la vérité, le pouvoir de toujours présenter l’innovation nécessaire, être extraverti, disparaître, avoir la capacité de résoudre des problèmes, l’envie d’action et d’initiative, la détermination, aller droit au but, le ciblage, le franc-parler, la capacité d’apporter ordre et structure, être franc, être clair, créatif, être créateur, l’impatience, vouloir passer à l’action, à la création, diviser, partir de fragments, être guerrier, se sacrifier pour une plus grande cause, prester, le contrôle, être fier après une victoire…
Le yin et le yang : la perspective culturelle
Dans l’ancien modèle où seul l’homme était soutien de famille, l’homme et la femme n’ont pas remis en question le rapport entre le yin et le yang. De même qu’aujourd’hui, à l’époque du modèle biactif, il n’est pas remis en question.
On ne se préoccupe pas de la nécessité que ces qualités soient suffisamment représentées en nous, nos relations ou notre entourage. On ne se pose même plus la question. L’émancipation nous a embarqués inconsciemment dans un déséquilibre de ces qualités et nous ne nous rendons pas compte que nous avons créé une situation malsaine pour nous-même et nos relations. Résultat, c’est la galère !
L’histoire a connu une longue période où le collectif occupait une place centrale dans la société. Il en ressortait une série d’images collectives selon lesquelles l’homme et la femme étaient censés se comporter suivant les codes culturels écrits et non-écrits de l’époque. C’était alors une évidence que seul l’homme était soutien de famille. La soumission était une réalité. Nos grands-parents l’ont vécu. Grâce aux rôles clairement définis, tout le monde savait ce qu’il avait à faire. Personne ne se posait de question par rapport à l’augmentation du yang chez la femme ou du yin chez l’homme.
Les principes du yin et du yang ne connaissaient aucun mouvement car il y avait une sorte d’équilibre mutuel entre les deux énergies. L’homme représentait le principe du yang, le monde extérieur en tant que soutien de famille. La femme représentait le principe du yin au sein du foyer. Jusqu’au moment où l’étouffement de la femme prit trop d’ampleur faisant place au combat avec comme conséquence, l’émancipation.
Dans le modèle biactif actuel, tant l’homme que la femme acceptent une société qui, de part son évolution, a en toute logique été calquée sur le masculin.
D’un point de vue social, l’accent est principalement mis sur les qualités yang. Il s’agit surtout de ce que l’on fait et très peu de qui on est en tant que personne. On est ce que l’on fait. Les qualités masculines sont maintenant reconnues aux quatre coins du monde. Les activités professionnelles calquées sur le masculin (comme les métiers juridiques, les métiers dans l’immobilier, les fonctions économiques et financières…) bénéficient de plus de reconnaissance et de valeur sociale.
C’est pourquoi les deux sexes cherchent exclusivement à satisfaire cet idéal. Les qualités féminines ainsi que les professions associées (les soins de santé, l’enseignement, l’art…), plus liées au yin, sont alors délaissées, dévalorisées. On galère pour pouvoir répondre au modèle social. On finit non seulement par s’y perdre soi-même, mais on y perd aussi la relation à l’autre.
Pensée linéaire versus pensée circulaire
Origine du concept «linéaire» : ligne droite, un seul but, résultat, quantification, logique de cause à effet. Il est associé à la conscience masculine.
La société linéaire a vu le jour au siècle des Lumières et au début de la révolution industrielle où tout était question d’efficacité et de résultats. Actuellement, le choix des études par exemple est principalement orienté vers la sphère économique, c’est évident. L’esprit du temps, l’enseignement et les éducateurs se focalisent sur la prospérité économique.
Le concept «circulaire» se situe à l’opposé : une forme circulaire, une logique inclusive, à effets non-quantifiables et exploration large. Il est associé à la conscience féminine.
À la lumière de la pensée circulaire, rien n’est fini. Il n’y a pas de point final. La façon de penser est inclusive. On se soucie de l’impact sur tout ce qui fait partie du système (les autres personnes, les animaux, la nature…). La pensée circulaire part du point de vue «le futur c’est maintenant».
Nous-mêmes et tout ce qui nous entoure ne cessons de croître et nous traversons collectivement les différentes étapes, les saisons. Plus on a conscience de soi, plus on vit ces étapes intensément. Tous les jours, toutes les semaines, tous les mois, tous les ans, nous vivons ces étapes circulaires, que ce soit en couple, ou en famille. Il est question de continuer à croître, à grandir ensemble vers plus de conscience, en acceptant la vulnérabilité et la sincérité qui sont inhérents au processus.
De plus en plus, on entend parler d’économie circulaire ou d’investissements à impact. Ces tendances reflètent l’impact sur l’environnement, notre entourage social, être humain… La conscience se développe. On se rend compte qu’une économie linéaire mondiale n’est plus tenable. Aucun organisme ne croît indéfiniment. Nous ne concevons une croissance infinie qu’en économie. L’impact sur la planète est trop grand. J’y reviendrai au chapitre «Ressources pour consolider le monde».
