Et la lune sera ma tombe… - Bruno Lassalle - E-Book

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Bruno Lassalle

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Huis clos interstellaire…

« Un robot ne peut porter atteinte à un être humain, ni, restant passif, permettre qu’un être humain soit exposé au danger. » (Première Loi de la robotique d’Asimov, 1942)
Pourtant, il ne s’agissait que d’une simple mission de routine, terminer le démantèlement de la Station Spatiale Internationale (ISS), et puis tout a dérapé… Commotionné, je n’avais plus aucun souvenir de l’origine de ce chaos. Des giclures rouges constellaient ma combinaison blanche et du côté gauche de ma tête, mes cheveux étaient poisseux de sang coagulé. Je m’appelle Jonathan Rives, spationaute sur la dernière mission de l’ISS.

Ils m’appellent Mike. Je suis le robonaute de troisième génération de l’ISS. « Les...les humains ne sont pas...pas fiables... dominés par leurs émotions... pro...provoquer chez eux des réactions irrationnelles pouvant faire échouer la mission.... échouer la mi...mission. »

Un thriller de science-fiction où la tension est à son comble entre humain et robots !

EXTRAIT

«… enkystée dans mon cerveau comme une tumeur, cette charge inextinguible et omniprésente, diffusait ses sécrétions empoisonnées, prenant insidieusement possession de mon esprit, au point de devenir mienne. » « J’avais vainement cherché un signe d’empathie dans l’expression de mon visage, mais rien ne transparaissait, pas même l’esquisse d’un rictus ni un imperceptible battement de paupières. »
« Il avait trouvé en moi l’allié idéal, son exécuteur des basses œuvres. » « Je redoutais qu’il fasse de moi son esclave galactique. »

À PROPOS DE L'AUTEUR

Biologiste à l’Inserm (Institut National à la Santé et à la Recherche Médicale) depuis 1978, Bruno Lassalle a d’abord écrit deux thrillers scientifiques (A Feu et à Sang 2013, Fraude 2016) évoquant en filigrane comment la science peut être pervertie dans un contexte géopolitique explosif. Après un thriller réunionnais (L’Écarlate 2015) plutôt épicé, l’auteur nous entraîne ici sur son nouveau terrain de jeu : un huis clos interstellaire. Bruno Lassalle est aussi voyageur. Ses trois premiers romans nous ont entraînés en Afrique et au Moyen-Orient, sur l’île de La Réunion et dans un périple vers l’est jusqu’aux deux Corées (Fraude).

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Seitenzahl: 65

Veröffentlichungsjahr: 2018

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Table des matières

Résumé

Et la lune sera ma tombe…

Résumé

Huis clos interstellaire…

« Un robot ne peut porter atteinte à un être humain, ni, restant passif, permettre qu’un être humain soit exposé au danger. » (Première Loi de la robotique d’Asimov, 1942)

Pourtant, il ne s’agissait que d’une simple mission de routine, terminer le démantèlement de la Station Spatiale Internationale (ISS), et puis tout a dérapé… Commotionné, je n’avais plus aucun souvenir de l’origine de ce chaos. Des giclures rouges constellaient ma combinaison blanche et du côté gauche de ma tête, mes cheveux étaient poisseux de sang coagulé. Je m’appelle Jonathan Rives, spationaute sur la dernière mission de l’ISS.

«… enkystée dans mon cerveau comme une tumeur, cette charge inextinguible et omniprésente, diffusait ses sécrétions empoisonnées, prenant insidieusement possession de mon esprit, au point de devenir mienne.» « J’avais vainement cherché un signe d’empathie dans l’expression de mon visage, mais rien ne transparaissait, pas même l’esquisse d’un rictus ni un imperceptible battement de paupières. »

« Il avait trouvé en moi l’allié idéal, son exécuteur des basses œuvres. » « Je redoutais qu’il fasse de moi son esclave galactique. »

Ils m’appellent Mike. Je suis le robonaute de troisième génération de l’ISS. « Les...les humains ne sont pas...pas fiables... dominés par leurs émotions... pro...provoquer chez eux des réactions irrationnelles pouvant faire échouer la mission.... échouer la mi...mission. »

Biologiste à l’Inserm (Institut National à la Santé et à la Recherche Médicale) depuis 1978, Bruno Lassalle a d’abord écrit deux thrillers scientifiques (A Feu et à Sang 2013, Fraude 2016) évoquant en filigrane comment la science peut être pervertie dans un contexte géopolitique explosif. Après un thriller réunionnais (L’Écarlate 2015) plutôt épicé, l’auteur nous entraîne ici sur son nouveau terrain de jeu : un huis clos interstellaire. Bruno Lassalle est aussi voyageur. Ses trois premiers romans nous ont entraînés en Afrique et au Moyen-Orient, sur l’île de La Réunion et dans un périple vers l’est jusqu’aux deux Corées (Fraude).

Bruno Lassalle

Et la lune sera ma tombe…

Science-fiction

ISBN: 978-2-37873-041-3

Collection Atlantéïs : 2265-2728

Dépôt légal mars 2018

© couverture Ex Aequo

© 2018 Tous droits de reproduction, d’adaptation et de

traduction intégrale ou partielle, réservés pour tous pays.

Toute modification interdite.

Éditions Ex Aequo

6 rue des Sybilles

88370 Plombières les bains

www.editions-exaequo.fr

Prologue

Pourtant, il ne s’agissait que d’une simple mission de routine et puis tout avait dérapé. Je m’appelle Jonathan Rives, spationaute sur la Station Spatiale Internationale (ISS) et seul survivant de la mission Space Last Walz. Commotionné, j’avais effacé de ma mémoire les dernières heures passées dans la station, une amnésie transitoire occultant l’origine du chaos ayant anéanti l’avenir de la mission. Cependant, retenu par une poignée de synapses, un foyer malsain continuait sa sombre besogne, distillant le funeste pressentiment que je ne sortirai pas indemne de cette aventure spatiale.

La mission SpaceLast Walz d’une durée de six mois avait sonné le glas de la dont le démantèlement devait être achevé fin 2021. L’équipe, composée de quatre hommes, deux femmes et d’un robonaute, entamait la phase finale de la déconstruction de l’ISS. Deux mois plus tôt, deux cargos HTV-7 chargés de matériels scientifiques et d’éléments informatiques sensibles avaient été rapatriés sur terre. Au centre d’une ossature tubulaire couverte de panneaux solaires, la station était maintenant réduite à une zone de vie a minima avec ses laboratoires, sa capsule de retour Progress 5 et le vaisseau russe Soyouz

1

21 mars 2021- Quand le faisceau lumineux flasha ma rétine, instantanément je recouvrai mes sens, ressuscitant dans un monde mouvant et chaotique constitué d’appareils scientifiques éventrés et de composants électroniques voltigeant en apesanteur. Un rack d’appareils de mesure effondré sur le dos me terrassait au sol du module-laboratoire Destiny. Malgré les douleurs aiguës, comme autant de stimulations électriques me maintenant artificiellement éveillé, je lâchai prise, l’esprit happé dans un monde de cliquetis électromagnétiques et d’infrasons puis, lentement sombrai dans l’inconscience, submergé par un flux d’images surgissant du passé.

Mon champ de vision se rétrécit subitement, cerné par une masse sombre condamnant l’horizon ; une barre d’immeubles HLM, haute et grise comme les murs d’une prison. Au milieu, un espace familier : le terrain vague jonché de détritus et de carcasses incendiées, exhibant comme une difformité, l’arbre famélique au tronc rongé par les crocs des pitbulls. Échoués sur ses branches, des sacs plastiques aux couleurs vives virevoltaient comme des drapeaux de prière tibétains. Papillonnant autour de l’arbre, des gosses électrisés psalmodiaient joyeusement une comptine :

« Marie assise sur une pierre, sur une pierre, sur une pierre,

Elle épluche des pommes de terre, pommes de terre, pommes de terre,

V’là le frère qui arrive, qui arrive, qui arrive

Il lui donne trois coups d’couteau, coups d’couteau, coups d’couteau

V’là la mère qui arrive, qui arrive, qui arrive

Qu’as-tu donc fait à ta sœur, à ta sœur, à ta sœur

J’y ai donné trois coups d’couteau, coups d’couteau, coups d’couteau… »

Le ciel s’assombrit d’un coup laissant place aux ténèbres dominées par l’odeur de moisi et le chuintement des rongeurs dérangés mes pas. Quelques hublots grillagés éclairaient le couloir desservant les caves de l’immeuble et là, abandonnée au sol dans la poussière, gisait la robe bleue maculée de sang. Soudain, un torrent d’égout noir et chargé de vermine inonda la cave, charriant sa meute de rats affolés. Emportée par le courant, la robe bleue se plaqua sur mon visage comme un linceul détrempé, étouffant mes cris. Puis, telle une locomotive en fusion plongeant dans ma trachée, un air brûlant envahit mes poumons provoquant une quinte de toux cataclysmique. Alors, comme au premier jour de ma vie, j’ouvris les yeux sur un monde ouaté et immaculé.

— Merde, c’est quoi tout ce bordel ?

Me libérant du rack et des appareils me plaquant au sol, mon corps reprit sa lente lévitation au milieu du module. Du tranchant des instruments et des outils, ma combinaison avait conservé des scarifications au pourtour rosé. Une tornade avait probablement ravagé le laboratoire. Au milieu d’un désordre indescriptible d’objets divers en suspension gravitationnelle, planait un rat de laboratoire cherchant à s’agripper désespérément sur tout ce qui passait à sa portée.

Commotionné, je n’avais plus aucun souvenir de la cause de ce chaos. Des giclures rouges constellaient ma combinaison blanche et du côté gauche de ma tête, mes cheveux étaient poisseux de sang coagulé. Je décidai de rejoindre les autres pour tenter d’analyser la situation.

Planant de sas en sas, je traversai le module de connexion Node 2Harmony pour rejoindre le laboratoire européen Colombus. L’accueil fut plutôt brutal. Le corps mutilé de Gail gravitait au milieu d’une constellation de bulles de sang flottant dans la cabine. Les bulles se déformaient, se divisaient ou fusionnaient dans l’espace comme des êtres vivants ectoplasmiques. Évitant leur contact, je volai jusqu’à Gail dont le bras droit avait été sectionné avant l’articulation de l’épaule. Son bras voletant au milieu du module, maintenait encore dans sa main crispée un tournevis à l’embout émoussé. Celui qui avait fait ça s’était aussi déchaîné sur son visage, ne laissant qu’une bouillie de chair et d’os. Je déguerpis de Colombus pour atteindre Kibo le laboratoire japonais. Au fond du module, Mike, le Robonaut3, était occupé à manipuler le bras articulé RMS. Je volai jusqu’à lui.

— Mike. Que s’est-il passé dans Colombus ?

Le robonaute restant inflexiblement concentré sur sa tâche, je réitérai ma question :

— Mike, tu m’entends. Que s’est-il passé dans Colombus ?