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Le mal s’est invité chez nous. C’est grande misère pour la Réunion. Saint-Expédit veiller sur nous.
Max savait que le tissu blanc et les cheveux brûlés sur la seule tombe rouge du cimetière de Saint-Pierre n’étaient pas un bon présage. « Cette fois il faut s’attendre au pire ». Un démon investi par l’âme de Sitarane, battait campagne, à la recherche d’innocence à avilir et à détruire.
Quand la psychose s’abat sur l’île de la Réunion au lendemain de la découverte d’un nouveau corps mutilé de fillette, le commandant Mathilde Guérini est convaincue que ce n’est que le début d’une longue série, et que, dans l’urgence pour arrêter le meurtrier, elle devra composer avec les croyances et les cultes populaires réunionnais, empreints de sorcellerie et de magie noire.
Ce second roman de Bruno Lassalle n’est pas simplement un thriller. L’écarlate prend racine dans l’histoire de l’île Bourbon, s’imprègne de ses traditions et nous transporte dans les limbes sulfureux des croyances occultes réunionnaises pour un éternel combat du bien contre le mal.
Découvrez un thriller qui prend racine dans l’histoire de l’île de la Réunion, s’imprègne de ses traditions et transporte son lecteur dans les limbes sulfureux de croyances occultes.
EXTRAIT
— Je veux voir le corps, ordonna Guérini.
— Là-bas, sur la plage, répondit Shaw.
— Dans quel état ?
— Méconnaissable.
— Empreintes, dentition, des signes distinctifs ?
— Euh… On a ni tête ni membres, Commandant.
— Alors qu’est-ce qu’on a, Shaw ?
— Un tronc… et encore... ce qu’il en reste.
— C’est mince.
— Le légiste est là. Il vous attendait pour embarquer le macchab.
À PROPOS DE L'AUTEUR
C’est lors d’un séjour sur l’île de la Réunion, que Bruno Lassalle découvre l’exception multiculturelle réunionnaise. C’est au gré de ses rencontres et de son périple sur cette terre insulaire, qu’il a imaginé L’écarlate, puisant çà et là des ingrédients épicés et magiques de la culture réunionnaise.
Bruno Lassalle est scientifique mais aussi voyageur. Son premier roman À Feu et à sang, un thriller politico-scientifique, nous entraînait déjà en Afrique et au Moyen-Orient.
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Seitenzahl: 106
Veröffentlichungsjahr: 2017
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Résumé
L’Écarlate
Épilogue
Max savait que le tissu blanc et les cheveux brûlés sur la seule tombe rouge du cimetière de Saint-Pierre n’étaient pas un bon présage. « Cette fois il faut s’attendre au pire ». Un démon investi par l’âme de Sitarane, battait campagne, à la recherche d’innocence à avilir et à détruire.
Quand la psychose s’abat sur l’île de la Réunion au lendemain de la découverte d’un nouveau corps mutilé de fillette, le commandant Mathilde Guérini est convaincue que ce n’est que le début d’une longue série, et que, dans l’urgence pour arrêter le meurtrier, elle devra composer avec les croyances et les cultes populaires réunionnais, empreints de sorcellerie et de magie noire.
Le mal s’est invité chez nous. C’est grande misère pour la Réunion. Saint-Expédit veiller sur nous.
Ce second roman de Bruno Lassalle n’est pas simplement un thriller. L’écarlate prend racine dans l’histoire de l’île Bourbon, s’imprègne de ses traditions et nous transporte dans les limbes sulfureux des croyances occultes réunionnaises pour un éternel combat du bien contre le mal.
C’est lors d’un séjour sur l’île de la Réunion, que Bruno Lassalle découvre l’exception multiculturelle réunionnaise. C’est au gré de ses rencontres et de son périple sur cette terre insulaire, qu’il a imaginé L’écarlate, puisant çà et là des ingrédients épicés et magiques de la culture réunionnaise.
Bruno Lassalle est scientifique mais aussi voyageur. Son premier roman À Feu et à sang, un thriller politico-scientifique, nous entraînait déjà en Afrique et au Moyen-Orient.
Bruno Lassalle
Thriller
ISBN : 978-2-35962-788-6
Collection Rouge
ISSN : 2108-6273
Dépôt légal décembre 2015
©Ex Aequo
©2015 Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction intégrale ou partielle, réservés pour tous pays. Toute modification interdite.
***
1
Saint-Pierre. Île de la Réunion.
Malgré la légère bise marine soufflant du lagon, animant de frémissements saccadés les longues feuilles lancéolées des frangipaniers, le cimetière de Saint-Pierre, cerné dans ses murs de basalte, étouffait sous les dardes brûlantes du soleil de janvier. Déjà du Dimitile, descendait du flanc de la montagne jusqu’au Tampon, une épaisse nuée sombre, gorgée de pluie qui couvrait depuis l’aube le ciel de Cilaos. Ce jour-là, la tranquillité habituelle du cimetière était perturbée par le bruit régulier de la pelle du fossoyeur. Entendant des pas fouler l’allée sableuse, l’homme s’arrêta de creuser, puis se redressa dans sa fosse, essuyant de sa manche la sueur perlant sur son front. Les yeux au ras du sol, il ne perçut que les deux savates de cuir crasseuses et élimées qui arpentaient la travée centrale du cimetière, épuisant leur semelle éreintée sur le sol poudreux. Des dreadlocks noir de jais et drues masquaient les traits du loqueteux au torse nu qui oscillait entre les tombes sous le regard dépité du fossoyeur. Le dépenaillé saisit les chaussettes trouées et le tee-shirt de rasta aux couleurs délavées et maculé de taches séchant sur la croix d’une tombe, puis s’assit sur la dalle funéraire voisine pour enfiler ses chaussettes.
— Bon Dieu, Max, une croix c’est pas une corde à linge ! lança le fossoyeur exaspéré. Tu pourrais au moins respecter les morts.
En un mouvement lent, Max se leva, tourna les savates, et prit la direction du mur ouest du cimetière.
— J’te préviens. Si tu continues à faire tes messes noires ici, j’te balance au gardien.
Max fit volte-face. Le fossoyeur devina des yeux sombres de Malbar sous la tignasse.
— J’te préviens… j’te… hein ? Compris ? tenta le fossoyeur.
Mais déjà Max s’était détourné, arpentant la travée d’une démarche nonchalante, en direction du frangipanier ombrageant partiellement la tombe rouge sang de Sitarane. Le monument funéraire dominé par la grande croix noire sur laquelle étaient nouées des bandes de tissu rouge et noir, contrastait avec les tombes blanches et fleuries colonisant le cimetière. À l’arrière de la pierre tombale couverte d’offrandes diverses, une petite stèle rouge vermillon au style malbar était érigée, portant les syllabes sanskrites Aum, et en dessous, le nom de trois meurtriers : Saint-Ange, Sitarane, Fontaine. Max s’accroupit pour attraper la petite poule noire nichée parmi les ex-voto, les bougies consumées et les offrandes de la tombe écarlate. L’oiseau se blottit immédiatement sur ses cuisses. La poul péi apeurée surveillait de ses petits yeux noirs et nerveux les moindres gestes du fossoyeur. De ses mains brunes et sales, Max entreprit de caresser lentement le plumage de la géline, qui émit des gloussements de satisfaction.
Le fossoyeur saisit sa pelle, et se courba dans le trou béant jouxtant un volumineux monticule de terre sableuse, pour continuer sa besogne.
— Moin pa kontan. Max toul’tan mokaté moin, ronchonna-t-il.
***
2
Après un bain revigorant dans la cascade Langevin, Max se rhabilla de ses loques, remonta avec agilité le chemin escarpé couvert de végétation luxuriante, et rejoignit la route de Grand Galet ombragée par de vieux letchis.
Au bord de la route, à l’approche d’un virage, une caverne naturelle abritait un oratoire dédié à Saint Expédit, composé d’un autel rouge sang sur lequel trônaient des statuettes de Notre-Dame de Lourdes, d’images du Sacré-Cœur, et autres bondieuseries, ainsi que des ex-voto et des offrandes remerciant le Saint d’avoir exaucé un vœu. Des tissus rouges pendaient, noués sur des branches avoisinantes. Des ragotons de bougies fondues et des flacons ayant contenu du rhum ou de l’huile étaient disposés suivant un rite précis sur l’autel. Une curieuse statue de bois noirci représentant un prêtre affublé d’une aube blanche était érigée au côté d’un Saint Expédit en tenue de gladiateur. Max souleva la statue, ramassa le papier plié en quatre, et lut le message. Max eut peine à lire le mot écrit en pattes de mouche sur une feuille déchirée provenant d’un cahier d’écolier. Une main hésitante au style enfantin décrivait la souffrance quotidienne d’une mère et de sa fille, maltraitées par Fano, mari violent et vindicatif, que le rhum frelaté, probablement concentré en méthanol, rendait fou furieux. Lors d’une altercation d’automobilistes, la folie meurtrière de Fano Rangaman avait bien failli déboucher sur un massacre.
Max se souvenait de cette histoire qui avait fait la une de la presse locale. Le mari était sorti de sa voiture avec une machette qu’il cachait, dixit les témoins, sous son siège de voiture, et avait tenté de sabrer tous ceux qui voulaient l’empêcher d’étriper l’automobiliste et sa femme, barricadés dans leur berline. Max se dit qu’il était temps d’intervenir, sentant monter en lui cette culpabilité qui le rongeait toujours un peu plus chaque fois qu’il était confronté à la souffrance d’autrui. Mais avant toute action, il devait se purifier.
***
3
Le couple Rangaman était connu du G.U.T, le Groupement d’Unités territoriales, de Saint-Leu et suivi par une assistante sociale attitrée depuis quelques années déjà, sans que la violence conjugale transparaisse dans le dossier. L’alerte avait été donnée par des voisins et certains de leurs proches alarmés par les cris, les injures, et les pleurs. En tant qu’assistante sociale déléguée au soutien des victimes de violences intrafamiliales, Alia avait été mandatée par le G.U.T pour évaluer la situation de la famille Rangaman, dont les conditions de vie déjà précaires s’étaient considérablement dégradées. Mais à quarante-deux ans, et après de courts séjours à la prison de Saint-Denis, Fano, savait qu’en pratiquant l’humiliation répétée et une pression psychologique adaptée, les deux femmes ne se plaindraient à personne.
Antoinette, la femme de Fano, déposait régulièrement des prières et des offrandes à Saint-Expédit dans l’espoir que son mari retrouve le droit chemin, alors que celui-ci fréquentait la tombe de Sitarane pour des rites de sorcellerie.
— Ana-Malia, viens ici ma fille, héla Antoinette. Une belle demoiselle est là pour nous aider.
Une petite maigrichonne aux cheveux bouclés, flottant comme un petit épouvantail dans sa robe rose tachée, pénétra dans la pièce du salon au mobilier de récupération. Seul, posé sur une caisse de bois brut, trônait un large téléviseur à l’écran plat diffusant en permanence un sitcom comblant le vide, la tristesse, et l’angoisse qui régnait dans toute la maisonnée.
— Bonjour, Ana-Malia, sourit Alia.
La gamine resta muette.
— Je m’appelle Alia, et je voudrais bien parler avec toi, si tu es d’accord ?
Ana-Malia répondit par un simple signe de tête.
— J’aimerais bien entendre le son de ta jolie voix, dit Alia mimant un personnage de dessin animé pour enfants.
Ana-Malia esquissa un rire enroué.
— Tu veux bien me montrer ta chambre ? reprit l’assistante sociale sur le même ton. La petite rit aux éclats se déplaçant pour attraper Alia par la main et l’attirer dans sa chambre. La pièce était quasi vide avec quelques jouets détériorés gisant au sol, une lampe de chevet, et un lit en bois en partie disloqué. Les draps froissés semblaient ne pas avoir été changés depuis une éternité.
— Où sont tes jouets ?
—…
— Tu as des copines au village ?
La gamine fit non de la tête.
— Et à l’école ?
— Je ne les vois plus.
— Moi, je te croyais muette. Tu as une belle voix, tu sais. Et pourquoi tu ne les vois plus, tes copines d’école ?
— À cause de papa. Il veut que j’aide maman tout le temps quand il n’est pas là.
Un pickup défoncé freina, dérapant devant la maison. Un homme fin et musclé descendit du véhicule et se dirigea nerveusement vers la maison. Comprenant qu’il s’agissait du mari, Alia rejoignit la mère d’Ana-Malia dans le salon.
— Qu’est-ce que tu fous là, toi ? gueula Fano à la vue d’Alia. Tu viens fouiner chez moi en loucedé quand j’ai le dos tourné.
Le mari se détourna, menaçant, vers Antoinette :
— C’est toi, feignasse, qui as fait entrer cette pute-là ?
— Je vous en prie, calmez-vous, monsieur Rangaman…
— Toi, on t’a rien demandé, alors tu te tires fissa avant que je m’énerve. Et maintenant dégage !
Alia sourit à Ana-Malia, adressa un bref regard désolé à Antoinette puis quitta la maisonnette l’âme déchirée par l’impossibilité d’agir, laissant derrière elle une situation explosive.
***
4
Max s’était purifié le matin même dans les eaux pures du bassin de Bras Cabot puis était retourné à la case abandonnée ayant appartenu à sa grand-mère ; une ossature de bois recouverte de tôles peintes en jaune. Par endroits, la peinture écaillée laissait transparaitre les couches sous-jacentes de couleurs vives. La case était comme abandonnée au milieu d’un jardin d’éden. Ronces, racines et lianes protégeaient la petite baraque comme une armée végétale, que seul Max était capable de percer. De vieux manguiers et letchis obstruaient la vue du ciel, que les rayons du soleil avaient peine à pénétrer. Une forte odeur d’humus et de fruits murs entêtait l’atmosphère chaude et humide.
Max déplaça la grosse pierre qui bloquait la porte de tôle, et entra dans la case surchauffée. Une paillasse déposée sur des palettes industrielles couvrait le sol de terre battue. Une table faite de planches de récupération et un vieux fauteuil en rotin étaient placés devant la petite fenêtre que Max ouvrit pour aérer la case. La lumière s’invita aussitôt dans la bicoque, évaporant comme par magie la tristesse ambiante qui y régnait, transformant l’unique pièce en un lieu paisible et serein.
Max souleva les palettes. Une tôle rouillée obstruait une cache de laquelle il exhuma un sac plastique. Quand il ouvrit la boîte en fer blanc, il examina longtemps le contenu, et commença le déballage rituel, par un regard ému sur les photos anciennes racornies, et le livret de famille jauni. Il serra dans sa main gauche la chainette en or ayant appartenu à sa mère, puis la montre sans vie de son père, pendant que sa main droite fouillait dans la boîte. Max empocha le jeu de clés au logo Triumph, le couteau à cran d’arrêt, le Smith & Wesson calibre. 45 et la corde de piano enroulée comme du fil de pêche, dont les extrémités étaient reliées à des petites poignées de bois.
***
5
Se dandinant sur sa chaise, mâchouillant du chewing-gum, Stella patientait en jouant avec son Smartphone, assise à une table du bar La Bodega, dont la terrasse surplombait la plage de Trou d’Eau à La-Saline-les-Bains. Par intermittence, la fille levait les yeux de son écran, surveillant le parking, attendant l’apparition du pickup de Fano, retenu à Saint-Paul dans un embouteillage. Une tignasse d’un blond décoloré et vainement défrisée bordait son visage créole au maquillage soutenu dont le corps pain d’épice était boudiné dans un ensemble tee-shirt -mini short rose fluo. Attiré par cette fleur multicolore, le barman s’était détourné de son comptoir pour tenter une approche testostéronée.
