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23 Juin 2019, mon père m'appelle pour m'annoncer le décès de ma mère. L'annonce de jour sombre est à venir, mais ça je le découvrirai avec le temps et l'expérience. Néanmoins avant de plonger dans les ténèbres, une pensée ma traversée l'esprit. Cette idée fulgurante m'a permis de survivre au delà du deuil, de la dépression encore mieux elle m'a permis de renaitre au travers d'un vécu mortuaire. Cette idée est véritablement devenue une philosophie de vie, elle est l'essence même pour traverser tout type d'épreuve, que ce soit le deuil, la dépression, ou les coups durs de la vie. Elle éclaire le chemin dans les moments sombres, cruellement douloureux sans issue visible. Entre psychologie et témoignage, ce livre est un partage d'expérience de vie au travers de la mort et du deuil, afin d'apprendre à sublimer tout ce qu'il y à de plus sombre.
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Veröffentlichungsjahr: 2023
Je dédie ce livre à ma maman partie le 23 juin 2019. Ce livre est le récit de ma vie d’après.
Après ton départ.
Ces quelques pages témoignent de cette traversée du vide que tu as laissé.
Ce livre est en ta mémoire, pour me souvenir que chaque événement laisse des traces.
Ces traces sont les sillons pour semer de nouvelles graines.
Alors je plante ce livre comme tu plantais tes fleurs.
J’espère que ces pages fleuriront en un magnifique massif en ton nom.
Pour toi maman, je t’aime.
Pour ce livre, je tiens à remercier en premier lieu mon père. Je dirais qu’il est bien plus qu’un père à mes yeux, il est un mentor, un exemple pour moi. C’est un puits de sagesse à mes yeux, toujours à l’écoute, compréhensif, avec un amour infini pour ses enfants, toujours présent dans les coups durs, il m’a donné sans compter, m’a toujours soutenu dans tous mes choix, m’a laissé la liberté de choisir ma voie, mon chemin pour être celui que je suis aujourd’hui.
Tout ça n’aurait pas été possible sans ses mots justes dans les moments les plus sombres. Alors véritablement, merci papa, je t’aime.
Je souhaite également remercier toutes les personnes qui m’ont aidé dans la réalisation de ce projet, que ce soit Meily pour m’avoir appris et transmis la structure nécessaire pour écrire un livre.
Ma conjointe qui m’a soutenu moralement, émotionnellement dans mes moments de doutes.
Ma psychologue Mme Simorre pour avoir pris le temps de rédiger ma préface.
Et je remercie toutes les personnes dont j’ai pu croiser la route lors de l’écriture de mon livre, que ce soit pour un simple échange, une relecture, ou juste un commentaire.
Quelques mots sur le livre et moi
J'ai rencontré Adrien il y a une dizaine d'années sur les bancs de la fac de sport de Toulouse. J’y enseignais alors la psychologie, il était étudiant en deuxième année. Je remarquai ce jeune homme atypique : investi et passionné. Il était curieux de tout, assertif, en colère souvent, mais toujours ouvert d'esprit, le regard, le cœur et le cerveau tournés vers le monde. Je soupçonnais toutefois que derrière ce visage angélique et souriant se cachait une âme tourmentée.
L'avenir, hélas, allait me donner raison, et c'est quelques années plus tard que je retrouvais Adrien, dans le cadre d'un travail psychothérapeutique cette fois. Bloqué dans un deuil difficile et douloureux, il charriait sa peine et sa colère, dans une errance sans avenir, ni perspective.
Cependant, fort de sa grande détermination rageuse, il ne voyait pas s'installer la dépression. Un long travail s’annonçait. Ce fut une aventure pour lui et je l’accompagnais doucement dans ce chemin de la découverte de soi, de ses ténèbres comme de ses lumières. Ce travail riche d'échanges, parfois drôles et tendres, parfois bousculant et souffrant, a aidé (du moins me plais-je à le croire) Adrien à se construire une identité sécure dans son intranquillité, lumineuse parmi ses ombres, mais toujours fiévreuse d'une pulsion de vie à l’œuvre chaque instant. Il a su dépasser les épreuves du deuil, traverser le Styx, pour enfin renaître à la vie.
Cet ouvrage en est la preuve. Adrien nous livre ici un récit qui lui ressemble : authentique, imparfait dans ces petites coquilles dyslexiques mais brillant par ailleurs dans ses explications claires et accessibles à chacun. Complexe dans le fond mais limpide dans la forme. On découvre une plume enfin assumée, libre et libérée des diktats de la norme.
Le souci du partage, cher à Adrien, nous guide pas à pas, avec bienveillance et sincérité tout au long de ce chemin du deuil. Son langage brut et sans chichi, donne une puissance humaniste au texte et vient nous toucher en plein cœur. Voyage au centre de nos émotions, on rit, on pleure, on tempête face aux brutalités du monde parfois, on s’émerveille aussi...
Adrien nous embarque également dans ses réflexions à travers un savant maillage d'aspects psychologiques théoriques et de témoignages de vie personnelle, poignant. Le sujet est délicat, pouvant être « casse-gueule » même, tellement la question de notre finitude et celle de nos proches est universelle, propre à l'humain, tellement anxiogène et mortifère. Mais dans ce livre, Adrien réussit l'exploit de nous faire partager son voyage intérieur, plein de fraîcheur et d'espoir, à destination de cette merveille qu'est la vie en nous parlant de la mort !
Bravo à toi Adrien et merci d'avoir pensé à moi pour rédiger cette préface, j'ai été honorée de le faire et par cet acte, symboliquement, boucler la boucle.
Nietzsche nous dit « qu'il faut avoir beaucoup de chaos en soi pour accoucher d'une étoile qui danse » : tu nous en apportes ici la preuve sur papier. Que cette étoile vibrante te guide toute ta vie durant dans tous les chaos du monde.
Avec toute mon amitié,
Nathalie. S
Remerciements
Préface
Introduction
Chapitre 1 : Première pierre
Chapitre 2 : Vivre la situation
Chapitre 3 : Plonger dans les ténèbres
Chapitre 4 : Apprendre à mourir
Chapitre 5 : Trouver le chemin de ton plein potentiel
Chapitre 6 : Intégrer la pleine puissance
À propos de l’auteur
La mort, qui est-elle ?
La mort fait partie du langage commun. Nous sommes tous un jour ou l’autre confrontés à cette dernière. Pour autant, elle est taboue, un sujet délicat. Dans notre société occidentale, force est de constater que celle-ci est chargée d’une certaine empreinte. C’est un sujet dont on parle à demi-mot, avec une certaine pudeur, un véritable mysticisme est érigé. Chacun y va de son pronostic sur ce qu’elle est. Tantôt personnifiée, tantôt blâmée de voleuse de vie. La mort est sombre, elle renvoie à tout un chacun cette réalité macabre qu’un jour on va tous mourir.
Ce constat social, que la mort est méconnue et incomprise ainsi que mon récit de vie, m’ont amené à me questionner et réfléchir à cette dernière. Il est vrai que j’ai toujours eu une fascination pour celle-ci. Vers l’âge de 7 ans, je me souviens d’avoir eu cette réflexion : « C’est dingue quand même, des millions d’années se sont écoulées, il y a eu les dinosaures, des hommes de Cro-Magnon, les grecs, les templiers, et pleins d’autres civilisations et je suis là, sans aucun souvenir de comment je suis arrivé ici. Je suis arrivé en un claquement de doigts et je repartirai ainsi. Laissant l’humanité là où elle est. » Cette réflexion m’a amené à réfléchir au fait qu’il était difficile de m’imaginer inerte sans vie.
Puis, plus récemment j’y ai été confronté de près alors, de nombreuses réflexions et vécus autour d’elle sont réapparus. J’ai donc tâché de construire un autre paradigme vis-à-vis d’elle. En gardant cette idée en tête : « Et si la mort que je traverse avait quelque chose à m’apprendre ? Quel est le positif, le magnifique que cette dernière peut me proposer ? Et si elle était autre chose ?»
Ce livre ne fait en aucun cas l’apologie de la mort. Mon but est de te partager une perception de la mort comme quelque chose de méconnu, à laquelle tout un chacun se retrouve confronté tôt ou tard. Cette vision atypique d’une mort différente m’a permis de traverser ce moment bouleversant de mon existence. La perte de ma maman m’a amené à déconstruire ma vision des choses pour construire une réalité qui intègre la mort comme une étape. La mort comme pilier d’un processus créateur afin de vivre de manière rassurée et sereine une tragédie universelle.
Tu trouveras dans cet ouvrage une construction pas à pas d’un processus, avec les points clefs, un partage d’expérience, des anecdotes, des citations, afin de rendre accessible à tous et au quotidien ce cheminement. Il n'est en aucun cas une vérité absolue, pour autant il est une vérité vécue. À toi d’en faire l’expérience si tu le souhaites.
« La mort est ce qu’on donne, quand nous ne pouvons plus rien offrir. »
La mort est universelle, chacun vit tôt ou tard une expérience de mort. La perte d’un proche, d’un animal de compagnie, le sentiment de mourir de l’intérieur lors de la perte de son emploi, de vivre une sensation de mort lors d’une séparation amoureuse, ou même amicale. De nombreuses situations nous renvoient de manière directe ou indirecte à la mort. La langue française regorge d'expressions à connotation mortuaire. « Je suis mort de peur. », « Ça pue la mort. » … Le langage commun est un bon indicateur, pour jauger de la présence sous-entendue d’une idée. Plus cette idée est présente dans le quotidien, plus elle est induite de manière insidieuse, plus sa présence laisse une empreinte. La mort se cache un peu partout, elle est présente que tu le veuilles ou non. Chaque jour qui passe possède son lot de morts. Par exemple, ton corps, dans son renouvellement microbiologique, élimine des cellules mortes et en crée de nouvelles. La mort de quelque chose est présente. C’est infime, tu ne t’en rends pas compte. Mais c’est réel, cette élimination cyclique de ce qui ne vit plus est là. Pour autant, la mort n’est pas uniquement le résultat de la perte de ce qui n’a plus lieu d’être. C’est bien plus que ça.
Si c’est bien plus que ça qu’est cela peut bien être ?
La mort dans le langage commun est associée à certaines représentations. Des allégories, des situations de vie, toutes sortes de choses qui ramènent à une vision glauque, empreinte d’émotions tristes.
Cependant t’es-tu déjà posé la question, d’où vient cette représentation de la mort ? Pourquoi la mort possède des allégories ? Quel est le sens de toutes ces images collées à la mort ?
Premièrement « Le Larousse » définit l’allégorie de cette manière : « latin allegoria, du grec allêgorein, parler par image. 1. Expression d’une idée par une métaphore (image, tableau, etc.) animée et continuée par un développement. 2. OEuvre littéraire ou artistique utilisant cette forme d’expression. ». 1
Cette définition simple nous montre que l’homme est passé par là. Il a construit une image, une représentation de quelque chose d’abstrait. Bien souvent, l’homme personnifie ses peurs, ses angoisses, afin de rendre tangible l’intangible, de rendre supportable l’insupportable. L’homo sapiens, ou homme qui pense a élaboré autour de cette réalité. Prendre le contrôle de son espace pour le rendre vivable et exploitable est l’héritage d’une dynamique de l’évolution selon Darwin. Je vais prendre un petit exemple afin d’imager l’idée selon laquelle l’homme a besoin de personnifier son espace pour le rendre vivable. Le temps est représenté par un sablier, une horloge. C’est une belle allégorie pour représenter physiquement l’idée que la vie s’écoule, tels les grains de sable qui s'égrainent au fur et à mesure.
Pour aller plus loin dans l’idée que l’homme a besoin de mettre la main sur ce qu’il ne contrôle pas, dans le monde entier, il existe de nombreuses allégories sur la mort. Prenons l’exemple de la faucheuse. La faucheuse et son allégorie sont apparues pour la première fois en Europe au XIXe siècle à la suite de la grande pandémie de peste qui ravagea une grande partie de la population. À cette époque, de nombreux artistes se sont saisis de cet évènement pour imager la vision des nombreux cadavres amoncelés dans les rues, des squelettes en putréfaction, la mort ayant fauché leur âme.
Cette image est restée dans la conscience collective comme étant la mort. Pour autant c’est une création de l’homme. De nombreuses représentations existent, comme l’ange de la mort dans le judaïsme, Thanatos dans la mythologie grecque, ou encore Le Dulluhan (cavalier sans tête) dans la culture irlandaise. Par conséquent, on pourrait supposer, des suites de la COVID-19, que d’autres représentations de la mort pourraient apparaître, pourquoi pas une mort mi-cyborg mi-humain avec un grand tube respiratoire sortant de la bouche… Notre imagination est sans limite pour créer une réalité tangible à quelque chose qui ne l’est pas.
Si on regarde au-delà des simples allégories, la question de la mort est une véritable question existentielle qui, de tout temps, fait émerger de nombreuses théories, mythes, rites vis-à-vis d’elle. Peu importe l’époque, la civilisation, c’est un processus qui fascine l’homme. Pour sûr, la bible, la Thora, le coran, le Vinaya pitaka (bouddhisme), les mythologies grecques, romaines, égyptiennes, japonaises pour ne citer qu’elles, parlent toutes de cette réalité qu’est la mort.
Pour ma part, je positionne tous ces écrits, récits, mythes sur un pied d’égalité. Ils sont tous une retranscription humaine de ce qu’est la mort. Écrits à différentes époques, par différents individus, plus ou moins sacrés selon la croyance de chacun. Pour autant, nous en revenons toujours au même point. Il est difficile de définir un point de départ à la naissance de la mort et ce qu’elle est véritablement. Peut-être que le Vatican possède la réponse, mais je ne suis ni un templier ni le pape et ça ne serait qu’émettre des théories du complot. Ce qui n’est clairement pas l’idée et le but de cet ouvrage.
À mon sens la mort n’a aucun début et aucune fin. Elle est prise dans quelque chose de plus vaste : « la vie ». Le langage commun dit souvent d’elle, quand la mort touche notre existence « c’est comme ça, c’est la vie ! ». Dit comme ça, on dirait une réponse toute faite remplie d’impuissance face à la situation vécue. Toutefois, c’est plutôt juste. La mort est prise dans un processus, dans le cycle éternel de la vie. La nature qui nous entoure nous le démontre chaque jour. Observons un petit peu, quand un animal meurt, sa décomposition permet de nourrir certains autres êtres vivants. Les charognards, les mouches, les larves, les micro-organismes contribuent à la décomposition de ce dernier. Un animal mort est une source de vie pour d'autres. L’idée derrière ça est que la mort physique de l’un permet de vivre pour d'autres. Tel un cycle infini qui permet au monde de maintenir un certain équilibre. Si je meurs physiquement, je contribue à la vie.
Cependant, il nous est difficile d’accepter le principe de réalité de la mort. Si elle est difficile à accepter, c’est qu’elle se joue à un autre niveau de conscience, au-delà de l’aspect physique des choses.
L’aspect physique de la mort est ce que l’homo sapiens redoute le plus. Cependant, la mort n’est pas uniquement de l’ordre du physique, elle est bien plus que ça. C'est tout un processus. Et, c’est le cœur même de ce livre : le processus face à cette réalité qu’est la mort. Alors tu l'auras compris quand je parle de mort, je parle d’un processus et non uniquement de la dimension physique des choses. Cette vision des choses m'a permis de transcender la mort. Elles m’ont permis de rendre tolérable cette réalité dans ma vie. De surcroît, cette perception m’a permis de renaître après avoir côtoyé de près ce processus qu’est la mort. Aujourd’hui je peux affirmer avec certitude que je ne crains plus la mort. C’est avec ce regard, cette idée que je souhaite démystifier et déconstruire avec toi ce principe de réalité. Afin de construire une nouvelle réalité apaisante et rassurante face à cette dernière. Parler de mort laisse souvent présager une certaine forme de mysticisme, de croyance religieuse ou autre sujet qui suscitent des débats idéologiques. Il n’en est rien. Mon fil conducteur s’appuie uniquement sur des faits tangibles, concrets, palpables avec des références et des concepts et des idées, approuvés.
Si la mort est bien plus que la mort physique d’une personne qui est-elle ?
La mort est un processus face à une situation qui bouleverse littéralement l’existence. Une perte de certains repères, la destruction d’une projection à la vie, construite par le biais de repères solides et tangibles. Un travail, un partenaire, un père, une mère, un frère, un chat, un chien… Plus ce repère est ancré dans sa vie, dans ses croyances, dans son schéma d’existence, plus la rupture à un impact. Je vais donner un exemple concret afin d'éclairer cette idée.
J’ai vécu la mort de ma mère ainsi que la mort de ma grand-mère. Deux morts physiques de personnes proches dans mon entourage d’un point de vue généalogique. La mort de ma grand-mère m’a attristé, m'a touchée. Pour autant, ma grand-mère occupait une place mineure dans mon existence. Je ne la voyais que très peu, elle était placée en EHPAD, à plus de 300 km de chez moi. Je lui rendais visite occasionnellement, je partageais quelques moments, mais assez peu pour tisser un lien profond, un puissant repère. Puis son état de santé s'est dégradé et la maladie d'Alzheimer a fini par ronger ses aptitudes physiques et psychiques. Elle tenait une place importante dans l’ordre généalogique des choses, en revanche, elle tenait une faible place dans ma vie. C’est triste à dire, mais c’est ainsi.
En revanche, j’ai traversé la mort de ma propre mère. Avant qu’elle ne décède, il y a eu un long processus avant qu’elle ne nous quitte. J'avais 21 ans quand les médecins lui ont décelé un cancer du poumon. À ce moment-là, je vivais encore chez mes parents. J’ai traversé la maladie à ses côtés, j’ai vu, perçu et vécu cette réalité au quotidien. Ma mère a été présente tout au long de mon existence, on partageait beaucoup de choses : humaines et généalogiques. Ce qui crée un repère tangible fort dans mon histoire. Sa mort a, par conséquent, fait exploser mes repères. Sa présence était un pilier dans ma projection au monde, et dans la construction de tout mon être.
En soi, dans les deux cas, deux personnes sont décédées pour autant le vécu émotionnel est différent. L'ancrage, la nature du lien avec la personne, crée cette nuance entre les deux situations. Ce qui nous caractérise est l’attachement social, aux gens, aux personnes qui nous entourent, à eux seuls ils tissent le lien de l’existence. L’être humain est un être social, cet attachement aux autres, fait de nous ce que nous sommes. Y renoncer serait aller à contre sens de la vie. Il serait facile de se dire : je ne me lie avec personne, je ne construis aucun repère comme ça j’évite d’être violenté par la mort. Pour autant, c’est un non-sens. « Into the Wild »2de « Jon Krakauer » peu te prouver à quel point se déconnecter de notre propre humanité est un non-sens. Le résultat est une mort prématurée assurée. Désolé si je viens de te spoiler, honte à moi !
Néanmoins, la mort est quelque chose à laquelle on ne peut échapper. Nous sommes nés avec une date de péremption physique, pour autant ce qui nous intéresse, c’est amener cette mort dans une autre perception de la conscience.
La perte physique de quelque chose ou de quelqu’un nous ramène à notre psyché. Par exemple, lorsque j’ai perdu ma maman, ne plus l’avoir auprès de moi, me ramenait perpétuellement des flash-back de moments vécus. Des émotions, des ressentis remontaient à la surface, des larmes coulaient sur mon visage, comme pour signifier qu’effectivement il se passait quelque chose. Oui il se passait quelque chose dans mon esprit, le ressenti du manque, les émotions, pour autant la dimension physique restait inchangée. Elle n'était plus là.
C’est en ça que comprendre et apprendre à maîtriser ce processus est nécessaire afin de transformer et transcender l’énergie que la mort renferme. Parce que oui, la force destructrice de la mort est aussi celle qui crée la vie. Comment vivre, accepter, exploiter la mort de quelque chose ou de quelqu’un dans une idée de renouveau ?
Par définition, je qualifierai la mort tel un acte, un vécu, qui vient marquer une rupture, la fin de quelque chose. Le moment où je perds quelque chose ou quelqu’un et que mon esprit a du mal à se faire à l’idée que c’est la fin. Par conséquent, je pars du postulat que ce principe de réalité entre psychique et physique est applicable dans de nombreuses situations. Perdre son emploi, par exemple, se passe dans une dimension physique, pour autant cette perte est violente pour la psyché. Perte de repères, difficultés à projeter un avenir sans cette réalité.
Si tu traverses une période compliquée, marquée par un évènement tragique, les prochains chapitres viendront éclairer le pont entre psychique et physique. Ceci afin de te permettre d'exploiter la force qui se cache derrière la mort. Parce que oui la mort cache une force incroyable…
Cette première pierre posée sur l’idée de la mort est plutôt dense, je te l’accorde. Mais ne t’inquiète pas, tout au long de l’ouvrage, je te proposerai différents exercices faciles à faire afin que tu puisses te rendre compte de ton évolution, vis-à-vis de tes représentations, et t’accompagner en douceur dans ce cheminement de l’esprit. Le but étant de partager mon vécu, pour que toi aussi tu te donnes la possibilité de transcender des étapes difficiles et douloureuses. Pour rappel, tu n’es en compétition avec personne, prends le temps qu’il te faut, chemine à ton rythme. Le plus important n’est pas le résultat, mais le parcours que tu empruntes.
Afin de t’amener à réfléchir et te questionner sur l’ensemble des points abordés précédemment, je te propose le premier exercice afin de faire le point sur toi et tes représentations vis-à-vis de la mort.
Prends quelques instants pour toi pour le réaliser. Pose-toi de préférence dans un endroit calme, qui t’apaise, afin de répondre en conscience et faire cette gymnastique de l’esprit.
Exercice de l’état des lieux :
Cet exercice a pour but de faire l’état des lieux après la lecture de ce premier chapitre.
Tu peux utiliser l’espace dédié à cet exercice dans le livre, tu peux te créer un petit cahier d’exercices, y répondre sur ton téléphone dans tes notes. Peu importe, tant que le support te convient.
1. Actuellement quelle est la représentation, l’idée que tu te fais de la mort ?
2. As-tu déjà eu des questions à ce sujet ?
3. Quelle est la dernière fois où cette question t’a traversé l’esprit ?
4. Dans quelle situation, à quel moment, sont survenues ces pensées ?
5. Quelles émotions, quels sentiments, ressentis as-tu quand tu penses, parles, vis ce sujet ?
6. Quelles sont tes attentes vis-à-vis de ce sujet ?
1https://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/all%C3%A9gorie/19997
2 Jon Krakauer, Into the Wild, paru le 06/11/2008, edition: 10/18
Une fois l’inventaire fait face à cette idée, que la mort est bien plus que la perte d’un être, d’une situation dans l’espace physique. Je vais maintenant aborder un point essentiel, celui du processus de la mort. Quel est son fondement ? Sur quel biais s’adosse-t-il ?
Dans cette partie, je vais présenter de manière globale le processus. Aborder les différentes étapes et points clefs, créer une feuille de route, tel un voyage aux confins de soi-même.
La mort est le résultat d’une fin, d’une rupture dans le parcours de vie. Elle est bien plus qu’une construction sociale, culturelle qui rendrait ce fait de vie acceptable humainement. Pour autant, accepter, faire avec ne signifie pas totalement guérir profondément. Tout un chacun a déjà entendu ces phrases bateau « Pas le choix que de vivre avec. », ou encore « Je n’oublie pas le passé. ». Malgré tout, la réalité mortuaire est positionnée comme un fardeau, qu’on porte sur le dos, alors si c’est un fardeau c’est qu'à l'intérieur de ce sac se trouve quelque chose de lourd à porter. Il faut avoir le désir, l’envie et le courage d’ouvrir ce sac et de regarder ce qu’il y a en son sein. Les découvertes y sont étonnantes, surprenantes, parfois effrayantes pour autant dans les plus grandes peurs et souffrances réside une force méconnue.
Transcender la mort s’appuie sur différents vecteurs. Se familiariser, comprendre, agir sur sa propre individualité ainsi qu’agir dans le même temps sur sa propre réalité. Ses souffrances, ses peurs, ses angoisses, liées à cette réalité mortuaire. Ce qui fait ce que je suis aujourd’hui au quotidien. Le but si tu l’as compris est d’appréhender une dimension plutôt personnelle et intime tout en gardant un lien avec la vie extérieure. Une double dynamique afin de renaître tel un phénix. Un sacré programme, une chose est sûre, tout va bien se passer.
Afin d’ancrer ce cheminement dans une démarche cohérente, je vais m’appuyer sur différents concepts et théories déjà existants, traités par différents professionnels reconnus dans leur domaine. Le but est d’adosser mon propos, sur des idées ayant fait leurs preuves. Néanmoins, j’ai moi-même développé une conception des choses afin de faire le pont entre ces différentes théories. Pourquoi ça ? À mon sens, de nombreuses idées et théories existent sur cette question-là. Pour autant, lors de ma rencontre avec la mort, j’ai eu du mal à trouver une idéologie qui coïncidait parfaitement avec mes pensées et ma manière de vivre les choses. Souvent, ces idées sont isolées, cloisonnées dans leur champ. Ces théories s’additionnent, mais se complètent rarement. 1+1=3 ou 1+1=2 ? Pour ma part 1+1=3. Deux idées additionnées font naître une troisième idée et non une deuxième…
Ces cloisonnements m’ont souvent posé problème, quand j’œuvrais à chercher, trouver du sens, je me confrontais régulièrement au vide que formait le cloisonnement de ces théories. En ce sens que Mr X m’amène une réponse sur un sujet, Mme Y me propose une autre compréhension sur un autre sujet. Mais les deux ne fonctionnaient pas pour éclairer réellement mon questionnement initial. Alors la troisième idée est née.
Deux idées réunies œuvrent fondamentalement pour la même cause. Mais difficile de réellement les réunir en une seule et même idée qui se complète. C’est quelque part la conséquence de la croyance moderne scientifique, elle vise à offrir une vision précise, oui, mais morcelée. Elle divise les choses jusqu’aux plus petites cellules. Tout le monde dit tout et son contraire. Alors un combat de légitimité fait rage même dans la communauté scientifique. Quelque chose que personnellement je fuis et que je ne partage pas. On œuvre tous à notre échelle pour amener une compréhension sur un sujet. Alors mon cheminement a été de construire un pont entre plusieurs théories, idée afin de créer une conceptualisation des choses unifiée et non divisée. Le processus de la mort vise cette unification entre la vie et la mort et non une division entre deux phases distinctes.
Alors, dans ce premier chapitre, une attention particulière sera portée à la compréhension élargie avec de nombreuses références théoriques. Cette partie peut être un peu lourde, mais un conseil accroche-toi. Construire une nouvelle réalité face à la mort c’est comme construire une maison. Il faut avoir des fondations stables et fiables, réalisées avec des matériaux et techniques connus et reconnus. Ensuite vient le temps de construire les murs, le toit, etc. À ce moment-là, l’architecte peut donner libre cours à son imagination pour ériger une simple maison ou un monument.
Ramenée à notre sujet, cette construction du livre permet à l’esprit d'élaborer autour de nouvelles connaissances, d’un nouveau champ de compréhension. L’objectif dans un premier temps est de rassurer le mental qui a besoin d’avoir une dimension organisationnelle, une projection temporelle et pragmatique des choses. Tu sais, cette petite voix intérieure qui nous dit : « Je ne comprends rien à ce qu’il me dit, il parle de son soi intérieur, mais il n’y a rien de concret, ça ne me parle pas, encore un vendeur de rêve ! », « Ça ne marchera jamais regarde comment tu es, comment une personne extérieure peut mieux te comprendre que toi-même, c’est impossible !!!! » ou encore « Combien de temps ça va prendre ? ».
Toutes ces petites pensées du quotidien qui chantonnent une mélodie de fond et créent un brouhaha ambiant. Ce mental a besoin d’être apaisé, d’être guidé, écouté. Pour ce faire, la compréhension est nécessaire pour ensuite rentrer dans une autre dimension de conscience. Alors je te propose de poursuivre pour comprendre. Rien ne t’empêche de faire des pauses si la théorie est trop dense. Faire des pauses en essayant de reconceptualiser dans son propre langage permet de mieux s'approprier le sujet. Alors fais des pauses, prends le temps, parle en ça permet de se familiariser avec ces différentes idées.
Allez ! On attaque l’entrée dans ce processus !
Petite caboche, que nous caches-tu ?
Le cerveau logé au cœur de notre boîte crânienne est notre unité centrale. C’est de là que tout démarre. Ceci paraît une évidence, mais nous sommes bien forcés de constater que nous n'avons que très peu conscience de son fonctionnement réel. Les neurosciences ont fait de grandes découvertes ces cinquante dernières années, notamment avec le développement de l’imagerie afin d’observer cet organe si particulier.