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Pour nous conter ces histoires, Oriance, grande passionnée de la nature donne la parole aux arbres et à la végétation de son jardin, elle leur attribue des rôles et dessine les choses de la vie des Hommes. Lauteure manie les mots avec subtilité et nous renvoie à notre jardin secret, là où poésie, philosophie et social se rencontrent pour notre plus grand plaisir.
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Seitenzahl: 147
Veröffentlichungsjahr: 2022
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Couverture : photo originale du jardin d’Oriance/2021
Les photos sont extraites du petit jardin d’Oriance
Les petites histoires de vie sont inspirées de faits réels
Les récits des trois univers sont issus de l’imagination de l’auteure
ISBN 978-2-9602802-1-0
Editions Oriance, avenue des thuyas, 5
4121- Neupré (B)
Code éditeur : 978-2-9602802
Tous droits réservés. Reproduction, même partielle, interdite
« Cultive ton jardin » Voltaire (Candide)
Pour tout contact :
Site web : www.oriance.be
Email : [email protected]
Et si les arbres tentaient de nous comprendre …
Conte philosophique
Oriance
Remerciements
Je remercie mon époux pour ses magnifiques poèmes, ses conseils et la vie ensemble,
Je remercie notre fils Geoffrey pour les montages de films, son coaching web, son implication et la vie ensemble,
Je remercie ma jolie fille Dhaya pour ses précieuses corrections, ses conseils et la vie ensemble,
Merci à MHamra le grenadin pour la réalisation du livre audio,
Merci à Lucilla Pepe pour le design de la couverture,
Merci à Pierre et Jeanne pour leurs conseils judicieux,
Merci à Michelle et son accordéon,
Merci à Yolanda Montalvo Aponte pour la traduction en espagnol,
Merci à Geoffrey et André pour la réalisation du site web,
Merci anticipatif à toutes celles et tous ceux qui, par leur Art, contribueront à la mise en œuvre du projet Métiss@rt.
Merci à tous ceux et celles qui m’ont encouragée.
Je dédie ce livre à la vie, au cœur et à l’esprit
Voici une remarquable « invitation au voyage » que nous propose l’auteure, une découverte de son jardin certes, mais au-delà des mots, une découverte des choses de la vie des Hommes.
Au travers de ses pages (oserai-je écrire, de ses feuilles), nous sommes menés par la main pour entendre « parler » la nature et faire connaissance avec ces personnages aux caractères définis. Le sage, le rêveur, l’aventurier, le poète, tous ont revêtu leur parure pour nous divertir et surtout nous faire réfléchir avec des mots.
La mort, l’exclusion, la tolérance, la liberté, le respect nous renvoient à notre réalité.
Avec finesse, une très belle histoire de vie nous est contée, une histoire de communication entre les êtres, et cela avec cette impertinence mesurée que permet le conte philosophique.
Beaucoup de livres existent sur les arbres, les plantes mais ici, c’est une autre vision. Les arbres sont des leviers qui nous invitent à plus de recul, plus de pensées et peut-être aussi plus d’actions envers nos semblables.
Mieux se respecter, mieux se connaître et accepter nos différences, entendre ce message dans le murmure des grands arbres et le bruissement des plantes est vraiment très ressourçant.
C’est en fait une véritable quête initiatique à laquelle nous sommes conviés. Le voyage, au cœur du jardin, nous emmène aussi au cœur de nous-même. Quelle belle leçon d’humanité écrite sans rancune, sans amertume, sans jugement: juste comme un présent à saisir, comme dans un jardin secret si proche et parfois si peu accessible !
Tout au long du récit, se dessine l’histoire d’éclats de vie qui nous rappelle notre citoyenneté, notre mission de passeurs d’histoires.
L’auteure se livre et nous livre avec poésie et lyrisme, et surtout avec ce réalisme qui jaillit à chaque instant du récit métaphorique, un espoir que le regard intérieur et critique peut saisir pour le progrès des Hommes.
Un livre sur les Hommes qui m’a tenu en haleine jusqu’à ces magnifiques « Oriances », fruits d’une imagination qui nous gardent les pieds au sol et la tête dans les étoiles.
Bonne lecture et plaisir.
ALo
Les mots, les mots pensés, les mots maudits parfois
Les mots qui signifient, qui font mal et qui blessent
Ces lettres en pagaille, ces voyelles de bois
Tout ce qui donne sens: la joie et la tristesse
Lorsque je pense au vrai, lorsque je sens l’émoi
Je sais que tu es là et que tu es vivant
Mais pourquoi mes idées sont-elles ainsi sans loi
Lorsque je tente en vain de retenir le vent
Lorsque je tente aussi de sentir la douleur
D’une fleur que l’on coupe, d’un arbre qu’on étête
Et de pouvoir serrer les cordons de mon cœur
Quand tous se réjouissent et célèbrent la fête
Les mots dits pour les plantes, les mots dits pour les fleurs
Laissent souvent penser qu’ils ne sont que parure
Et pourtant bien souvent, ils parlent avec ardeur
De cette harmonie verte où hommes et nature
Pourront sans se parler
Se comprendre et savoir
Bientôt
Comment se respecter
Au delà du miroir
Des mots
ALo
La vie nous offre une seule vie … enfin, aujourd’hui, je pense ainsi.
Cette vie ne nous donne pas à chacun la même chance.
Et cette vie, je veux la vivre les yeux ouverts.
Que la laideur ne m’empêche pas de la vivre pleinement!
Que la beauté guérisse mes blessures!
Oriance
Les contes philosophiques de jadis masquaient des pensées souvent opposées aux régimes politiques en cours quand il était imprudent d’afficher ses idées.
Sans imaginer me comparer à ces grands écrivains, c’est le principe qui m’a séduite pour exprimer des injustices de la société et d’autres valeurs auxquelles je suis attachée comme l’intolérance, la liberté bafouée, le respect d’autrui, la dignité dans la mort,…
J’ai donc choisi de vous livrer un conte philosophique avec comme protagoniste, la nature, tant son histoire sollicite le respect et l’admiration pour offrir à l’humanité un nid où elle peut puiser des ressources de vie et de beauté.
L’histoire de la nature, utopique comme il se doit dans un conte, est le prétexte à observer la vie des êtres vivants.
Vous aurez ainsi le choix d’une double lecture, l’histoire humaine ou celle de la nature, voire les deux.
A qui n’est-il pas arrivé de s’interroger sur la question de l’intelligence de la nature, une forme de perfection, ses dangers aussi et son éternelle renaissance nous renvoyant dès lors aux questions existentielles et philosophiques sur le sens de la vie ?
Et un jour de contemplation dans ce jardin où la vie s’écoule au rythme des saisons, envahie par le silence des humains et par le bruit du vent dans les branches, l’idée de donner la parole aux arbres, arbustes et fleurs en tant qu’observateurs de la vie humaine me vint tout naturellement à l’esprit.
Laissez vagabonder votre imagination et ouvrez grand vos sens …
Oriance
Par un doux crépuscule, des murmures et des chuchotements s’entendirent à la canopée des arbres et dans les arbustes et les fleurs de ce coin de vie où l’harmonie règne et où les discussions suscitent la réflexion et la rêverie.
Les arbres observaient l’arbre de pierre, la maison où les humains vivaient la plupart du temps.
La nature toute entière s’interrogeait sur la possibilité que les humains connaissent leur niveau d’intelligence et leur capacité à communiquer entre eux et avec d’autres formes de vie. Le chêne tricentenaire connu comme le sage de cet endroit exprima ce que tous pensaient.
— Nous aimerions tellement communiquer avec les humains et nous en sommes incapables. Nous aussi, nous sommes sensibles aux valeurs de solidarité, de respect, du beau, du juste et nous sommes interpellés par certaines attitudes que nous ne comprenons pas.
Les bouleaux s’exclamèrent :
— Nous avons l’impression que ces êtres s’agitent un court temps et meurent aussi vite, sans avoir compris l’essence de l’air et de l’eau, la saveur de la sève et de la terre et la force du feu, ils ne perçoivent point la vie transparente et inaccessible à leurs sens.
Ils sont si pauvres, tu en penses quoi le tremble de ta hauteur, toi qui vois plus loin que nous, au-delà d’ici, y a t-il un ailleurs?
Et les humains sont-ils aussi démunis même là où il n’y a presque plus d’arbres, juste des arbres de pierre?
— Oui, dit le tremble du haut de ses branches, ils courent et s’agitent en tous sens, le visage fermé, tristes, seuls et … à y regarder de plus près, je vois aussi les humains flâneurs et penseurs, c’est comme ça que je les appelle, ils ont le nez en l’air et semblent être capables de rêver et là, je me dis, ils sont heureux.
Et j’entends des rires qui fusent, des regards d’arc-en-ciel pour partager des rayons de vie et blanchir l’air de pureté et d’émotions.
Les créatifs et les rêveurs ont appris à s’asseoir, à observer, à parler aux autres avec les sens ouverts, là je suis heureux, dit le tremble.
— A propos dit un sapin, moi je vivais dans un espace agréable qu’ils nomment des parcs, là ils nous rassemblent avec art ma foi, ils disposent des buissons, des fleurs colorées et nous voyons ces êtres heureux qui marchent lentement, sourient et prennent enfin le temps de nous contempler. Ils plantent des arbres qui viennent d’ici et d’ailleurs, et c’est riche ! Nous faisons connaissance avec des arbres qui viennent de loin, ils semblent tristes, eux. Ils disent : “Nos amis sont restés dans la jungle ou dans la savane ou dans des contrées que je ne connaissais pas, et ils racontent leur vie là-bas, chez eux”.
— Chez nous, dit l’eucalyptus, le soleil est là presque tous les jours et c’est ainsi que mon écorce sèche et dessine ces formes magnifiques. Mon parfum se répand dans toute la forêt, nous sommes aimés pour notre fragrance et les essences que nous produisons, ces êtres les utilisent quand ils sont malades ou par plaisir et je me sens utile.
— Pourquoi es-tu ici alors, si tu étais si bien, s’exclamèrent les arbres étonnés!
— Je n’ai pas demandé à venir ici, dit l’eucalyptus.
Un jour, des êtres sont venus, ils nous ont déracinés de notre sol natal et nous ont embarqués sur des camions et des navires.
J’étais mal, nous étions mal car nous étions nombreux en souffrance.
Plus d’eau, rien à manger et plus de soleil, massacrés et perdus au milieu d’une eau salée qui n’en finissait pas.
— Et alors ? dirent les arbres autour ressentant la tristesse de l’eucalyptus et curieux de comprendre.
— Je me suis retrouvé avec quelques amis ici et ils nous ont enracinés dans une nouvelle terre inconnue au sol lourd et ingrat qui ne voulait pas de nous … et mes amis sont morts.
Je suis resté le dernier et ils m’ont soigné, bichonné pour me sauver, je crois qu’ils étaient mal à l’aise et j’ai eu droit enfin à des câlins.
Il en a fallu du temps pour comprendre que nous mourrions d’indifférence et d’une incompréhension de nos besoins différents.
Ensuite, j’ai eu la chance de trouver une nouvelle famille bienveillante qui m’a accueilli et compris et vous m’avez aidé.
— Oui, dirent en cœur les arbres, la solidarité entre nous est essentielle pour la survie d’abord, car nous enchevêtrons nos racines pour lutter contre les vents déchaînés, pour se partager la lumière nourricière et pour ensemble embellir la vie.
— La beauté, dirent les rodos, c’est le vert des arbres et nous, les fleurs qui sculptons les forêts et les jardins, comme les étoiles qui dessinent des pétales autour de la lune, sauf que plusieurs d’entre nous parfument l’air et sont tellement aimés de ces êtres qu’ils nous « coupent la tête » et nous emportent dans les arbres de pierre.
— A propos, personne n’a jamais vu ce qu’il y a dans ces arbres de pierre, s’écrièrent les conifères en choeur?
— Ah si, dit le yucca moi quand j’étais petit, j’y vivais.
— Non, s’exclamèrent-ils tous, raconte alors, c’était comment?
Le Yucca pudique semble hésitant à confier un peu de ses souvenirs.
— J’ai côtoyé ces êtres de près, oui !
Au début j’étais avec d’autres espèces dans un gigantesque espace qu’ils nomment à juste titre « grandes surfaces », où ces êtres se promènent et courent en tous sens en faisant beaucoup de bruit et se regardent avec des sourires pour emporter certains d’entre nous.
Ce qu’ils devenaient, je ne savais pas.
— Et c’était bien là-bas, demandèrent les noisetiers désireux d’aventure, eux qui sont nés ici et rêvent d’un ailleurs ?
— Oui et non, répondit le yucca, nous avions de la lumière, de l’eau certes mais pas d’attention ou si peu, cela dépendait des êtres, ils sont si différents, certains nous parlent en effeuillant nos feuilles mortes pour nous rendre beaux pour qu’on nous emporte. Je n’ai pas bien compris pourquoi, mais c’est ainsi que je l’ai observé, ceux qui ont des feuilles sèches ou ne sont pas jolis comme ils disent, ils restent ici. Donc, j’en ai déduit que je devais séduire pour que quelqu’un m’emporte car je ne voulais pas rester ici, j’avais l’impression d’être le « vilain petit pissenlit ».
— Dis, se fâchèrent les pissenlits au ras du sol, nous sommes magnifiques, non seulement nous avons des pétales d’un jaune pur, ensuite nos pétales sèchent et font le jeu des oiseaux et les petits de ces êtres qui nous soufflent dessus et nous nous répandons bien loin, nous voyageons ainsi et puis ces humains sont friands de nos feuilles, tu peux en dire autant le yucca qui piques avec tes feuilles ?
— Non, répondit le yucca, désolé, c’est juste une expression stupide, pardon de vous avoir blessés.
— Nous acceptons tes excuses, à condition que tu nous racontes la suite de ton histoire.
— Oui, bien entendu, j’ai donc décidé de redresser mes feuilles plus haut que mes voisins, de les rendre brillantes et de dégager des hormones de séduction. Très vite, des petites mains m’ont saisi en s’extasiant… et, j’allais enfin découvrir un arbre de pierre.
— Et, ensuite ?
— Hum ! je suis entré dans l’arbre de pierre.
— Et, alors ?
— C’est bizarre !
C’est un endroit où il manque d’air, j’étouffais au début.
Il manque de lumière, je mourrais de faim et, ces êtres s’agitent tout le temps sauf la nuit, leur moteur s’arrête, ils se couchent et ils ne connaissent pas la beauté de l’obscurité.
Ensuite, ils m’ont donné de l’eau et de la nourriture, ils ont ouvert les espaces transparents et l’air est entré.
— Oui, tu étais bien alors ?
— Oui et non, j’aurais voulu qu’ils me caressent comme les ailes du vent, qu’ils me parlent comme vous et que nous nous racontions nos vies.
Je n’étais pas malheureux, mais je ne me sentais pas vraiment libre.
Les commentaires et les critiques à l’égard des humains se propageaient dans les branches et les feuilles de ce coin magique.
— Arrêtez un peu, dit le chêne, soyons sympas avec eux.
Si nous les apprivoisons, nous pourrons alors vivre heureux ensemble. Ces êtres dans les arbres de pierre cherchent le bonheur et certains le trouvent d’ailleurs. Ces êtres si différents de nous ignorent qui nous sommes vraiment mais il est vrai que certains d’entre eux nous étudient et essayent de nous comprendre. Peut-être que, bientôt nous trouverons un langage pour communiquer, une langue verte.
Et ils viennent de découvrir que nous avons une intelligence !
— Ha, ha, s’esclaffèrent tous les arbres, les arbrisseaux et les fleurs, ils sont trop comiques, s’ils savaient les grands savants et sages parmi nous qui vivent des générations et savent communiquer avec les pierres et les astres, ils seraient bien étonnés.
Comme si c’était nous, les êtres inférieurs !
— Oh, dit le chêne, ils avancent pas à pas, il faut leur laisser leur propre évolution, un jour un sage d’entre eux, un homme de connaissance et de pensées ouvertes découvrira la réalité et là, ils mériteront de découvrir notre sagesse depuis que l’univers est né.
Pour l’heure, assumons notre rôle sur cette planète !
Procurons-leur de l’oxygène, notre bois, notre sève, nos fleurs, nos fruits et le bien-être dont ils ont tant besoin.
— Tu as raison notre sage, dirent l’ensemble des graminées, des arbres et des fleurs, nous avons beaucoup de chance.
Les plantes exotiques et les fleurs délicates se posaient une question essentielle pour leur qualité de vie : vivre à l’intérieur de l’arbre de pierre avec les humains à la saison froide ou vivre avec tous leurs amis verts en pleine terre toute l’année.
Alors, ils tentèrent de comprendre et le dialogue s’installa.
— Ce n’est pas trop douloureux d’être dehors par ce froid intense ? demandèrent les plantes fragiles à l’ensemble du jardin.
— Mais pas du tout, répondirent-ils tous en chœur, c’est notre rythme de vie !
C’est bien ainsi, nous récupérons de l’énergie en hiver comme beaucoup de nos amis les animaux. Nous vivons intérieurement au plus profond de nos racines et nous communiquons sous terre avec nos amis tout autour.
Nous nous racontons des histoires au temps des bourgeons et des renaissances, des histoires vécues par les uns et les autres, nos légendes d’hiver aux coins des racines en quelque sorte.
Ces cycles sont merveilleux, de repos en renaissance, quoi de mieux, toujours renaître de sa sève avec une merveille de bourgeons, de feuilles, de fleurs et de fruits, c’est un bonheur perpétuel.
Et comment vous faire comprendre ce phénomène de renaissance ?
Au plus profond de nos êtres, nous captons la lumière qui revient avec de la chaleur et de la nourriture et l’appel de la vie est là ; c’est la fête entre nous et les oiseaux chantent la vie qui reprend. Nous n’avons qu’à lever nos branches pour percevoir les sons et l’appel du renouveau, c’est aussi un pur bonheur.
— Il est vrai que nous ne connaissons pas cela, dirent les plantes fragiles.
Il est donc difficile d’imaginer que ce soit agréable mais, à vous écouter et à percevoir vos ressentis, nous ne pouvons qu’être curieuses.
Quel dommage que ce soit inaccessible pour nous, cela semble merveilleux !
— Et si nous vous apprenions notre climat et comment s’y adapter, peut-être pourriez-vous un jour, nous rejoindre en pleine terre toute l’année et découvrir les saisons ?
