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Vous souhaitez devenir acteur ou vous perfectionner, gagner en confiance lors de vos castings, tourner pour le cinéma et la TV ? Vous êtes réalisateur : avez-vous le sentiment d'obtenir le meilleur de vos interprètes lorsque vous dirigez une séquence ? Dans les deux cas, cet ouvrage est pour vous. Vous y trouverez des outils indispensables pour construire un personnage unique, préparer n'importe quel type de scène ; ne pas "jouer" mais livrer vos vraies émotions à la caméra. Ce livre donne, aux acteurs et aux réalisateurs, les secrets d'une collaboration productive, ainsi que les erreurs à éviter. La révolution numérique permet à chacun de s'exprimer ; le moment est venu pour vous de passer à l'action.
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Seitenzahl: 136
Veröffentlichungsjahr: 2017
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Préface
LA FORMATION
Un acteur de cinéma sait ce qu’il doit au théâtre.
Mais oubliez ce que vous aurez appris du théâtre, face à la caméra
La complémentarité du théâtre et du cinéma.
Pour bien débuter.
Quel(s) cinéma(s) ?
Il n’y a pas qu’une seule façon de faire des films.
LA PRÉPARATION
Le personnage, c’est vous.
Rédiger une biographie, le point de départ de la préparation.
Une fragilité du personnage.
Exemple de biographie.
L’analyse du scénario ; comprendre la construction d’une histoire.
Dès la première lecture, noter ses impressions.
Identifier l’objectif principal d’un scénario.
Pour chaque séquence, un objectif spécifique.
Un parcours d’obstacles.
Affronter les conflits.
Aller vers une transformation.
Problèmes de scénario les plus fréquents.
Une méthode simple pour découper tous types de séquences.
Faire des recherches pour un rôle.
Se filmer avant de répéter.
La check-list de votre préparation.
EN RÉPÉTITION
Le travail autour de la table.
Trouver sa concentration avant la répétition filmée.
Premières prises.
Où est placée la caméra ?
Le regard direct et le regard intérieur.
De l’écrit à l’écran.
Le temps de l’écoute avant la réaction.
L’importance d’être raccord.
L’activité.
Prendre des notes pendant la répétition.
La répétition pour un film guérilla.
Les genres.
L’improvisation dirigée.
À LA RECHERCHE D’UN RÔLE
Des photos qui vous ressemblent.
Que mettre sur votre CV ?
La bande-démo
Réussir un casting.
La difficulté de trouver un agent.
Développer sa visibilité sur internet et entretenir son réseau.
Le chemin de la réussite.
EN TOURNAGE
La concentration sur le plateau.
Tourner une scène selon un découpage.
La caméra en mouvement.
S’adapter aux demandes de réalisation.
Tourner sans découpage.
La loi des séries
L’ACTEUR-REALISATEUR
Un premier film pour booster son parcours professionnel
Développer un regard personnel sur une histoire.
Tourner à tout prix.
DE L’AUTRE COTE DE LA CAMERA
À la rencontre de vos acteurs.
Prendre le temps de répéter, si possible, dans les décors du film.
Dirige-t-on un acteur ?
« Elle est bonne, on la refait »
Les mots utiles
Les indications secrètes
La vérité de l’instant.
En conclusion.
Pourquoi écrire ce livre ? Avant tout, pour partager une expérience personnelle. Depuis quinze ans, je suis coach d’acteurs. Des premiers entrainements filmés, jusqu’aux plateaux de tournage, il y a un long chemin d’accompagnement. J’ai eu l’occasion de travailler avec de nombreux comédiens qui ont effectué un beau parcours. Certains, parmi eux, sont en tête d’affiche. Il y a toujours une réelle émotion lorsque je retrouve, au cinéma ou à la télévision, ceux qui ont franchi les obstacles difficiles de cette profession.
Là-dessus, pas de règles : pour réussir, il faut se fixer des objectifs, y consacrer toute son énergie. Quand le feu intérieur n’est pas juste une étincelle, rien n’est impossible.
Scénariste de formation, j’ai écrit mes premiers textes tout en faisant du script-doctoring pour des sociétés de production. En travaillant sur des scénarios de longs-métrages et de séries TV, comme Navarro, L’Instit, j’ai appris à déceler les qualités et les faiblesses d’une histoire. Mes courts-métrages : Nuit d’hiver, Parc Avenue, ont été diffusés à la télévision (Canal +, France 3), et sélectionnés en festivals. C’est en passant derrière la caméra que je me suis réellement intéressé à la direction d’acteurs.
Dans les années 90, ma rencontre avec Christine Soldevila a été déterminante. Comédienne, metteur en scène de théâtre, et scénariste ; son apport m’a permis d’avancer dans cette voie. Ensemble, avec Hervé Hague, comédien et coach, qui nous a rejoints en 2008, nous avons créé Acte 1. Notre structure de formation d’acteurs produit également des spectacles et des films. Nous travaillons essentiellement à Paris et à Lille.
Comment transmettre des outils qui serviront aux comédiens tout au long de leur parcours ?
Dès le début, j’ai eu envie de partager des notions scénaristiques, ainsi que ma passion pour le cinéma. De nombreux extraits de films ont toujours accompagné l’entrainement filmé. De quelle façon construire un personnage ? Quels sont les mécanismes d’une séquence ? Comment un acteur vit à l’intérieur d’un plan ? Toutes ces questions sont étroitement liées.
Dès la fin des années 90, l’arrivée des caméras numériques, accessibles à tous, a ouvert de nouvelles perspectives. À leur tour, des comédiens ont eu envie de réaliser leurs propres films, à moindre coût. Ce qui était, jusqu’alors, un rêve inaccessible devenait réalité. Aujourd’hui, avec des outils numériques toujours plus sophistiqués : appareils-photo, smartphones capables de filmer en 4k, un réalisateur peut tourner et monter un court-métrage, chez lui, en toute autonomie.
Il lui suffit de publier une annonce de casting sur des sites, comme : cineaste.org, ou Movifax pour faire sa distribution. Le jour même, des candidatures arriveront en nombre. Il n’aura plus qu’à cliquer sur des liens pour visionner, instantanément, de nombreuses bandes-démos. Ensuite, il convoquera les meilleurs candidats pour une audition.
Parfois même, cette étape devient superflue. Il est possible d’organiser un casting à distance en demandant, aux intéressés, d’envoyer par WeTransfer un essai filmé avec un smartphone.
De son côté, l’acteur 2.0 aura son site personnel, une bande-démo attractive, sa chaine YouTube. Il sera très présent sur les réseaux sociaux. Tout en passant des castings ciné et TV, il participera à des courts-métrages, des épisodes de web-séries. En plus de cela, il tournera également ses propres histoires.
L’internet est un terrain de jeu idéal pour ceux qui veulent s’exprimer. Tout le monde peut faire des films et les diffuser en ligne. Cependant, il faudra faire preuve d’un réel talent de scénariste, de réalisateur, ou d’acteur pour être repéré par le milieu professionnel.
Après quinze années de coaching, j’ai eu envie d’écrire pour partager, non pas une méthode, mais plutôt une expérience personnelle qui a pu être utile.
En ce qui concerne les réalisateurs, et particulièrement ceux qui font leurs débuts, je leur accorde un chapitre à la fin de ce livre.
Pas de recettes miracles, mais des cas pratiques et des petits secrets pour gagner en confiance sur de futurs tournages.
Devenir acteur est un choix de vie qui vous engage totalement. Démarrez par la formation la plus complète possible. Vous pourrez ainsi faire évoluer votre carrière de différentes façons. Nul ne peut prévoir, à l’avance, de quoi sera fait un parcours.
Chaque année, je rencontre des acteurs débutants qui souhaitent « ne faire que du cinéma. » Est-ce l’illusion de croire que l’on peut accéder à une notoriété plus rapide de cette façon ? Effectivement, on peut démarrer par une formation face à la caméra. Mais il arrivera un moment où il faudra se confronter au théâtre, si l’on veut évoluer professionnellement.
Aucun chemin n’est identique. On trouvera toujours des exemples de célébrités qui ont fait carrière, au cinéma ou à la télévision, sans passer par la case théâtre.
Ce sont des cas rarissimes. Les plus grands ont tous fait de la scène.
Al Pacino, célèbre pour ses rôles dans : Le Parrain, Heat, Scarface, L’Impasse, est aussi un spécialiste de Shakespeare, ce que l’on sait moins. Il a d’ailleurs réalisé, en 1997, un documentaire intitulé : Looking for Richard, dans lequel il s’interroge sur l’art et la manière d’aborder Richard III, et la fascination que ce personnage lui inspire.
En ayant un vrai bagage technique, aussi bien au théâtre qu’au cinéma, vous serez toujours plus crédible aux yeux des professionnels. Ils vous verront comme un acteur complet.
Savoir construire un personnage vous permettra d’aborder un vaste éventail de rôles. Travailler la voix, la diction, le corps, se plonger dans les scènes du répertoire, classique et contemporain, sont des étapes incontournables dans votre formation d’acteur.
Le théâtre vous apportera les bases techniques nécessaires à votre progression. Vous étudierez des rôles qui exigent une construction difficile, vous serez confrontés à de grands auteurs. Un parcours théâtral vous permettra d’avoir la résistance physique pour tenir la scène pendant deux heures, parfois plus.
Vous travaillerez des personnages hors du commun, et des destins exceptionnels, en voyageant dans toutes les époques. Grâce au théâtre, vous apprendrez de vos échecs : les mauvaises représentations, et les soirs où vous êtes en dessous. Mais vous serez galvanisé par les applaudissements lors d’une bonne performance.
Jouer régulièrement vous permettra d’être dans un entrainement durable.
Il ne suffit pas de dire un texte, face à un objectif, pour que ce soit du cinéma. Lorsque des acteurs, formés au théâtre, font leur première expérience de tournage, beaucoup sont déroutés par ce qu’ils perçoivent de leur image. Mots trop articulés, gestes expressifs ; la peur de « ne rien faire » prend vite le dessus. Ils devront mettre de côté un bagage théâtral trop encombrant. L’indication qui revient le plus souvent, dans la bouche d’un réalisateur : « Ne joue rien, sois toi-même. » À première vue, cela semble simple. Il faudra un long parcours pour le mettre en pratique.
Revenons sur quelques différences fondamentales :
Au théâtre
: vous utilisez le corps et la voix pour livrer votre expressivité au public, sur une scène minuscule, comme dans une grande salle. Avec sincérité, vous donnez de l’amplitude à vos émotions. Sans le moindre décor, Philippe Caubère fait revivre une foule de personnages, seul, dans un spectacle tel que
Les marches du palais.
Dans cette création, il retrace l’épopée du film d’Ariane Mnouchkine :
Molière
, et son accueil mouvementé, en 1978, au Festival de Cannes. L’espace scénique n’est pas celui du réel ; il fait appel à l’imaginaire du spectateur.
Au cinéma
: interpréter un personnage, avec réalisme, restera toujours une supercherie. Vous serez sincère dans les intentions, vous éviterez toute fabrication. Il s’agira simplement d’une représentation du réel enregistrée par la caméra.
Jérémie Renier n’est pas consultant en entreprise, Tom Hanks n’a jamais participé au débarquement d’Omaha Beach, Marion Cotillard n’est pas Édith Piaf. Si l’on vous demande d’être surpris dans une scène, ce ne sera jamais la même chose que dans la vie, pour la simple raison que vous ne vous attendiez pas à l’être.
Tous vos réflexes, votre tension musculaire, et votre expression faciale, votre respiration seront différents d’une surprise réelle que vous n’auriez pas anticipée. Ce n’est pas un hasard si un réalisateur comme Ken Loach n’indique jamais, à ses interprètes, ce qui va leur arriver au cours d’une prise. De cette façon, il augmente les chances de filmer de vraies réactions.
Être acteur signifie : mentir avec sincérité. Dès que la caméra tourne, elle a un effet de focus. Elle établit un lien intime avec vos émotions, enregistrant les plus infimes signes de votre corps. Rien ne lui échappe ni les mouvements de vos yeux, ni les expressions produites par les muscles de votre visage. Tout ce que vous faites - et surtout ce que vous ne faites pas - sera jaugé, par le spectateur, comme crédible ou non.
La moindre part de fabrication détruit cette illusion de réalité.
Il est donc nécessaire de connaitre vos émotions. Quelles sont-elles ? La peur, la surprise, le dégoût, le mépris, la colère, la tristesse, la joie vivent en nous chaque jour. Si vous apprenez une nouvelle qui vous bouleverse, vous ne vous exprimerez plus de la même façon que l’instant d’avant.
Les mots auront du mal à sortir, et vous parlerez dans un souffle. Des émotions vous seront plus familières que d’autres. Difficile de travailler la colère, si vous l’évitez dans votre vie quotidienne. Quelle vérité lui donner lorsque vous serez filmé ?
Pour ne pas jouer face à la caméra, vous aurez une concentration émotionnelle en lien direct avec vos pensées. Seuls, les acteurs capables d’avoir cet état de conscience parviennent à libérer des sentiments auxquels ils croient.
Une fiction sera toujours trop éloignée de votre perception de la réalité. Par conséquent, vous utiliserez la richesse de vos vrais sentiments. Il n’est pas nécessaire de vous torturer pour autant. Trouvez, en vous, les états émotionnels les plus sincères, et entraînez-vous à les ressentir.
Un tramway nommé désir est l’une des pièces les plus connues de Tennessee Williams. Elle a aussi été adaptée à l’écran par Elia Kazan. Dans les deux cas, la construction des personnages reste la même. Connaitre leur passé sera le premier vrai travail de l’acteur. Quel est leur milieu social ? Comment s’est déroulée leur enfance ?
Quel rapport à la vie scolaire, aux études, aux amitiés, et aux premières histoires d’amour ? Quels liens entretiennent-ils avec la religion ? Quelles sont leurs convictions politiques ?
Il y a de nombreuses questions à se poser pour définir leurs traits de caractère : qualités, défauts, et tout ce qui est irrationnel dans leurs comportements. Les indications de texte définiront également leur apparence physique, une façon de se déplacer, ou une gestuelle.
Au théâtre, un comédien qui jouera le rôle de Stanley Kowalski, dans une salle de cinq cents places, projettera ses émotions. Mais il aura une façon particulière de murmurer pour le spectateur du dernier rang. Il évoluera sur une scène qui sera perçue comme un espace poétique. Un plateau vide, et quelques éléments de décor, suffisent à créer l’illusion. À l’écran, le même Stanley Kowalski, interprété par Marlon Brando, est filmé tel un félin sensuel. La caméra traque ses murmures et ses explosions de rage. Néanmoins, sa performance n’a rien à voir avec le théâtre. Il a, pour espace, un cadre où il reste au plus près de ses émotions. Il ne les stylise pas. Son expressivité est adaptée à l’objectif de la caméra.
La rigueur et l’exigence du théâtre vous aideront à devenir un meilleur acteur de cinéma.
De la même façon, tout ce que vous aurez appris de vos tournages sera utile lorsque vous jouerez une pièce. Vous en garderez un sens de l’authenticité.
Tout au long de votre formation, il est souhaitable de travailler le théâtre et le cinéma en parallèle.
En participant à des trainings filmés, vous vous verrez souvent à l’écran. Ce sera difficile au début, car le rapport à sa propre image ne va jamais de soi. Le débriefing vidéo reste un outil efficace. Il vous conduira à une justesse d’interprétation.
Cette double expérience, de la scène et de la caméra, vous servira à chaque étape de votre parcours. Ayez, à l’esprit, l’image d’un interrupteur émotionnel qui vous fera passer du « mode théâtre » au « mode cinéma. »
Les conservatoires municipaux et régionaux sont ouverts à tous. Ils se trouvent à Paris, comme dans les grandes villes de province. Leur enseignement est de qualité. Ils permettent de démarrer une formation dans de bonnes conditions.
Le plus souvent, les apprentis acteurs s’inscrivent à un cours d’art dramatique privé. Mais prudence ! Si la plupart des établissements font leur travail avec professionnalisme, d’autres n’hésitent pas à vendre du rêve. Un organisme sérieux doit proposer une méthodologie, une technique, une boite à outils, sans faire miroiter un succès illusoire.
Presque tous ont une offre en ateliers-cinéma. Les pratiques varient d’une structure à l’autre. Il y a des formations face à la caméra qui sont, en réalité, du théâtre filmé. La direction d’acteurs y est parfois approximative. Avant de vous inscrire, prenez le temps de visionner les travaux vidéo, et comparez-les en allant sur plusieurs sites. Un atelier de qualité doit vous proposer un apprentissage complet. Ce qui veut dire, vous initier également à la dramaturgie et à l’analyse filmique.
En fin de cycle, soyez sûr que vous participerez à un tournage en conditions professionnelles. En général, vous obtiendrez le fichier vidéo d’un court-métrage, ou des images de démo.
Les écoles supérieures d’art dramatique sont très convoitées, car elles proposent une formation de haut niveau. Elles décernent un diplôme national supérieur de comédien, permettant une meilleure intégration au monde professionnel. Au nombre de trois, il y a le Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique (CNSAD) à Paris, l’Ecole Supérieure d’Art Dramatique du Théâtre (ESAD) à Strasbourg, et l’Ecole Supérieure des Arts et Techniques du Théâtre (ENSATT) à Lyon. Les concours d’entrée sont très sélectifs. Une expérience dans un cours privé, d’au moins un an, est nécessaire pour s’y présenter.
