Faire dodo rend-il beau ? - Romina Rinaldi - E-Book

Faire dodo rend-il beau ? E-Book

Romina Rinaldi

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Beschreibung

Votre créativité augmente-t-elle sur l’oreiller ? Faut-il dormir comme un loir pour manger comme un moineau ? À des questions sérieusement drôles, des réponses drôlement sérieuses !

Pour savoir ce que dit la science de notre rapport au sommeil, plongez au coeur du travail des chercheurs en psychologie. À partir de questions étonnantes, faussement anodines, voire légèrement provocantes, l’auteur vous amène à réfléchir en véritables scientifiques. Un cocktail explosif, qui allie humour, ton léger et faits scientifiques insolites ! Le lecteur pourra passer une minute sur une question amusante, ou une heure pour s’instruire avec le sourire.

Au rythme d’une question/réponse par double page, sur un ton léger, drôle et précis, vous accéderez à des conclusions d’études scientifiques enfin intelligibles !

EXTRAIT

Mal dormir est-il pire que moins dormir ? La comparaison du sommeil interrompu et du sommeil de courte durée.

Vous l’aurez peut-être remarqué en évoquant vos difficultés de sommeil à une autre personne, dans la bataille de qui dort le moins bien, c’est souvent « à qui mieux mieux ». « Je n’ai dormi que 3 heures cette nuit ! », évoque l’un, « Trois heures d’un seul coup ? ! Tu en as de la chance ! Moi je me suis réveillé au moins dix fois ! », rétorque l’autre. Et de continuer à discuter sur qui est le plus fatigué et le plus à plaindre. Pourtant, il n’y a rien à gagner : les deux personnes ont effectivement souvent très mal dormi. En définitive, est-ce que l’une d’entre elles mérite quand même la palme du plus mauvais sommeil ?

CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE

- « Les directeurs de collection ont fait appel à des chercheurs français et belges pour vulgariser et rendre accessibles les récentes recherches scientifiques en psychologie. Les livres sont présentés sous la forme de réponse à une question simple, en une double page. » - (Emmanuelle Bour, Livres Hebdo).

- « 60 questions insolites voire dérangeantes sont passées au crible de la science par un couple de psychologues belges dans cet ouvrage original. Cette nouvelle collection « In psycho veritas » se veut sérieuse, documentée et un brin impertinente. Elle I’est. Les réponses sont scientifiquement étayées et les conclusions claires. » - (Elena Sender,Sciences et avenir)

- « In psycho veritas permet à un public non averti de s’instruire – avec le sourire – sur des thèmes en résonance avec la vie quotidienne. La collection rend accessibles à tous les résultats des recherches scientifiques récentes en psychologie. » (Presse Edition)

À PROPOS DE L'AUTEUR

Journaliste scientifique, chargée de cours de psychologie cognitive, Romina Rinaldi rédige régulièrement des articles pour différentes revues de psychologie, de psychiatrie et de sciences humaines.

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Seitenzahl: 156

Veröffentlichungsjahr: 2017

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Romina Rinaldi est docteure en psychologie. Elle travaille dans le secteur de la santé mentale et est chargée d’enseignement à l’Université de Mons (Belgique). Passionnée par la vulgarisation et l’écriture, elle collabore avec des magazines tels que Le Cercle Psy et Sciences Humaines. Elle participe également au projet Psychopium, un site internet qui diffuse la psychologie scientifique au plus grand nombre.

In psycho veritas ?

La science pour tous

Un peu partout dans le monde, des chercheurs en psychologie étudient et décortiquent nos comportements. Pour partager le fruit de leurs travaux avec leurs pairs, ils les décrivent dans des articles scientifiques. Ces articles, réservés aux initiés et généralement rédigés en anglais, sont souvent très complexes et peu accessibles. Pourtant, beaucoup de ces découvertes en psychologie mériteraient d’être plus largement diffusées : puisqu’elles touchent aux comportements humains, elles nous concernent tous. C’est l’objectif premier des ouvrages de la collection « In psycho veritas » : rendre la psychologie scientifique accessible à tous.

À des questions sérieusement drôles, des réponses drôlement sérieuses !

Pour y parvenir, les auteurs de la collection opèrent, parmi les innombrables études qui existent, une sélection drastique ; ils pointent pour nous les plus percutantes, les plus pertinentes, les plus étonnantes... Ensuite, ils en extraient l’essentiel, en une double page (méthode, résultat, conclusion), en veillant à utiliser un langage clair, précis et léger. Ce faisant, ils prouvent que, si les méthodes utilisées par la science sont rigoureuses et ardues, celle-ci est loin d’être ennuyeuse… pourvu qu’on prenne la peine de la rendre intelligible !

Une question, mille questions

Bien sûr, aucune des thématiques traitées dans la collection « In psycho veritas » ne se résume en 60 questions. Chacune d’entre elles comporte d’autres facettes, d’autres angles d’approche. « In psycho veritas » se veut ici déclencheur : les 60 questions posées dans le livre en appellent 60 autres qui, elles-mêmes, en appelleront 60 nouvelles…

Garder son esprit critique

Comme vous pouvez vous en douter, résumer une étude scientifique complexe en une double page n’est possible qu’en la simplifiant. Cela implique notamment de passer sous silence certaines de ses limites. En effet, malgré le soin avec lequel elle est réalisée, aucune étude n’est parfaite. Elle peut par exemple présenter des phénomènes qui varient de concert (ils sont corrélés) sans pouvoir prouver que l’un est la cause de l’autre. Elle peut également faire appel à des participants qui ne sont pas représentatifs de la population générale (le plus souvent, ils sont originaires de sociétés occidentales, éduquées, industrialisées, riches et démocratiques). Enfin, la méthode utilisée par les chercheurs peut ne pas être optimale (questionnaires utilisés, calculs statistiques réalisés, etc.). Sans en venir à jeter le bébé avec l’eau du bain, nous vous invitons donc à garder ces éléments à l’esprit tout au long de votre lecture.

Cultiver le doute

« In psycho veritas » prend le parti de n’utiliser qu’une seule étude pour répondre à une question. Pourtant, souvent, plusieurs études sont menées sur un même sujet, et celles-ci peuvent parfois obtenir des résultats différents. En outre, une découverte qui fait aujourd’hui autorité pourrait être remise en question demain, dans 1 an, dans 10 ans… personne ne sait. Dans ce cadre, la réponse aux questions de ce livre doit être vue comme beaucoup plus construite qu’une intuition ou un avis personnel, mais pas comme absolue pour autant. En effet, la science progresse sans cesse et, dans ce contexte, la seule posture réellement scientifique n’est pas la certitude, mais bien le doute !

In psycho veritas ?

Malgré son nom, la collection « In psycho veritas » n’a pas pour but, dans chaque livre, d’asséner 60 vérités. Elle vise plutôt à montrer qu’il est possible d’étudier les comportements humains – même les plus étonnants – de façon scientifique. Pour y arriver, les chercheurs se montrent souvent très imaginatifs – le comportement humain se laisse difficilement disséquer ! Cette collection vise également à montrer que la psychologie est une science tout aussi rigoureuse qu’une autre, et qu’elle mérite d’être mieux connue et considérée. Elle constitue en effet une arme redoutable contre les idées reçues et autres intuitions erronées !

Nous espérons que la lecture de ce livre vous permettra de mieux appréhender comment l’être humain pense, ressent et agit ; en somme, de mieux vous comprendre, et de mieux comprendre vos semblables.

Jean-Baptiste Dayez et Anne-Sophie RyckeboschDirecteurs de la collection « In psycho veritas »

01. Le sommeil est-il universel ?

L’impact des cultures et des saisons sur le sommeil

02. Les ados en manque de sommeil sont-ils contagieux ?

L’influence sociale des pairs sur les habitudes de sommeil durant l’adolescence

03. Dort-on mieux en hiver ?

L’impact du changement d’heure sur la qualité du sommeil

04. Le travail de nuit peut-il dérégler votre sommeil ?

L’impact des cycles sommeil-veille modifiés sur la qualité du sommeil

05. Les lève-tôt ont-ils plus que leurs horaires en commun ?

L’influence de la personnalité sur les cycles de sommeil

06. Est-il possible de dormir « pour du faux » ?

Les effets du sommeil placebo

07. Les enfants dorment-ils mieux si les parents pensent qu’ils y arriveront ?

Les influences des croyances parentales sur le sommeil des enfants

08. Collèges et lycées devraient-ils débuter à 9 heures ?

L’impact de l’heure de début des cours sur le sommeil des adolescents

09. Vos voisins peuvent-ils vous rendre insomniaque ?

Liens entre troubles du voisinage, détresse émotionnelle et troubles du sommeil

10. Dormiez-vous plus que vos enfants ?

Le temps de sommeil optimal au cours de l’histoire

11. Mal dormir est-il pire que moins dormir ?

La comparaison du sommeil interrompu et du sommeil de courte durée

12. Tout le monde rêve-t-il ?

L’étude du sommeil chez les « non-rêveurs »

01Le sommeil est-il universel ?

L’impact des cultures et des saisons sur le sommeil

Le sommeil tel qu’on le connaît – c’est-à-dire des périodes fixes de repos et de réactivité diminuée – est inscrit dans nos gènes ; pourtant, il est loin de constituer une généralité biologique. En fait, nous ne le partageons qu’entre oiseaux et mammifères. Parmi ceux-ci, l’Homme est le seul à décider de postposer volontairement son sommeil. Il n’est d’ailleurs pas rare aujourd’hui d’entendre dire que nous ne respectons plus les rythmes de sommeil que la nature nous imposait autrefois. Les lumières artificielles, dans un premier temps, puis la télévision, les consoles de jeu ou, plus récemment, les smartphones auraient considérablement diminué notre temps de sommeil. De plus, nos rythmes de vie ne nous permettent plus vraiment de nous fier à la lumière du jour pour planifier notre sommeil. Les choses ont-elles vraiment changé ? Dormons-nous de la même façon depuis la nuit des temps ?

Méthode

Pour répondre à cette question, des chercheurs américains ont étudié les habitudes de 3 civilisations préindustrielles implantées dans 3 endroits différents du monde (Tanzanie, Namibie et Bolivie). Il s’agit de peuples de chasseurs-cueilleurs, nomades pour la plupart, qui vivent sans électricité, sans appareils multimédias et sans climatisation. Dans ces populations, les chercheurs ont étudié la durée de sommeil, les heures de lever et de coucher, la relation entre celles-ci et la lumière naturelle (lever et coucher du soleil), ainsi que l’effet des températures et des saisons.

Résultat

Leurs résultats montrent tout d’abord que, malgré les différences de culture, ces populations dormaient de la même façon. Les membres de celles-ci ne dormaient pas plus que les individus vivant dans des « sociétés modernes » – avec, en moyenne, 6 heures de sommeil par nuit. Ils se couchaient en moyenne 3 heures après le coucher du soleil. L’heure du coucher était très variable d’un individu à l’autre, mais l’heure du lever était plus régulière et avait lieu avant que le soleil se lève. La température avait plus d’influence sur le sommeil que la lumière ; les individus s’endormaient généralement au moment où la température baissait le plus dans la journée.

Conclusion

Bien que très éloignés géographiquement les uns des autres, ces peuples se ressemblent donc beaucoup en matière de sommeil... et ils nous ressemblent également ! En effet, contrairement à ce qu’on aurait pu croire, l’absence de lumière artificielle, d’Internet, de télévision, de climatiseur… – en bref, de tout ce qui pourrait nous éloigner des besoins naturels de sommeil –, semble avoir peu d’influence sur la façon dont les humains dorment. Chacun veille plus ou moins une fois la nuit tombée et se lève de bonne heure avant l’aube pour attaquer sa journée. La température est également un facteur important pour mettre son organisme « en veille ». Au diable Darwin, l’homme n’a donc pas attendu l’arrivée des smartphones pour veiller !

Source : Yetish, G., Kaplan, H., Gurven, M., Wood, B., Pontzer, H., Manger, P. R., et al. (2015). Natural sleep and its seasonal variations in three pre-industrial societies. Current Biology, 25(21), 2862-2868.

02Les ados en manque de sommeil sont-ils contagieux ?

L’influence sociale des pairs sur les habitudes de sommeil durant l’adolescence

En pleine crise hormonale et d’identité, les ados cherchent souvent à trouver chez leurs pairs les comportements et attitudes à adopter pour mieux s’intégrer. Si on a l’habitude de dire que l’homme se découvre par ses fréquentations, c’est sans doute plus vrai encore pour cette période de la vie. En quête désespérée du cool, les ados sont donc particulièrement influençables. Mais que se passe-t-il lorsqu’ils choisissent des modèles peu recommandables ? Adoptent-ils les mêmes mauvais comportements ? Jusqu’où cette influence peut-elle aller ? Si ses amis dorment peu, l’adolescent lui-même risque-t-il de moins dormir ? Les ados incontrôlables seraient-ils seulement mal influencés ?

Méthode

Pour savoir à quel point les parents devraient s’inquiéter des mauvaises fréquentations de leur progéniture, des chercheurs américains se sont intéressés à une base de données de plus de 8000 étudiants issus de plus d’une centaine d’écoles différentes. Ces derniers étaient interrogés dans leur enfance puis à l’adolescence. Quand ils avaient entre 7 et 12 ans, ils ont répondu à un questionnaire sur leurs habitudes de santé (dont le sommeil) et désigné 5 filles et 5 garçons qu’ils considéraient comme leurs amis proches. Ces informations ont permis aux chercheurs de « retracer » le réseau social direct et élargi des participants. Six ans plus tard, ils ont rempli un nouveau questionnaire sur leur réseau d’amis et leurs habitudes de santé (dont le sommeil et l’usage de drogues).

Résultat

Les résultats ont montré que les adolescents qui dormaient peu avaient tendance à consommer des drogues douces comme le cannabis. Par ailleurs, le manque de sommeil et la consommation de drogues se dispersaient au sein du réseau social. Plus précisément, ces problèmes concernaient l’adolescent lui-même et ses amis jusqu’à 4 degrés de séparation : ses amis, les amis de ses amis, et les amis des amis de ses amis. Enfin, les auteurs ont également constaté que le risque qu’un adolescent consomme de la drogue augmentait si ses amis dormaient mal.

Conclusion

Le manque de sommeil serait donc bien contagieux chez les ados, une contagion liée à la mauvaise influence des pairs. Celle-ci se traduit par une « diffusion » des mauvais comportements qui concerne à la fois le sommeil et la consommation de drogues douces. Cette mauvaise influence, on la retrouve chez les amis proches, mais aussi dans le réseau social élargi. Les adolescents qui sont en contact avec d’autres ados turbulents, même de loin, risquent donc d’être mal influencés. Les auteurs expliquent ces résultats par l’effet de la pression sociale certes, mais aussi par d’autres mécanismes plus subtils. En l’occurrence, moins dormir nous empêcherait de prendre correctement des décisions, favorisant ainsi les comportements « à risque » comme le fait de consommer de la drogue. En restant loin du bad boy de l’école, votre ado devrait donc dormir sur ses deux oreilles, et vous aussi !

Source : Mednick, S. C., Christakis, N. A., Fowler, J. H. (2010). The spread of sleep loss influences drug use in adolescent social networks. PLoS ONE, 5(3), e9775.

03Dort-on mieux en hiver ?

L’impact du changement d’heure sur la qualité du sommeil

L’hiver arrive et l’envie soudaine de migrer sous un énorme plaid pour une overdose de séries et de siestes se fait sentir. Comme certains de nos cousins mammifères, nous avons parfois l’impression que la nature nous appelle à hiberner. Cap ultime à franchir : le changement d’heure ! Et les discussions qui l’accompagnent année après année. Vos collègues vous avouent, la mine déconfite, accoudés à la machine à café, que « franchement, partir travailler et rentrer du boulot quand il fait noir, ça les met K.O. ». Alors, l’hiver leur donne-t-il juste une nouvelle raison de se plaindre ou bouleverser notre horaire nous empêche-t-il réellement de fermer l’œil ?

Méthode

Pour régler une bonne fois pour toutes ce débat de la machine à café, un chercheur britannique a synthétisé un large ensemble d’études qui analysaient les effets du changement d’heure (hivernal ou printanier) au sein de plusieurs pays. Ces études analysaient l’impact du changement d’heure sur des aspects comme la durée de sommeil, le temps mis pour s’endormir, la qualité du sommeil et les réveils nocturnes. Certaines des études considérées s’intéressaient également aux effets sur le comportement et cherchaient par exemple à savoir si, en provoquant des troubles du sommeil, le changement d’heure pouvait avoir des conséquences sur le nombre d’accidents de la route, la performance au travail ou encore les périodes de maladie.

Résultat

Au printemps, après le changement d’heure, les individus mettaient plus de temps à s’endormir, et leur sommeil était plus fractionné, au moins pendant une semaine, voire beaucoup plus selon les études. En parallèle, les données indiquaient que les personnes ne dormaient pas plus en hiver. Au contraire, après seulement 5 jours de réveil précoce, ce changement d’heure hivernal aboutissait à une perte significative dans le temps total de sommeil sur une semaine. De plus, consécutivement aux changements d’heure hivernaux et printaniers, les études indiquaient un taux plus élevé d’accidents de voiture et de maladies.

Conclusion

Le changement d’heure a donc des effets réels sur notre sommeil et, par conséquent, sur notre fonctionnement au quotidien. Le corps s’adapte assez lentement à ce petit bouleversement qui paraît pourtant insignifiant de prime abord. Cela s’expliquerait par le fait que le corps humain reste très synchronisé avec la lumière naturelle et s’adapte aux saisons d’une façon un peu contraire à celle imposée par le changement d’heure. L’auteur souligne toutefois que les personnes les plus à risque de connaître les effets négatifs du changement d’heure sont celles qui souffrent déjà de difficultés de sommeil en général. Pour une fois, vos collègues râlent peut-être pour une bonne raison.

Source : Harrisson, Y. (2013). The impact of daylight saving time on sleep and related behaviours. Sleep Medicine Reviews, 17(4), 285-292

04Le travail de nuit peut-il dérégler votre sommeil ?

L’impact des cycles sommeil-veille modifiés sur la qualité du sommeil

Dans nos sociétés modernes, on adapte plus souvent ses habitudes de sommeil à son mode de vie que l’inverse. Et le travail fait bien sûr partie intégrante du mode de vie. Ainsi, que ce soit se lever 1 heure plus tôt pour travailler un peu plus loin ou, de façon plus radicale, démarrer un travail de nuit, de nombreuses évolutions de situation professionnelle peuvent amener des changements dans nos habitudes de sommeil. Ces perturbations du rythme biologique de sommeil sont-elles inoffensives sur le long terme ? Peut-on revenir en arrière ? À force de veiller la nuit, finit-on par ne plus dormir que d’un œil ?

Méthode

Pour savoir si, dans l’expression « métro-boulot-dodo », l’ordre des mots est réellement important, des chercheurs suédois ont effectué une synthèse de la littérature scientifique. Ils ont résumé et analysé toutes les études publiées ces 15 dernières années qui portaient sur les effets du travail de nuit sur le sommeil, la sensation de fatigue et les accidents de travail. Ils se sont aussi intéressés aux études qui envisageaient la façon de pallier les difficultés engendrées par le travail de nuit et d’y remédier si possible.

Résultat

Le travail de nuit avait effectivement des conséquences sur le sommeil et la fatigue ressentie et augmentait le risque d’accident de travail. Ce risque d’accident était surtout présent quand les périodes de travail de nuit dépassaient 12 heures. Les travailleurs de nuit dormaient de 1 à 4 heures en moins que les personnes ayant des horaires de travail de jour et rencontraient plus de difficultés à s’endormir une fois le travail terminé, potentiellement car le rythme biologique naturel du sommeil indique que la journée est le moment de rester éveillé. Ces effets semblaient persister sur le long terme, même après la retraite pour une des études envisagées. Enfin, la fatigue ressentie durant le travail était la plus à même d’expliquer les accidents de travail plus nombreux.

Conclusion

Inverser le rythme naturel de sommeil pour travailler de nuit peut donc avoir des conséquences réelles sur le sommeil et sur la santé. À tel point que les médecins reconnaissent maintenant l’existence d’une « maladie des travailleurs de nuit ». Ce diagnostic concerne les personnes travaillant en horaires décalés dont les conséquences sont des performances de travail réduites accompagnées d’une sensation de grande fatigue durant leur travail de nuit et la présence d’insomnies chroniques durant la journée. À l’heure actuelle, la meilleure mesure pour remédier à ces conséquences négatives serait d’avoir un horaire alterné de jour et de nuit. Mais globalement, ces effets néfastes du travail de nuit restent assez difficiles à éliminer. Pas si facile de vivre comme un hibou.

Source : Åkerstedt, T., Wright, Jr., K. P. (2009). Sleep loss and fatigue in shift work and shift work disorder. Sleep Medicine Clinics, 1(4-2), 257-271.

05Les lève-tôt ont-ils plus que leurs horaires en commun ?

L’influence de la personnalité sur les cycles de sommeil

Si chacun d’entre nous se réjouit de l’arrivée du week-end, les habitudes en matière de grasses matinées sont loin d’être identiques d’une personne à l’autre. Certaines personnes vous diront sans doute qu’elles peuvent dormir sans problème jusque tard le matin – ou tôt dans l’après-midi – si rien ni personne ne les réveille. D’autres semblent se lever au petit matin, en semaine comme le week-end, sans être pour autant plus fatiguées, et sont pleinement satisfaites d’avoir plus de temps dans leur journée. Qu’est-ce qui différencie les lève-tôt des grosses marmottes ?

Méthode

Un chercheur espagnol a interrogé plus de 300 étudiants pour savoir si les gens du matin existent vraiment et à quoi ils ressemblent. Il leur a demandé de remplir un questionnaire qui permettait de déterminer s’ils étaient plutôt « du soir » ou « du matin », ainsi qu’un autre qui visait à déterminer leur type de personnalité. Il a ensuite cherché à savoir si les gens qui fonctionnaient mieux le matin ou mieux le soir avaient aussi tendance à avoir le même type de personnalité de manière générale.

Résultat