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Cette histoire du Moyen-âge se lit comme un roman d'aventure, à la fois épique et fascinant. De la chute de l'Empire Romain aux invasions barbares en passant par les croisades et les conquêtes arabes, on y découvre seize siècles profondément marqués par la guerre et les luttes incessantes pour le pouvoir. Mais c'est aussi et surtout une période de transition durant laquelle le monde sera confronté à de grandes évolutions, à une avancée inexorable vers les lumières de la Renaissance.
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Veröffentlichungsjahr: 2016
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HISTOIRE
CINQUIÈME SIÈCLE.
SIXIÈME SIÈCLE.
SEPTIÈME SIÈCLE.
HUITIÈME SIÈCLE.
NEUVIÈME SIÈCLE.
DIXIÈME SIÈCLE.
ONZIÈME SIÈCLE.
DOUZIÈME SIÈCLE.
TREIZIÈME SIÈCLE.
QUATORZIÈME SIÈCLE.
QUINZIÈME SIÈCLE.
TABLEAU CHRONOLOGIQUE
Également Disponible
Notes de bas de page
Copyright © 2016 par FV Éditions
Image de la Couverture : [email protected]
ISBN 979-10-299-0315-1
Tous droits réservés
par
Leconte de Lisle1
Jean Marras
— 1876 —
L’histoire du Moyen-Âge s’ouvre en réalité par la victoire du christianisme et par la translation du siège impérial à Byzance ; elle finit, avec le xve siècle, à la renaissance intellectuelle de l’Occident.
Les causes de la longue décadence de l’empire romain sont bien connues. Le césarisme démocratique avait abouti au despotisme militaire ; l’avilissement du sénat et l’anarchie des légions entraînèrent la ruine commune. À l’unité du corps politique, déjà ébranlée par la division du pouvoir, sous Dioclétien, succéda le déchirement définitif de l’Orient et de l’Occident. Constantin fut le vrai destructeur du monde romain. En abandonnant Rome, en rappelant, au profit du pouvoir absolu, les armées qui protégeaient les frontières, il livra l’empire aux Barbares ; en proclamant la nouvelle loi religieuse, il tua la civilisation antique. « Les institutions de la vieille patrie, dit Chateaubriand, mouraient avec le vieux culte. » Douze siècles suivirent, pleins de vastes mouvements de peuples, de chocs de races, de sanglantes querelles religieuses, de supplices, de pestes, de famines, mais aussi de grands et nobles efforts intellectuels, politiques et sociaux.
Il est convenu que cette période historique date de la mort de Théodose, en 395, époque où l’empire fut partagé entre ses deux fils, Arcadius et Honorius. Cependant, il est nécessaire, avant d’entreprendre le récit synchronique des événements, siècle par siècle, de constater qu’une nouvelle forme d’administration, un nouveau système de politique et de gouvernement avaient dès lors profondément modifié le monde romain.
Sous Constantin, le despotisme asiatique succéda au despotisme militaire et produisit, ce qui semblait impossible, une recrudescence de bassesse et de servilité. La passion effrénée du luxe et des titres honorifiques étouffa les derniers instincts de l’honnêteté publique ; une superstition lâche et stupide remplaça souvent l’audace héroïque des premiers chrétiens. Le sénat de Constantinople ne rappelait même pas le sénat romain, assez avili pourtant depuis Tibère. Consuls et préteurs étaient devenus des fonctionnaires de parade, dont les attributions s’étendaient à peine au droit de régler la célébration des jeux. Les serviteurs actifs de l’Empire formaient une interminable hiérarchie, à la tête de laquelle se plaçaient les sept grands officiers de la Cour : le comte de la chambre sacrée ou grand Chambellan ; le maître des Offices, sorte de ministre d’État qui dirigeait toute la maison impériale, les arsenaux, les postes et la police composée de dix mille agents ; le Questeur du Palais, chargé de la rédaction des décrets ; le comte des Largesses sacrées, ministre des Finances, de qui relevait l’administration fiscale ; le comte du Domaine privé, chef des agents domaniaux, nommés Procuratores et Rationales ; le comte de la Cavalerie domestique et le comte de l’Infanterie domestique, ayant sous leurs ordres trois mille cinq cents hommes recrutés surtout parmi les Arméniens. Au-dessous de ces hauts dignitaires venait la foule des parasites de Cour, pages, huissiers, espions, eunuques et cochers du cirque.
L’Empire était divisé en quatre préfectures : Orient, Illyrie, Italie et Gaule. Quatre préfets du Prétoire, auxquels on avait retiré les attributions militaires, exerçaient le pouvoir civil dans les préfectures, organisation ébauchée déjà par Dioclétien et régularisée par Constantin. Les quatre préfectures comprenaient treize diocèses et cent dix-sept provinces, Rome et Constantinople formant chacune un diocèse particulier. La préfecture d’Orient se subdivisait en diocèses d’Orient d’Égypte, de Pont, de Thrace, en vicariat d’Asie et en proconsulat d’Asie ; celle d’Illyrie, en diocèses de Dacie et de Macédoine ; celle d’Italie, en diocèses d’Illyrie occidentale et d’Afrique occidentale ; celle des Gaules, en diocèses d’Espagne, de Gaule et de Bretagne. Un nombreux personnel d’administrateurs, distribué en une savante hiérarchie, fut interposé entre le peuple et l’empereur dont la volonté, transmise par les ministres aux préfets du Prétoire, passa de ceux-ci aux présidents de diocèses, pour descendre par les gouverneurs de provinces jusqu’aux cités. Toutes les charges gouvernementales donnaient à ceux qui en étaient investis des titres de noblesse personnelle et intransmissible. Ministres et préfets se nommaient les Illustres ; Proconsuls, Vicaires, Comtes et Ducs étaient Spectabiles ; Consulaires, Correcteurs et Présidents étaient Clarissimi. Il y eut aussi des Perfectissimi et des Egregii. Les princes de la maison impériale avaient le titre de Nobilissimi.
La hiérarchie militaire commençait par le Maître de la cavalerie et le Maître de l’infanterie, fonctions qui furent doublées après le partage de l’Empire. Sous leurs ordres venaient les Comtes militaires et les Ducs qui, seuls, disposaient des troupes dans leurs départements respectifs. L’armée, en grande partie, n’était composée que de Barbares. Ces corps mercenaires, échelonnés le long des frontières, devaient promptement devenir dangereux. Réduites de six mille hommes à quinze cents, les légions tenaient garnison dans les villes de l’intérieur et ne pouvaient plus inspirer à leurs chefs ces ambitieux égarements qui avaient produit tant d’usurpations et de crimes. D’ailleurs, marqués comme des forçats, jaloux uniquement des avantages accordés aux Palatins, garde particulière de l’Empereur, dégradés de toute façon, les soldats romains avaient perdu jusqu’au sentiment de la patrie.
Cette double hiérarchie, cette multitude de fonctionnaires subalternes augmentaient la pompe de la cour en épuisant l’État obligé de demander chaque jour davantage à l’impôt, tandis que la misère générale était telle qu’on renonçait à se donner une famille. La plus odieuse des impositions était l’impôt personnel, . Pour l’impôt foncier, la somme due par chaque province était déterminée d’après un cadastre révisé tous les quinze ans (Indictio). Établie peut-être en 312 par Constantin, cette période quindécennale est le . Il y avait également la que subissaient les artisans, les journaliers, les colons et les esclaves dont la taxe était payée par les maîtres. L’, la ou le , étaient levés sur le commerce et l’industrie, avec une rigueur à laquelle les plus pauvres ne pouvaient se soustraire. Si l’on ajoute à ces impôts généraux les droits énormes sur les ventes aux enchères, les héritages, les affranchissements, les obligations vexatoires d’héberger les soldats et les magistrats en mission, d’entretenir les voies publiques, etc., on s’explique la guerre pleine de ruses et de violences que se faisaient les contribuables et les agents fiscaux. Les domaines de l’Empereur étaient naturellement exempts de toute taxe et l’Église avait obtenu le même privilège. Cette prérogative s’étendait d’ailleurs à la plupart des classes riches, de sorte que les charges budgétaires pesaient entièrement sur la bourgeoisie urbaine. Les corporations, formées depuis Alexandre Sévère par les artisans des villes, étaient devenues des prisons d’où le gouvernement leur défendait de sortir, afin de forcer les citoyens au travail et d’arrêter la décroissance de la production. Les petits propriétaires des campagnes, ruinés par les guerres incessantes ou dépouillés par les grands, étaient contraints de se faire du riche, se trouvaient enchaînés à la terre et perdaient, sinon le titre, du moins les droits de l’homme libre. Cet abaissement moral et matériel inspira le dégoût du travail, et la population diminua dans de telles proportions qu’il fallut repeupler des provinces désertes avec des colonies de Barbares.
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