Impressions - Natacha Minghetti Majorana - E-Book

Impressions E-Book

Natacha Minghetti Majorana

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Beschreibung

Les étoiles Elle serrait les dents et regardait les étoiles danser dans l'obscurité qui semblait sortir tout droit de son être. Elle restait debout, les pieds nus enfouis dans l'herbe fraîche. Avec sa chemise de nuit claire elle était le reflet sur la terre de cette étoile dans le ciel. Elle se regardait dans ce miroir gigantesque sans début et sans fin. Sa vie entière était faite de miroirs: Certains étaient indifférents, sans tain et la prenaient au dépourvu; certains étaient brisés et leurs éclats renvoyaient au centuple les peurs qui, derrière elle s'animaient. D'autres encore étaient recouverts d'un gigantesque drap blanc poussiéreux et durci par le temps, qu'aucune main ne touche plus à force d'être maudits. Elle avait aussi quelques miroirs de poche sertis de pierres précieuses qui la rendait belle de temps en temps, des miroirs déformants qui souvent l'effrayaient. Au milieu de sa chambre trônait l'immense miroir ancien taché du poids des souvenirs qu'une corniche baroque enlaçait jalousement. Cet immense miroir, héritage de sa grand-mère et de sa mère avant elle, lui renvoyait chaque matin en guise de réconfort les images de son passé et du passé de ses aïeules. Il était le témoin muet des grimaces et des danses enfantines, des tenues trop grandes empruntées à sa mère pour lui ressembler, des premiers fards maladroitement appliqués sur sa peau diaphane, des premières larmes d'amour et des chagrins immenses. De ses joies et de ses peines il était le compagnon inerte comme il fut le réceptacle des émotions de celles qui le possédèrent avant elle. Parfois elle voulait le traverser pour découvrir ses secrets mais se résignait aussitôt, consciente qu'elle se blesserait pour les atteindre. Il était le reflet de son âme, la protection contre un présent capricieux et un futur fallacieux.

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Seitenzahl: 50

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À l'Amour pur et innocent, à l'Amour qui dure et traverse le temps!

Ai- je eu besoin de tant d'audace pour me détruire et tant d'outrages pour me construire !

Pour Giovanni mon vrai souffle de vie

A nous….

Sommaire

La relique sacrée

A genoux et en prière

La Cachette

Les conseils

La voie lactée

Les Narcisses et le miroir aux alouettes

Les mots-poignards

Hommes et Femmes

Les oubliettes

Les bijoux de pacotille

Lettre à ma Mère

La deuxième chance

De l’aube d’une vie au crépuscule d’une autre

Le romantisme

Les étoiles

L’oubli

Le prétentieux

La provocation

La compagne va et vient

Paris-Palerme

Mon si cher ami

Ma liberté

Nouveau monde

J'aime le Paris des artistes et des grands boulevards.

A Paris la mélancolie des Romantiques chante toujours dans les ruelles secrètes qui jamais ne se dévoilent.

A Paris la pénombre danse à la lueur des réverbères qui jamais ne s'éteignent.

J'aime le Paris des bords de Seine et celui des cafés remplis de poèmes.

J’avais à peine 10 ans la première fois que mes parents m’emmenèrent à Paris. J’ai tout de suite été fascinée par cette énorme ville qui semblait ne jamais dormir. Le retentissement des sirènes qui s’accentuait la nuit pour parvenir jusqu’à ma chambre d’hôtel me laissait sans voix lorsque je réalisais que les parisiens étaient habitués à chercher le repos au milieu de ce chaos.

Les journées étaient si remplies de visites que pour la première fois j’avais l’impression d’avoir un tropplein : trop d’émotions, trop d’architecture, trop de peintures et de boutiques d’antiquaires, trop de livres, trop de poésie, trop de tout.

Mon trop à moi en temps normal ne me submergeait jamais. Beaucoup d’activités sportives et artistiques à côté de mes études remplissait mon agenda de la semaine mais étrangement c’est bien ce trop-plein qui me tenait alerte, énergique et heureuse. Dans ce Paris magnifique j’avais envie de tout voir, tout saisir, tout m’approprier en un laps de temps si court que le séjour d’une semaine se profilait comme une course contre la montre.

Petite déjà, je dévorais les livres comme on dévore des yeux quand on est amoureux. Avant d’apprendre à lire je devais me contenter de regarder les images alors que mon regard n’était attiré que par les caractères qui défilaient sous les doigts de ma mère et je voulais être capable de faire la même chose, très vite, très fort.

En guise de cadeau, je demandais toujours des crayons pour écrire et du papier. C’était mon bonheur absolu que de faire semblant d’écrire un grand roman, le plus beau de la Terre, le plus bouleversant.

Sauf que j’ai toujours eu un appétit vorace et à côté de l’écriture, je voulais aussi être médecin, profiler, danseuse, océanographe, archéologue et tout ce qui pourrait afficher un sourire de contemplation sur mes lèvres.

J’aimais la vie plus que tout, cette vie réglée comme un métronome par un agenda tenu par ma mère et qui m’ouvrait chaque jour sur une activité différente et qui comblait ce besoin si violent de tout connaître.

Je ne demandais pas grand-chose, peut-être parce que j’avais tout ce qu’il fallait au moment où il fallait. Mais aussi parce que j’ai toujours été très modeste dans mes prétentions. Je trouvais mon bonheur n’importe où, accompagnée ou seule, avec mes camarades de jeu ou à l’école. Je ne parvenais pas à expliquer comment je réussissais petite déjà à faire avec rien mon tout. Sans doute, aujourd’hui je peux le dire, ceci était dû au fait que je pouvais rêver ma vie des heures durant, mais la réalité c’est que je ne rêvais rien, je planifiais, me fixer des buts, des objectifs à atteindre que je revoyais et réorganisais au fur et à mesure que la vie avançait. Je me mettais en situation mentalement, j’esquissais mes futurs projets dans telle ou telle circonstance de la vie, tout en analysant les répercussions qu’elles allaient engendrer et je me promettais tout bas: «cela va arriver comme tu le penses et quand ça arrivera tu sauras déjà comment faire».

Mon éducation était stricte mais empreinte d’amour. J’avais des règles à respecter et très vite on m’expliqua le bien et le mal. Ce que l’on ne m’a pas expliqué en revanche c’est que le mal même si vous ne le provoquez pas peut vous revenir en pleine face. Une injustice dont j’avais du mal à admettre l’existence et qui changera le courant d’une partie de ma vie, car dans mes projections, jamais je ne me voyais devoir interagir avec des malfaisants et j’allais tomber de très haut à très bas dans l’abîme et les pièges de ceux qui n’ont pas reçu les mêmes valeurs que vous.

J’étais fort timide, réservée devant des inconnus, alors qu’entourée de ma famille j’étais une enfant expansive et bien dans ma peau.

Elevée depuis l’âge de 5 ans dans un pensionnat catholique ouvert d’esprit en matière d’appartenance religieuse puisque fréquenté par des élèves de toute nationalité et religion, j’y ai appris à comprendre, respecter les différences et à les voir comme une richesse et une chance. Et c’est bien ainsi qu’il faut les voir.

La poursuite de l’apprentissage de valeurs humaines se fit donc dans cette école tenue par les religieuses Marcelines jusqu’à mes 15 ans puis dans une école tenue par les Chanoines du Grand St-Bernard de mes 16 ans et jusqu’à l’obtention de ma maturité fédérale, sésame ouvrant les portes de l’Université. De 5 à 15 ans je ne côtoyais pas la gent masculine puisque mon école n’était pas mixte. Cette époque mystique, car oui c’est ce que je ressentais souvent, me donna presque l’envie de rentrer dans les ordres….Cela changea lorsque je rejoignis l’autre collège, qui devint mixte pour la première fois l’année où je commençai mes études là-bas. L’envie de rentrer dans les ordres