In love - Cathy Paganelli - E-Book

In love E-Book

Cathy Paganelli

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Beschreibung

L'AMOUR...Nous imaginons mal notre vie sans lui ! Et pourtant, lorsque la question est posée: "C'est quoi l'amour?", sa définition laisse perplexe. L'amour semble être un sentiment bien plus complexe dans la réalité que dans notre imaginaire amoureux. Quand il nous permet de donner le meilleur de nous-même, il peut aussi nous faire accéder au pire. L'amour nous attire et nous enchante autant qu'il peut nous angoisser ou nous faire souffrir, voire nous détruire. Mais alors, attendrions-nous de l'amour quelque chose que n'arrivons pas à obtenir ? Quels sont les fondements de notre perception de l'amour et de nos schémas amoureux? Comment choisit-on celui ou celle qu'on aime ou aimera ? Au-delà de nos expériences passées et de nos exigences conscientes, se pourrait-il que des conditions psychiques inconscientes sous-tendent notre vie amoureuse ? L'auteure vous invite dans cet essai à décrypter l'énigme du jeu inconscient de l'amour et des mécanismes amoureux.

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Seitenzahl: 111

Veröffentlichungsjahr: 2023

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À Jean-David.

Sommaire

Préambule

Introduction

C’est quoi L’amour ?

J’aime donc je suis

L’amour est un état

Le masque de l’amour

L’amour est une croyance

Notre cerveau manipule

Les mécanismes et les secrets de l’amour

L’identification est avant tout imaginaire

Le petit cerveau

Cerveau contre cerveau

La culture de l’amour

La théorie du grand Amour

L’amour impossible

L’amour romantique

L’amour à la française

Amour et Psychanalyse

Quand je t’aime, je m’aime

Le choix a-moureux

Les petites différences

La grande énigme

Les messagers du désir

Conclusion

Bibliographie

Préambule

Noël au balcon. Assise sur la plage, je pense à la désillusion d’une énième relation sentimentale. Le mouvement délicat des vagues me renvoie aux doux souvenirs d’un amour perdu il y a quelques mois et je nourris à cet instant, l’espoir de retrouvailles que j’imagine vibrantes. Mon regard fixe cette si belle Méditerranée que je perçois aussi douce et enveloppante que mon idée de l’amour.

Devant moi sont allongés un homme et une femme. Sous les chaleureux rayons du soleil, ils se sont endormis, l’un dos à l’autre. A voir la forme et la couleur identiques de leur transat, j’imagine qu’il s’agit d’un couple pour lequel le temps qui passe aura peut-être usé la relation.

L’amour ne rime pas toujours avec toujours !

J’écris ces quelques mots et j’aperçois cette petite fille, absorbée par le téléphone de l’homme qui se tient assis à ses côtés. Son attention pour elle m’amène à envisager qu’il s’agit d’un père et de sa fille. Il semble pensif. Peut-être réfléchit-il à sa récente séparation, ou au premier Noël qu’il passera seul avec son enfant. Ils partent, main dans la main. L’amour semble les unir.

Le sentiment d’amour anime nos cœurs, nos vies, nos projets ou nos quêtes. Nous avons l’impression de le connaître, nous le désirons ou le rejetons et pourtant, lorsque la question est posée

« C’est quoi l’amour ? »,

Personne ne sait guère le définir. Aimerait-on croire que l’amour est un sentiment mystérieux, impalpable ou magique ?

Car il faut bien un mirage pour que se pose le sentiment d’amour dans une rencontre quand pourtant la vraie rencontre de l’autre suppose la reconnaissance de l’altérité, celle-là même qui dévoile le point d’idéal, celui qui une fois tombé, crée tant de désillusions, de chagrins d’amour et de ruptures.

Est-ce à dire que le sentiment d’amour est illusoire lorsqu’il naît ?

Il arrive quand on ne s’y attend pas Il peut s’abattre sur nous comme un coup de foudre. Il peut aussi disparaître un matin quand on ne sait pas pourquoi.

Est-ce que l’adrénaline, la sérotonine, l’ocytocine suffisent pour tomber amoureux ? Aimons-nous réellement l’autre quand nous prétendons aimer ? Souffrons-nous seulement de la perte de l’autre quand notre cœur est blessé ?

Quand un sentiment d’amour nous permet de donner le meilleur de nous-même, il peut aussi nous faire accéder au pire. Il transporte et transforme. Il nous émerveille autant qu’il peut nous faire souffrir, voire nous détruire.

Quel est donc le sens du sentiment d’amour ? Comment choisit-on celui ou celle qu’on aime ?

« Je sais ce que je ne veux plus ».

Lorsque la réalité a blessé notre imaginaire et assassiné notre rêve d’amour, cette affirmation clamée semble poser des conditions au fait d’ouvrir son cœur, comme si cette fois, le sentiment d’amour devenait maîtrisable et perdait sa part de magie.

Au-delà de l’apprentissage de nos expériences passées, des exigences inconscientes, qui n’ont rien à voir avec la rencontre, irrigueraient-elles notre sentiment d’amour, de désamour, notre façon d’aimer, notre souffrance, voire notre sexualité ?

Se pourrait-il que le sentiment d’amour ne soit qu’une croyance qui fait courir le monde pour nourrir des enjeux inconscients ?

Que vous vous sentiez In Love ou pas, blessé ou heureux, désireux ou non d’aimer ou simplement curieux, nous vous invitons dans cet essai à ouvrir le champ des possibles conditions inconscientes du sentiment d’amour.

Introduction

Pas une journée sans que l’amour ne nous saute aux yeux ou aux oreilles. Au détour d’une rue, tagué sur un mur, mis en mots ou en musiques par les plus grands poètes ou auteurs-compositeurs, représenté et oscarisé par le septième art, élevé au rang des dieux dans la mythologie, inspirant l’histoire de l’art, peint ou taillé dans la pierre, l’amour inonde notre quotidien. Et quand il se fait discret dans notre vie, nous interrogeons le cosmos pour savoir s’il restera, reviendra ou arrivera bientôt. Charge aux facilitateurs de rencontres en ligne ou aux savants peu scientifiques de nous y inviter lorsque nous sommes connectés.

Ah l’amour ! Nous imaginons mal le bonheur sans amour. Et quand nous parlons d’amour, nous l’entendons ou l’attendons avec un grand A, si possible éternel. Comme l’assurance Tout-risques de notre équilibre, il est souvent porteur du sens et de la réussite de notre vie. Alors quand il est absent, nous profitons des bonnes résolutions du 1er janvier pour nous rêver heureux et Amoureux. La nouvelle année sera In Love.

Mais voilà, ce que nous recherchons le plus est aussi ce qui arrive le moins souvent. L’amour semble être une évidence qui est bien plus complexe dans la réalité.

Il y a ceux ou celles qui attendent l’Amour, seuls ou en relation, ceux ou celles qui souffrent d’être sans amour, ceux ou celles qui vivent un Amour malheureux, maltraitant ou maltraité. Il y a ceux ou celles qui refusent d’aimer, enfermés dans le deuil pathologique d’un amour blessé, détruit ou perdu. Il y a les constipés1ou les amoureux de l’amour, ceux ou celles qui s’accrochent à un amour impossible, ceux ou celles qui rejettent l’idée même d’aimer, ceux ou celles qui aiment mais ont peur de perdre, ceux ou celles anéantis par l’abandon de l’être aimé(e). Amour en retenue, amour perdu, amour gâché, amour blessé, amour passionné, amour détruit, amour toxique, amour impossible, amour inachevé, amour en danger ou danger de l’amour...L’amour est partout mais il est plus souvent en éclatement qu’en cohésion. Attendrions-nous de l’amour quelque chose que nous ne parvenons pas à obtenir ?

En cela, l’amour est paradoxal : Ce à quoi nous aspirons le plus est aussi ce que souvent nous maltraitons, redoutons ou rejetons. L’amour, que nous façonnons en creux ou en plein2(dans le sens traumatique), est très mal aimé. Force est de reconnaître que l’amour nous mène plus souvent dans le mur que dans le bonheur !

Est-ce à dire que l’amour est complexe ? Ou est-ce autre chose ?

« Dès que j’ai croisé ton regard, j’ai su que c’était toi. »

L’amour vrai semble être pour beaucoup l’évidence, comme le serait celui ou celle qui, prédestiné(e), nous attend quelque part dans le monde, à une terrasse de café.

Tel un cadeau du divin ou du destin, la recherche de l’amour passe très souvent par l’idée d’âme sœur ou d’alter égo.

Est-ce une réalité plausible, un fantasme ou est-ce un mythe ?

Quel que soit notre rapport à l’amour et notre situation sentimentale, nous évoluons dans un environnement sociétal qui nous presse à être en couple quel que soit l’âge. Il peut aussi nous culpabiliser de ne pas l’être, sans nous avoir appris ni ce qu’est l’amour, ni comment aimer. L’amour vient du plus lointain de notre histoire collective et individuelle. Elle a pour chacun et pour nous tous des fondements multiples.

Cette construction inconsciente irrigue notre liberté ou notre impuissance à aimer. Alors quand la réalité déçoit nos attentes, désaccorde nos sentiments rêvés et nos sentiments vécus, brise nos rêves, les chagrins d’amour ne sont pas loin. Nous nous victimisons ou nous rendons coupables :

« Pourquoi ça m’arrive ? », « Pourquoi ça ne m’arrive pas ? » ou « Cela ne m’arrivera plus ».

« Aimer, c’est souffrir. Pour éviter de souffrir, il faut éviter d’aimer. Mais alors on souffre de ne pas aimer. Par conséquent, aimer c’est souffrir, ne pas aimer c’est souffrir, et souffrir c’est souffrir. », disait Woody Allen.

Autrement dit, rêver du grand Amour a un prix !

Au-delà d’une réalité biologique fondamentale, ce que nous percevons comme un sentiment d’amour peut-il être affecté par un champ magnétique intérieur qui nous attirerait de manière infaillible vers l’autre, pour le meilleur ou pour le pire ? Ou est-ce l’œuvre de Cupidon ?

Envisager des conditions inconscientes au sentiment d’amour implique l’existence d’empreintes invisibles qui nous engagent à considérer que nous ne sommes pas libres de nos choix, de notre liberté d’être Je, ni de notre liberté d’aimer (dans toutes ses expressions).

Tentons tout d’abord de définir le sentiment d’amour. Puis explorons comment, de manière inconsciente, notre cerveau intervient dans la rencontre et l’état amoureux. Mesurons ensuite l’incidence des sources socio-culturelles dans notre rapport à l’amour, par-delà nos expériences affectives.

Enfin, envisageons grâce à la psychanalyse les possibles remaniements d’un positionnement relationnel implicite dans le jeu inconscient de l’amour.

Je t'aime

1. Salomé J., Voyage au pays de l’amour, Les Éditions de l’Homme, 2013.

2Corcos M., Le corps absent, Dunod, 2010.

C’est quoi L’amour ?

J’aime donc je suis

Quand on parle sur l’amour, il arrive fréquemment qu’on omette de le définir, comme si sa définition allait de soi. Si l’on se donne la peine d’en chercher le sens, force est de constater que la psychologie n’en a pas le monopole. En effet, les sociologues se sont attelés à en étudier les théories et les scientifiques se sont penchés sur les mécanismes et les méandres de l’amour. De même, il existe une perception religieuse et une formulation juridique de l’amour. Toutefois, nous n’aborderons pas ce dernier point. Nous préférons tout d’abord nous pencher sur l’abord philosophique de cette notion. Accorder un intérêt au regard philosophique ne discrédite pas pour autant le point de vue sociologique, ni scientifique et ni psychanalytique. Au contraire, nous souhaitons montrer la complémentarité de ces différentes approches.

Depuis l’antiquité, les philosophes enquêtent sur l’amour. Si l’amour est au sens général, un mouvement du cœur qui nous porte intensément vers un être, un état en somme (Ne dit-on pas : « Je suis amoureux-amoureuse ?»), Platon investigue, dès son Banquet, si et comment l’amour est et peut être justifié. Il élaborera les premières théories de l’amour. Alors que la définition du sentiment d’amour dans nos encyclopédies lui attribue une tendance opposée à l’égoïsme, telle une adhésion sans faillir à l’autre aimé(e) (« Je te donne mon amour »), la philosophie cherche la nature et la valeur de l’amour dans les rapports entre les êtres. Pour le montrer, il serait ennuyeux de recenser les philosophes qui ont abordé ce sujet. Il nous a semblé plus profitable de nous arrêter sur la théorisation de l’amour de Descartes qui nous en donne une conception dynamique, en relation avec l’identité.

« L’amour est une passion qui peut naître en nous sans que nous apercevions en aucune manière si l’objet qui en est la cause est bon ou mauvais. » 3.

L’amour est une passion...C’est ainsi que Descartes oppose l’amour au Moi pensant (« Je pense, donc je suis. »). Aimer, dans ce que le sentiment implique d’irrationnel, de souffrance qui s’insinue en nous jusqu’à parfois nous perdre (la passion), condamne la raison qui rend l’homme libre et vertueux.

D’un point de vue philosophique, faut-il se priver d’aimer pour être un homme tout puissant de sagesse ? Faudrait-il donc choisir entre devenir un « sage insensible » ou un être soumis à la passion amoureuse désorganisatrice pour la raison et pour l’âme ? Il est cependant difficile de lutter contre un sentiment qui s’insinue en nous et Descartes lui-même va l’expérimenter.

Son premier amour, Françoise, louchait. Plus tard, il constata que dès lors qu’il rencontrait une femme porteuse de ce même défaut, il était plus enclin à l’aimer, sans savoir que cela était la cause. Ainsi, avant Freud, Descartes découvre qu’on peut aimer autrui en aimant, non pas autrui en tant qu’être présent, mais autrui en tant qu’objet sur lequel on projette un souvenir dont on ne parvient pas à se défaire et dont on habille l’autre présent. En aimant, nous pouvons donc nous tromper, tromper l’autre qui se croit aimé et nous tromper nous-mêmes.

Selon Descartes, ce n’est donc pas l’amour qui s’oppose à la liberté d’être mais l’incapacité d’écarter de tout acte d’amour ce qui lui nuirait pour ne pas aimer ce qui peut lui nuire. Il s’agirait ainsi de considérer que l’amour est irrationnellement bon ou mauvais. Autrement dit, le sentiment d’amour est par nature illusoire, représentatif et imaginatif. Il ne peut donc pas être pur. En revanche, l’idée d’un amour possiblement libre et vertueux engage à mettre de la volonté à nous détacher des illusions en doutant de la vertu de ce que nous aimons et de la façon que nous avons d’aimer. En ce sens, aimer n’ôte pas les doutes de nos passions car l’amour véritable est, au-delà de tout acte d’aimer, l’amour du bien.

Avec Descartes, « Je pense donc je suis » rime avec « J’aime donc je suis ».

3Descartes, Les passions de l’âme, 1649.

L’amour est un état

Envisager que l’amour naît d’une collision inattendue avec l’être parfait reviendrait à dire que l’amour est de l’ordre de l’instinct et de l’instantanée comme le serait peut-être la peur face à un animal dangereux. Est-ce le cas ?