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Imaginer deux petits corps emmêlés et indissociables in utero, quand bien même la mort les sépare, est une vision émouvante et intime. Une mémoire de cette étape de vie singulière campe-t-elle quelque part ? Se pourrait-il que l'expérience gémellaire du vécu et de la perte dans l'antre maternel conditionne inconsciemment le devenir du jumeau survivant ? C'est l'aventure psychanalytique de Double Je que l'auteure raconte, en cheminant de l'étonnant développement corporel et cérébral des foetus jumeaux, jusqu'aux étapes-fondations de l'histoire de la psyché et de l'identité. Comme en écho de la vie intra-utérine, elle évoque les conséquences dans l'après-coup d'un lien structurel lié à l'absence, qui peuvent durer toute une vie sans le processus paradigmatique du deuil périnatal. Grandir psychiquement de la carence est tout l'enjeu quand on naît Double Je.
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Seitenzahl: 145
Veröffentlichungsjahr: 2022
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Remerciements
Préface du Dr. Alain Pérez
Préambule
Introduction
Chapitre 1 Les temps originaires
La mémoire prénatale vue par la neuroscience
La rencontre entre la métaphysique et la métapsychologie
in utero
L’organisation psychique originaire
L’identité primitive du moi
Le drame dans l’utérus
Chapitre 2 Les risques psychopathologiquesd’une inorganisation archaïque
La problématique identitaire
La problématique du lien
La vulnérabilité psychosomatique
L’anorexie
Le corps enkysté
La structuration psychique
Chapitre 3 Le triple deuil
Le deuil périnatal
Le traumatisme de la naissance
Le deuil d’une identité conceptionnelle
En synthèse
Conclusion
Postface de Guy Lesoeurs
Biographie des auteurs
Bibliographie
A Mathéo, mon fils, d’avoir rendu ce parcours possible grâce à sa patience, sa confiance et son soutien.
Au Docteur Alain Pérez,d’avoir soutenu ce projet de recherche et d’écriture, d’avoir accepté de préfacer cet essai.
A Monsieur Guy Lesoeurs,pour sa lecture attentive et son soutien, d’avoir accepté de postfacer cet essai.
A Monsieur Philippe Schaller,directeur de l’IFAPP, Institut de Formation à la Psychanalyseet Madame Annie Rey,directrice d’EDUPSY Formations, d’avoir contribué par la qualité de leur enseignement à ce projet.
Alain Pérez
Qu’est que le travail du deuil ?
« L’épreuve de la réalité a montré que l’objet aimé n’existe plus et elle somme alors l’endeuillé de soustraire toute sa libido de ses attachements à cet objet ». « La mélancolie porte, en quelque sorte, sur une perte d’objet dérobée à la conscience, à la différence du deuil, dans lequel la perte n’a rien d’inconscient ».
Endeuillé comme mélancolique ont subi une perte mais le mélancolique a subi une perte de son moi. Dans la mélancolie, il y a identification du moi avec l’objet perdu. « L’ombre de l’objet est ainsi tombée sur le moi ».
En quelques citations limpides issues de « Deuil et mélancolie », voilà énoncé les problématiques du deuil et de son destin tragique qu’est la mélancolie. Pour autant, le soulagement de ce fléau moderne n’en reste pas moins difficile.
Parfois dans la cure analytique des états dépressifs ou mélancoliques émergent des éléments anamnestiques ou des évocations du vécu in utero de la vie de l’analysé. On peut les ignorer ou les minorer au prétexte, comme l’a fait l’orthodoxie freudienne, que la vie psychique d’un sujet débute avec les premières tentatives de représentations psychiques de l’enfant. Malgré les efforts de Rank avec le traumatisme de la naissance et de Ferenczi avec le sentiment thalassal, la psychanalyse a peu exploité notre passé intrautérin.
Parfois dans la cure analytique de ces états, émerge l’évocation d’une gémellarité qui n’a pas abouti à la naissance de deux êtres mais d’un seul. La souffrance de ce survivant peut être interprétée comme une construction psychique défensive identificatoire bien décrite par Bion avec sa théorie du « jumeau imaginaire ». Un fantôme utile en quelque sorte. Mais peut-être faut-il prendre au sérieux ce deuil précoce.
Il est en effet bien difficile de mettre en relation la mécanique du deuil telle que nous la connaissons et la vie foetale. Comment imaginer qu’il puisse exister une pensée sans penseur, car c’est le présupposé de la psychanalyse concernant le foetus ? Comment envisager une situation de deuil lorsqu’il n’existe ni épreuve de réalité, ni sujet distinct de l’objet, ni mécanisme identificatoire ?
Il faut probablement théoriser ce qui se passe pendant la vie psychique foetale avec d’autres outils que ceux fournis par la psychanalyse freudienne. Rien d’impossible. La psychanalyse a défriché l’univers du rêve en bien des points similaires à celui de la vie intra-utérine. Bion, ce grand théoricien de la formation des pensées, nous apporte des éléments de réponse avec « La psyché primordiale ». Une pensée sans penseur est possible, car l’appareil à penser du foetus et du nouveau-né, est son corps. Les expériences émotionnelles du foetus sont prototypiques et fondatrices des futures opérations de penser.
« Double Je » tente d’explorer l’univers du deuil en même temps que l’univers de la vie in utero.
Merci « Double Je ».
Qui n’a pas un jour posé un regard admiratif ou interrogatif sur deux vrais jumeaux côte à côte, si troublants de ressemblance ? C’est une beauté sans équivoque pour certains, une particularité génétique, un fantasme de fusion, une énigme pour d’autres.
Pour le jumeau esseulé et son entourage, c’est aussi la vision paradoxale d’une histoire prénatale qui a eu lieu et d’une histoire postnatale qui aurait pu avoir lieu.
Dans le secret, j’ai rêvé qu’elle soit encore à mes côtés. Seule notre relation aurait pu nourrir ce besoin inassouvissable de complétude et de béatitude. Elle était absente et pourtant, tellement présente. J’ai longtemps vécu avec un sentiment ambivalent de ne jamais pouvoir être heureuse sans elle et de pourtant tellement souffrir de la présence de son absence. Même entourée, aussi cher soit cet entourage, je gardais le sentiment inexplicable d’une solitude profonde et indélébile.
Je me sentais remplie de son absence et vide de sa présence. Je l’ai longtemps cherché, dans chacune de mes relations, quelquefois même dans l’ombre et quel qu’en soit le prix. Elle était mon Double Je.
Perdre son jumeau in utero...voilà bien un sujet énigmatique pour la plupart d’entre nous.
Les remarques presque systématiques de l’entourage en sont le reflet :
« Tu ne l’as pas connue, tu ne peux pas en souffrir ».
« Elle était morte lorsque tu es née, tu ne peux t’en souvenir ».
« C’est le destin ! ».
Comment un enfant qui se questionne pourrait-il mettre en doute la parole d’un adulte ?
Comment croire qu’il peut en être autrement lorsqu’on ne se souvient pas ?
Et puisqu’ « on ne peut rien changer au destin », mieux vaut oublier l’énigme ainsi maîtrisée !
Pour être en quête, il faut avoir connu puis perdu et se souvenir d’une expérience de satisfaction. On ne peut désirer que ce que l’on a connu et c’est le principe même du plaisir freudien.
Mais alors, quelle est cette quête inconsciente du jumeau perdu ?
Nous ne parlons pas de la connaissance de l’autre telle que nous l’entendons dans notre mode relationnel d’enfant ou d’adulte.
La perte d’un objet d’amour telle que nous l’envisageons dans notre « monde extérieur », celle qui nous attriste, nous inhibe et demande un travail de deuil ne peut avoir les mêmes modalités.
Quant au souvenir d’un évènement tel que nous le définissons, il est acquis que même pour un adulte, la mémoire d’éléphant n’appartient qu’à l’éléphant !
Nous apprenons à penser et explorer le Monde dans son ensemble. Lorsque nous quittons l’angle de vue terrestre, nous découvrons un Univers composé d’éléments uniques et interdépendants. Chaque élément forme un Tout qui influence notre existence même et le cours de notre vie physique et biologique.
En quoi serait-il donc étrange d’envisager que cette autre demeure qu’est le milieu intra-utérin puisse faire partie de notre patrimoine mnésique et psychique initial ?
En quoi serait-il bizarre de poser les fondements de certains symptômes dans l’expérience et la perte gémellaire in utero ?
Peut-être penserez-vous à un frère, une soeur, un ami, un de vos enfants, un proche, une connaissance, votre patron ou vous-mêmes.
Nous vous invitons dans cet essai à dimension psychanalytique à ouvrir le champ des possibles.
Découvrez, du côté du jumeau esseulé in utero, l’expérience du Double Je.
Naître jumeau, c’est naître plus fragile, très souvent prématuré et dans des conditions de grossesse et d’accouchement plus risquées pour la mère1. C’est aussi naître survivant d’une gémellité perdue in utero, le taux de mortalité étant très supérieur à celui des enfants nés d’un accouchement simple.
L’interaction entre des grossesses plus tardives et l’augmentation de la procréation médicalement assistée-l’implantation d’embryons multiples majorant le nombre de grossesses multiples-, explique à la fois l’ascension du taux de gémellité, « au plus haut dans le monde » selon le dernier rapport d’étude démographique2 et son maintien malgré la diminution du nombre de grossesses dans certains pays.
Le « jumeau boom » mondial actuel (près d’un bébé sur 40) implique, par conséquent, le pic des jumeaux esseulés.
Ces dernières années ont vu se modifier progressivement la façon dont on pense le foetus. La médecine prénatale ne cesse d’évoluer et d’enrichir nos connaissances sur le développement anténatal et l’étendue des capacités
sensorielles et cognitives foetales. Il apparaît que l’ensemble des grands réseaux fonctionnels (visuel, auditif, sensorimoteur, exécutif) observé en fin de gestation permet un accordage entre l’expérience sensorielle foetale et l’écologie sensorielle après la naissance3.
Au regard des données physiologiques actuelles sur le développement fonctionnel et sensoriel foetal, et dans le respect des systèmes fondamentaux psychanalytiques acquis, notre essai tente humblement d’élargir le champ de la pensée psychanalytique en accordant une place plus notable à l’étape de vie prénatale dans les stades constituants de l’équilibre psychique.
La structure, l’environnement et la relation influencent l’organisation psychique.
Autrement dit, le temps d’après implique le temps d’avant selon le concept de la temporalité psychique, et ce, depuis la vie foetale.
A son origine, le Monde n’était pas celui que nous connaissons aujourd’hui. Il s’inscrit dans une continuité. L’histoire du Monde ne saurait tenir compte de sa préhistoire pour en comprendre l’évolution.
De la même façon, nous proposons d’envisager l’organisation psychique dans une perspective diachronique et dynamique, depuis les fossiles psychiques de la vie anténatale.
Suivant l’intuition de S. Freud qui écrivait que « vie intrautérine et première enfance sont bien plus un continuum que la césure frappante de l’acte de naissance ne nous le laisse croire »4, nous passerions peut-être à côté d’éléments essentiels si nous éludions l’implication psychopathologique de la vie in utero dans l’histoire de la psyché du sujet.
Si nous supposons que le psychisme naît in utero, nous pensons que c’est l’accumulation de toutes les expériences dans l’environnement précoce intra-utérin qui sculpte par strates les fondements archaïques de l’organisation psychique.
Ainsi, l’objet de cet essai, qui s’inscrivait dans une recherche et une démarche psychanalytique, consiste d’une part à appréhender la vie intra-utérine comme l’étape originaire de la construction psychique, pour ainsi mesurer l’impact d’un lien gémellaire perdu in utero sur l’organisation psychique ultérieure. D’autre part, il vise à définir le rôle fondateur de ce lien perdu dans le devenir psychopathologique du survivant.
« Nous vivons dans un monde physique où des règles organisent la matière, y compris la matière vivante, y compris notre cerveau. »5
Tant nos expériences accumulées depuis l’environnement foetal que notre patrimoine génétique influencent notre subjectivité.
Si l’on compare 2 génomes humains au hasard, on observe 0,1% de différence et cette différence permet à chaque individu d’être génétiquement unique6. Nous parlons d’unicité génétique individuelle.
Du fait de leur évolution unique, les jumeaux monozygotes (issus d’un seul oeuf, communément appelés les « vrais jumeaux ») partagent une même information génétique.
Nous parlons d’un même patrimoine génétique même si les chercheurs témoignent de différences épigénétiques (modifications du matériel génétique) entre jumeaux7.
A la différence des jumeaux dizygotes (issus de deux oeufs différents, communément appelés « faux jumeaux ») dont la vie se façonnent l’un à côté de l’autre, partageant l’unicité du moment de la naissance, les jumeaux monozygotes dont les 2 vies se façonnent ensemble, l’un avec l’autre, partagent la même histoire et l’intimité d’un même lieu intra-utérin jusqu’au même profil génétique.
Seuls ces derniers seront l’objet de cet essai.
Le jumeau esseulé n’a aucun souvenir de sa vie intra-utérine. Pour autant, l’a-t-il réellement oublié ?
Envisager une ou des incidences d’un lien gémellaire perdu in utero sur l’existence même de celui ou celle qui reste, implique l’existence d’une inscription psychique prénatale (mémoire prénatale) de la coexistence et du « drame dans l’utérus ».
À une autre échelle d’espace et de temps, explorons tout d’abord le développement et la relation gémellaire si singuliers du foetus monozygote.
Puis, envisageons ce que l’existence d’une mémoire prénatale, entre présence et absence, invoque comme devenirs psychopathologiques, deuils et remaniements identitaires nécessaires chez le jumeau survivant.
Par-delà les frontières des souvenirs conscients, faisons ce voyage immersif dans les profondeurs des temps originaires.
1Marine Le Breton, Huffington Post, 2016 sur «Twinning rates in developped countries: trends and explanations». Population and Developpement Review Vol.41, Issue 4, 2015.
2 Communiqué de l’Institut National d’Études Démographiques (Mars 2021) à propos de l’étude de Monden Ch, Pison G., Smits J. «Twin Peaks more twinning in humans than ever before». Human Reproduction, Vol.36, Issue 6, June 2021.
3Lecanuet J.-P. & Schaal, B. Fetal sensory competencies. European Journal of Obstetrics & Gynecology and Reproductive Biology, 68 : 1-23, 1996, Granier-Deferre C. & Schaal B. Aux sources foetales des réponse sensorielles et émotionnelles du nouveau-né. Spirale, 33 : 21-40, 2005).
4Freud S., 1926, Inhibition, symptôme et angoisse, Quadrige, PUF, 2011.
5Chneiweiss H. 2019, L’Iconoclaste, Notre Cerveau.Un voyage scientifique et artistique des cellules aux émotions.
61-SP-T1C4-Histoire-humaine-genome-cours.pdf, L’histoire humaine lue dans son génome, Chap.4.
7Fraga, M., et al « Des différences épigénétiques apparaissent pendant la vie des jumeaux monozygotes. », Actes de l’Académie nationale des sciences, juillet 2005, p. 10604.
« Tous les échos de la mémoire, si on pouvait les réveiller simultanément, formeraient un concert, agréable ou douloureux, mais logique et sans dissonances. »
Le Palimpseste
Charles Baudelaire
Envisager l’effet inducteur d’une trace de la coexistence puis de la perte sur l’organisation psychique du jumeau survivant, c’est aussi, à cette étape de vie, envisager les capacités du foetus à encoder de manière sensorielle et cognitive. Ce travail nécessite avant tout de suivre la piste du développement cérébral du foetus en fin de gestation.
Que savons-nous de ses capacités métaphysiques qui nous permettraient d’envisager une incidence possible d’un traumatisme in utero sur l’existence même du jumeau survivant ?
Sans un instant perdre le fil psychanalytique de notre essai, répondre à cette question nous pousse à prendre le parti fort de développer dans un premier temps, la mémoire prénatale d’un point de vue neuroscientifique. Expliquons notre intention.
Il nous faut tout d’abord nous situer à une autre échelle d’espace et de temps.
Si notre hypothèse est de considérer dans une analyse l’étape de vie prénatale comme faisant partie de l’histoire de la psyché, elle nous demande d’appréhender les capacités mêmes du foetus dans leur globalité.
A cette étape de vie, si naît le psychisme, c’est en continuité et en interdépendance des grands réseaux fonctionnels, corporels et cérébraux.
Ce lien spatio-temporel singulier qui réunit le développement psychique et le développement corporel et cérébral nous invite d’autant plus à découvrir l’un et l’autre puis comment ils cohabitent, avant de pouvoir envisager un vécu, la trace d’un vécu et une fixation pouvant mobiliser l’énergie psychique dans le cours de l’existence. Dans un même temps, articuler deux points de vue, neuroscience et psychanalyse, au départ opposé, nous permet de sortir du clivage. Apposer plutôt que d’opposer. Pourrait-on réfléchir à notre sujet sur la base de connaissances globales à l’unisson qui désigneraient fonctionnement et structure, subjectivité et cognition sur lesquels psychanalyse et neuroscience sont basés ?
Quels liens entre métaphysique et métapsychologie à l’étape de vie anténatale nous permettraient de renforcer notre hypothèse selon laquelle une mémoire prénatale existe et induit possiblement un impact psychique ?
Cette question nous interroge d’ailleurs sur l’incidence de l’interaction des différentes constructions sur l’équilibre global du foetus lorsque survient un choc prénatal.
« C’est dans le cerveau que tout se passe. »
Oscar Wilde
Synthétisons la base physique de la mémoire et les informations neuroscientifiques relatives au circuit du souvenir. Envisageons comment elles s’appliquent au foetus et lui permettent d’engrammer8, voire effacer le souvenir d’une perception.
Longtemps considéré comme étant indépendant du corps, la neuroscience reconnaît le cerveau comme étant un organe du corps et en continuité avec le corps de multiples manières.
Son activité est autant influencée par le corps que l’inverse. Il agit tel un coordinateur.
L’activité corporelle liée à l’activité cérébrale commence précocement. Elle induit donc le cheminement de la construction cérébrale de manière progressive, à l’échelle du développement des grands réseaux fonctionnels sensoriels, par les apprentissages corporels et leur régularité. Chaque apprentissage corporel renforce les connexions neuronales, les synapses. Cette dynamique d’assemblage contribue ainsi à la fabrication puis à la conservation du souvenir. Pour imager cette dynamique, pensons chaque apprentissage corporel comme chaque cercle métallique qui viendrait consolider un cylindre en bois jusqu’à ce qu’il devienne capable d’accueillir et de contenir son contenant, le souvenir.
« Ces assemblages correspondent à des changements fonctionnels permettant d’établir une connectivité nouvelle : un réseau de mémoire.9 »
C’est ainsi que le corps du foetus soumis aux influences de l’environnement gémellaire intra-utérin devient l’acteur principal de son histoire cérébrale, dans sa construction, son évolution et sa maturation. Il n’y a pas de développement cérébral sans activité corporelle liée.
Dès lors que les fonctions sensorielles sont acquises, chaque expérience corporelle participe directement au support fonctionnel de la mémoire prénatale grâce à chaque nouveau câblage neuronal induit par l’apprentissage.
Finalement, tout part de la base et nous ajoutons : Tout de l’histoire cérébrale dans sa construction et l’élaboration du souvenir part de la base de l’éprouvé corporel prénatal. Une synergie s’ouvre alors avec la pensée freudienne : « le moi est avant tout un moi corporel10 » ou encore la pensée de D.W. Winnicott: « le moi se fonde sur un moi corporel11 ».