Jeunesses hitlériennes - Daniel-Charles Luytens - E-Book

Jeunesses hitlériennes E-Book

Daniel-Charles Luytens

0,0

Beschreibung

Découvrez le quotidien de ceux qui furent enrôlés dans les jeunesses hitlériennes.

De nombreuses études ont été réalisées mais peu de livres de témoignages ont été publiés concernant la Jeunesse hitlérienne, l’organisation paramilitaire du Parti nazi qui, de 1926 à 1945, veilla à la formation des futurs « surhommes aryens ». Y primait la préparation physique, idéologique et morale d’une jeunesse qui devra être capable de se jeter corps et âme dans la guerre, en se sacrifiant pour Hitler et l’Allemagne nazie. La première année de l’arrivée au pouvoir d’Hitler, le nombre des Jeunesses hitlériennes passe de un à trois millions et demi de membres. En 1939, l’adhésion devient obligatoire pour les enfants à partir de dix-sept ans et en 1941 à partir de dix ans.

Les meilleurs d’entre eux sont destinés à intégrer directement la SS. Ce livre, à travers les récits et les interviews de ceux qui ont été embrigadés dans cette mini-armée nazie, nous explique comment la jeunesse allemande était préparée à intégrer les rangs de l’armée. On y découvre, grâce à de riches témoignages, la vie des Jeunesses hitlériennes, leur entraînement physique et militaire qui comprenait le maniement des armes, le développement de la force physique, la stratégie militaire et un endoctrinement antisémite. Une certaine cruauté des plus grands envers les plus jeunes était même tolérée et encouragée, le but étant d’éliminer les plus faibles et d’endurcir les autres.

Nous y découvrons aussi comment ces jeunes se sont battus une fois obligés de pallier au manque de soldats adultes. Nous n’avons pas voulu faire ici une histoire de la Jeunesse hitlérienne mais plutôt nous intéresser à des témoignages bruts qui nous permettent, au-delà de l’Histoire officielle, de comprendre comment et pourquoi ces jeunes, tant leur foi en le Führer était sans borne, sont devenus des machines tout entières dévouées à la cause nazie. D.-C. Luytens et Jacques de Launay ont passé des années à collecter ces témoignages inédits.

Des témoignages pour mieux comprendre les motivations qui ont poussé ces jeunes allemands à représenter l'idéologie nazie.


A PROPOS DE L'AUTEUR :

Daniel-Charles Luytens est historien, conférencier et véritable «homme de terrain». Les découvertes engendrées par ses investigations servent à alimenter ses nombreuses conférences.


EXTRAIT :

Dès mars 1922, Hitler avait envisagé la création d’un groupement de jeunes du N.S.D.A.P. (Parti national-socialiste des travailleurs allemands). Une première formation rattachée à la S.A. (Bataillon d’Assaut) fut mise sur pied en mai suivant à Munich par le groupe local du Parti sous l’appellation de Compagnie de Jeunes Adolf Hitler (Jungsturm). Elle fut interdite un an plus tard tout comme la N.S.D.A.P. et la S.A. La Jungsturm ne fut pas reconstituée lors de la réorganisation du mouvement, début 1925. La Jeunesse hitlérienne fut officiellement créée le 4 juillet 1926.

Ce n’est que le 15 juin 1932, qu’elle fut reconnue organisation autonome du N.S.D.A.P. Elle était, au début, proche du scoutisme. En été, les jeunes passaient leurs vacances dans des camps appelés Camps du solstice. Par la suite, les Jeunesses hitlériennes se transformeront en un organisme de préparation militaire et politique supervisée par la S.S. (Schutzstaffel – Armée de l’escadron de protection). En 1939, un corps de santé fut mis sur pied pour les Jeunesses hitlériennes : 4 000 médecins, 800 dentistes et 500 pharmaciens. Afin de prendre la jeunesse en main dès l’enfance, pour l’endoctriner, la participation de la Jeunesse hitlérienne, libre à ses débuts, fut rendue obligatoire par une loi du 1er décembre 1936.

Sie lesen das E-Book in den Legimi-Apps auf:

Android
iOS
von Legimi
zertifizierten E-Readern
Kindle™-E-Readern
(für ausgewählte Pakete)

Seitenzahl: 201

Veröffentlichungsjahr: 2015

Das E-Book (TTS) können Sie hören im Abo „Legimi Premium” in Legimi-Apps auf:

Android
iOS
Bewertungen
0,0
0
0
0
0
0
Mehr Informationen
Mehr Informationen
Legimi prüft nicht, ob Rezensionen von Nutzern stammen, die den betreffenden Titel tatsächlich gekauft oder gelesen/gehört haben. Wir entfernen aber gefälschte Rezensionen.



Jeunesses hitlériennes

Daniel-Charles Luytens

INTRODUCTION HISTORIQUE

Dès mars 1922, Hitler avait envisagé la création d’un groupement de jeunes du N.S.D.A.P. (Parti national-socialiste des travailleurs allemands)

Une première formation rattachée à la S.A. (Bataillon d’Assaut) fut mise sur pied en mai suivant à Munich par le groupe local du Parti sous l’appellation de Compagnie de Jeunes Adolf Hitler (Jungsturm). Elle fut interdite un an plus tard tout comme la N.S.D.A.P. et la S.A. La Jungsturm ne fut pas reconstituée lors de la réorganisation du mouvement, début 1925.

La Jeunesse hitlérienne fut officiellement créée le 4 juillet 1926. Ce n’est que le 15 juin 1932, qu’elle fut reconnue organisation autonome du N.S.D.A.P. Elle était, au début, proche du scoutisme.

En été, les jeunes passaient leurs vacances dans des camps appelés Camps du solstice. Par la suite, les Jeunesses hitlériennes se transformeront en un organisme de préparation militaire et politique supervisée par la S.S. (Schutzstaffel – Armée de l’escadron de protection)

En 1939, un corps de santé fut mis sur pied pour les Jeunesses hitlériennes : 4 000 médecins, 800 dentistes et 500 pharmaciens.

Afin de prendre la jeunesse en main dès l’enfance, pour l’endoctriner, la participation de la Jeunesse hitlérienne, libre à ses débuts, fut rendue obligatoire par une loi du 1er décembre 1936.

En juin 1932, les Jeunesses hitlériennes atteignaient 35 000 membres, puis 108 000 à la fin de la même année. De 1 000 000 d’adhérents en janvier 1933, elle passa à 3 600 000 fin 1934 puis à 8 700 000 en 1939.

L’effectif des cadres passa de 12 000 en 1932 à 765 000 en 1939. Ce n’est qu’en 1939 que 98 % de la population allemande de tranche d’âge entre 10 et 18 ans en fit partie. Le premier responsable des Jeunesses hitlériennes fut Kurt Gruber. Puis en 1931, le Dr Théodor-Adrian von Renteln, puis, en 1932, Baldur von Schirach. En réalité, depuis octobre 1931, Baldur von Schirach avait déjà un droit de regard sur toutes les associations de jeunesse du Parti avec le titre de Chef national de la Jeunesse. Enfin, le 17 juin 1933, il devint Chef de la Jeunesse du Reich allemand.

Un officier d’ordonnance de von Schirach, Horst Krutschinna, fut exclu de la Jeunesse hitlérienne fin 1936 pour avoir tué en duel un correspondant de guerre, Roland Strunck. Cette affaire provoqua la colère de Hitler qui interdit formellement les duels jusqu’alors officieusement tolérés.

En avril 1937, en raison de désaccords avec von Schirach, le lieutenant-colonel (futur maréchal) Erwin Rommel fut nommé pour peu de temps officier de liaison entre la Heer (Armée de terre – partie de la Wehrmacht) et la Jeunesse hitlérienne. Il fut remplacé par le colonel Paul Völckers.

En mai 1940, von Schirach servit dans le régiment d’infanterie d’élite « Grossdeutschland » de la Heer sur le front de l’ouest avec le grade de lieutenant. Puis le 2 août 1940, il remplaça Josef Bürckel comme Gauleiter de Vienne. Son successeur à la tête des Jeunesses hitlériennes, nommé le 7 août 1940, fut le Reichsjugendführer Artur Axmann assisté d’un nouveau chef d’état-major, Helmut Möckel, et d’un officier d’ordonnance, le Bannführer Weltzin.

Von Schirach resta malgré tout le supérieur hiérarchique de Axmann en tant que Reichleiter, chef de l’instruction de la Jeunesse du Parti national-socialiste.

CHAPITRE I

LES JEUNESSES HITLÉRIENNES

UNE ORGANISATION NATIONALE-SOCIALISTE

« La Jeunesse allemande de l’avenir doit être svelte et souple, rapide comme le lévrier, résistante comme le cuir et dure comme l’acier de Krupp. »

Adolf Hitler

ORGANISATION INTERNE DE LA JEUNESSE HITLÉRIENNE

« On fait ce qu’on a appris, on vit et on est contents d’avoir fait mouche ! »

En classe, l’endoctrinement national-socialiste commençait depuis des années, avec en plus la carte du front et les journaux de campagnes avec les vignettes des héros à coller. Impossible d’y échapper.

– J’avais commencé à coller les deux premières pages et puis j’avais laissé tomber. On m’a demandé de montrer mon cahier, mais je l’avais oublié. « Apporte-le la prochaine fois ». Je l’ai encore oublié ! Alors l’instituteur m’a dit : « Cette fois tu vas le chercher à la maison. » J’y suis allé. Il a ouvert la première page, la vignette était collée, sur la deuxième page aussi… ensuite, le cahier était vide. À chaque page qui n’était pas remplie, j’ai eu droit à une paire de gifle carabinée. Il m’a carrément mis une trempe devant toute la classe.

Pendant que les actualités de propagande nous racontaient les combats de rue qui faisaient rage en Pologne et nos soldats qui luttaient convaincus de leur mission, les loisirs des petits Allemands sont pris en charge par les organisations de jeunesse des nazis. Pour les 13 ans, elles s’appellent les Jungfolk, puis ce seront les Jeunesses hitlériennes. Officiellement, 95 % des enfants en Allemagne font partie de ces mouvements. Ils se passionnent pour les jeux en plein air et les batailles organiséees les stimulent.

– Je me souviens qu’un professeur était passé dans les classes en criant : « Pas d’école aujourd’hui, Paris est tombé ! ». Évidemment, cette annonce a provoqué une vague d’enthousiasme. Nous sommes entrés dans Paris alors que personne ne s’imaginait que cela irait aussi vite. Alors on a commencé à y croire ! Nous sommes invincibles ! Ce mythe de l’invincibilité, on nous l’avait inculqué sans relâche en nous disant : « Hitler trouvera toujours une solution ! ».

– Physiquement, on était en pleine forme. Aux jeux, c’étaient des bagarres avec règles codifiées. Aux poignets, on avait un bracelet de laine de couleur différente. Qui se faisait arracher le bracelet « était mort ». C’était une sorte de préparation à ce qui nous attendait. Ceux qui étaient vigoureux aimaient ça… moi, j’étais un peu chétif, je me faisais taper dessus sans arrêt et je n’aimais pas trop ces jeux.

Dès l’âge de six ans, un enfant pouvait être inscrit facultativement à la Jeunesse hitlérienne, il était alors appelé Pimpf, puis à dix ans, il entrait obligatoirement dans l’organisation du Jeune peuple allemand (DJV) prêtant le serment suivant :

« En présence de cet étendard de sang qui représente notre Führer, je jure de consacrer toute mon énergie et toute ma force au sauveur de notre pays, Adolf Hitler. Je suis fier de donner ma vie pour lui et je m’en remets à Dieu. »

Cette prestation de serment se faisait le 20 avril, jour de l’anniversaire de Hitler. Il fallait obligatoirement passer deux examens pour être admis ; d’abord, celui de Pimpf qui consistait à réaliser des épreuves physiques et de chants ainsi que la récitation de devises.

L’épreuve réussie donnait droit au port du couteau. En recevant ce couteau, le jeune devait prêter serment au drapeau.

La seconde épreuve donnait droit à l’insigne et se déroulait à douze ans. Cette épreuve comportait des tests de compétitions sportives tels que la course, le saut, la nage, la marche militaire et le tir. Il fallait obligatoirement connaître l’histoire de l’Allemagne sur le bout des doigts, savoir chanter l’hymne national.

À l’âge de quatorze, le jeune garçon passait dans la Jeunesse hitlérienne proprement dite et y restait jusqu’à l’âge de dix-huit ans. Il prononçait un second serment :

« Je m’engage à servir le Führer, Adolf Hitler, avec dévouement et fidélité dans la Jeunesse hitlérienne ; à lutter toujours pour l’unité et la communauté de la jeunesse allemande, à obéir au Reichsjugendführer et à tous les chefs de la Jeunesse hitlérienne. Je m’engage devant nos drapeaux sacrés à tâcher d’être toujours digne d’eux. Ainsi Dieu me soit en aide. »

La Jeunesse possédait également son propre insigne de capacité représentant un T runique (Tyr-Rune). Créé en juin 1934, il était remis chaque année à l’issue d’épreuves d’athlétisme et de gymnastique, d’exercices militaires. Il était noir à 15 ans, bronze à 16 ans et argenté à 17 ans.

Après quoi, le jeune passait dans le Service du Travail et dans l’armée. C’était une vaste organisation paramilitaire, similaire aux SA et dans laquelle des jeunes gens qui approchaient de l’âge d’homme recevaient une formation systématique non seulement dans le domaine des sports et de l’idéologie nazie, mais également dans le maniement des armes.

SECTIONS SPÉCIALISTES DE LA JEUNESSE HITLÉRIENNE

La Marine :

62 000 membres en 1939 (service dans la Kriegsmarine).

Présidence d’honneur : vice-amiral Adolf von Trotha (mort en 1940).

Uniforme classique de la Kriegsmarine complété du brassard HJ et du triangle sur le bras marqué « Bann Seefahrt » ou « Bann Binnenschiffahrt » ainsi que l’insigne HJ sur le bonnet.

La Jeunesse motorisée :

120 000 membres en 1939. Fondée en 1934. Formation pour les futurs conducteurs de l’Armée.

Uniforme : ils portaient un écusson rond rose avec une roue brodée d’argent sur la manche gauche.

Aviation :

80 000 membres en 1939. 120 camps d’instruction devant former les futurs pilotes de la Luftwaffe. Dans le même but, les membres pouvaient passer quatre ans de cours dans les Écoles Préparatoires Techniques d’Aviation placées sous l’autorité du ministère de l’Air.

Uniforme : l’uniforme HJ était complété au bas de la manche gauche par une bande de bras noire portant, inscrit en bleu clair : Fl. Techn. Vorschul. HJ. suivi du nom de l’école. Sur la tenue de travail, il portait un écusson rond bleu foncé sur le pourtour duquel figurait en lettres jaunes la même inscription que sur la bande de bras avec en plus, au centre, un chiffre de 1 à 4 indiquant le nombre d’années d’étude.

Section des maquettes d’avions :

75 000 membres en 1939. Créée en 1934. Réalisation de modèles réduits, suivie de compétitions.

Transmissions :

45 000 membres en 1939. Les garçons y passaient successivement trois brevets de formations. Uniforme : écusson ovale porté au bas de la manche gauche sur fond vert clair : un éclat noir, argent, doré suivant le brevet passé.

Il existait aussi les Groupes de radio-amateurs, les Cavaliers HJ, qui comprenait 23 000 membres en 1939, le Service Sanitaire auxiliaire HJ, qui comprenait 40 000 garçons en 1939 (insigne : une rune de vie rouge sur fond blanc).

La section des sourds HJ : créée en 1934.

La section des aveugles HJ : Reichsbann Blinde

La section des handicapés corporels HJ :

Dans ces trois dernières sections n’étaient acceptés que des handicapés ou infirmes satisfaisant malgré tout aux lois raciales en vigueur. Les handicapés mentaux ou congénitaux étaient refusés. Dans ces groupes, les jeunes qui ne pouvaient évidemment pas participer aux activités normales des Jeunesses apprenaient surtout à surmonter leur infirmité pour pouvoir, à l’âge adulte, exercer une activité professionnelle compatible avec leur handicap.

La Compagnie de Garde Baldur von Schirach :

Formée d’éléments d’élite qui, en service, portaient une baïonnette particulière à la place du couteau.

Le Service d’ordre HJ :

Créé en 1934 dans le but d’assurer surveillance, contrôle et discipline au sein de la Jeunesse. Des patrouilles, dont les membres arboraient une bande de bras noire marquée en jaune, veillaient sur la tenue et le comportement des jeunes aussi bien en ville que dans tous les rassemblements officiels. Ils furent chargés de la garde des locaux du Parti. Les jeunes garçons pouvaient en faire partie dès l’âge de 14 ans, mais ils devaient passer devant une commission de contrôle composée d’officiers et de médecins HJ et SS. Leur instruction était confiée à la SS. Les sports et notamment ceux de défense y tenaient une grande place. Chaque Bann de la Jeunesse possédait sa compagnie SRD (Service d’ordre). À leur entrée dans la vie active, les membres du SRD étaient acceptés d’office dans la police ou à la SS.

Les groupes HJ de pompiers :

Ils furent créés en 1939 pour prendre part, outre à la lutte contre les incendies, à la protection civile et furent rattachés au SRD sous l’appellation de Feuerwehrscharen im HJ-Streifendienst et début 1940 constituèrent la réserve de la Feuerschutzpolizei. Ses membres portèrent alors un uniforme particulier brun olive avec les épaulettes brun olive entourées d’un liséré carmin, le brassard HJ, un écusson placé au bas de la manche gauche représentant dans le losange HJ l’aigle de la police et des flammes et pour compléter le tout, un calot noir avec également l’aigle de la Police. Dès l’âge de 15 ans, les jeunes gens étaient acceptés dans ce service où ils étaient organisés en groupes d’intervention d’au moins quinze garçons. Leur engagement y était définitif et prévu jusqu’à la fin de la guerre.

LES UNIFORMES DE LA JEUNESSE HITLÉRIENNE

L’uniforme de la Jeunesse hitlérienne était composé d’une culotte bleu foncé ou brune, d’un calot et d’une chemise brune et d’un brassard représentant la croix gammée dans un carré et bande blanche centrale horizontale. Sur la boucle de leur ceinturon, on trouvait la devise « Blut und Ehre » (Sang et Honneur).

INSIGNES DE LA JEUNESSE HITLÉRIENNE

Insigne d’or d’honneur de la H.J. numéroté au verso. Institué par von Schirach en juin 1934. Remis après un service de 5 ans avant le 2 octobre 1932, jour du premier congrès national de la H.J. à Potsdam.

Insigne d’or d’honneur de la H.J. numéroté au verso et bordé de feuilles de chêne dorées, créé en 1935 sous le nom de « Goldenes HJ-Ehrenzeichen mit Eichenlaub » et attribué par von Schirach. Il était destiné à honorer des personnalités de la H.J., de l’État ou du Parti ayant contribué à l’édification ou au développement du mouvement de jeunesse du NSDAP. Quelques étrangers reçurent également cette distinction.

Jusqu’en 1933, l’emblème H.J. n’était pas le losange, mais l’insigne rond représentant le soleil levant frappé de la croix gammée et entouré de l’inscription « HJ-Deutsche Arbeiter Jugend » (HJ-Jeunes travailleurs allemands).

Les officiers H.J. passaient annuellement dix tests sportifs. Pour récompenser les meilleures performances, un insigne fut créé en mai 1938. En métal doré et numéroté au verso, il représentait une « Tyr-Rune » et la croix gammée sur fond d’émail bleu foncé, le tout entouré d’une couronne de feuilles de chêne. L’inscription circulaire « Für Leistungen in der HJ » (pour résultats dans la HJ), en lettres pseudo-runiques, entourait la croix gammée. Cet insigne était remis à son titulaire non pas définitivement, mais pour une durée de cinq ans. Il existait aussi une décoration de tir, à deux fusils croisés.

CHAPITRE II

APPRENDRE À DOMINER

« Ce que nous attendons et espérons de l’allemagne à venir, c’est à vous, mes garçons et mes filles, de l’accomplir. »

Adolf Hitler

Les enfants de l’Allemagne des années 30 cherchaient souvent à échapper à un climat de morosité. Ils trouvèrent rapidement une solution à leur laxisme dans les activités proposées par les nazis. Dès 1935, la moitié des jeunes Allemands âgés de 10 à 18 ans étaient membres des Jeunesses hitlériennes.

Hitler verra dans ces jeunes l’avenir de la grande Allemagne nazie. La Jeunesse hitlérienne accroît ses rangs et son importance à partir de 1932. Les associations confessionnelles et les autres mouvements de la jeunesse sont mis sur la touche. Porteuse du drapeau du Troisième Reich, la Jeunesse hitlérienne s’impose très vite dans la population et s’emploie à trouver de nouvelles recrues.

Pour cette jeunesse, c’est une façon comme une autre de brandir le drapeau nazi, de marcher au pas et de chanter des airs antisémites. Pour Adolf Hitler et son parti, c’est un moyen d’embrigader la jeunesse allemande.

Cette jeunesse deviendra le modèle absolu de l’ordre noir de la SS. Le recrutement de ceux qui feront les futurs chefs se déroule dans trois centres, trois châteaux, où seront formés les futurs SS… l’élite.

Ces futurs chefs sont des enfants qui rêvent. Ce sont eux qui fréquenteront les Napolas (Établissements d’Éducation politique nationale des Internats d’Élite).

Le but est de façonner un homme nouveau, futur soldat de l’armée nazie. Mais au-delà de ces différents aspects, la Jeunesse hitlérienne est aussi un mouvement de révolte contre la société allemande.

On ne fera pas seulement carrière dans le parti nazi, le but réel de cet enseignement sera de servir le Reich dans toutes les disciplines et dans tous les corps de métier.

– Il s’agissait de former les militants politiques sur la base de l’idéologie nazie, mais qui devaient ensuite pouvoir s’employer dans tous les secteurs de l’État et de la société. Faire de nous les futurs chefs politiques de l’Allemagne, c’était ça l’objectif de l’École.

– Tout ce qu’on nous a inculqué à l’époque, on l’exige encore aujourd’hui. On disait camaraderie, aujourd’hui on appelle ça esprit d’équipe. On disait qualité de chef, aujourd’hui c’est l’attitude des managers. Lorsqu’on parlait de courage, ce n’était pas seulement celui qui consiste à sauter dans une couverture tendue, mais aussi le courage de défendre ses opinions face à ses supérieurs. Aujourd’hui, on parle de courage civique. Vu sous cet angle, je n’ai jamais regretté qu’on m’ait donné ce bagage pour la vie.

Une nouvelle génération d’élèves effectue sa rentrée dans les écoles Adolf Hitler. Dotés d’un fort caractère, ces jeunes élèves verront leur courage mis à l’épreuve.

Après l’effondrement du Troisième Reich, nombre d’élèves de ces écoles auront influencé le destin de nombreux autres jeunes Autrichiens et Allemands. Formés dans les écoles Adolf Hitler ou dans les Napolas. Ces élèves d’élite ont occupé après la guerre des postes de dirigeants dans tous les domaines de la société.

– Nous avions le sentiment d’appartenir à une élite, mais pas parce que nos parents étaient tous membres du Parti. Non, nous venions réellement de toutes les classes et de tous les milieux.

Les endroits où étaient installées ces écoles d’élite étaient choisis soigneusement pour donner aux garçons un sentiment de supériorité. Vers la fin de la guerre, on comptait environ 40 écoles de ce type avec plus de 600 élèves qui se voyaient offrir la chance d’une grande carrière. Mais il fallait correspondre à l’idéal de race aryenne, être sportif, courageux.

– J’allais à l’école primaire à Vienne. À la fin de la dernière année, l’établissement a envoyé ce que j’appellerai aujourd’hui un émissaire. Il a regardé les élèves, leurs mouvements et leur comportement. Il a discuté avec les instituteurs et je crois que j’ai été le seul qu’il voulait inviter à passer l’examen, si j’étais intéressé.

– On nous avait dit que les meilleurs élèves devaient s’inscrire. C’est ce qu’on a fait. Ils sont venus un jour voir mes parents. Nous ne savions même pas qui ils étaient. Ils nous ont expliqué qu’ils venaient d’un internat, d’un établissement d’éducation national-politique et ils avaient avec eux un tas de photos. Ils nous ont montré les meilleures de ces photos : de l’équitation, de l’escrime… tout ce qui pouvait être enthousiasmant pour un jeune garçon fou de sport. J’adorais monter à cheval… j’adorais les histoires de cow-boys… c’était, pour moi, fascinant. Et on pouvait faire tout cela à cette école, sans rien payer…

– J’ai été convoqué pour passer l’examen d’entrée. Ma mère n’était pas très contente, car mon père, étant absent, n’avait pas pu donner son avis. Il fallait passer des épreuves pour montrer son courage… tenir des discours improvisés et une discussion argumentée.

– Dans une salle de gymnastique, il y avait des échelles avec des barreaux très espacés, c’était une épreuve de courage. En bas, il y avait des tapis de sol aussi durs que des sacs de sable. Nous sommes tous montés bien plus haut que ce qu’on voulait. On ne voulait pas être traité de traître ou de lâche par celui qui nous suivait dans cet exercice. Alors, on serrait les dents.

Ces enfants seront les futurs responsables d’un monde nouveau, les responsables d’un futur pouvoir qui sera censé se perpétuer après la mort du Führer Adolf Hitler.

« La terre est comme un trophée. Elle n’est pas là pour les peuples lâches, faibles ou paresseux, mais pour celui qui s’en empare. »

Adolf Hitler

La recherche des élus se fait dès l’école communale. Ils seront à la fois dévoués et guerriers. Hitler s’intéresse moins à la connaissance qu’à la force physique et à l’idéologie. Il existe des instituts pour former les maîtres. Eux aussi sont mis au pas. L’école arme pour la vie. Maîtres et élèves seront des soldats et de futurs politiques.

– C’était l’un des principaux objectifs de la formation : nous éduquer à une ponctualité et à une discipline inconditionnelles. Obéir était le mot d’ordre. Ce que nous devions bien sûr, comme professeurs, transmettre à nos élèves.

L’objectif suprême d’éducation, pour un maître, c’est de former des corps parfaitement sains. Les enfants de Hitler doivent être durs et inflexibles et surtout, formés pour la guerre.

Le Chef :

« Pour rendre à notre peuple sa grandeur, il faut exalter la personnalité du chef et donner à celui-ci tous les droits. Le mouvement pose le principe que sur les grandes comme les petites questions, le chef détient une autorité incontestée. Partout le chef est institué par le chef immédiatement supérieur. Celui qui veut être chef porte avec l’autorité suprême et sans limite le lourd fardeau d’une responsabilité totale. Seul un héros peut assumer cette fonction. »

Tous les matins, avant de passer aux activités, chefs et élèves devaient réciter par cœur ce verset de « Mein Kampf », la bible de leur protecteur.

« Ce que nous attendons et espérons de l’Allemagne à venir, c’est à vous mes garçons et mes filles de l’accomplir. »

Adolf Hitler

Seuls les aryens pur sang peuvent accéder aux grandes écoles hitlériennes. Encore faut-il faire ses preuves dans les sports de combat et sans cesse être le meilleur. Dans ces grandes écoles, les élèves marchent au pas, en rang et au se placent au garde-à-vous. La faiblesse est évidemment bannie. Même chose pour la défaillance lors d’un exercice physique.

L’apprentissage prodigué aux jeunes comprend le maniement des armes, le développement de la force physique, la stratégie militaire et un endoctrinement antisémite.

– Pour s’entraîner au corps à corps, on avait des mannequins. Il fallait les embrocher à la baïonette. Et moi, cela me faisait vraiment sourire. Bien sûr, un mannequin ce n’est pas un homme. Mais on avait du mal à faire la différence. Je me disais : « Vas-y, plante ta baïonette ! ». Je n’y arrivais pas. Un officier hurlait : « Espèce de mauviette, tu veux te battre pour le Führer oui ou non ? Allez, vas-y ». Et moi, je ne voulais toujours pas le transpercer ce mannequin. Alors, et ça je ne l’oublierai jamais, il m’a fait une description de l’ennemi : « En première ligne, ce sont des nègres ». Il ne m’a pas dit des noirs mais bien des nègres. « Les nègres, ils ont une sorte de long couteau entre les dents et une arme à la main et si tu ne te sers pas de ta baïonette, tu es perdu. » J’avais compris la leçon.

Après avoir dissous les organisations de Scouts dans tous les Länder d’Allemagne, les Jeunesses hitlériennes s’approprièrent beaucoup de leurs activités, bien que les objectifs et leur contenu ne soient pas les mêmes. Une certaine cruauté des plus grands sur les plus jeunes était tolérée, et même encouragée, puisqu’on pensait que cela éliminerait les plus faibles et endurcirait le reste.

Pour apprendre ce que signifie le sens de la race, les enseignants savent ce qu’ils doivent faire. Dès le plus jeune âge, les enfants reçoivent ce cadeau empoisonné.

Julius Streicher était un parfait croyant et sa conviction était que le Christ était aryen, c’est pourquoi les Juifs l’avaient crucifié. Streicher se donnait un air de bon père de famille. Il peignait, mais c’était un peintre du dimanche. Ses tableaux dégageaient une atmosphère tendre et vaporeuse.

Streicher avait des mœurs perverses. Son amour du détail pornographique, ses descriptions sadiques de prétendus attentats aux mœurs de la part de Juifs étaient les projections de ses propres représentations et rêves morbides.

En 1938, Julius Streicher s’adresse aux enseignants de Nuremberg :

« Dites-le aux enfants, le Juif pourrit l’humanité. Inculquez-leur une saine colère, une haine véritable. Dites-le aux enfants, à coups de fouet s’il le faut. Produisez cette haine. »

Ce message, Streicher le fait passer dans des livres réservés aux enfants : Les champignons vénéneux et Les Juifs indésirables. Ces livres de classe insistaient sur le point de vue racial et allemand. Pourtant, quelques enseignants se sont rebiffés.

– Nous avions un professeur qui nous a dit : « Ici, la phrase suivante, on ne l’apprend pas. Cela ne veut rien dire. » Et c’est ainsi que nous avons un peu retravaillé le manuel. Ces enseignants ont généralement été mis à pied.

Bientôt, il ne reste plus que les purs et durs qui vont docilement transmettre la haine.

–