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Ce livre est un hommage à Luc Pirick. Il reprend ses publications quotidiennes de l'année 2012 et qui constituent le premier tome de son journal, publié à titre posthume. Il avait cet art de dire les choses simplement et en peu de mots, quand il faut à d'autres des pages entières. C'est un document précieux pour l'élève cavalier. Grand pédagogue, Il possédait une grande science équestre, adepte de l'équitation de légèreté. Il était attaché au respect du cheval.
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Seitenzahl: 185
Veröffentlichungsjahr: 2021
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" Il restera de toi ce que tu as donné.
Au lieu de le garder dans des coffres rouillés.
Il restera de toi de ton jardin secret,
Une fleur oubliée qui ne s’est pas fanée.
Ce que tu as donné, en d’autres fleurira.
Celui qui perd sa vie, un jour la trouvera.
Il restera de toi ce que tu as offert
Entre les bras ouverts un matin au soleil.
Il restera de toi ce que tu as perdu
Que tu as attendu plus loin que les réveils,
Ce que tu as souffert, en d’autres revivra.
Celui qui perd sa vie, un jour la trouvera.
Il restera de toi une larme tombée,
Un sourire germé sur les yeux de ton coeur.
Il restera de toi ce que tu as semé
Que tu as partagé aux mendiants du bonheur.
Ce que tu as semé, en d’autres germera.
Celui qui perd sa vie, un jour la trouvera."
Simone Weil
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27/02/2012
Pour ceux qui enseignent, une citation à méditer : « L’équilibre doit s’obtenir sans altérer le mouvement en avant, le mouvement en avant tout en s’opérant ne doit porter aucune atteinte à l’équilibre» (François Baucher).Tout est là, dans le développement harmonieux des fondamentaux !Le cheval droit qui ne se pousse pas plus qu'il ne se porte, ni inversement.
04/03/2012
FURIOSO est le plus grand chef de race en saut d'obstacles. 30 ans après sa mort 20% des étalons européens actuels sont dans sa lignée.Et pourtant!Mauvais cheval de course (21 courses et 0 victoire!)et médiocre étalon de pur sang, il est "rétrogradé" comme étalon de croisement pour dire d'en faire quelque chose.Un modèle assez léger, des allures moyennes, un caractère facile, et surtout il n'a de sa vie jamais sauté un crayon!Autant dire que selon les critères actuels le meilleur étalon de tous les temps n'aurait aucune chance d'être approuvé!
Cela donne à réfléchir ! Non ?
Par rapport aux photos anciennes, Mélanie Gelin a raison ; nous sommes choqués par la position à l'obstacle des cavaliers du début du 20°siècle. Ils la justifiaient par le souci de protéger les antérieurs en reportant le poids vers l'arrière à la fin du planer et en relevant l'encolure à la réception. Cela donne une réception très contrainte qui nous parait, à juste titre, contre nature.
La position en équilibre a été imaginée par CAPRILLI au début du siècle, mais il faudra attendre la fin des années 20' pour qu'elle soit enseignée officiellement par le Colonel DANLOUX.
Pour finir le tour du sujet, le Colonel Danloux a été l'écuyer en chef du cadre noir de 1929 à 1933. Il a imposé la monte en équilibre inspirée de Caprilli mais en apportant une innovation majeure. Il voulait le genou liant sans contraction alors que Caprilli le voulait fixé.Cette liberté du genou permettait la descente de jambe, l'avance de l'assiette et le jeu des articulations basses ; elle ouvrait la voie à l'équitation moderne.Caprilli n'avait pas franchi ce pas parce qu'il restait imprégné d'une équitation militaire qui faisait de la solidité en selle, par l'accroche du genou, un objectif prioritaire.
Dans les gravures anglaises, la vitesse au galop était figurée par un cheval en suspension avec les quatre membres étendus. On appelle ce graphisme le "galop volant". On le retrouve dans toutes les civilisations, dans les estampes chinoises par exemple, et même dans des gravures rupestres préhistoriques. Et pourtant, il n'existe pas ! Le cheval s'étend entre le début du 2me temps du galop et la fin du 3me, et se regroupe au contraire au temps de suspension. En fait, les anciens avaient parfaitement identifié le mécanisme du pas et du trop, ainsi que la phase d'engagement du galop au 1er et au début du 2me temps, mais la suite du mécanisme du galop ne sera visualisée qu'avec l'apparition de la photographie.
Le premier manuel d'équitation connu est l'Hipparque (le commandant de cavalerie) écrit par Xénophon 400 ans av.JC.On y trouve, avec les mots de l'époque, des notions tout à fait modernes comme la position centrée, le placer de la nuque, la légèreté et la descente de main, les assouplissements, et même la pédagogie de la réussite (association effort/récompense).
Comme le disait déjà Xénophon , si les cuisses remontent l'assiette recule , le cavalier déséquilibré durcit sa main et le cheval se défend !2500 ans qu'on dit la même chose ; cela devrait finir par entrer !
Position centrée et mains légères ; il n'y a pas de secret !
Les cavaliers numides étaient réputés dans l'antiquité. Alliés des carthaginois, ils furent incorporés dans les légions romaines, à titre d'auxiliaires, après la destruction de Carthage en 146 avant JC.
Ils montaient à cru et sans bride; une simple corde nouée autour de l'encolure leur servait de frein et de moyen de tenue. Ils conduisaient le cheval avec les jambes et avec un petit bâton.Leur tactique ressemblait à celle des indiens d'Amérique; ils encerclaient leurs ennemis au galop, lançaient leurs javelots et disparaissaient en laissant peu de possibilité de riposte.
La Numidie était un territoire berbère situé au sud de l'actuelle Algérie.
La Haute Ecole apparaît au XVI° siècle, à la Renaissance, avec les maîtres italiens Grisone, Fiashi et, surtout, Pignatelli.
C’est Frederico Grisone qui assure la réputation de l’Ecole de Naples dans l’Europe entière. Il pratique les airs relevés et les assouplissements sur la volte courte et préconise le ramener.Son traité « Ordini di Cavalcare … » est publié en 1550. Une bonne partie est un plagiat de Xénophon mais, alors que l’hipparque grec recommandait la douceur, Grisone lui est d’une brutalité insupportable pour nous.
Cesare Fiaschi crée sa propre académie à Naples en 1534. Il recherche les aides discrètes et le cheval en équilibre. Il associe musique et équitation parlant ainsi pour la première fois des notions de cadence et de rythme.Il publie un livre en 1556 ; « La manière de bien emboucher, manier et ferrer les chevaux »On pense qu’il a été le premier à pratiquer le passage et la cabriole.Il a été le professeur de Pignatelli.
Il est difficile de tracer un portrait de Salomon de la Broue dans une chronique de quelques lignes, car le personnage est complexe. Il fût le premier auteur français, car avant lui les ouvrages équestres n’étaient que des traductions, mais en faire le fondateur de l’école française me semble excessif ; quoique La Guérinière le cite comme tel avec le Duc de Newcastle, alors qu’il renvoie Pluvinel aux amateurs de belles gravures !
La Broue fait l’éloge de son maître Pignatelli dans sa manière douce de traiter les jeunes chevaux et dans l’usage qu’il fait du mors à simple canon, mais il recommande de traiter sévèrement les chevaux dressés et retombe dans le travers d’imaginer une multitude d’embouchures censées correspondre à toutes les fautes du cheval. Son traité est plus un recueil de procédés, et même de trucs, que l’exposé d’une méthode construite.
Antoine de Pluvinel (1552-1620) fonde à Paris la première académie française. Il introduit en France les principes des maîtres italiens mais en adoucit les procédés dans une méthode qui s’intéresse davantage à la compréhension du cheval.En ce sens il est le vrai précurseur de l’équitation de tradition française.Henri IV lui confie la charge d’enseigner l’équitation au dauphin, futur Louis XIII.« Le manège royal », connu pour ses illustrations, fût publié en 1620 à titre posthume, puis remanié et renommé en 1625 sous le titre « L’instruction du Roi en l’exercice de monter à cheval » et la forme d’une discussion entre le Roi, le Grand Ecuyer et lui.
La discrétion des aides, les méthodes douces, l’emploi d’embouchures simples, les assouplissements sont autant de ses valeurs qui sont encore actuellesPluvinel assouplit le cheval autour du pilier unique, par déplacement des hanches en dedans et en dehors, puis le met sur les hanches dans le double pilier et enfin au travail libre. Sa citation la plus connue est : « La gentillesse est aux chevaux comme la fleur sur le fruit, laquelle ôtée ne retourne jamais ».
William Cavendish, Duc de Newcastle, (1592 – 1676) élève de Pluvinel, est un gentilhomme anglais, exilé en France après la destitution de Charles 1er et jusqu’à la restauration de Charles II.
Il publie en 1658 son ouvrage « Méthode nouvelle pour dresser les chevaux »On y trouve des notions très intéressantes : pédagogie par les sanctions positives ou négatives, progressivité du travail gymnastique, connaissance du mécanisme des allures.Il attache beaucoup d’importance à l’assouplissement des épaules, par des flexions outrées et par le travail de 2 pistes sur le cercle.Même si La Guérinière est l’inventeur du terme « Epaule en dedans », Newcastle a incontestablement travaillé des exercices similaires.
Le lien ci-dessous vous permet d’accéder à son livre ; la langue du 17°siècle est déjà plus facile à comprendre que celle du 16°.
L’École de Versailles a été créée en 1680 par Louis XIV pour assurer le dressage et la gestion des chevaux de la Grande Écurie du roi, ainsi que la formation des pages destinés à devenir les officiers de sa maison. Elle était dirigée par l’Écuyer ordinaire (comprendre l’Ecuyer à plein temps ; nous dirions aujourd’hui l’Écuyer en chef).
L’École de Versailles a été le conservatoire de l’art équestre français jusqu’à la révolution. Elle devint École Nationale ensuite avec une vocation purement militaire, puis à nouveau École Royale après la restauration mais en conservant cette orientation militaire.
Les écuyers successifs ont peu écrit, à l’exception de Montfaucon de Rogles dont le « Traité d’Équitation » a été publié en 1778 à titre posthume.
Le Vicomte d’Abzac a été le dernier Écuyer avant la révolution et a repris la direction de l’école après la restauration. L’Ecole de Versailles fût fermée définitivement en 1830.
S’il ne fallait retenir qu’un seul nom dans l’histoire de l’équitation, ce serait évidemment celui de François Robichon de La Guérinière (1688-1751).Il est l’aboutissement de l’évolution des mentalités et des techniques depuis les maîtres italiens du 16° siècle, et l’inspirateur de l’équitation de tradition française jusqu’à nos jours.
L’importance du personnage justifie qu’on lui consacre plusieurs chroniques ; sur sa formation et sa carrière, son œuvre, et son influence dans l’Europe entière.
La Guérinière fait son apprentissage à l’académie de son frère à Caen. Il reconnait l’influence Monsieur du Plessis, et son frère Monsieur de la Vallée, qui furent les premiers à diriger l’Ecole de Versailles, et a été l’élève d’Antoine de Vendeuil, lorsque ce dernier dirigeait l’académie de la rue des Cannettes, avant de devenir lui aussi Ecuyer Ordinaire à Versailles.(On appelait académie à l’époque ce que nous appelons aujourd’hui école d’équitation). Il cite comme auteurs de référence Salomon de la Broue et le Duc de Newcastle mais fait peu de cas de Pluvinel.
Il est breveté Ecuyer du Roi en 1715 et fonde une académie à Paris où il fait sa réputation. Il est désigné comme Ecuyer ordinaire du Manège royal des Tuilleries en 1730 ; il occupera ce poste jusqu’à sa mort, et donc il n’appartiendra en fait jamais à l’Ecole de Versailles dont il fût pourtant la référence.
La Guérinière publie son ouvrage « École de Cavalerie » en 1736.Comme toujours à cette époque, le livre traite de l’ensemble des connaissances de l’homme de cheval. Il est divisé en trois parties : la connaissance du cheval, la manière de le dresser, et la manière de le soigner.
La première partie traite de la morphologie, des différentes races européennes, des selles et des harnachements, de la ferrure, de l’alimentation et de l’hygiène.Elle pourrait être retranscrite en français moderne sans qu’il soit nécessaire d’ajouter beaucoup de choses pour faire le tour des connaissances actuelles.Ce qui est nouveau pour l’époque, c’est une conception proactive de la morphologie ; les modèles déterminent le type de travail auquel le cheval pourra prétendre, et les défectuosités expliquent d’une part les fautes d’exécution, et d’autre part les prédispositions pathologiques.C’est très moderne !
La troisième partie parle des soins vétérinaires. Elle a été écrite en collaboration avec des scientifiques de l’époque. Cette partie a évidemment vieilli mais elle reste intéressante à titre de documentation historique.
C’est évidemment la deuxième partie de l’ouvrage de La Guérinière, consacrée au dressage du cheval, qui nous intéresse le plus et d’abord l’épaule en dedans dont il dit : « Cette leçon produit tant de bons effets à la fois, que je la regarde comme la première et la dernière qu’on peut donner au cheval.»
L’exercice est un perfectionnement de l’assouplissement des épaules sur le cercle pratiqué par Newcastle dont il reconnaissait lui-même qu’il mettait le cheval sur l’épaule (en fait parce qu’il faisait chasser les hanches). C’est pour pallier à cela que La Guérinière invente l’épaule en dedans.
Le procédé d’exécution qu’il décrit est le suivant ; « .. tourner la tête et les épaules (du cheval) un peu en dedans vers le centre du manège, comme si effectivement on voulait le tourner tout-à-fait, et, lorsqu’il est dans cette posture oblique et circulaire, il faut le faire marcher en avant le long du mur, en l’aidant de la rêne et de la jambe de dedans : ce qu’il ne peut absolument faire dans cette attitude sans croiser ni chevaler la jambe de devant par-dessus celle de dehors, et de même la jambe de derrière de dedans par-dessus celle de derrière de dehors.. ».
En s’en tenant exclusivement au texte, on pourrait dire que La Guérinière a, en fait, inventé …le pas de côté ! Ce serait vrai s’il n’y avait pas l’incurvation. Il en parle (cette posture…circulaire) mais surtout les gravures qui accompagnent le texte montrent bien une incurvation, plus importante même que celle recommandée aujourd’hui en dressage.Nous savons, par les études réalisées après la photographie, que dans cette incurvation le postérieur intérieur s’engage sous la masse et se pose devant l’autre, mais sur des lignes parallèles.Il n’y a donc pas croisement des postérieurs comme dans l’appuyer ou le pas de côté, et donc, même si le terme « chevalement » des postérieurs n’est pas heureux, c’est bien l’exercice que nous pratiquons toujours que La Guérinière a inventé il y a presque 300 ans !
L’importance de l’épaule en dedans est telle qu’elle occulte un peu un autre apport essentiel de La Guérinière ; la cession et la descente de main.
Il décrit le geste de rendre la main ou de faire une descente de main, mais surtout, ce qui est essentiel, il en précise le moment :« Il faut se donner de garde de rendre la main, ni de faire la descente de main, lorsque le cheval est sur les épaules : le vrai temps de faire ce mouvement à propos, c’est après avoir marqué un demi-arrêt, et lorsqu’on sent que le cheval plie les hanches, de lui rendre subtilement la bride…parce que le cheval pliant les hanches dans le temps qu’on abandonne l’appui, il faut nécessairement qu’il demeure léger à la main, n’ayant pas de quoi appuyer la tête. »
La cession et la descente de main confirment l’équilibre dans le rassembler puisque le cheval se porte complètement de lui-même ; c’est à la fois la voie d’accès et la marque de l’équitation dans la légèreté.
L’influence de La Guérinière a été considérable en Europe : En Allemagne, par le biais d’Hünersdorf et de Steinbrecht, en Autriche où il est encore le socle de la doctrine de l’Ecole de Vienne, ou au Portugal, avec Marialva et Andrade.
En France, elle sera plus tardive du fait de la parenthèse de la révolution et de l’empire : d’une part, parce que l’Art équestre était considéré comme un divertissement de l’ancienne noblesse par les révolutionnaires, et, d’autre part, parce qu’au rétablissement d’une Ecole nationale les objectifs équestres immédiats sont devenus purement militaires.Si on ajoute à cela une certaine anglomanie dans la seconde moitié du 19° siècle, il faudra attendre le 20° siècle pour que La Guérinière retrouve en France la place qu’il mérite, en grande partie grâce à l’influence de Nuno Oliveira.
Plus généralement, certaines évolutions dans l’histoire de l’équitation au 19° siècle ne sont pas compréhensibles si on oublie que la France révolutionnaire, puis impériale, a été mise au ban des nations européennes.
Lorsque François Baucher essayera d’exporter sa méthode en Allemagne, il se heurtera à l’opposition de Steinbrecht et elle sera rejetée par les écuyers allemands avec un méprisant « C’est une équitation de Sans Culottes ! ».
Louis Cazeaux de Nestier (1684-1754) Ecuyer ordinaire de la Grande Ecurie de Versailles, il a été le professeur de Louis XV. Il est souvent cité, dans les ouvrages traitant de l’histoire de l’équitation, pour sa position à cheval, qui était semble-t-il irréprochable, mais il n’a rien écrit et comme pédagogue il avait de son vivant la réputation d’être « un grand silencieux » !Sa notoriété doit sans doute beaucoup au tableau peint par Delarue en 1751 et qui est assez connu.
