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Dans "Jusqu’à quand ?", Nathalie Cougny nous entraîne dans un voyage à la croisée du récit personnel, de l’essai engagé et du documentaire citoyen. Dès l’avant-propos, elle annonce la couleur : ce livre est à la fois un cri d’amour et de révolte, né d’un besoin vital de comprendre ce qui, dans notre humanité, a déraillé.
L’auteure constate que l’homme, au sens du pouvoir masculin dominant, est devenu le principal acteur des crises qui frappent la planète : dérèglement climatique, guerres, inégalités, violences sexuelles et sociales, perte de sens et effondrement des valeurs. À travers un mélange d’analyses et de réflexions philosophiques, elle montre comment les mécanismes de domination – patriarcat, cupidité, déni écologique, culte de la performance – se répercutent sur la Terre, les femmes, les enfants, les hommes et les plus vulnérables.
Nathalie Cougny tisse des liens entre les désastres environnementaux, la destruction du lien social et les traumatismes intimes, y compris l’inceste, qu’elle aborde avec courage. Son écriture met en lumière la continuité entre la violence des systèmes et celle vécue dans les foyers : « tout est lié ». Elle souligne combien notre société néglige l’enfance, pourtant fondement de toute humanité. Pour elle, un enfant respecté devient un adulte respectueux ; un enfant entendu, un adulte capable d’écoute.
La réflexion s’étend ensuite au vieillissement, à la précarité des jeunes, aux inégalités à l'école, aux mères désenfantées, aux guerres menées par les hommes de pouvoir, et à la dérive technologique incarnée par le transhumanisme. À chaque étape, Nathalie Cougny questionne le sens de nos choix collectifs et interroge : jusqu’à quand allons-nous tolérer l’injustice, la destruction et l’indifférence ?
Loin d’un constat désespéré, le texte se veut lucide mais porteur d’espérance. L’auteure invite à une réconciliation avec soi-même, avec les autres et avec la planète. Elle appelle à une révolution de la conscience, où les femmes et les enfants retrouveraient leur place légitime, et où l’éducation, la bienveillance et l’amour redeviendraient des leviers de transformation.
Dans Jusqu’à quand ?, Nathalie Cougny érige l’enfance en enjeu politique et universel, la base sur laquelle repose l’avenir même de l’humanité. L’auteure dénonce une société qui oublie trop souvent que tout commence là : dans le regard qu’on porte à un enfant, dans la manière dont on l’écoute, dont on le respecte. L’enfance n’est pas un passage, c’est une fondation, et la négliger, c’est condamner le monde à reproduire ses violences, ses inégalités et ses blessures. Défendre l’enfance, c’est refuser les logiques de domination et de pouvoir qui brisent les êtres dès leurs premières années. C’est revendiquer le droit de chaque enfant à grandir dans la dignité, la bienveillance et l’amour. Et c’est aussi, pour chacun de nous, un acte de résistance intérieure. En plaçant l’enfant au centre, l’auteure nous invite aussi à renouer avec notre propre enfant intérieur, cette part vivante et sensible qui sait encore s’émerveiller, ressentir et espérer.
"Jusqu’à quand ?" est donc à la fois un document d’époque et un manifeste humaniste, un texte qui interroge nos responsabilités et nos héritages pour inviter à un sursaut : retrouver la simplicité, la vérité et le courage d’aimer.
À PROPOS DE L'AUTRICE
Nathalie Cougny, auteure et artiste peintre, est également la directrice générale et fondatrice de l’association « Les maltraitances, moi j’en parle ! ». Son engagement a été reconnu par sa nomination au grade de Chevalier de l’Ordre national du Mérite en mai 2025.
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Seitenzahl: 500
Veröffentlichungsjahr: 2025
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Climat, pouvoir, inégalités, violences :
un cri d’alerte et d’amour.
Nathalie COUGNY
Récit / Documentaire - 2025
Illustration et conception couverture : Maxime COUGNY
Avec un livre, on entre soudainement dans la vie d’une personne, réelle ou imaginaire. Parfois, il arrive que le personnage nous paraisse lointain, presque inatteignable, et pourtant c’est cette distance qui nous attire : il reflète une part secrète de nous-mêmes, une possibilité de vie que nous n’avons pas choisie, mais que nous aimerions peut-être embrasser. À d’autres moments, la rencontre se fait plus intime, plus immédiate. Le personnage semble marcher à nos côtés, partager nos doutes, nos blessures ou nos émerveillements. Dans ses mots, dans ses gestes, nous reconnaissons les nôtres. Alors surgissent des correspondances, des affinités profondes, comme un miroir tendu à notre propre expérience. Ce sentiment de proximité nous enveloppe, rassure notre âme et apaise nos tempêtes intérieures.
Écrire, c’est partager une mémoire, c’est faire entrer le lecteur dans l’histoire de sa vie, mais en laissant la porte grande ouverte. Ainsi, il peut en sortir et revenir quand bon lui semble : sur une vérité trop proche, une émotion trop forte ou parce qu’il ne se passe rien. Le livre ne retient personne, il laisse le choix, à l’abri des regards.
Le bénéfice d’écrire est double lorsqu’il s’agit de sa propre histoire. Autant pour celui ou celle qui couche sur le papier ses états d’âme, comme une libération supplémentaire, une nouvelle respiration, que pour celui ou celle qui lit, c’est une lumière possible, un nouveau repère dans la traversée de sa vie. Ce livre est un mélange entre le récit d’une partie de mon histoire personnelle, mes recherches, mes connaissances, des extraits d’articles ou de témoignages, et l’état de ce monde : ce qui fait dérailler le monde.
Nous nous rejoignons, le monde et moi, au point critique de ce qui m’a amené à écrire ce livre : l’homme.
L’humanité ne représente que 0,01 % de la vie terrestre et les spécialistes sont unanimes pour pointer l’unique responsable des crises majeures qui la touchent : l’homme. Si nous ne prenons pas les choses à bras le corps dans presque tous les domaines et très rapidement, notre monde risque de devenir définitivement invivable. Perte de repères, dérèglement climatique, explosion du schéma familial, inégalités hommes/femmes, vieillissement de la population, conflits armés, intelligence artificielle, fake news, violences, école, mal-être de la jeunesse, sont autant de défis à relever que de prise de conscience individuelle et collective à avoir.
Depuis la nuit des temps, des hommes détiennent le pouvoir, dirigent le monde et le détruisent. À la tête de tous les pouvoirs, et de plus en plus riches, ces hommes entraînent dans leur chute notre planète qui étouffe, des millions d’êtres humains toujours plus pauvres, de plus en plus de déplacés climatiques, de réfugiés, ils bafouent allègrement les droits et les libertés des femmes, ils continuent de creuser les inégalités, dépensent des milliards pour faire reculer la mort afin de créer des « posthumains », tout en abandonnant les « vieux », ne considèrent absolument pas les enfants comme des êtres à part entière et ne font rien pour garantir un avenir serein à la jeunesse.
Ce livre est un cri, un sursaut nécessaire, un appel à la conscience, individuelle, collective et politique. À la croisée du témoignage et du documentaire, il met en lumière l’impact ravageur du pouvoir masculin lorsqu’il s’impose par la domination sur les femmes, sur les enfants, sur les hommes, sur nos sociétés entières, jusque dans l’évolution même du monde. Il affronte également une violence dévastatrice et encore taboue, exercée majoritairement par des hommes, là aussi : l’inceste. Après cinquante-sept ans de questionnements, de luttes intérieures et de travail sur moi, une vérité s’éclaire.
Ce livre replace donc l’enfant au centre de nos vies et donne des clés pour changer nos modes d’éducation basés encore trop souvent sur la domination et la violence car, c’est indéniable, l’enfance est la base de tout ! L’enfance est le premier territoire de notre existence, un sol fragile et fertile où se plantent les graines de ce que nous deviendrons. Chaque regard, chaque mot, chaque geste reçu s’y dépose comme une empreinte, discrète parfois, indélébile souvent. C’est dans ces premières années que se dessinent nos élans de confiance ou nos replis de peur, nos ouvertures vers le monde ou nos enfermements silencieux.
Un enfant respecté devient un adulte capable de respect. Un enfant aimé devient un adulte capable d’aimer. Un enfant entendu devient un adulte capable d’écouter. Tout commence là, dans ces premières années où la confiance s’enracine ou s’effondre. Oublier l’enfance, c’est hypothéquer l’avenir. La négliger, c’est condamner des générations à réparer des blessures. La défendre, au contraire, c’est offrir au monde une chance de renaître plus juste, plus humain, plus vivant.
Si nous n’avons pas encore compris que les enfants, les jeunes, sont la priorité absolue, alors nous n’avons rien compris. Les enfants doivent être au cœur de nos vies, de celle des politiques et dans une école bienveillante, pour une réelle égalité des chances. Sans compter les maltraitances faites aux enfants, dont les conséquences ont un impact notoire sur leur vie d’adulte et donc sur la société, tous les comportements destructeurs du monde et de notre planète sont des violences collatérales sur lesquelles les enfants se construisent, forcément mal.
Tout étant lié, ce récit nous montre aussi que nous sommes faits des générations qui nous précèdent, de leurs non-dits, de leurs traumatismes, de leur fonctionnement, de leurs erreurs, de leur amour aussi bien sûr et de ce que nous sommes, selon notre génotype. Que nous sommes faits également du monde qui nous entoure, de nos rencontres et des énergies qui circulent, que nous ne devons pas oublier notre intuition, les synchronicités de la vie, notre propre perception, notre ressenti, pour ne pas laisser place au diktat d’un pouvoir qui veut faire de l’humain une « machine », définie par l’intelligence artificielle et à la botte de celle-ci.
Tant que nous vivrons dans un monde où des hommes se maintiennent au pouvoir pour le pouvoir et la richesse, ils causeront notre perte. Si nous voulons rétablir un équilibre, il est primordial d’éradiquer les inégalités envers les femmes, afin de les rendre visibles à tous les niveaux de la société et dans toutes les strates décisionnelles, de briser les schémas de fonctionnement pour remettre l’humain au centre de nos préoccupations, de freiner la course contre le temps, mais surtout de donner aux enfants toutes les chances de grandir en bonne santé, avec respect, amour et dans l'épanouissement de leur être, car ils sont les adultes de demain et donc l’avenir de notre humanité.
Ce livre, qui s’adresse aussi à la jeunesse, est une invitation à repenser notre monde en faveur d’un vrai changement sociétal. Ce n’est pas un livre négatif, mais plutôt réaliste ; parfois ironique ou cynique, mais réaliste. Il appelle à un courage simple mais essentiel : se confronter à la réalité et à sa propre vérité, car de cette lucidité peut naître une conscience nouvelle.
Un livre peut devenir un espace de résonance, un battement de cœur plus fort qu’un autre, une onde qui se propage et dont l’écho peut changer le monde.
Prenons soin de nos enfants, des enfants, de notre enfant intérieur, de la jeunesse.
Chaleureusement,
Nathalie
Notre passage sur Terre
Prise de pouvoir
Inégalités hommes/femmes
Dans le véritable amour...
Je ne l’ai pas vu vendredi
Descente aux enfers
L’amour s’en vient, l’amour s’en va...
Et si tout était faux
Les miroirs de la violence : masculin et féminin
Désenfantée
Liberté, égalité, fraternité...
En travers de la gorge
Témoignage
Don’t act
A posteriori
Jusqu’à quand ?
Épilogue
Sources
Contacts utiles
L’auteure
De la même auteure
Nous finissons toujours par être récompensés pour notre bonne volonté, notre patience, notre équité, notre tendresse envers l’étrangeté du fait que l’étrangeté peu à peu se dévoile et vient s’offrir à nous en tant que nouvelle et indicible beauté : c’est là sa gratitude pour notre hospitalité. Qui s’aime soi-même n’y sera parvenu que par cette voie : il n’en est point d’autre. L’amour aussi doit s’apprendre.
Friedrich Nietzsche
Nos vies ne sont-elles que des histoires à raconter pour tromper l’ennui qui gagne, laisser une trace dans l’histoire, avec un grand H pour certains, prouver qu’on a vécu.
Mais prouver à qui ? À soi, aux autres ? Ou bien pour que quelqu’un s’y retrouve et ne se sente plus seul ? Pour se libérer aussi, rétablir des vérités, ses vérités, ou encore s’inventer une vie rêvée, mais il ne faut pas pour autant se raconter trop d’histoires quant à l’évolution du monde.
On apprend beaucoup dans les livres, ils sont le témoignage de cet instant fugace et destructeur, notre passage sur Terre. Oui, notre passage est destructeur et ce XXIe siècle marque certainement un changement notoire de notre civilisation. D’après Jean-Louis Roy, président-directeur général de Bibliothèque et Archives nationales du Québec : « Le changement que nous observons est issu de quatre mutations majeures dans l’histoire humaine : la transformation de la carte financière, économique et commerciale du monde ; le déploiement de l’ère numérique qui change à tout jamais les rapports de l’être humain à la connaissance ; l’expansion démographique sur les continents asiatique et africain, qui bouleversera bientôt la répartition actuelle de la population mondiale ; enfin, les immenses défis environnementaux dont nos sociétés doivent se saisir sans plus tarder. »
En 1994, déjà, la communauté internationale se réunissait au Caire, en Égypte, pour analyser l’évolution du monde et la manière dont les changements affectaient les personnes les plus vulnérables. La Conférence internationale sur la population et le développement a ainsi conclu que les activités en matière de population, y compris la planification familiale volontaire, la santé maternelle et infantile, les migrations et l’égalité des sexes, ne consistent pas simplement à compter les personnes, mais à s’assurer que chaque individu compte. Lors de cette conférence, 179 gouvernements ont signé un programme d’actions qui reconnaît que les femmes, leurs droits et l’égalité des sexes constituent des priorités du développement mondial. Les gouvernements se sont engagés à assurer l’accès universel à la planification familiale volontaire, à la santé et aux droits en matière de sexualité et de procréation, de promouvoir l’égalité des sexes et l’égalité d’accès à l’éducation, de traiter des répercussions de l’urbanisation et des migrations et de soutenir le développement durable. Le monde devait alors investir pour satisfaire les besoins, l’accès aux soins, les droits de la jeunesse et la protéger des maltraitances, réduire les inégalités entre les sexes, la pauvreté, gérer les flux des personnes déplacées à cause de conflits,... Or, il semblerait que ce soit loin d’être le cas, puisque d’après un rapport de 2023 de la Banque mondiale, seuls 14 pays dans le monde assurent une protection juridique complète aux femmes, principalement en Europe et au Canada, que ce soient la liberté de circulation, l’accès à l’emploi, à la propriété ou encore les salaires, et là encore, tout est loin d’être parfait.
L’organisation sociale des États est principalement basée sur un modèle extrêmement tenace, celui du patriarcat, qui signifie littéralement « le commandement du père ». Il s’agit d’un modèle à travers lequel les hommes monopolisent l’ensemble des pouvoirs et des richesses. Nous ne pouvons que constater cette réalité puisqu’en 2024, 90 % des pays étaient dirigés par des hommes. De fait, ces sociétés excluent les minorités sexuelles et ethniques ainsi que pas moins de la moitié de l’humanité : les femmes. L’éducation encore basée sur le genre, le manque de parité, la charge mentale, les inégalités subsistant à bien des endroits et le peu de place donné aux femmes en matière de pouvoir décisionnel, empêchent les femmes d’évoluer dans bien des secteurs : familial, sociétal, professionnel ou politique. Les femmes, par exemple, détiennent moins de 15 % des terres agricoles, alors qu’elles représentent jusqu’à 80 % de la main-d’œuvre agricole selon le pays où elles vivent ; près de 500 millions d’entre elles sont analphabètes et une femme sur trois dans le monde serait victime de violence physique ou sexuelle. Mais le patriarcat n’est qu’un concept culturel qui peut donc être remplacé par un autre, même si cela semble difficile encore aujourd’hui car les hommes s’accrochent !
Les conférences ou autres sommets ne doivent pas se résumer, entre deux petits fours et une coupe de champagne, à une volonté plus ou moins grimaçante couchée sur des rapports de 300 pages pour nous faire croire qu’on travaille d’arrache-pied, alors qu’il n’en est rien ou si peu, mais à des actions concrètes effectives pour un réel changement.
C’est notamment le cas pour le climat, alors que les travaux de recherche menés jusqu’à présent montrent que les femmes sont plus préoccupées par l’environnement et qu’elles adoptent davantage des comportements pro-environnementaux que les hommes, au sein du foyer notamment, elles sont également les plus impactées : 80 % des personnes déplacées par les catastrophes et les changements climatiques dans le monde sont des femmes et des filles. Selon ONU Femmes, un désastre climatique impacte 14 fois plus les femmes, puisqu’elles font face à une discrimination systémique et des obstacles sociaux, économiques et politiques qui brident leur capacité d’autonomie et d’adaptation.
Alors que le rapport du GIEC affirme que la décennie 2011-2020 a été la plus chaude depuis 125 000 ans, 66 778 personnes (83 884 en 2023) participaient à la 29e Conférence sur le climat fin 2024 à Bakou, en Azerbaïdjan. Vingt-neuf ans d’avions privés, de petits fours et de champagne donc, pour en arriver toujours à cette même rhétorique : trouver des accords ! Mais il semblerait que les efforts des 197 États signataires soient nettement insuffisants pour espérer atteindre l’objectif. En effet, l’ONU alerte que l’objectif de 1,5 °C « sera bientôt mort » et que sans une réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre, le monde pourrait être confronté à une augmentation inévitable et catastrophique de la température de 3,1 °C au cours du siècle. Or, la barre du +1,5 °C devrait être atteinte entre 2033 et 2035, avec une « probabilité substantielle » de dépasser les +2 °C avant 2065, même si l’humanité parvenait à atteindre la carboneutralité.
« Les COP ont pour objectif de limiter les émissions des gaz à effet de serre d’origine humaine responsables du réchauffement climatique. Les gaz à effet de serre (GES) sont des gaz qui absorbent les rayons solaires et qui les retransmettent dans l’atmosphère sous forme de radiations : c’est l’effet de serre. Parmi ces gaz, on retrouve le dioxyde de carbone (CO2), mais pas seulement : le méthane et le dioxyde d’azote ont aussi un impact très important. L’activité humaine accroît leurs émissions dans l’atmosphère, ce qui contribue au phénomène du réchauffement climatique. » Résultat de la COP29 : bilan très mitigé ! « La COP29 s'achève sur une promesse de 300 milliards de dollars par an, les pays en développement, qui avaient demandé une aide de plus de 1 000 milliards de dollars qualifient l'accord d’« insulte » ». On peut lire sur le site Planète Énergies : « Les décisions prises lors de cette COP29 ont été jugées décevantes par de nombreux pays, dont la France, et même vivement dénoncées par l’Inde et le groupe des pays africains. Les espoirs de mesures climatiques plus efficaces se tournent maintenant vers la COP30. Les principaux accords de la COP29 sur les objectifs climatiques n’ont pas avancé sur le sujet de la sortie des énergies fossiles. » Il faudra combien de COP pour se mettre d’accord sur une seule chose : la vie sur Terre, notre bien commun ?
L’arrivée de Donald Trump n’a pas arrangé la situation. Alors que les États-Unis sont l'un des plus gros émetteurs de gaz à effet de serre, en quelques semaines seulement après son arrivée au pouvoir il a bouleversé la politique environnementale du pays. En sortant de l'Accord de Paris, en entravant le travail de très nombreux scientifiques sur le climat, ou encore en annulant la contribution américaine au Fonds sur les pertes et dommages. Autant de mesures qui auront des conséquences durables pour les États-Unis mais aussi la planète : « Coupes budgétaires, licenciements, mots proscrits ou encore données effacées des sites gouvernementaux... En quelques semaines seulement, le président des États-Unis a multiplié les offensives contre tout ce qui a trait de près ou de loin au climat, à la protection de l'environnement et à la santé publique, mettant à mal des années de lutte contre le changement climatique, qu'il considère comme un "canular". Ce n'était un secret pour personne, mais la rapidité et l'ampleur des efforts déployés par Donald Trump pour démanteler la politique climatique sont sans précédent, et surtout incomparables à son premier mandat. »
En tout état de cause, si nous ne prenons pas les choses à bras le corps dans presque tous les domaines et très rapidement, notre monde risque de devenir définitivement invivable, tout en profitant encore aux hommes de pouvoir. Perte de repères, dérèglement climatique, explosion du schéma familial, inégalités, vieillissement de la population, conflits armés, cyberattaques, intelligence artificielle, fake news, malbouffe, violences, liste non exhaustive, sont autant de défis à relever que de prise de conscience individuelle et collective à avoir.
Où sont passés la philosophie, l’art, ce souffle nouveau capable d’emporter la déchéance de la surconsommation et son cortège d’influenceurs, englués dans un « moi » exacerbé, et bien souvent trompeur ? Les artistes sont pourtant là pour bousculer nos certitudes, réveiller nos consciences, nous faire rêver, nous élever au-delà de nous-mêmes. Mais eux aussi semblent étouffer dans l’air pollué de cette époque saturée. Qui prend encore soin de notre âme avec tendresse et bienveillance ? Qui veille sur cette planète qui s’abîme sous les coups d’un « toujours plus loin, plus riche, plus fort » ? Du pouvoir ou de la connaissance, lequel nous détruira le premier, quand 1 % des plus riches détiennent déjà 43 % de la richesse mondiale ?
Comme l’écrivait Nietzsche en 1873 dans son livre Vérité et mensonge d’un point de vue extra-moral : « Il y eut un jour une planète sur laquelle des animaux intelligents inventèrent la connaissance. Ce fut la minute la plus orgueilleuse et la plus mensongère de l’histoire universelle, mais ce ne fut cependant qu’une minute. Après quelques soupirs de la nature, la planète se congela et les animaux intelligents n’eurent plus qu’à mourir. Telle est la fable qu’on pourrait inventer, sans parvenir à mettre suffisamment en lumière l’aspect lamentable, flou et fugitif, l’aspect vain et arbitraire de cette exception que constitue l’intellect humain au sein de la nature. Des éternités ont passé d’où il était absent ; et s’il disparaît de nouveau, il ne se sera rien passé. »
Oui, si une immense catastrophe naturelle ou humaine survenait pour détruire la Terre, il ne se sera rien passé ! La nature nous envoie de plus en plus de signes annonciateurs de notre exagération à l’exploiter, à l’abîmer, à la détruire et elle nous remet à notre place de plus en plus souvent : séismes, inondations, éboulements, sécheresse, typhons... Le nombre de catastrophes liées au climat a triplé depuis les trente dernières années ; le niveau des océans devrait augmenter de trente centimètres d’ici à 2050 et en 2023, on a compté plus de 26 millions de déplacements provoqués par des catastrophes naturelles. Le programme des Nations unies pour l’environnement estime que les coûts, pour les pays en développement, des dégâts et de l’adaptation au changement climatique pourraient atteindre entre 140 et 300 milliards de dollars par an d’ici 2030. Quant aux réfugiés climatiques, les projections présentent une progression qui va de 260 millions en 2030 jusqu’à 1,2 milliard en 2050.
Des guerres se déclarent, pour l’expansion d’un territoire, l’un des buts les plus traditionnels de la guerre, pour coloniser, par idéologie ou par haine, et ce monde n’est jamais loin de la haine de l’autre, la gâchette à portée de main, verbale ou à balle.
L’homme est le seul primate capable d’exterminer froidement ses semblables. Il le fait sans complaisance et aussi sans que cela puisse être évité, un comble, même la guerre a ses règles. Comme on classe les âges, on classe aussi les guerres. Pour savoir à quel genre de guerre on a affaire, on comptabilise les morts : moins de 25 morts, c’est un conflit armé ; entre 25 et 1 000 morts, c’est une guerre ; plus de 1 000 morts, c’est une guerre majeure.
Volker Türk, haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, nous dit : « En 2023, les données recueillies par mes services montrent que le nombre de décès de civils dans les conflits armés a grimpé de 72 %. Il est effrayant de constater que les données montrent que la proportion de femmes tuées en 2023 a doublé et celle des enfants a triplé par rapport à l’année précédente. » Selon le Comité international de la Croix-Rouge, 120 conflits armés étaient en cours dans le monde en 2024. Les civils ont lourdement payé les conséquences de ces violences.
En 2024, la planète a connu le nombre de conflits armés le plus élevé depuis 1946, détrônant 2023 qui était déjà une année record, selon une étude norvégienne. Cette enquête met en lumière les risques liés à un désengagement américain, encore. « Ce n'est pas simplement un pic, c'est un changement structurel. Le monde aujourd'hui est bien plus violent et bien plus fragmenté qu'il ne l'était il y a dix ans », a commenté Siri Aas Rustad, rédactrice principale du rapport qui observe les tendances sur la période 1946-2024.
Les armes sont de plus en plus disponibles, plus d’un milliard d’armes à feu circuleraient librement dans le monde aujourd’hui, avec de hautes technologies comme les drones, qui favorisent l’émergence d’affrontements armés. 97 % de tous les faits de violence armée à motifs politiques recensés de septembre 2022 à septembre 2023 ont eu lieu dans seulement cinquante pays. En une année, le nombre d’incidents de violence politique a augmenté de 27 %. L’ACLED (Armed Conflict Location & Event Data Project) estime que 1,7 milliard de personnes ont été exposées à une forme de conflit armé en 2022.
En outre, plus de 300 millions de personnes ont besoin d'aide humanitaire dans le monde en 2025 selon les Nations unies et 4 civils tués sur 10 dans des conflits étaient des femmes, 3 sur 10 étaient des enfants.
Au cours des premiers mois de l’année 2022, le nombre de personnes contraintes de fuir la guerre, la violence et les persécutions à travers le monde a dépassé pour la première fois les 100 millions. Ce chiffre a continué d’augmenter pour atteindre 103 millions mi 2023, 117,3 millions fin 2023 et 123,2 fin 2024.
Des guerres déclenchées et conduites... par des hommes.
Début 2023, alors que l’invasion de l’Ukraine par la Russie faisait la une des journaux internationaux, une dizaine de crises humanitaires passaient sous les radars. La plupart d’entre elles sont issues de conflits et de chocs climatiques. La population birmane est toujours confrontée à une crise politique, humanitaire et des droits de l’homme sans précédent. Les besoins humanitaires en Haïti ont fortement augmenté, près de la moitié de la population souffre désormais de la faim. Une personne sur quatre a besoin d’une aide humanitaire en République démocratique du Congo (RDC) ; en 2022, la malnutrition a touché 6,4 millions de personnes, principalement des enfants de moins de 5 ans et ce chiffre n’a pas diminué depuis vingt ans. La Corne de l’Afrique subit de plein fouet l’impact meurtrier de la crise climatique ; au moins 36,4 millions de personnes vont avoir besoin d’une aide d’urgence pour survivre, dont 26 millions pour lutter contre une grave insécurité alimentaire. Depuis plusieurs années, le pouvoir chinois est accusé d’atteintes graves aux libertés individuelles des Ouïghours, une ethnie majoritairement musulmane vivant dans la province chinoise du Xinjiang : camps de « rééducation », surveillance massive ou encore stérilisation des femmes. Le 20 janvier 2022, l’Assemblée nationale a reconnu le génocide et les crimes contre l’humanité que subissent les Ouïghours.La France devenait ainsi le 8e pays à faire cette reconnaissance solennelle et particulièrement attendue. La violence armée et l’insécurité au Sahel ont augmenté en 2022, le Burkina Faso, le Mali et le Niger étant les plus touchés. Les services d’éducation, de santé, d’eau et d’assainissement, qui étaient déjà faibles, sont encore plus perturbés. Plus de 11 100 écoles à travers le Sahel sont désormais fermées. La Syrie connaît plus de onze ans de guerre et des millions de déplacés. Au Yémen les conditions de vie sont désespérées et le conflit au Proche-Orient menace d’enflammer la planète. La prise de contrôle de l’Afghanistan par les talibans en août 2021 a entraîné une détérioration majeure de la situation humanitaire et des droits de l’homme dans le pays. Depuis leur arrivée au pouvoir, l’Afghanistan est aujourd’hui l’un des pires endroits pour les femmes et les jeunes filles, qui sont réduites à l’esclavage, et l’un des pays les plus pauvres du monde. Les filles n’ont plus le droit de suivre des cours au-delà de la 6e année, de fait plus d’un million de jeunes filles n’ont pas accès à l’enseignement secondaire et universitaire, les femmes doivent être entièrement couvertes en dehors de la maison, où elles sont d’ailleurs priées de rester, elles ont interdiction de travailler dans un secteur public, dans des ONG, ou d’occuper des postes à responsabilité au sein des institutions ; les parcs, salles de sport et hammams leur sont également interdits. Enfin, pour « prévenir le vice et promouvoir la vertu », la dernière loi en date leur interdit aussi de se parfumer, de chanter, de lire en public ou encore de regarder les hommes avec lesquels elles n'ont pas de lien de sang ou de lien par le mariage. Rappelons la grande hypocrisie des talibans qui, alors revenus au pouvoir, avaient pris l’engagement de respecter les droits des femmes. Quelle mauvaise blague ! L’acharnement pour éliminer les femmes, au sens figuré qui ressemble étrangement au sens propre, bat son plein et personne pour empêcher cette ignominie !
À quoi sert l’ONU au juste ? En principe, à prendre des mesures coercitives pour maintenir ou restaurer la paix et la sécurité internationales. Ces mesures vont des sanctions économiques à l’action militaire internationale. En plus du maintien de la paix et de la sécurité internationales, l'ONU contribue à protéger les droits de l'homme, à fournir de l'aide humanitaire, à promouvoir le développement durable et à garantir le respect du droit international. Ah, d’accord ! Je suis toujours effarée de voir qu’un État peut attaquer un pays aux yeux du monde, en tuant des milliers de civils et en en affamant des milliers d’autres, sans que personne ne puisse agir. Il ne suffit pas de s’en tenir aux mots de désolation ou de colère, il faut tout mettre en œuvre pour que cela s’arrête ! Mais sans doute y a-t-il des intérêts, rarement les bons, pour que cela continue.
Alors que nous serions apparus miraculeusement sur la seule planète, a priori, qui nous permette de respirer et sur laquelle l’eau a plus que son importance, la Terre est détruite un peu plus chaque jour, et une partie de ses habitants avec, pour et par le pouvoir de quelques-uns sur des milliards d’autres.
Un article du National Geographic de juillet 2024 nous dit en effet que « l’apparition de la vie est l’un des plus grands mystères de la science. Nous savons que ce phénomène s’est produit au début de l’histoire de notre planète, car des fossiles de micro-organismes ont été découverts dans des roches datant de 3,5 milliards d’années, soit un milliard d’années seulement après la formation de la Terre. Ce qui reste toutefois incertain, c’est comment et où cela s’est produit. L’un des principaux problèmes est que les organismes vivants sont incroyablement compliqués. Même la plus simple des cellules bactériennes possède des centaines de gènes et des milliers de molécules différentes. Tous ces éléments travaillent les uns avec les autres dans une sorte de danse complexe : ils acheminent la nourriture dans la cellule et évacuent les déchets, réparent les dégâts, copient les gènes, et bien plus encore. Des chercheurs ont recherché des familles de protéines communes à toutes les espèces de bactéries, susceptibles d’être très anciennes, remontant à plus de trois milliards d’années jusqu’au dernier ancêtre commun à toutes les bactéries. Ils ont trouvé 146 familles de protéines de ce type, ce qui a révélé que les premières bactéries étaient déjà extrêmement complexes, et le produit d’une longue période d’évolution. Les scientifiques sont donc face à une version biochimique du dilemme de l’œuf ou la poule. Qu’est-ce qui s’est produit en premier : le moteur chimique qui permet de créer la cellule, ou les mécanismes cellulaires qui permettent de créer le moteur ? La vie, en un sens, est une sorte d’accident chimique, une danse tourbillonnante qui ne s’est pas arrêtée depuis plus de 3,5 milliards d’années. Quelle que soit la définition que nous lui donnons, cette danse se poursuit, et perfectionne lentement le système biologique qui a permis de créer les innombrables et merveilleuses formes de la Terre. »
Oui, qu’on la regarde de loin ou de plus près, la vie est ce qu’il y a de plus parfait. Il suffit d’admirer les paysages autour de soi, les plantes, les animaux ou encore, ce qu’il y a de plus extraordinaire : la naissance d’un bébé. La vie offre tous les possibles, même si des hommes la détruisent, « la vie plus forte que tout », comme l’écrivait également Nietzsche, et qu’on se le dise, bien plus forte que nous. Mais l’homme a de tout temps voulu dominer la vie et la nature, sans même se soucier de sa propre perte, et cette domination prétentieuse va crescendo... jusqu’à quand ?
Sous l’effet des activités humaines, les écosystèmes souffrent et la biodiversité s’érode partout. À tel point que certains scientifiques évoquent une sixième extinction de masse. Les chiffres, aussi perfectibles soient-ils, font consensus et les préoccupations sont partagées. Car l’extinction de masse répond à une définition précise, elle désigne un événement relativement bref à l’échelle des temps géologiques, de l’ordre de quelques centaines de milliers d’années, au cours duquel au moins 75 % des espèces animales et végétales présentes sur Terre et dans l’océan disparaissent, le tout à l’échelle du globe. Des crises du vivant de cette ampleur, notre Terre en a déjà connu cinq. La dernière en date, il y a 66 millions d’années, est de loin la plus connue : l’extinction du Crétacé, provoquée par l’impact d’un astéroïde, au diamètre estimé à entre 10,6 et 80,9 kilomètres, qui a notamment entraîné la disparition des dinosaures. « 2007 FT3 » est le nom d’un astéroïde qui a été observé en 2017 par la Nasa, puis perdu. Mais des astronomes ont tout de même eu le temps de mesurer sa taille à 314 mètres et même si, d’après eux, il n’y a aucun risque qu’il vienne nous heurter avant cent ans, ce qui n’est pas si loin, les scientifiques estiment qu’une collision de cette espèce, d’environ 54 millions de tonnes, libérerait une énergie équivalente à 2,6 milliards de tonnes de TNT, soit presque autant que si toutes les bombes nucléaires explosaient en même temps, nous dit le site Futura. Cela ne laisse pas vraiment rêveur, n’est-ce pas ?
« Si l’on s’en tient à ces critères scientifiques, nous ne sommes pas encore face à une sixième extinction de masse, car nous n’avons bien sûr pas encore perdu 75 % du vivant », indique Franck Courchamp, directeur de recherche au CNRS au laboratoire Écologie, systématique et évolution de l’Université Paris-Saclay. « En revanche, il semble clair que nous sommes en train d’y entrer : la majorité des groupes taxonomiques (lois de la classification) sont concernés et les taux d’extinctions – c’est-à-dire la vitesse à laquelle ces extinctions se produisent – sont cent à mille fois plus élevés que les taux normaux. »
L’humanité ne représente que 0,01 % de la vie terrestre et les spécialistes sont unanimes pour pointer l’unique responsable des crises majeures qui la touchent : l’homme.
Les plantes représentent, en poids, 82 % de toute la vie sur notre planète, suivies des bactéries 13 %. Les 5 % restants regroupent toutes les autres formes de vie, des insectes jusqu’aux mammifères. La masse de l’humanité est aussi douze fois plus petite que celle des poissons, dix-sept fois plus petite que celle des insectes ou 200 fois plus petite que celle des champignons. Ces chiffres, issus d’une étude de 2018, révèlent à quel point l’humanité a modifié la vie sur Terre pour la mettre au service de ses besoins de consommation. Environ 60 % des mammifères sur Terre sont des animaux d’élevage, tels que le bœuf, le porc et les autres animaux de la ferme. Cela signifie donc que les 4 % restants représentent l’ensemble des mammifères sauvages de la planète. Selon les chercheurs, l’ampleur de la tâche ne leur permet pas de donner des chiffres précis, mais il s’agit toutefois de la première évaluation globale de l’importance de la vie sur Terre, qui sert aussi de base pour évaluer l’impact environnemental de nos activités.
La vie sur la Terre s’arrêtera dans environ 2,8 milliards d’années, selon une étude menée par Jack O’Malley-James, astrobiologiste à l’université de St. Andrews. Notre Soleil va lentement se réchauffer à mesure qu’il avancera en âge, dans presque cinq milliards d’années, il aura épuisé son carburant nucléaire et se dilatera en une étoile, une géante rouge qui pourrait engloutir notre planète. Bien avant d’en arriver là, la chaleur sera insoutenable pour les formes de vie existantes. Les scientifiques se sont basés sur des mesures comme la température, l’abondance d’eau et de nourriture pour évaluer la santé future de la biosphère terrestre et en ont déduit le moment où la vie commencera à disparaître : « À mesure que le mercure grimpera, de plus en plus de vapeur d’eau se formera, ce qui se traduira par une absorption régulière du dioxyde de carbone, nécessaire à la photosynthèse des plantes. D’après l’étude, les espèces végétales les moins résistantes entameront leur déclin dans 500 millions d’années. Les animaux, qui dépendent d’elles pour leur nourriture et leur oxygène, leur emboîteront le pas. Dans à peu près 2,8 milliards d’années, il ne restera que des microbes très résistants, jusqu’à ce qu’ils succombent eux aussi à la chaleur. »
Je ne veux pas plomber l’ambiance, mais il y a bien une réalité, l’homme est en train de scier la branche sur laquelle il est perché. À chaque instant, égoïstement, il réduit l’espérance d’un jour meilleur, il accélère le déclin de cette vie si précieuse qui nous est offerte. Cette vie qui défile plus vite qu’un train à grande vitesse et qui nous amènera bien tous, sans exception, à la même destination.
Oui, à peine installé pour contempler le paysage, à travers une fenêtre qui ne s’ouvre pas, qu’une voix inconnue t’annonce le terminus. Une autre « guerre » s’impose à nous : le temps et ce qu’on en fait ! On n’a pas le temps de profiter de cette vie, si brève, parce que nous sommes enchevêtrés dans ces trois mots que connaissent bien la plupart d’entre nous : métro, boulot, dodo : un trio vicieux entretenu pour te maintenir la tête sous l’eau. Trio auquel on a ajouté la peur, sans complaisance, et donc la sécurité partout, pendant ce temps-là, tu ne réfléchis pas, tu cherches juste l’air qui manque. Ma vie ne ressemble pas à cela, je crois, j’ai la conviction de vivre vraiment. La preuve, j’ai des histoires à raconter. Mais dans quelques stations, j’arriverai quand même au terminus, comme tout le monde, et ça me bouffe.
Ce n’est pas mourir qui est fâcheux, quoique la vie, le temps d’apprendre à vivre, est toujours trop courte, c’est vieillir. Une fois mort, tu ne sens plus rien, alors que la vieillesse, tu la sens arriver au loin à pas plus ou moins feutrés, et tu la vis. Tu as le temps de te voir diminuer, de ne plus pouvoir agir, tu as le temps de souffrir, d’y croire encore et d’aller de désespoir en désespoir parce qu’il n’y aura pas de retour en arrière. J’ai déjà un pied dans la « séniorité » puisque 50 ans est l’âge fixé par l’Insee pour entrer dans cette catégorie, toutefois relevée à 70 du côté de la Santé, « ouf ! » on a gagné vingt ans. Tandis que le troisième âge concerne les personnes âgées de 75 à 85 ans autonomes et qu’après 85 ans, ça sent la fin, on parle de « grand âge ». Là aussi, on catégorise, on classe, on range les êtres par tranches alors que bien sûr, la vieillesse est propre à chacun.
Vieillir, cette perte de chances qui te classe directement dans la catégorie des oubliés, des invisibles, des vieux qui dérangent parce que justement ils sont vieux, vous emmerdent même, sauf quand il s’agit de les faire voter, car ils sont de plus en plus nombreux... Mais il va leur falloir gérer au mieux cette vieillesse, sur la pointe des pieds, sans trop déranger, disons celles et ceux à partir du « troisième âge », et bien souvent dans une grande solitude. Des vieux de plus en plus nombreux donc, alors que la natalité baisse, et dont on ne sait déjà plus quoi faire, qu’est-ce que ce sera dans vingt ou trente ans, dont on ne sait pas comment se débarrasser et qui suscitent même des débats en plus hauts lieux : euthanasie – ou aide médicale à mourir, c’est moins violent comme terme, comme si ce n’était pas déjà le cas aujourd’hui, on est en pleine hypocrisie –, ou « suicide assisté », ce terme est juste hallucinant, suicide… assisté, on va t’aider à te suicider, mais sans en porter la responsabilité, un médecin te fournira les substances létales et suicide-toi bien !
Faut-il rappeler qu’environ 9 000 personnes se suicident vraiment chaque année en France, et qu’entre janvier 2020 et mars 2021, période de crise sanitaire, ce sont 11 210 personnes qui ont mis fin à leurs jours, majoritairement des hommes.
Que ce soit pour les mineurs, les adolescents ou les jeunes adultes, et particulièrement pour ceux de sexe féminin, les travaux scientifiques montrent des taux de symptômes anxieux et dépressifs particulièrement élevés dès le début de la crise sanitaire, avec des pics pendant les épisodes de confinement. À partir de la fin 2020, un fait nouveau apparaît avec une augmentation très marquée des recours aux soins pour pensées et gestes suicidaires chez les adolescentes et les jeunes femmes. Ces évolutions accentuent des tendances préexistantes à la crise sanitaire. La plus grande vulnérabilité psychologique des jeunes face à la crise sanitaire a agi comme un facteur de risque supplémentaire à une santé mentale dégradée et aux conduites suicidaires, dont la crise de la Covid-19 a joué un rôle d’accentuation et de révélateur.
Les tentatives de suicide ont notamment explosé chez les filles entre 10 et 14 ans, pour cette catégorie d’âge, cela correspond à une augmentation de plus de 80 % par rapport à 2019 et une augmentation à des niveaux sans précédent du nombre d’hospitalisations de jeunes femmes entre 15 et 20 ans après des tentatives de suicide en 2021. Près de 10 000 jeunes femmes ont été admises à l’hôpital pour cette raison. Une hausse de près de 45 % par rapport à 2019, avant l’apparition de la crise sanitaire. La recherche en psychiatrie n’a pas donné d’explication définitive à ce sujet très préoccupant depuis déjà de nombreuses années, mais qui semble avoir été aggravé par la crise sanitaire. En ce qui concerne les moins de 15 ans, le nombre de consultations d’urgence à l’hôpital Robert Debré par exemple, pour des troubles anxieux, a doublé : « Dès le mois de novembre 2020, nous avons lancé une alerte auprès de l’Agence régionale de santé, pour signaler le nombre massif de tentatives de suicide que nous observions depuis le mois de septembre chez les enfants de moins de 15 ans. S’il y a eu un phénomène de « lune de miel » pendant les premières semaines de la crise sanitaire, notamment pour les enfants qui souffraient par exemple de troubles de l’apprentissage ou de phobie scolaire et qui se sont sentis plus à l’aise durant le long confinement du printemps 2020, une certaine détérioration s’est faite sentir en juillet et en août. Nous l’avons alors attribuée au fait que les Parisiens avaient eu moins l’occasion de partir en vacances du fait de la situation sanitaire. Malheureusement, la rentrée et la reprise du chemin de l’école a marqué une véritable aggravation de l’état de santé mentale des enfants et des adolescents, notamment de ceux qui vivaient déjà des difficultés à l’école. Ils ont mal vécu de devoir sortir de leur cocon, dans un contexte sanitaire qui demeurait anxiogène. À l’hôpital Necker-Enfants malades par exemple, alors qu’avant la crise ils avaient environ une défenestration par mois, ils en ont eu une par semaine ces derniers mois. Plus d’enfants sont morts par suicide pendant la crise sanitaire qu’à cause de la Covid et on a constaté que les tentatives de suicide chez les enfants sont plus graves qu’à l’accoutumée. »
En effet, certains hôpitaux ont constaté une augmentation jusqu’à 300 % des tentatives de suicide chez les jeunes enfants de 10 à 12 ans, du jamais vu. Cette crise a eu des effets majeurs sur la santé mentale des jeunes qui ont été les premières cibles de contamination ; les jeunes, stigmatisés, ne devaient plus côtoyer les vieux, décidément ces vieux, ils nous emmerdent !
Au début de l’année 2023, les passages aux urgences pour idées suicidaires semblaient rester dans une tendance toujours en légère hausse, avec des niveaux supérieurs à ceux observés en 2020 et 2021. D’après une étude publiée par Santé publique France en février 2023, un jeune sur cinq souffre de troubles dépressifs ; un jeune sur cinq ! Des enquêtes à l’échelle mondiale montrent les mêmes résultats. En juillet 2022, une enquête de l’institut CSA pour la mutuelle LMDE indiquait que 70 % des étudiants français étaient en situation de mal-être, inquiets sur leur propre sort, inquiets sur l’avenir de la société. Mais il n’y a pas que l’angoisse liée à la situation sanitaire : la crise économique, les difficultés de leurs parents dans la vie de tous les jours, les incertitudes sur l’avenir, les secousses du monde font que les jeunes sont de plus en plus nombreux à avoir des idées noires.
Que fait-on pour les jeunes dans ce pays et depuis cette crise sanitaire qui a laissé de profondes cicatrices ? Des jeunes qui ne peuvent pas se loger ni manger à leur faim. Alors que le repas à un euro a été refusé à une voix près au vote de l’Assemblée nationale pour tous les étudiants (sur 371 votants, 183 députés ont voté pour et 184 ont voté contre, la majorité Renaissance-MoDem-Horizons et Les Républicains s’y sont opposés), la honte, on entend cette triste réalité : « Il y a de plus en plus d’étudiants qui font appel aux Restos. » De nouveaux centres ont ouvert et il y a des distributions sur les campus à Paris et en Essonne. « Avant, on n’en voyait pas autant » dit Serge Malet, délégué régional des Restos du Cœur en Île-de-France, « Il y a aussi beaucoup de femmes (54 % des personnes accueillies) et de jeunes de moins de 18 ans (42 %). Ces jeunes sont dans une précarité extrême ». Idem pour le Secours populaire qui, avec l’augmentation des prix, la crise énergétique, scandait début 2023 : « Nous n’avons jamais vu ça ! »
La France présente un des taux de suicide les plus élevés d’Europe, trois fois plus que les accidents de la route.
Alors, un peu de respect ! Peut-être aurait-il été plus judicieux de trouver un autre terme qui corresponde juste à la réalité qu’il faut bien assumer à un moment ou à un autre : mort… assistée.Cette pratique existe pourtant déjà puisque c’est exactement ce que ma mère a vécu. Après avoir couché sur le papier son désir de non-acharnement, arrivée en phase terminale d’un cancer généralisé, et après que le médecin lui demande une dernière fois si c’était bien ce qu’elle désirait – ce qui n’a pas été sans une dernière hésitation de sa part, j’étais présente –, à la suite d’un oui définitif, on a ajouté dans sa perfusion la fameuse substance et elle s’est endormie pour toujours. Sur son certificat de décès, il est inscrit : « décédée de mort naturelle »...
Nous ne sommes pas vraiment au clair avec la mort, mais une des obsessions de l’humain, enfin de certains hommes, est de la faire sans cesse reculer.
« En 2012, le géant californien Google a engagé comme ingénieur en chef Ray Kurzweil, cerveau en matière d’intelligence artificielle. Connu comme promoteur du transhumanisme, il est le pape de la « singularité ». Sa thèse : « Dès 2045, l’intelligence artificielle dépassera celle de l’humain. » Son rêve : « Faire reculer la mort et, notamment, améliorer le cerveau humain grâce aux implants et aux ordinateurs, et même le rendre immortel en “versant” le contenu d’un cerveau, dans un ordinateur. »
En 2013, dans les bâtiments de Google X, le laboratoire de recherche et développement ultra-secret du groupe, une équipe s’affairait au projet « Baseline Study ». Leur but ? Trouver le moyen de détecter en nous toutes les maladies avant même l’apparition des premiers symptômes, et ainsi faire reculer la mortalité, partout dans le monde. Pour arriver à ses fins, Google a annoncé qu’il allait collecter un maximum de données sur des milliers de volontaires, dans le but de dresser le portrait-robot de l’être humain en parfaite santé. Je me demande bien à quoi sert la protection des données personnelles quand on lit cela et que plus de 40 milliards de données diverses ont été piratées ou perdues en 2021, soit une hausse de 78 % par rapport à 2020. Le laboratoire Google X aurait constitué une équipe de 70 à 100 experts dans diverses disciplines autour de la biologie et de la santé. Ces données seront compilées, puis croisées via un algorithme « secret » et Google en tirera des « biomarqueurs », enfouis dans l’information. L’espoir du groupe californien, c’est que ces marqueurs puissent être utilisés le plus précocement possible pour détecter les maladies beaucoup plus tôt. Dès que les chercheurs auront identifié l’un de ces biomarqueurs, pour une affection donnée, ils pourront très facilement proposer aux médecins de les détecter ; les personnes qui en seront dépourvues pourront être alors invitées à changer leurs habitudes, ou entrer dans un parcours de soins préventifs.
Le journal du CNRS décrit le transhumanisme comme un mouvement qui, en s’appuyant sur les progrès de la biologie et de l’intelligence artificielle, défend l’idée de transformer ou dépasser l’homme pour créer un post-humain, ou un trans-humain, aux capacités supérieures à celles des êtres actuels. Cette transformation s’envisage au niveau individuel, mais aussi collectif, conduisant alors à une humanité nouvelle. Différentes facultés physiques ou mentales et cognitives de l’être humain seraient concernées : il verra dans l’obscurité, ne connaîtra plus la fatigue et ne se cassera pas le col du fémur en glissant… Les vieux vont être contents ! Ses capacités intellectuelles seront décuplées et sa mémoire prodigieuse. Équipé d’un exosquelette intelligent, doté de puces dans le cerveau, ce superhomme deviendra plus performant, plus créatif, plus empathique. Son cerveau, s’il devient malade, sera guéri ou au moins réparé efficacement. Les dangers sont multiples (pour la protection des données justement), mais l’un des arguments contre le transhumanisme consiste à dire que seuls les plus riches auront accès aux technologies augmentatives (implants neuronaux, prothèses bioniques, voire modifications génétiques), leur conférant un avantage indéniable, même si ces technologies progressent à un rythme qui devrait conduire à une baisse significative de leur coût. Il reste difficile de ne pas voir apparaître deux catégories d’humains : des êtres augmentés ou non ; malades ou en pleine forme, immortels ou simples mortels ! Derrière le mythe transhumaniste avance une gigantesque toile d’intérêts économiques. Les transhumanistes sont le pur produit d’une société où les puissances de l’argent : banques, multinationales industrielles et politiques, règnent en maîtres.
En attendant l’immortalité, donc, et alors que certains font tout pour allonger l’espérance de vie à coups de milliards de dollars, il faut bien avouer qu’à partir d’un certain âge, plus ou moins avancé selon ton patrimoine santé ou ton compte en banque, cela devient compliqué. Pas seulement pour soi, mais pour les enfants qui vont devoir porter à bout de bras des êtres qui, parfois, ne les reconnaissent même plus. On devrait faire signer une décharge aux enfants afin de ne pas leur faire vivre ce calvaire rempli de culpabilité car, bien sûr, on ne peut pas ignorer ce parent devenu vieux, bien souvent malade et dépendant, ou les deux, ni l’abandonner, sous peine de passer pour le mauvais enfant. Oui, on devrait signer un pacte pour ne pas avoir à supporter cette fin, après tout, les enfants n’y sont pour rien, comme de naître, mais pour n’avoir à garder en tête que les sourires et les moments de tendresse, quand il y en a eu, et pas ceux d’une déchéance que tu n’arriveras pas à oublier, car cette fin-là tu ne l’oublieras pas.
Oui, il va falloir s’en occuper jusqu’au dernier souffle, de ses vieux, même si tu n’as que de mauvais souvenirs, il faudra assumer cette part, comme un devoir à accomplir, sans quoi on va te regarder de travers, te juger sans même savoir, parce que c’est comme ça, on t’a donné la vie alors tu dois accompagner la mort, et ce, quitte à y laisser ta peau. Dès ta conception on te conditionne pour que tu deviennes redevable : tu dois aimer tes parents, les écouter, leur obéir, les respecter, les rendre fiers, les soutenir, les aider, leur pardonner, les accompagner… jusqu’à leur mort. Peu importe ce qu’ils t’ont fait, peu importe ce que tu penses, ce que tu ressens, ce sont tes parents. Et tout cela au nom de ce lien tout puissant qu’est la filiation, une toute-puissance entretenue depuis 1580, parce que la famille, c’est sacré !
Tu n’as pas d’autre choix, personne n’est libre et surtout pas un enfant. Enfant-objet, propriété du parent, marchandise pour publicitaires, contrepartie en cas de conflit, otage des amours brisés, défouloir pour adultes en souffrance, objet de désirs et de fantasmes, proie sexuelle, rêve à accomplir, projection de frustrations, enfant coupable de tous les maux des parents, il faut bien un coupable, il est un enfant, il ne dira rien ! Que ne faisons-nous pas de l’innocence d’un enfant. Les enfants sont dans une telle dépendance de cet amour-là, à leur insu bien souvent, qu’une fois le temps venu, il faudra faire des allées et venues pour ne pas qu’ils se sentent seuls, tes vieux, pour voir si tout va bien, préparer les repas, soigner, laver, changer la couche, organiser cette nouvelle étape, insister pour prendre une aide à domicile même s’ils refusent, car tu ne peux pas être partout, tu seras parfois épuisé, mais il faudra tenir, au nom du lien de parenté, toujours lui, réfléchir à une donation de son vivant, s’il y a des biens ou des liquidités, ce sera ça en moins pour les impôts et il est évident qu’il faille le faire de son vivant, et à cette décision ultime qui semble la pire : trouver une maison de retraite. « Retraite : action de s’écarter, de se retirer de la vie active ; faire une pause à l’écart de tout ce qui fait notre quotidien. »
Ici, ce sera une retraite forcée, un cap à passer, le dernier : que faire ? Pas d’autre choix. Tu traverseras toutes ces étapes avec le sentiment de bien faire, mais on te fera remarquer insidieusement que ça ne suffit pas et, d’autres fois, avec un sentiment de culpabilité, car tu ne feras jamais assez bien, les parents, en plus de devenir vieux, deviennent chiants, et te feront parfois payer le prix fort, pour certains, consciemment ou non, de cette mort annoncée. Tu seras la bouée de sauvetage à laquelle ils s’accrocheront coûte que coûte, t’entraînant malgré eux dans les bas-fonds de cet abîme qu’est la fin de vie, l’objet à sacrifier sur l’autel du repentir parfois, le miroir déformant leur vie qui n’a plus rien à raconter, qui ne fait que ressasser le passé, oui, il faut bien avoir encore quelque chose à dire, pour oublier ce douloureux présent et éviter l’avenir trop incertain, il ne reste que le passé, il rassure, il est la preuve d’une vie, leur vie, tu ne peux pas leur enlever cela. Si tu baisses les bras, ce sera un lynchage en place publique, il y aura toujours une voix, plus ou moins proche, quand ce ne sera pas la tienne, tellement c’est inscrit que tu es l’enfant et donc que c’est ton devoir, pour te dire que tu ne peux pas faire ça à tes parents. Bon, j’exagère un peu, mais ça me rappelle cet échange récent avec une amie qui m’avouait qu’elle était en quête d’un Ehpad pour sa mère et que c’était d’autant plus compliqué pour elle que sa mère ne lui avait jamais témoigné d’amour.
Selon un dossier de la DREES publié en septembre 2022, la population française augmente régulièrement depuis plusieurs décennies et est composée de plus en plus de personnes âgées. La part de personnes âgées de 65 ans ou plus a augmenté de près d’un quart en l’espace de dix ans, passant de 17 % en 2012 à 21 % en 2022, au 1er janvier 2023, ils étaient 21,3 %, et au 1er janvier 2025, ils représentaient quasiment 22 % de la population.
Au 1er janvier 2025, on dénombrait en France 236 000 personnes ayant plus de 95 ans, principalement des femmes (187 000 femmes et 49 000 hommes). Eh oui, les hommes ne peuvent pas avoir tous les pouvoirs non plus ! Cette tendance longue devrait se poursuivre selon le scénario central des projections de population de l’Insee qui indique que dans 10 ans, 25 % de la population aura 65 ans ou plus. La génération des baby-boomers, celle des 75-84 ans, devrait augmenter de moitié, celle des plus de 80 ans tripler. En 2040, 15 % de la population sera âgée de 75 ans ou plus, contre à peine 6 % en 1990. Enfin, le nombre de personnes âgées très dépendantes nécessitant une prise en charge lourde se portera à 2,2 millions, contre 1,3 million aujourd’hui.
En 2021, la France disposait de 7 503 Ehpad pour une capacité supérieure à 600 000 places. Les projections pour 2050 estiment à 319 000 le nombre de places supplémentaires nécessaires. Le tarif moyen d’un hébergement en Ehpad en France s’élève à 2 310 euros par mois, jusqu’à 7 300 euros, selon l’étendue du compte en banque ou de la culpabilité des enfants (je plaisante). La durée moyenne de ce dernier voyage, qui ne sera pas le plus dépaysant, dans des lieux plus ou moins douteux, avec plus ou moins de services, étant de trois ans et quatre mois. Le site « Cap Retraite », oui, on ne part pas au Cap d’Antibes avec vue sur mer non plus, nous dit qu’il y a cinq patients pour une aide-soignante et en moyenne dix-sept résidents par infirmière.
Dans un rapport sur les droits fondamentaux des personnes âgées accueillies en Ehpad, publié en mai 2021, la Défenseure des droits pointait des carences dans l’accès aux droits de ces personnes : consentement éclairé, prise en charge adaptée, liberté d’aller et venir, droit à la vie privée, protection..., c’est bien ce que je dis, ce ne sont pas les vacances ! Surtout que là aussi on parle de maltraitances, dans 43 % des cas, des réclamations remontées à la Défenseure, presque un sur deux !
On mise tout sur l’allongement de la vie donc, mais dans quel but exactement, puisque les vieux, non seulement on ne sait pas quoi en faire, mais en plus « on » s’en fout ! Selon les chiffres de 2021 de l’association Les Petits Frères des Pauvres, 1,3 million de personnes âgées ne voyaient jamais ou quasiment jamais leurs enfants et petits-enfants, contre 470 000 lors du précédent baromètre en 2017. Ils seraient deux millions à être complètement isolés des cercles familiaux et amicaux. Mais rassure-toi, il y aura du monde quand le notaire recherchera les héritiers... De plus, rien n’a été anticipé pour leur fin de vie : manque de structures, de personnels, et... d’amour, cherchez l’erreur !
Alors que le taux le plus important de personnes hospitalisées concerne les plus de 80 ans, l’hôpital, lui aussi, appelle au secours depuis des décennies et personne n’entend. Enfin quand je dis personne, je veux parler de l’État : postes vacants imposant des fermetures de lits, accentuation des départs en cours de carrière, difficultés de recrutement, épuisement, multiplication des heures supplémentaires impossibles à récupérer, salaires à la ramasse, le tout accentué par deux ans de crise sanitaire. Encore un Ségur qui ne va pas servir à grand-chose, alors que la France comprend le plus grand nombre d’hôpitaux par million d’habitants (44,7) parmi les pays européens de taille comparable dont les données sont disponibles. Ce nombre est notamment supérieur à celui de l’Allemagne (36,4), de l’Espagne (16,5) et de l’Italie (17,7). Selon une étude de la Commission européenne et de l’OCDE, la France consacre 11,3 % de son PIB à la santé, la part la plus élevée de l’Union européenne. Mais le manque et la mauvaise répartition des médecins de ville jouent un rôle non négligeable dans l’agonie de l’hôpital qui, peu à peu, a mué vers la rentabilité au détriment de la qualité du soin et de la relation. Cela a commencé avec le « plan Juppé » de 1996 sur la Sécurité sociale. L'hôpital, qu'il soit privé ou public, doit alors payer un loyer mensuel, ce qui revient à lui demander d’être rentable. On peut entendre aujourd’hui de-ci de-là des réflexions surréalistes de personnel soignant : « On nous demande de soigner le patient le plus rentable » ou de « renvoyer des enfants chez eux en devant décider lequel est le moins suicidaire », « on est complètement submergés, tout tarde, on doit combler les absences, le manque de formations, et on nous demande de faire du chiffre, de faire des actes : le gouvernement est en train de laisser couler l’hôpital public ». La faute à qui ? L’allongement de l’espérance de vie, encore elle, ainsi que le coût grandissant des techniques. Les soins et les appareillages, toujours plus nombreux et onéreux, ont continué d’accentuer le déficit en raison de leur efficacité sur l’espérance de vie.
Le manque de sage-femmes, par exemple, est flagrant. Les départements français fonctionnent quasiment tous avec moins d’une sage-femme salariée à l’hôpital pour 10 000 habitants.
Depuis 2000, les établissements médicaux publics français ont perdu 90 000 lits, soit une baisse de 28 % en un peu plus de 20 ans et les conditions d’accueil pourraient fortement se dégrader dans les décennies à venir. En cause, le vieillissement de la population et le besoin de soins accru pour les seniors, ainsi que les crises de vocation dans l’hôpital public. Développé dans les pays anglo-saxons, le système dit « d’hospitalisation ambulatoire » est devenu la norme en France. Entre 2021 et 2023, plus de 30 000 patients ont été laissés sur des brancards la nuit en raison du manque de lits dans les services d'urgence. 13,2 millions de patients ont été hospitalisés au moins une fois en 2023. 16,1 millions de passages aux urgences ont été recensés en 2024, soit une augmentation de 1,9 % par rapport à l’année précédente, avec notamment, on les retrouve, une progression préoccupante du nombre de patients âgés de plus de 75 ans. D’après une enquête de la Fédération hospitalière de France, 99 % des établissements publics rencontrent des difficultés, faute de personnels suffisants. Enfin, en 2020, près de la moitié de la consommation de soins médicaux globaux s’effectuait à l’hôpital (48,1 %). Le secteur public produit en outre les trois quarts des soins hospitaliers consommés en France et son financement est principalement supporté par l’Assurance-maladie, à hauteur de 93 %. Bref, je ne vois plus qu’une chose à faire : ne pas tomber malade !
Comment sauver l’hôpital ? Comment sauver la jeunesse ? Comment sauver le monde, alors que le jeudi 24 juillet 2025 marquait le jour à partir duquel l’humanité avait consommé l’ensemble des ressources que la Terre peut reconstituer en une année. Il s'agit de la date la plus précoce depuis 1971. C’est ce que l’on appelle le « jour du dépassement », une date fatidique que calcule l’ONG de défense de l’environnement Global Footprint Network depuis plus de vingt ans sur la base de trois millions de données statistiques de 200 pays. Cette date symbolise la pression exercée par l’humanité sur la planète. Il n’y a qu’en 2020, durant la crise sanitaire, que ce jour a eu lieu trois semaines plus tard, notamment grâce à la réduction des émissions de CO2 et à une moindre déforestation dans le monde.
À quand le jour du dépassement de soi pour un monde meilleur ?
Alors que 55 % de la biocapacité de la planète est utilisée pour nourrir l’humanité, il est nécessaire de réduire sa consommation de protéines animales afin de réduire la consommation d’eau, d’espace et de matières premières associées à l’élevage. D’après l’ADEME, l’empreinte carbone est divisée par quinze entre un repas végétarien et un repas riche en viande rouge. L’alimentation durable présente des bénéfices en matière de santé, d’environnement, mais aussi en matière de bien-être animal. Si nous réduisons notre consommation de viande par deux et que l’on réduit notre gaspillage alimentaire, nous pourrions réduire cette date de dépassement d’un mois, nous dit Pierre Canet, directeur du plaidoyer et des campagnes de WWF France.
Toujours selon le WWF, des actions globales permettraient de faire reculer le jour du dépassement, comme reforester : 350 millions d’hectares de forêt pourraient décaler la date du dépassement de 8 jours ; réduire de moitié la consommation mondiale de viande ferait reculer la date du dépassement de 17 jours ; diviser par deux l’empreinte carbone de l’humanité permettrait de reculer le dépassement de 93 jours ; diminuer de 50 % le gaspillage alimentaire dans le monde ralentirait le dépassement de 13 jours.
Oui, les jours comptent, et là nous sommes bien au jour près.
À notre échelle personnelle, cinq habitudes faciles à adopter dans notre quotidien contribueraient également à faire reculer ce jour fatidique d’après Climate Consulting, de Selectra : choisir des transports écoresponsables ; réduire notre consommation de viande rouge, donc ; recycler nos déchets ; faire des économies d’énergie ; changer de fournisseur et passer aux énergies renouvelables, électricité verte et biogaz ; et compenser nos émissions de CO2. Un Français rejette en moyenne dix tonnes de CO2 par an dans l’atmosphère. Ces émissions sont principalement induites par l’alimentation (régime trop carné) et les transports (voiture et avion y contribuent fortement). Viennent ensuite des postes de dépenses tels que la consommation d’électricité, l’achat de biens et services...
