L'agroécologie c'est super cool ! - Benoît R. Sorel - E-Book

L'agroécologie c'est super cool ! E-Book

Benoît R. Sorel

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Beschreibung

L'AGROÉCOLOGIE C'EST SUPER COOL ! Et autres arguments très sérieux en faveur de l'agroécologie Connaissez-vous l'agroécologie ? Ses principes et ses objectifs ? Non ? Alors ce livre est fait pour vous. Vous y découvrirez toutes les raisons qui font que, dans tous les pays du monde, chaque jour, des jardiniers, des maraîchers et des paysans agroécologistes observent, ressentent, inventent et travaillent avec leurs mains, avec leur coeur, avec leur tête pour produire des récoltes dans une terre durablement fertile. Vous savez déjà ce qu'est l'agroécologie ? Alors vous trouverez dans ce livre tous les arguments pour faire connaître l'agroécologie et pour répondre à ses adversaires et aux sceptiques. Benoît R. Sorel

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Seitenzahl: 101

Veröffentlichungsjahr: 2017

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DU MÊME AUTEUR

À l’école d’agriculture durable – institut technique d’agriculture naturelle

Cours d’entomologie pour l’agriculture naturelle

Aux éditions BoD

L’élevage professionnel d’insectes : points stratégiques et méthode de conduite

L’agroécologie : cours théorique

L’agroécologie : cours technique

NAGESI. Nature, société, spiritualité

Les cinq pratiques du jardinage agroécologique

Réflexions politiques. Responsabilité, autorité, clarté

Quand la nuit vient au jardin. Émotions déplaisantes et ephexis au jardin agroécologique

À paraître

À la recherche de la morale française. Réflexions à partir de l’ouvrage de Jean-Marie Domenach ‘Morale sans moralisme’

Sens de la vie et pseudo-sciences

Ainsi que des textes gratuits disponibles sur

http:\\jardindesfrenes.jimdo.com

Sommaire

Introduction

Des phrases à semer

L’agriculture durable

L’agroécologie est-elle « économiquement viable » ?

Lettre au président

Les devoirs de l’agriculteur

L’agroécologie : une agriculture des sens

S’épanouir au travail

Le rapport au client

Fukuoka expliqué

En conclusion

Introduction

Promouvoir l’agroécologie

Promouvoir l’agroécologie, auprès des jeunes, auprès des moins jeunes, auprès des consommateurs, auprès des écologistes, auprès des personnes malades, auprès des personnes en bonne santé, auprès des fonctionnaires, auprès des agriculteurs, auprès des élus : la promotion de l’agroécologie est indispensable.

Mais elle n’est pas facile. Discipline jeune en train de se créer, sousdiscipline de l’agriculture biologique, ni permaculture ni agriculture naturelle, bases scientifiques, objectifs agronomiques : quels arguments utiliser pour promouvoir l’agroécologie efficacement ? Des arguments trop courts, trop rapides, trop vite contredits, vont nuire à son développement. De même, si la présentation que l’on fait de l’agroécologie laisse nos interlocuteurs indifférents, cela lui est dommageable. Il faut promouvoir et convaincre.

L’agriculture conventionnelle, chimique et mécanisée, ici en France et à l’étranger d’où proviennent des importations croissantes, demeure majoritaire et très active en termes de lobbying, de publicité, de syndicats, de politique, d’activité bancaire. Elle imprime toujours plus ses marques sur la psyché des consommateurs, via les promesses de prix toujours plus bas et d’une qualité toujours plus haute. Promesses contradictoires impossibles à tenir, mais plus ce mensonge est éhonté, plus il est répété, plus le peuple en est imprégné, plus le peuple en fait sa référence économique et sécuritaire.

L’agroécologie se veut être une alternative crédible à l’agriculture conventionnelle. Ses techniques font leurs preuves ; il convient donc désormais de la promouvoir avec confiance et raison. Le temps des pionniers est révolu.

Dans cet ouvrage je vais vous présenter les messages que je considère comme essentiels à faire passer, accompagnés de tous les arguments que j’ai réunis depuis cinq ans que je me consacre à l’agroéco-logie.

Corps et esprit de l’agroécologie

L’agroécologie n’est pas qu’un ensemble de techniques, dérivées de principes agroécologiques, eux-mêmes dérivés de connaissances scientifiques. Il est nécessaire de présenter les techniques agroécologiques, qui en sont le corps, mais il faut aussi en faire connaître l’esprit.

L’esprit de l’agroécologie, c’est des principes, les principes agroécologiques, ainsi que des façons de penser le sol, les plantes et la nature. Ces façons de penser la nature cultivée sont d’une part scientifiques (ce sont des théories de la science écologique) et d’autre part logiques, pour ne pas dire philosophiques. D’une part on pense la nature avec des termes scientifiques, d’autre part on pense la nature avec des termes quasiment philosophiques, qui recouvrent les domaines allant de l’agronomie à la spiritualité, en passant par la psychologie et la sociologie. En agroécologie on ne conçoit pas la nature de la même façon qu’en agriculture conventionnelle : on l’aborde sous tous ses aspects. Qui dit pensées alternatives dit actions alternatives : l’agroécologie est une alternative, un « faire autrement » à l’agriculture chimique dominante. Il faut donc aider le public à aller vers ces façons originales de concevoir la nature, que ni l’éducation ni l’état ni l’industrie ni les chambres d’agriculture ne relaient. Les agroécologistes ne doivent compter que sur eux-mêmes pour faire connaître leur discipline.

Passons aux techniques. Principes et façons de penser agroécologiques sont valables dans tous les pays du monde ; mais les techniques agroécologiques, elles, doivent être adaptées aux conditions locales (climat, sol et sous-sol, végétation naturelle…) Les techniques agroécologiques varient d’un pays à l’autre, d’une région à l’autre, c’est normal.

Qui dit techniques adaptées dit réflexion préalable : il faut réfléchir aux objectifs de production, aux moyens disponibles, sans dévoyer l’esprit de l’agroécologie ! On ne met pas l’agroécologie en pratique en deux coups de cuiller à pot : l’agroécologie est un vrai métier, qui demande effort de réflexion et effort de travail manuel.

Vous avez à cœur de mettre en pratique l’agroécologie dans votre jardin ou dans votre champ, en tant que loisir ou en tant qu’activité professionnelle ? Sans réflexion vous n’y arriverez pas. L’agroécologie est affaire de tête, de cœur et de main tout ensemble. En agroécologie il n’y a pas de spécialisation – contrairement à l’agriculture industrielle.

Promouvoir l’effort de changer

L’agroécologie est certes un ensemble de techniques et de principes, mais elle est en même temps un chemin de vie. Elle est une activité humaniste qui transforme les rustauds en gens sensibles, les bourrins en penseurs, et les précieux-ses en hommes et femmes des champs. N’est pas agroécologiste qui veut ! Là aussi, mesurez bien la différence avec la norme en vigueur dans le monde du travail industriel : dans ce monde, où 90 % de la population s’active, les individus sont interchangeables. Il n’y a pas de « métier-passion » mais uniquement des postes de travail spécialisés, qui tendent à réduire l’être humain soit à une machine soit à un cerveau, et qui remplacent l’humain par une machine ou par un ordinateur dès que cela est possible. Au contraire, en agroécologie l’humain est l’alpha et l’oméga. Il n’existe pas de jardinier agroécologiste fourbu par son travail.

La modernité nous habitue, aussi, à penser que l’effort physique est quelque chose de dégradant. Suer au travail est considéré comme rétrograde, au point d’être combattu par les syndicats en tant que preuve de « mauvaise condition de travail ». Cette généralisation n’est pas justifiée. En faisant la promotion de l’agroécologie, il faut faire passer le message que justement l’avenir ne se construit avec confiance que par l’effort, la réflexion et la persévérance. C’est un message à contre-courant : il faut rétablir la valeur de l’effort, physique comme intellectuel. Dans le flot des publicités débilitantes et excitantes dont sont submergées les populations de tous les pays par les industries de toute sorte, être humaniste aujourd’hui c’est redonner de la valeur à l’effort et au temps long. Le travail physique est supportable à condition de le faire alterner avec du travail de la tête – dans l’industrie, dans la logistique, les personnes qui chargent et déchargent des colis ne font que ça d’un bout à l’autre de l’année, et toujours en travaillant aussi vite que possible. Dans ces conditions, le travail physique est effectivement dégradant. Et humiliant.

La modernité ‘industriello-politico-publicitaire-médiatique’, avec son flot incessant de publicité et autres méthodes de manipulation mentale des peuples, est également répétitive, somnolente, anesthésiante, étouffante, ennuyante. Elle ne répète qu’un seul message : « produisez plus – consommez plus ». Au contraire, l’agroécologie est humaniste, car aujourd’hui elle porte le message qu’il est possible de faire autrement. Par sa seule existence, l’agroécologie dit qu’un choix existe : le choix entre l’agriculture industrielle ou l’agriculture artisanale. Le choix entre une agriculture qui a en son centre des impératifs financiers et une agriculture qui a en son centre le bien-être humain. Sans choix possible, pas de liberté, pas d’humanité. L’agroécologie peut capter tous les individus qui ont ouvert les yeux sur la répétitivité de la communication industrielle, et l’ennui, le manque de sens, que cela génère. L’agroécologie est une ligne d’évolution.

Promouvoir l’agroécologie nécessite aussi de parler un peu de l’alimentation. Rien n’est simple dans ce monde. Par expérience, je sais qu’il est facile de produire des légumes et des fruits agroécologiques. La difficulté est de les vendre. L’agroécologie est polyculture, mais la majorité de la population ne voudra qu’une seule variété par espèce, et que dix espèces tout au long de l’année ! C’est mon expérience. Alors qu’il est possible d’en cultiver plus d’une centaine et alors que les saisons déterminent les possibilités de culture. Alors pourquoi ces habitudes alimentaires monotones ? Parce que l’Homme moderne ne sait pas manger. Il ne sait pas faire les liens entre l’alimentation et la santé, entre l’alimentation et le climat, entre l’alimentation et la nature, entre l’Homme et la Nature. Donc il ne mange que ce qu’il juge agréable au goût, rapidement ingérable et longtemps stockable. Ce thème déborde hélas l’agroécologie et je vous invite à consulter des ouvrages dédiés, nombreux et disponibles dans toutes les librairies et les bibliothèques.

L’agroécologie, pour celui ou celle qui la découvre, offre l’opportunité de repenser son rapport au monde. Et une fois convaincu par l’agroécologie, il n’y a pas de retour en arrière possible. De mouton médiatique l’individu devient berger de sa vie. Mauvaise nouvelle pour certains, qui siègent dans de grands immeubles richement décorés et meublés, qui gagnent chaque mois plusieurs milliers d’euros sans fournir le moindre effort physique ni même intellectuel (je parle des lobbyistes des grands groupes industriels de l’agro-alimentaire). Mais bonne nouvelle pour cet individu qui aura pris conscience du choix qui existe !

En fait, je souhaite que ce petit ouvrage n’attire pas trop l’attention des lobbyistes, des publicitaires et des chargés de communication de l’agro-industrie. Ce milieu ne manque pas de docteurs en psychologie, en philosophie, en histoire, en sociologie surtout, qui seront promptes à concevoir des contre-arguments. Mais l’intelligence de ces gratte-papier est en même temps leur faiblesse : le temps qu’ils passent à réfléchir est autant de temps qu’ils ne passent pas dans le champ ou dans le jardin, à cultiver, à observer et à ressentir les cultures qui poussent et les récoltes qui approchent. L’agroécologie – celle que je pratique et que je promeus – ne sépare pas la pratique de la théorie, d’où une force d’argumentation considérable et globale.

En conclusion de cet ouvrage, je vous proposerai de renouer avec la pensée originelle du pionnier Masanobu Fukuoka, inventeur de l’agriculture sauvage au Japon, dans les années 1950-1960. L’agroé-cologie en est dérivée : les principes de l’agriculture sauvage sont au centre de l’esprit agroécologique. Il faut donc s’astreindre à les connaître et à les respecter dans l’innovation technique. Ils sont une source atemporelle de convictions et d’inspirations, qui participera au même titre que les connaissances écologiques scientifiques à faire passer l’agroécologie du statut de mode au statut d’agriculture pérenne. Faire la promotion de ce précurseur de l’agroécologie permet de montrer au public que les façons alternatives de concevoir l’agriculture sont durablement fécondes.

Note :

Pour le détail des théories, principes et techniques de l’agroécologie qui seront évoquées ici, j’invite le lecteur à se référer à mes précédents ouvrages.

Des phrases à semer

L’agroécologie est une discipline agricole nouvelle, sous-discipline de l’agriculture biologique. Si on n’a pas un pied – ou deux – dans le monde agricole, on ignore tout des forces et des formes de l’agroéco-logie. On peut pas deviner en quoi elle consiste, de la même manière que vous ne pouvez pas deviner ce que représente le cercle de Vienne si vous n’avez pas une formation en philosophie des sciences.

Je m’efforce de faire connaître l’agroécologie autour de moi. J’utilise dans un premier temps ces quelques phrases, imprimées sur un petit prospectus que je prends soin de donner à chacun de mes nouveaux clients :

Pas de pesticide, pas d’hybrides, pas d’OGM, pas d’engrais ;

Semis, plantation, paillage et récolte manuels ;