L'approche étho-cognitive en psycho-éducation - Simon-Pierre Lacerte - E-Book

L'approche étho-cognitive en psycho-éducation E-Book

Simon-Pierre Lacerte

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Beschreibung

Une méthode d’intervention éprouvée pour accompagner les enfants en difficulté, fondée sur 40 ans de pratique sur le terrain.

Dans cet ouvrage de référence, Simon-Pierre Lacerte partage l’approche étho-cognitive qu’il a développée à partir de décennies d’expérience en psycho-éducation. Il y propose une vision modélisée de la communication humaine et des outils concrets pour aider les éducateurs spécialisés, intervenants sociaux et professionnels du milieu scolaire ou institutionnel à structurer leurs actions.

Axé sur la réalité du terrain, ce guide synthétise les meilleures pratiques de l’éducation spécialisée et les adapte aux contextes actuels d’accompagnement des enfants en souffrance.

Ce que vous trouverez dans ce livre :

  • Une méthode rigoureuse pour modéliser l’intervention éducative
  • Des outils concrets pour la prise en charge des enfants en difficulté
  • Des réflexions issues de l’éthologie cognitive appliquées au domaine éducatif
  • Une approche structurée pour développer un cadre d’intervention stable et évolutif
Un ouvrage fondamental pour toute personne impliquée dans la relation d’aide auprès des jeunes.

EXTRAIT

Dans le domaine de l’éducation spécialisée, il a souvent­ été décrié que cette profession souffre d’un manque de publications littéraires et scientifiques. Est-ce lié à une faible personnalité professionnelle ? Est-ce lié au fait que nos apprenants sont encore formés, heureusement dans un sens et malheureusement dans un autre, par des professeurs issus majoritairement de plusieurs autres domaines professionnels ?
J’ai écrit « malheureusement » non pas dans l’idée de minimiser l’apport des autres professions, mais bien parce que la formation d’éducateurs spécialisés nécessite la présence importante, voire cruciale, d’acteurs pédagogiques provenant de cette spécificité : des éducateurs ayant vécu les problématiques du terrain et passant la flamme de l’intervention aux novices. Cela, tout en soutenant le besoin de perfectionnement récurrent et permanent des membres.

CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE

Les travaux de Simon-Pierre Lacerte constituent un apport considérable pour les praticiens de l’éducation sociale qui œuvrent en appui aux familles en difficultés. -Luca Zuntini, Fondations Jeunesse et Famille

Avec l'aide de cet écrit sur l'éthologie cognitive, le travail initial de transmission du modèle peut enfin évoluer vers un mode structuré et modélisable. -Denis Lemieux, chef des services de l’AÉMO Ouest

À PROPOS DE L'AUTEUR

b>Simon-Pierre Lacerte est éducateur spécialisé auprès de jeunes, parents et adultes. Il possède une expérience d’intervention de plus de 20 années en suicidologie et sociopathologie. Il est conférencier, coach et formateur cumulant une expérience de 4 décennies en relation d’aide dont les 16 dernières années en coaching/terrain et développement de milieux. Il est le fondateur de l'Approche étho-cognitive en socio-éducation et ce livre est son premier ouvrage littéraire sur le sujet.

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Seitenzahl: 111

Veröffentlichungsjahr: 2017

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L’APPROCHE ÉTHO-COGNITIVE

Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada

Lacerte, Simon-Pierre, 1952-

L’Approche étho-cognitive en socio-éducation

Comprend des références bibliographiques et un index.

ISBN 978-2-924470-02-2 (version papier) ISBN 978-2-924470-03-9 (version ePub)

1. Comportement humain. 2. Cognition. I. Titre.

HM1033.L32 2015302C2015-940009-0

Conception graphique des couvertures : Christine Delezenne, [email protected] Stéphanie Gagnon, [email protected]

Graphisme/mise en page : François Messier info@françoismessier.com

Aide à la rédaction : Laura Iseut L. St-Martin Paule Mongeau

Correction finale : Jacques A. Côté

Éditions du Grand Ruisseau 1355, ch. du Grand-Ruisseau Saint-Sauveur-des-Monts, Qc Canada J0R 1R1 1-514-247-3127 www.editionsdugrandruisseau.ca

Dépôt légal : 3e trimestre 2015 Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque et Archives Canada

Droits d’auteur et droits de reproduction Toutes les demandes de reproduction doivent être acheminées à :

Simon-Pierre Lacerte

L’APPROCHE ÉTHO-COGNITIVE

Un hommage particulier

à la mémoire de mon mentor

Henri Ouellet, Ph. D., 1994-2013

pour l’amitié profonde et la complicité qu’il nous a été donné de construire.

Où que soit maintenant ton énergie dans cet Univers, voilà le début actif

de cette mission que la vie m’a impartie par ta voix, mon ami.

HOMMAGE

Aux personnes qui ont influencé au plus haut point mon cheminement professionnel par leur soutien, notre relation et nos échanges fructueux :

Madame Nicole Bourget, psychopédagogue, 1970Monsieur Marcel Charrette, psychoéducateur, 1974-1980Monsieur Gilles Deslauriers, professeur au Cégep Marie-VictorinMonsieur Yoland Roy, professeur au Cégep Marie-VictorinMonsieur Gilles Gendreau, éducateur spécialisé/psyed, UdeM, 1976-1982Madame Renée Giguère, professeure, UdeM, 1980Monsieur Jean-Pierre Dion, directeur du Lien, 1991-2005Sœur Madeleine Grandmaison, sbc, 1991-2005

Enfin, hommage à Paule Mongeau, psychologue et éditrice, pour son soutien indéfectible dans la démarche et le processus de réalisation de ce livre. Amie, collègue, en cette dimension et ailleurs…

MERCI à tous !

Préface

L’Approche étho-cognitive : un appui à l’action socio-éducative en protection de l’enfance

Par Luca Zuntini, directeur d’institutions socio-éducatives Fondation Jeunesse et Familles – Ecublens, Suisse

Travailler avec les composantes de la violence en protection de l’enfance exige des formes de pratiques en mesure de traiter la violence au sein de l’action éducative elle-même, sans renvoyer systématiquement l’appareil à des « spécialistes » ou à des « urgentistes » externes. Le morcellement des pratiques peut facilement conduire à « désapproprier » les parents de la question éducative et des responsabilités qui en découlent. Là où la négligence est déjà présente, cela renforcera les comportements de déresponsabilisation ; là où l’impuissance est prégnante, cela augmentera la confusion et encouragera les compor­te­ments de repli, les manifestations dépressives, etc.

Doser action et réaction est donc un exercice qui, dans bon nombre de cas, peut aussi se prévaloir d’un travail d’anticipation. L’enjeu est de répondre à ces aspects de la violence qui découlent des rapports de force familiaux et des conditions environnementales (culture, politique, emploi, etc.) avec et dans lesquels les parents évoluent, apprennent et affinent leur pratique éducative.

L’intégration d’outils qui viennent en appui à l’activité éducative quotidienne n’est pas une sinécure, mais demeure pourtant une nécessité vitale. La réponse que nous cherchons aux nouvelles problématiques de santé est à trouver dans la synthèse des connaissances par l’enrichissement mutuel du savoir scientifique et des savoirs traditionnels, sociaux et culturels, sans segmenter l’action et multiplier de manière décousue les acteurs. L’éducation sociale moderne peine à retrouver une vision anthropique, à se réconcilier avec l’idée de l’unité de l’être humain en lui-même, son unité avec l’univers, l’unité avec tout ce qui vit, incluant tout ce qui « habite », occupe de l’espace, au sens physique, cognitif, psychologique et symbolique du terme.

Les travaux de Simon-Pierre Lacerte sur l’éthologie cognitive, la conjugaison particulière qui en résulte et qui repose sur l’observation et la prise en considération des archaïsmes (mécanismes primaires) inscrits dans l’évolution de l’espèce humaine, constituent un apport considérable pour les praticiens de l’éducation sociale et du domaine de la santé qui œuvrent en appui aux familles en difficulté. L’Approche étho-cognitive (AÉC) est traversée par un effort « d’intelligence pratique » qui rend aisée sa conjugaison avec la clinique éducative, offrant même aux transactions l’opportunité de s’égarer dans le jeu, offrant un caractère ludique au travail.

La corporalité est l’une des orphelines de l’éducation sociale. Contrainte de composer avec les dogmes et les interdits modernes, cette dernière semble conviée à délaisser les interactions physiques auprès des sujets à qui elle destine ses soins : le médecin saura-t-il exercer son métier sans plus toucher le souffrant? Autoriser l’expression du corps, légitimer ses aptitudes à la communication, redonner droit de cité à son langage et soutenir de front la puissance de son regard, de son message, sont autant de manières de réduire les rapports de force et les effets d’assujettissement, sans pour autant négliger que l’éducation n’est pas une clinique de l’apaisement, mais une clinique du conflit et, par-là, une clinique de la différence.

L’Approche étho-cognitive, les nombreuses collaborations avec Simon-Pierre Lacerte, ses découvertes et ses créations, dynamisent et renouvellent le savoir-faire de nos équipes de terrain : leurs réponses ne sont que plus pertinentes et leur travail gagne en qualité, multipliant ainsi les réussites des familles et des parents qu’ils côtoient au quotidien.

Préambule

Une réflexion importante et une attitude déterminante

Le travail dans les humanités commande une bonne dose d’humilité à tous ses intervenants. Les connaissances acquises, nous les détenons tout simplement en concession pour nos semblables. Elles sont mises en valeur par notre propension à tenir compte du facteur humain de chacun, en tout respect.

Intervenants, professionnels, parents ou aidants naturels, nous sommes au service du mieux-être de nos semblables et, en ce sens, nous devons militer pour éviter le trajet inverse, celui qui indiquerait que nos semblables sont devenus le simple prétexte de notre travail ou l’objet de nos propres insécurités et limites. L’acquisition de ces attitudes nocives et toxiques devient facile dans tout milieu négligeant l’entraînement régulier du personnel au respect des fondements humains tout autant que de l’individu.

Pour ma part, j’ai conscientisé le besoin de diffuser mes idées, celui de reproduire ces petits bonheurs qui sont nécessaires à l’expression volontaire et positive de notre vie. Lorsque des moments de questionnements et de doutes surviennent, ils sont comme un espace de retranchement psychique inaliénable où nous pouvons charger nos batteries pour ainsi faire preuve d’une acuité et d’une vigilance renouvelées.

Dans le sillon tracé par Boris Cyrulnik qui voit d’abord l’éthologie comme un carrefour de disciplines, pour ma part je considère que l’Approche étho-cognitive dont il est question dans ce livre devient quant à elle un carrefour d’outils d’intervention que je me plais à nommer « accompagnement ». J’insiste toujours sur cette appellation du fait que cela nous rappelle toujours l’humilité nécessaire à l’exercice de nos compétences devant le courage qu’un cheminement demande à une personne. Au hockey, à titre d’entraîneur, ce n’est pas moi qui pousse sur les patins, mais le joueur. Il a tout mon respect et a droit à mes meilleures­ directives et à tout mon soutien.

À l’aube de ma quarantième année professionnelle, s’est pointée l’urgence de contribuer au développement de cette intelligence collective, qui propose le geste juste en se servant de chacun de nous comme d’un vaste réseau neuronal.

S’il y a un cadeau que je dois vénérer de mes grands-parents et de quelques mentors, c’est cette affection reçue­ qui développe en soi le sentiment de confiance. Cette confiance en soi est force et pouvoir intérieur. Nous devons l’entretenir avec déférence et humilité au bénéfice de nos semblables, donc de nous-mêmes de façon inclusive.

Si l’affection transmise permet de développer chez chacun cette nécessaire et fondamentale confiance en soi, les idéologies et les valeurs qui en découlent donnent paradoxalement deux configurations : d’une part, celles qui s’autodétruisent ; d’autre part, celles qui s’étendent au réseau humain, en se nourrissant de toutes les idées disponibles. Le choix nous appartient d’être utile ou pas à notre espèce. J’ai choisi la voie de l’utilité plutôt que d’employer mes compétences à des fins égocentriques.

Alors, mes chers lecteurs, acceptez en partage cette affection vénérée, afin que l’estime de soi grandisse en chacun de façon adaptée au moment présent et au futur qui s’en alimente.

Ainsi, oserai-je écrire tout en vous interpellant : « CHEVALIERS DU MÈME1, le temps est venu de pousser au galop nos montures pour permettre au plus grand nombre de nos contemporains de connaître, que dis-je, de vivre l’approche que nous proposons ici, celle de « dompter la Bête » ! » Il s’agit de créer nos petits bonheurs intérieurs et de partager l’essence du meilleur en soi.

1 Référence aux deux tomes du livre Le principe de Lucifer d’Howard Bloom où le Mème est la façon évoluée de communiquer. : l’idée étant tellement claire qu’elle se partage de façon électromagnétique simultanée, directement d’un cerveau à l’autre.

Selon les principes sous-jacents à notre approche, participer au devenir et à la sécurité intérieure de toute personne de bonne volonté est notre devoir humain. Arriver au bout du compte avec un bilan positif des qualités humaines est une façon d’exprimer cette participation grégaire (fondamentale à notre espèce) et coopérative (enthousiaste et humaine). Par « bilan positif », j’utilise une image comptable et des mots bien compris dans le monde des affaires.

Les textes regroupés dans cet ouvrage sont tirés et inspirés de séminaires, de conférences ou d’articles écrits à l’intention des professionnels et des intervenants en services humains, que ceux-ci travaillent en éducation, en services sociaux et de santé, dans le milieu des agents de la paix ou parmi les groupes de soutien. Leur contenu s’adresse expressément aux parents et aux aidants naturels d’êtres humains ayant des besoins spéciaux. Je tiens ces personnes en haute estime d’intelligence affective, une qualité dont elles doivent faire preuve dans leur exercice volontaire quotidien.

Introduction

Dans le domaine de l’éducation spécialisée, il a souvent­ été décrié que cette profession souffre d’un manque de publications littéraires et scientifiques. Est-ce lié à une faible personnalité professionnelle ? Est-ce lié au fait que nos apprenants sont encore formés, heureusement dans un sens et malheureusement dans un autre, par des professeurs issus majoritairement de plusieurs autres domaines professionnels ?

J’ai écrit « malheureusement » non pas dans l’idée de minimiser l’apport des autres professions, mais bien parce que la formation d’éducateurs spécialisés nécessite la présence importante, voire cruciale, d’acteurs pédagogiques provenant de cette spécificité : des éducateurs ayant vécu les problématiques du terrain et passant la flamme de l’intervention aux novices. Cela, tout en soutenant le besoin de perfectionnement récurrent et permanent des membres.

En ce sens, le présent ouvrage vise à faire une synthèse pragmatique de plusieurs années d’expérience professionnelle qui ont radicalement changé ma manière d’agir en relation d’aide. Grâce au legs de cette expérience à des gens qui interviennent dans un même milieu, je veux contribuer à adapter, voire remettre en question, leur manière de travailler. Puis, éventuellement, modifier ce milieu afin de le rendre plus agréable et plus fluide, dans le respect des fondements du comportement humain.

Il me semble nécessaire, au chapitre premier, de passer en revue les théories préalables sur lesquelles repose l’Approche étho-cognitive ; plusieurs tableaux et principes seront fréquemment en rappel au cours de l’ouvrage. Parmi les sources de l’AÉC, on retrouve :

le pentagramme de Serge Ginger, avec la Gestalt au centrel’intervention psychoéducative de Gilles Gendreaules niveaux de maturité interpersonnels de Sullivan, Grant et Grant et ce qu’en a communiqué le Dr Bolduc au centre jeunesse Mont Saint-Antoinepuis, l’éthologie cognitive de Jacques Vauclair et Michel Kreutzer.

Comme sa dénomination le suggère, les interventions de l’AÉC sont justifiées principalement par cette dernière théorie basée sur l’étude-action des états psychiques et comportementaux des individus (c.-à-d. la capacité de résoudre des problèmes, des émotions et de comprendre les motivations) à partir de leur nature animale, ainsi que par les recherches sur le système nerveux et la cognition (pensée/mémoire).

Au second chapitre, la présentation de l’échelle de restructuration ou consolidation de l’estime de soi aura pour objectif d’éclairer les fondements de l’Approche étho-cognitive dans sa compréhension de la communication humaine, ainsi que dans son utilisation en intervention active.

Au troisième chapitre, nous nous rapprochons d’une définition fonctionnelle de l’Approche étho-cognitive. Il sera question de l’importance de l’adaptation individuelle aux besoins de l’ensemble des sujets de notre espèce en fonction de notre survie collective.

Nous passerons en détail les 10 énoncés principaux sur lesquels l’Approche étho-cognitive élabore ses interventions, au chapitre suivant. Si optimiser la nature d’une relation afin qu’elle devienne plus saine et satisfaisante est l’objectif des gens à qui les éducateurs accordent leurs services, les axiomes de notre approche favorisent l’efficacité de la mobilisation au changement.

Le cinquième chapitre sera consacré au principe Père, notion qui occupe une place centrale dans notre approche. Celui-ci est très proche du concept de confrontation positive, entendu dans son sens étymologique, c’est-à-dire se tenir devant (faire front) ensemble (cum/con-). Sous cet angle, la confrontation est donc fondamentalement positive et créatrice. Elle est souvent confondue avec l’affront dont l’énergie, elle, est destructrice.

Ce chapitre traitera également de l’échelle agressivité-violence-hostilité. Cette évaluation de la situation sert à clarifier la perception de comportements dont certains sont habituellement jugés négatifs sans l’être nécessairement. Par exemple, l’agressivité est essentiellement une énergie brute qui n’est pas obligatoirement dirigée vers une action catabolique2