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Suivre étape par étape la confection et le montage d'un tailleur pour homme et pour femme avec un grand maître tailleur Japonais. Grâce à son savoir-faire hérité des grands tailleurs parisiens, Yukio Kakita vous amène dans cet ouvrage à comprendre toute la sensibilité des techniques de fabrication du tailleur. Étape après étape, suivez ce cheminement où les lignes et les volumes soulignés par la structure intérieure du vêtement s’exprimeront selon votre désir et vous amèneront du prêt-à-porter de luxe féminin au sur-mesure du tailleur masculin, à découvrir… l’Art du tailleur.
À PROPOS DE L'AUTEUR
Après de longues années dans les maisons de couture parisiennes,
Yukio Kakita se consacre aujourd’hui à son studio de création spécialisé dans le tailleur à Tokyo où il enseigne également à ESMOD pour la classe de prêt-à-porter masculin. Yukio Kakita n’est pas seulement un Maître, c’est aussi un enseignant de qualité qui sait avec patience montrer, expliquer les difficultés que peuvent rencontrer un apprenti tailleur et nous guide ainsi à travers son livre « L’Art du tailleur » vers le succès.
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Seitenzahl: 94
Veröffentlichungsjahr: 2021
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Yukio Kakita
L’art
du tailleur
À la période où je me trouvais à Paris dans les années 1970, les artisans tailleurs utilisaient leur savoir-faire traditionnel et le mettaient au service de nou-velles expérimentations en tra-vaillant avec le Prêt-à-porter. Les créateurs de mode parisiens faisaient alors émerger de nou-veaux mouvements et concepts de mode. C’est dans cette at-mosphère que j’ai pu, pendant dix ans, exercer mon métier de tailleur utilisant les tech-niques traditionnelles de la Couture pour les appliquer à la confection de vestes et de tailleurs élégants.
À cette époque, le vieil adage " Impossible n’est pas fran-çais " était souvent repris par les grandes maisons de couture pa-risiennes sous cette forme : " À Paris, le mot impossible n’existe pas ". En effet, si à première vue,
un modèle semblait irréalisable, il le devenait finalement en uti-lisant toutes les diverses tech-niques de ce savoir-faire tra-ditionnel, bien rodé depuis le siècle précédent. Le tout était de l’adapter à l’industrie.
Les différentes techniques qui ont enrichi la coupe des vête-ments à travers la longue histoire de la Mode illustrent le proces-sus d’une longue évolution. Ce-pendant, chaque nouvel essai se conforte à partir des techniques traditionnelles précédentes, pour ensuite continuer son parcours vers le futur avec de nouvelles expérimentations.
Les silhouettes modernes des vestes que je présente dans ce livre sont dans la continuité des techniques acquises dans les an-nées 70 à Paris, où j’ai appris à ressentir la beauté plastique de la couture parisienne si renommée.
Avant-propos de l’auteur
Le premier précepte était alors de comprendre l’esprit du mo-dèle et de se l’approprier. C’est ce que je m’appliquerais de vous faire percevoir à mon tour car au-delà de la réussite d’un mon-tage bien exécuté, il y a dans le travail du tailleur une dimension plus artistique qui est celle du fa-çonnage de la matière et de son adaptation au corps à habiller.
Dans ce livre, vous trouverez les descriptions d’un processus de montage avec des photos et des illustrations.
J’espère, par ce procédé, vous donner la possibilité de parve-nir au résultat recherché et vous aider à apprendre à manier les techniques nécessaires à la réali-sation d’une veste.
Cette méthode n’est pas unique. Mais comme dans n’importe la-
quelle des techniques existantes à ce jour, l’important sera tou-jours de réfléchir et de ressentir ce que l’on est en train de créer.
Chacune d’entre elles doit alors s’adapter à son époque et aux spécificités qui lui permettent d’exister.
C’est pourquoi je serai très heu-reux si ce livre peut vous aider à y parvenir.
Table des matières
4
Préface
Si les ouvrages sur les montages de vestes sont rares, les tailleurs pédagogues le sont plus encore.
Que dire alors des tailleurs péda-gogues et de bonne foi ? … autant chercher une de leurs aiguilles dans une botte de foin.
Y a-t’il du foin au Japon ? Sans doute, mais on peut y découvrir surtout un tailleur poète, péda-gogue et de bonne foi : Yukio Ka-kita.
Nous reviendrons sur sa poé-sie mais pourquoi insister sur sa bonne foi ?
La fréquentation régulière des tailleurs m’a appris deux choses :
- La première tient dans une devise qu’ils font leur : Pour-quoi faire simple alors qu’on peut faire compliqué ?
- Et la seconde reflète un de leurs cauchemars : l’usage du thermocollant dans les fabri-cations modernes.
Présenter un chapitre sur la fa-brication thermocollée sans la dénigrer n’est pas la moindre des qualités de cet ouvrage.
Aborder toutes les étapes du montage en prenant soin de bannir le geste inutile en est une autre.
Qu’en est-il de la poésie dans tout ça ? " Travailler les rondeurs en imaginant le galbe d’une hanche… ",
" Penser au volume de la poitrine en rentrant le tissu… ". Le mont Fuji n’est pas loin...
Un mot me vient à l’esprit en li-sant ce livre : Osmose.
Table des matières
5
Finalement, tous nos efforts de tailleurs ne tendent qu’à une seule chose : créer une osmose.
D’abord entre le tissu et le corps, c’est le rôle de la coupe, puis entre le tissu et la toile, c’est la problé-matique de l’entoilage.
Coupe et fabrication ne sont qu’adhérence, adaptation, os-mose…
Monsieur KAKITA dirait conni-vence, cohésion, complicité…
Sa méthode insiste sur le rôle fondamental du fer à repasser.
Au niveau de la création, il peut mettre en forme un col ou créer un volume plus rapidement que la meilleure des méthodes de coupe. Lors de la fabrication proprement dite, c’est son action qui permet de faire adhérer la toile au vêtement.
Aujourd’hui encore, dans les usines les plus modernes, la der-nière étape de fabrication d’une veste, est faite manuellement,
par un homme et son fer ; elle s’appelle le bichonnage…
À qui s’adresse ce livre ? Aux tailleurs, aux couturières et aux apiéceurs.
À toutes ces personnes qui avec du fil et de la vapeur, avec du fer et de l’inox, essaient de créer une osmose entre l’homme et la ma-tière.
Michaël Ohnona,
Tailleur de la Fédération Nationale des Maitres Tailleurs de France
Avant-propos de l’auteur.............2
Préface.........................................4
L’artisan tailleur dans l’Histoire...8
Les textiles du tailleur................18
Le tailleur féminin
Étape 1
Patronnage du modèle...............34
Étape 2
Coupe .......................................36
Couturages................................37
Étape 3
Plan et construction des entoilages.............................46
Étape 4
Préparation de l’entoilage devant........................................50
Étape 5
Préparation du devant et du petit côté...........................58
Étape 6
Fixation des entoilages sur le vêtement...........................62
Étape 7
Positionnement des passements.70
Étape 8
Réalisation des poches...............74
Étape 9
Assemblage de la parementure au vêtement...............................78
Étape 10
Façonnage du dos au fer à repasser.........................90
Étape 11
Assemblage du dos au côté........92
Étape 12
Ourlet du bas de veste...............94
Étape 13
Montage de l’épaule...................96
Étape 14
Préparation du col....................100
Étape 15
Montage du col sur le vêtement.........................110
Étape 16
Préparation et réglage de l’emmanchure......................118
Étape 17
Façonnage de la manche..........120
Fixation de la doublure sur la manche ..........................124
Finition de la fente de manche126
Étape 18
Montage de la manche et de la doublure......................128
Positionnement de la cigarette et de la bande de soutien .........136
Étape 19
Finitions de la doublure...........142
Étape 20
Repassage final........................143
Sommaire
La veste masculine
Étape 1
Patronnage du modèle.............156
Étape 2
Coupe......................................158
Couturages..............................159
Étape 3
Plan et construction des entoilages...........................168
Étape 4
Construction et préparation ....170
de l’entoilage du devant et du plastron...........................170
Étape 5
Préparation du devant et du petit côté.........................178
Étape 6
Fixation des entoilages sur le vêtement.........................180
Étape 7
Positionnement des passements.........................184
Étape 8
Réalisation des poches.............189
Étape 9
Assemblage de la parementure
au vêtement.............................194
Étape 10
Façonnage du dos au fer à repasser.......................199
Réalisation de la fente milieu dos...............200
Étape 11
Assemblage du dos au côté......202
Étape 12
Ourlet du bas de veste.............204
Étape 13
Montage de l’épaule.................206
Étape 14
Préparation du col....................210
Étape 15
Montage du col sur le vêtement.........................216
Étape 16
Préparation et réglage de l’emmanchure......................219
Étape 17
Façonnage de la manche..........220
Coupe de la doublure de manche ..............................224
Fixation de la doublure sur la manche ..........................225
Finition de la fente de manche...............................226
Étape 18
Montage de la manche et de la doublure......................230
Étape 19
Finitions de la doublure...........244
Étape 20
Repassage final........................246
Table des matières
8
L’artisan tailleur dans l’Histoire
La corporation des tailleurs a suivi une longue évolution souvent paralysée par les édits et privilèges de toutes sortes. Divisée en plusieurs catégo-ries, elle en segmentait le ves-tiaire ainsi : les manteliers, les houppelandiers, les braoliers (culottiers), les chassetiers, les tailleurs d’habits, d’églises, de robes fourrées ou ordinaires, les fripiers qui vendaient des vêtements déjà confectionnés
en seconde main et les chamb-relans. Ceux-ci étaient des tailleurs travaillant sans droit de maîtrise, sans privilège, en quelque sorte en cachette. Les édits et réglements furent nombreux mais le plus impor-tant reste celui de 1655 (sous Louis XIV) qui abolit toutes ces catégories pour garder les marchands tailleurs d’habits, les pourpointiers et les fripiers jusqu’à l’abolition des privi-lèges en 1789. Une commis-sion de surveillance fut alors nommée pour légiférer sur les
1843 - Les différentes conformations d’hommes habillés par leur tailleur
Table des matières
9
litiges entre les différentes cor-porations maintenant rassem-blées. Seuls les maîtres tailleurs avaient le droit de tailler sur mesure et confectionner pour les hommes, les femmes et les enfants. Pour devenir maître, il fallait un certificat d’appren-tissage passé devant deux no-taires, puis accomplir un chef d’oeuvre (un habit confection-né sous les yeux des jurés de l’examen) et payer cinq mille livres pour le droit d’exercer. Pour entrer comme apprenti chez un maître tailleur, il fal-lait également passer acte de-vant deux notaire ; le temps
d’apprentissage était d’abord de trois ans, puis encore trois ans comme compagnon. Le maître ne pouvait avoir plus de six compagnons.
Tout maître tailleur était tenu d’habiller hommes, femmes et enfants, le tout bien coupé, bien cousu, bien garni et de bonne étoffe, coupée et posée à poil descendant. Les prix ap-pliqués étaient très réglemen-tés. Le travail se faisait alors à façon, c’est-à-dire que le tail-leur ne vendait pas l’étoffe lui-même, c’est son client qui la lui
1847 - 19eannée du journal
Fashion-Théorie
1847 - Froc et tenue d’amazone
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procurait. Les draps étaient excessivement chers et pour cette raison, on coupait le vê-tement en deux pièces avec de fortes relarges d’étoffe de façon à ce qu’il soit transfor-mable et portable sur plu-sieurs générations, de père en fils. Si un tailleur s’était per-mis à cette époque de couper un corsage d’habit à la taille avec des petits côtés et des pas-sages de pinces (appelés su-çons) sans l’autorisation de sa pratique, il eut été condamné à la rembourser. Ce n’est qu’à l’abolition des privilèges que le tailleur pourra vendre l’étoffe et commencer à tailler comme il l’entend, faisant ainsi progres-ser son métier et sa technique. La Mode n’avait pas encore pris le rythme qu’elle connait aujourd’hui !
C’est à partir de la fin du 18ème Siècle que cet Art de vivre va prendre son essor. C’est alors que quelques aristocrates et bourgeois français se tournent vers l’élégance anglaise, attirés
par cette simplicité émanant d’un art de vivre tourné vers la nature et le sport. L’anglomanie dans le domaine de la Mode y prend ses racines et perdure-ra jusqu’à nos jours comme un gage de confort mêlé
