L'autisme et les graines du changement - Abigail Marshall - E-Book

L'autisme et les graines du changement E-Book

Abigail Marshall

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Beschreibung

Ce livre fournit des explications et outils fondamentaux à l'aide desquels les personnes touchées par l'autisme peuvent découvrir leur potentiel et en profiter pleinement. Il nous raconte comment la méthode Davis a été développée et la met en perspective avec les recherches les plus récentes dans le domaine de l'autisme et des neurosciences. Il nous guide à travers les trois phases de l'approche Davis de l'autisme : individualisation, développement de l'identité et intégration sociale. L'approche Davis de l'autisme qu'on peut qualifié par le terme américain "empowerments", est unique dans le sens qu'elle s'oriente systématiquement à la perspective autiste ; elle permet ainsi aux autistes de mieux comprendre non seulement leur propre monde, mais aussi les intentions et comportements de leur entourage.

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Seitenzahl: 336

Veröffentlichungsjahr: 2016

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Ce livre est dédié à la Dr. Fatima Ali, qui fut là pour nous au bon moment

Remerciements

Les Facilitants Davis suivants ont contribué à ce livre par leurs partages de leur perspicacité et leurs expériences acquises en travaillant avec leurs clients.

Stacey Borger SmithCalgary, Alberta, CanadaCathy CookColumbia, Missouri, USARay DavisBurlingame, Californie, USACathy Dodge SmithOakville, Ontario, CanadaTina GuyNelson, Nouvelle ZélandeAlma HoldenAlexandra, Nouvelle ZélandeGale LongElkview, West Virginia, USAMarcia MaustBerlin, Pennsylvanie, USACinda OstermanGrand Ledge, Michigan, USAGabriela ScholterStuttgart, AllemagneElisabeth Currie ShierOakville, Ontario, CanadaLawrence Smith, Jr.Calgary, Alberta, CanadaLorna TimmsChristchurch, Nouvelle ZélandeChristien VosGroningen, Pays BasYvonne WongHong Kong, Chine

Table des matières

Avant-Propos

Une note de Ron Davis

Préface : Remarque et conventions de l'auteure

La perspective Davis sur l’autisme

Les racines du programme de l'autisme

Le point de vue Davis sur l’autisme

Structure du programme Davis

Les éléments fonctionnels de l’autisme

Une solution aux limitations fonctionnelles de l’autisme

Comment furent développés les outils Davis

Enfance et jeunesse de Ron Davis

Une solution à la dyslexie

Orientation et perception

Différents chemins pour l’orientation

Corriger le problème

Création d’un programme pour l’autisme

Orientation et Individuation

De l’importance d’être orienté

Le concept d’orientation

Variation dans les modèles de développement

L'état d'être Non-Orienté

Orientation alternative ou partielle

Les Outils Davis pour l’Orientation

Ouvrir la porte

Enseigner l’Orientation à un Individu Autiste

Les outils Davis d’autogestion

L’importance du Soi

Développer la conscience de soi

L’orientation Davis et l’émergence de la conscience de soi

La Signification de la Maîtrise

Construction d’un Modelage du Soi

Développement de l’identité - Vue d'ensemble

Le Concept d’Identité

Le Processus de Maîtrise des Concepts Davis

La Séquence de Maîtrise des Concepts Davis

La Première Construction - Changement

Le Concept Racine : Changement

Les Concepts Fondamentaux : Comprendre la Conséquence

Les Concepts de Base : Temps, Séquence, Ordre

La Seconde Construction - Perdurer

Le Concept Racine : Perdurer

Le Concept Fondamental : Vivre

Les Concepts de Base : de la Perception à l’Expérience

La Troisième Construction – Énergie et Émotion

Les Fondations de l'Émotion

La Pulsion

Le Concept Racine : l’Énergie

Le Concept Fondamental : la Force

Les Concepts de Base : de l’Émotion à l’Intention

Concepts Communs et Concepts Avancés

Trois Concepts Communs

Un Concept Avancé - la Responsabilité

L’Intégration du Développement de l’Identité

L’Intégration Sociale

Un Autre et Les Autres

Le rôle du Soi dans les relations

Les Quatre Formes de Relation

La Dernière Pièce : Mal et Bien

Pour Continuer le Chemin

La Différence Davis

Étude de cas : Journal d’un Programme Davis

Étude de cas : l’expérience d’un adulte, 18 mois plus tard

Étude de cas : un enfant avec un syndrome d’Asperger

Étude de cas : Réflexions sur les Phases du Programme

Un Nouveau Monde de Possibilités

Glossaire

Bibliographie

Références électroniques

Avant-propos

Un jour je rencontrai un magnifique petit garçon. Il avait huit ans ; ses parents l’avaient retiré de l’école parce que, selon ses propres mots : « je suis tellement confus que je suis exténué ». Ils le voyaient se renfermer de plus en plus chaque jour. Ce petit garçon m’a demandé si je pouvais l’aider et j’ai répondu que j’allais essayer.

Il ne fallut pas longtemps avant que mon cœur ne chavire en réalisant que malgré toute ma volonté, ma détermination et mes compétences, je ne pouvais pas l'aider.

J’étais assise en face d’un petit garçon au visage innocent, au sourire d'ange et d'une sagesse au-delà de son âge, mais qui était dans le vide.

Je pouvais le rejoindre dans son vide pour un instant et être avec lui, mais je ne pouvais pas l’amener à participer avec moi dans mon monde, le monde de sa famille, de ses amis et de l’école. Ce monde était trop accablant pour lui.

Je me tournais vers mon mentor Ronald Davis pour lui demander son aide, et il me donna un manuscrit. C’était une feuille de route sur la façon d’aider ce jeune garçon. J’étais médusée par chaque page ; tout prenait un sens, une évidence – pourquoi n’y avais-je pas pensé plus tôt !

Avec le soutien de Ron Davis, je fus capable de m'appuyer sur mon expérience antérieure des méthodes Davis pour la dyslexie et pour les troubles de l’attention. Ma formation et mon expérience passée m’avaient donné le savoir-faire et la plupart des outils dont j’avais besoin, mais Ron m’a donné le cadre et les conseils me permettant de les partager avec un enfant qui habitait un monde intérieur différent. Avec cette nouvelle approche, je vis cet enfant émerger de son monde autistique et nous accompagner dans le nôtre.

Ce fut l’expérience la plus gratifiante que j’ai jamais eue de toute ma vie d’éducatrice. Alors je me suis sentie obligée de continuer ce travail. Je fus capable de faciliter le retour dans le circuit scolaire normal d’autres enfants comme ce petit garçon, de leur faire quitter leurs centres spécialisés pour retourner dans leurs familles, obtenir un emploi et commencer à développer des relations significatives avec leur entourage. J’étais extrêmement satisfaite.

Cependant, je réalisais rapidement que bien que de formidables changements se soient produits dans ces familles, cela n’avait que peu d’impact sur le reste de la population autistique. J'avais reçu un système raffiné et plein d'intuitions, créé par un autiste pour aider d’autres autistes et leurs familles. Ce programme changeait des vies. Il fallait que beaucoup d’autres personnes aient l’opportunité de l’expérimenter.

C'est dans cet objectif qu'est née l’association Davis Autism International, structure qui a pour but de former d’autres personnes aux méthodes Approche Davis® de l'Autisme, afin de permettre à beaucoup plus d’autistes et à leurs familles d’avoir l’opportunité de participer plus pleinement à la vie. À chaque nouvelle participation, il devenait plus évident que ce programme était la clé pour dévoiler tous ces mystères.

Malheureusement, il manquait encore une chose : l’information. L’information pour les personnes pour lesquelles les programmes Davis étaient nouveaux, l’information pour aider à comprendre la simplicité mais aussi de la profondeur de ce travail, pour satisfaire toutes les curiosités et permettre de prendre des décisions éclairées. L’information qui révélerait au grand jour la pièce manquante que j’avais cherchée pendant toutes ces années.

Abigail Marshall, auteure de « Everything Parent’s Guide to Children with Dyslexia » (« Guide complet pour les Parents d'Enfants Dyslexique », NdT) et de « When your Child has ... Dyslexia » (« Quand votre Enfant a … la Dyslexie », NdT), crée à nouveau sa magie. Associée avec Ron Davis, elle a écrit ce livre « L’autisme et les graines du changement ». Ce livre révèle l'essence de notre programme unique l'expliquant d’une façon claire, et répondant aux questions que vous ignoriez vous poser.

Abigail a un don pour expliquer. Elle apporte une autre dimension à un sujet vous permettant de regarder les choses sous différentes perspectives et de faire des liens. Abigail possède un talent pour écrire à destination d’un large public et a écrit un livre pour informer les parents, grands-parents, professeurs et professionnels. Je suis très reconnaissante de pouvoir disposer de cette ressource et je suis sûre que vous le serez aussi.

Oh ! Et pour le petit garçon, huit ans après, il est au lycée, obtenant d’excellentes notes dans une large sélection de matières, il excelle en Théâtre, Français, Anglais et Mathématiques. Ses parents ne s'inquiètent pas pour son avenir et sont ravis de le voir participer pleinement à la vie.

Lorna Timms

Directrice, Davis Autism International

Une note de Ron Davis

Cher lecteur,

J’avais, depuis pas mal de temps, l’envie d’écrire un manuscrit portant un titre comme « L’autisme, le Don et la Malédiction du véritable génie ». Cependant, mon âge, ma condition physique évoluant, et beaucoup d’autres centres d’intérêts ne m’avaient pas laissé de temps pour cela.

J’avais espéré qu’un tel travail attirerait l’attention du lecteur vers une perspective différente sur l’autisme. Ce serait la base pour donner le potentiel aux individus autistes d’acquérir les capacités et les compétences pour participer pleinement à la vie. Ce travail devait être « d’expression simple » puisque écrit pour les proches de la population autistique. Mais il devait aussi intégrer une bibliographie pour convaincre la communauté universitaire que c’était un ouvrage sérieux, basé sur une logique et un raisonnement solides, et cohérent avec les découvertes de nombreuses autres personnes.

Initialement, J’avais rédigé un manuscrit appelé « Nourrir la graine de génie », qui expliquait la manière de faire ce travail. Néanmoins, ce n’était ni une vulgarisation ni une présentation académique. Ce travail était un véritable guide de travail pour les professionnels expérimentés possédant déjà la connaissance, le savoir-faire et la compréhension sous-jacents aux procédures et aux « outils » dont ils avaient besoin. Mais cela ne correspondait pas aux besoins d’un large public.

S’il fallait produire un nouveau livre, alors j’avais besoin d’aide. Heureusement pour moi, une de mes bonnes amies était exactement la personne adéquate à qui m’adresser. Abigail Marshall publie personnellement des livres. J’avais aussi travaillé avec elle par le passé, cosignant plusieurs articles, de plus elle était parfaitement familiarisée avec tout mon travail. Nous nous connaissons depuis 1995. Elle fait partie du groupe qui est à l’origine de la création de Davis Dyslexia Association International, à laquelle elle est toujours affiliée.

Il existe de nombreuses personnes à qui je confierais volontiers ma vie, mais seulement quelques-unes à qui je confierais volontiers l’avenir du travail de toute ma vie. Abigail est l’une de celles-ci. En lisant ce livre vous verrez que la confiance n’était pas mal placée et combien j’ai de la chance.

Ron Davis

Préface :Remarque et conventions de l’auteure

En 2012, on compte 75 professionnels formés travaillant activement avec des enfants et des adultes à l’aide de l'Approche Davis de l'Autisme. Ils travaillent dans plus d’une douzaine de pays, s’adressant à leurs clients dans au moins huit langues différentes. La méthode Davis occupe un créneau distinct et présente un but bien particulier, donnant la possibilité aux individus autistes de combler le fossé entre leur difficulté et la capacité à participer pleinement à la vie. Mais parce que ce programme est nouveau, peu de gens en ont entendu parler et il reste donc largement inconnu du monde professionnel et universitaire.

Des dizaines d’enfants et d’adultes ont terminé toutes les phases du programme et beaucoup d’autres sont en chemin. Aussi il est temps de publier un livre qui va donner aux parents et aux professionnels une source d’informations simples sur cette approche révolutionnaire.

Ce livre n’est pas un manuel d’instructions, et aucun parent, tuteur ou thérapeute ne devrait essayer de l’utiliser comme tel. La meilleure source d’informations pour quiconque veut travailler directement avec un individu autistique est de rechercher l’accompagnement d’un Coach professionnel Davis.1 Toutefois, ce livre devrait fournir au lecteur les informations fondamentales dont il a besoin pour comprendre le rôle que ces professionnels jouent en guidant leurs clients autistes vers l'autonomie.

Les praticiens ou accompagnateurs de l'Approche Davis de l'Autisme sont compétents, créatifs, patients et hautement expérimentés. En plus de leur formation approfondie, ils apportent leur propre perception et ouverture d’esprit à leur travail, ce qui ne peut être ni enseigné ni expliqué dans un livre. Le « guide pratique » du programme est actuellement disponible sous forme de coaching. Des offres complémentaires telles que des supports vidéos et des ateliers pour les parents sont en cours de développement.

Dans ce livre, j’emploie le mot « autisme » en général pour parler de n’importe quelle manifestation du spectre autistique. Ce terme inclut l’autisme classique, à n’importe quel niveau fonctionnel ; le syndrome d’Asperger ; les troubles envahissants du développement ; et toute autre étiquette de diagnostic communément attribuée au spectre autistique. Je procède ainsi en partie parce que les catégories et les étiquettes courantes sont susceptibles de changer avec la publication anticipée du DSM V en 2013.2

Toutefois, j’ai choisi aussi de ne pas utiliser les initiales TSA (Troubles du Spectre Autistique). Je trouve que le mot « trouble » inclus dans les initiales pourrait être analysé comme désobligeant ou péjoratif. Je ne considère pas « l’autisme » comme une maladie nécessitant un traitement, mais plutôt comme un système complexe de traits de caractère individuels. Certains de ces traits sont franchement débilitants, mais d’autres peuvent être charmants et même inspirer du respect. De nombreux traits ne sont que de simples caractéristiques qui parviennent à s’intégrer dans la personnalité de l’individu, un reflet de sa propre nature intérieure et de son expérience de la vie. Le terme « autisme » tel qu’il est employé dans ce livre englobe le tout, le bon et le mauvais, les forces et les faiblesses. Ce livre traite d’une approche spécifique adaptée aux personnes autistiques pour les aider à surmonter leurs faiblesses, sans diminuer ni désavouer de quelque façon que ce soit leurs forces.

J’utilise parfois le terme autiste pour désigner une personne présentant les caractéristiques de l’autisme. Je le fais parce que autiste est un nom qui peut s’appliquer aussi bien à un enfant qu’à un adulte. Je n’ai pas l’intention d’exprimer quelques conclusions que ce soit sur la personne elle-même ni sur la nature de l’autisme par le choix de mes mots. Je crois que chaque « autiste » est une personne unique qui n’est ni définie par son seul autisme ni déterminée par son autisme.

Pour des raisons de cohérence grammaticale, quand je ferais référence à une personne autistique ou à un client Davis générique, j’emploierai le pronom masculin « il ». Quand je ferais référence de façon générique à un adulte qui travaille ou vit avec des individus autistes, tel qu’un parent, un thérapeute ou un facilitant, j’emploierai le pronom féminin « elle ». C’est simplement une convention grammaticale adoptée pour éviter la confusion.

Ce livre parle principalement de Ronald Dell Davis, le fondateur de l'Approche Davis de l'Autisme. Généralement je ferai référence à monsieur Davis par les mots « Ron Davis » ou « Ron » lorsque je rapporterai les choses qu’il a faites ou expérimentées en tant qu’individu, et j’emploierai le nom de famille « Davis » seul principalement pour faire référence aux méthodes qu’il a développées, ou à ses théories et ses idées en relation avec ces méthodes. En d’autres termes, « Ron » est la personne qui a inventé et inspiré les méthodes « Davis » dont il est question dans ce livre.

De façon similaire Davis® et L'Approche Davis® de l'Autisme sont des marques déposées en propre par Ron Davis. Cela signifie que ces méthodes ne peuvent être publiées ni offertes dans un contexte commercial (contre rémunération) sans une licence, et la licence ne peut s’obtenir qu’après une formation et expérimentation intensive. La plupart des procédures spécifiques décrites dans ce livre ont aussi des noms spécifiques déposés.

Les professionnels Davis qui ont terminé le rigoureux programme de formation requis pour la licence sont désignés sous le nom « Facilitante / Coach ». Faciliter c’est travailler face à face avec le client autiste ; coacher est le terme employé pour travailler séparément avec un parent ou un tuteur qui, en retour, va travailler avec un client autiste ou avec un membre de sa famille. Dans ce livre, je ferai généralement référence à de tels professionnels sous le nom de « facilitantes », et j’utiliserai ce terme uniquement pour les personnes licenciées délivrant un programme « Approche Davis de l'Autisme ». 3

Enfin, tout au long de ce livre je raconterai de nombreuses anecdotes et rapports communiqués par les facilitantes Davis, par les parents et même directement par les personnes autistiques qui ont bénéficié du programme Approche Davis de l'Autisme. Je nommerai les professionnels Davis par leur nom entier, mais j’ai choisi d’adopter des pseudonymes pour citer les autistes et les membres de leurs familles, afin de préserver leur vie privée.

Abigail Marshall

1 Les professionnels sont disponibles par l’intermédiaire de Davis Autism International (DAI) [Site internet : www.davisautism.com]

2 Avec la proposition courante, le diagnostic de l’Asperger sera abandonné et toutes les formes d’autisme seront réunies sous l’étiquette « Troubles du spectre autistique » (American Psychiatric Association 2011)

3 La fonction d’une facilitante Davis ne doit pas être confondue avec l’idée d’une « communication facilitée », une thérapie controversée pour l’autisme dans laquelle un « facilitant » fournit une assistance écrite à une personne autiste non communicante. Les facilitantes Davis délivrent un processus d’apprentissage interactif, avec des étudiants qui sont habituellement communicants, et qui, dans tous les cas, ont des compétences claires de réception du langage avec au moins la capacité de communiquer effectivement à l’aide de gestes à défaut de mots ou de phrases complètes.

Chapitre 1

La perspective Davis sur l'autisme

Le but du programme de l'Approche Davis de l'Autisme est de donner la capacité de participer pleinement à la vie aux individus ayant des caractéristiques du spectre autistique. Le programme est conçu pour fournir le noyau des compétences, la compréhension et la confiance dont une personne a besoin pour évoluer en toute indépendance, à la fois vers ses propres buts dans la vie, comme l’éducation et la carrière, et pour ses relations et son intégration dans la société avec les autres. Ce but est obtenu par une combinaison d’outils d’autorégulation pour améliorer la concentration mentale, associés à une série de leçons de concepts de vie, présentés de manière douce, participative et progressive qui favorise la maîtrise complète et l’intégration de concepts spécifiques.

Bien que la méthode Davis inclue des techniques capables d’aider potentiellement de petits enfants ou d’autres individus profondément autistes, le programme décrit dans ce livre n’est pas conçu pour une intervention précoce. Il s’adresse plutôt de façon générale à des enfants plus âgés, des adolescents et des adultes qui ont une bonne capacité de compréhension langagière. Le client Davis typique aura sept ans ou plus, avec un niveau de fonctionnement allant de modéré à haut.

Le programme Davis n'est pas destiné à « guérir » l’autisme, mais plutôt à donner aux individus autistes l’éducation et les outils nécessaires pour évoluer dans le monde qui les entoure. Le programme Davis occupe un créneau à part et comprend quelques éléments semblables à ceux d’approches développementales de l’autisme et des thérapies comportementales, mais avec un autre fondement théorique ainsi qu’une méthodologie unique.

Davis se distingue des autres programmes par le fait que c’est en fin de compte la personne qui suit le programme qui le dirige, contrairement aux autres programmes où c’est le thérapeute ou la facilitante qui guide et dirige. Philosophiquement, le programme Davis est un voyage d’auto-exploration, d'auto-découverte, d'auto-actualisation et finalement d’autonomisation.

Le programme Davis est efficace parce qu’il est ancré dans l'expérience autistique et qu’il fournit aux individus les outils fondamentaux nécessaires pour créer le changement dans leurs propres vies. La facilitante Davis plante les graines qui permettront ce changement, mais la croissance qui en résulte est naturelle et nourrie par les capacités innées et les inclinations des individus.

Dans son essence, l’autisme n’est pas une déficience cognitive ou intellectuelle, mais une déficience d’intégration. L’autiste n’a pas été capable d’intégrer les nouvelles informations et expériences dans sa vie et son être de la même façon que les individus non-autistes ou neurotypiques. Lorsqu’un autiste grandit et se développe, il expérimente son monde d’une manière totalement différente, ce qui crée des obstacles car il ne développe pas tout un ensemble de pensées et de comportements que le monde non-autiste considère comme allant de soi. Davis donne à l’autiste les éléments qui lui manquent, d’une façon simple et directe, naturelle pour son style inné d’apprentissage. Ces éléments lui ouvrent la voie pour une pleine intégration de la connaissance, du savoir-faire et de la compréhension nécessaires pour naviguer avec succès dans la vie.

Les racines du programme de l’autisme

Ronald Dell Davis développa son programme de l’autisme comme une extension et un prolongement de son travail antérieur et pionnier dans le domaine de la dyslexie. Bien qu’il n’y ait pas de relation directe entre l’autisme et la dyslexie, on a demandé à Ron Davis et à ses collègues de travailler avec des clients autistiques dès le tout début du programme de dyslexie. Comme le programme de dyslexie n’était pas destiné à l’autisme, la réussite avec les clients autistiques était sporadique et ne correspondait pas complètement à leurs besoins, mais ce programme fournissait un socle d’expériences sur lequel construire quelque chose. Les outils de base Davis ne dépendent pas d’une étiquette particulière, telle que « l’autisme » ou « la dyslexie », mais sont plutôt des moyens efficaces convenant à tout apprenant. Cependant, pour coïncider avec les besoins exceptionnels des clients autistes, un nouveau programme destiné spécifiquement à l’autisme a été développé.

Ron Davis a ouvert le Reading Research Council Dyslexia Correction Center (Association de Recherche sur la Lecture, Centre de Correction de la Dyslexie, NdT) en 1981, embauchant et formant des conseillers pour l’aider dans son travail avec les clients au fil des années. En 1994, après avoir travaillé avec plus d'un millier de personnes, Ron publia la première édition de son livre révolutionnaire, « Le don de dyslexie : comment certaines personnes des plus intelligentes ne savent pas lire … et comment elles peuvent apprendre ». Le livre rencontra un succès immédiat et créa une énorme vague de demandes pour le programme novateur Correction de la Dyslexie Davis. En s'associant avec d’autres éducateurs, Ron développa un programme de formation professionnelle conduisant à la certification et donnant une licence à des centaines de facilitantes et de facilitants de Correction de la Dyslexie Davis. 4

Les facilitantes Davis étaient confrontés à de nombreux clients qui se trouvaient sur le spectre autistique. Certains ont pu être aidés par le programme de dyslexie, d’autres ont dû être refusés. Mais la base de connaissances à en extraire s’était accrue. Au lieu d’un centre basé aux États-Unis, il y avait des centaines de facilitantes qualifiées et expérimentées réparties dans le monde. Beaucoup expérimentaient avec des clients autistes et partageaient leurs comptes rendus anecdotiques avec Ron et leurs collègues.

Dans la première décennie du 21ième siècle, un noyau de facilitantes hautement motivées et expérimentées était prêt à travailler avec des clients autistes, et un programme nouvellement créé fut lancé et piloté. En 2007, Ron réunit une douzaine de facilitantes pendant une semaine de retraite à Kaikoura en Nouvelle Zélande afin de détailler les protocoles spécifiques pour un programme standardisé de l'Approche Davis de l'Autisme. Chacun des participants avait une grande expérience du travail avec les méthodes Davis dans une diversité de contextes, incluant des clients autistes. Toutefois, les buts d’un programme pour l’autisme étaient nébuleux, la succession et le moment d’introduction des différents concepts étant laissés au jugement individuel et à la créativité des facilitantes. À Kaikoura, le groupe définit la séquence spécifique et les protocoles pour le programme de l'Approche Davis de l'Autisme – un nouveau début spécifiquement organisé pour répondre aux besoins des enfants, des adolescents et des adultes relevant du spectre autistique.

Le point de vue Davis sur l’autisme

Ron Davis est né dans l’Utah en 1942 et fut étiqueté « Bébé Kanner » dès l’enfance. Le docteur Léo Kanner utilisa en premier le terme « autisme » pour décrire le syndrome qu’il avait observé sur ses patients dans une publication en 1943. Ainsi Ron vint au monde avant même le mot « autisme ».

Ron présentait clairement une forme sévère et classique d’autisme. Il a écrit :

« Ma mère me raconta qu’étant enfant, un quelconque contact physique de sa part déclenchait une crise. Même lorsqu’elle essayait de me nourrir, j’essayais de hurler et de téter en même temps. Elle avait si peur que je m’étouffe qu’elle a dû trouver un moyen de me nourrir sans me toucher » 5

Ron a commencé à émerger de son état autistique dans la seconde décennie de sa vie. Avec l'aide d'une orthophoniste dévouée à la fin de son adolescence, il est devenu un adulte autonome.

Depuis ces années, la compréhension usuelle et les critères de diagnostic de « l’autisme » ont été élargis pour inclure d’autres manifestations du modèle sous-jacent, comme le syndrome d’Asperger et d’autres combinaisons de symptômes connus maintenant pour faire partie du spectre autistique.

La méthode Davis est orientée vers le traitement d’un problème spécifique (ou un ensemble de problèmes) plutôt que vers un diagnostic. Pour les objectifs de ce programme, l’autisme pourrait être décrit comme l’échec à développer un comportement suffisant pour que la personne puisse créer et entretenir des relations sociales. 6

Avant qu’un individu puisse interagir efficacement avec les autres, il doit d’abord développer une compréhension de soi. Il doit aussi avoir la capacité de donner un sens à son monde et pouvoir s’y mouvoir. Avant qu’un autiste puisse réussir à entrer en relation avec les autres, il doit être sur un pied d’égalité avec ses pairs.

Bien évidemment, un autiste peut avoir tout un éventail d’autres symptômes et de problèmes qui ne sont pas directement reliés à ses compétences en relations sociales. L’autisme est aussi généralement accompagné de problèmes mentaux divers qui peuvent ou non être reconnus comme tels par ceux qui sont en contact avec l’autiste.7 Aussi serait-il inapproprié de voir le programme Davis comme un « remède » pour l’autisme. Le but du programme n’est pas d’éliminer ce qu’on appelle « l’autisme » mais plutôt de donner à l’individu les capacités de développer les compétences nécessaires pour participer pleinement à la vie.

De même, la méthode Davis ne peut pas être vue comme un effort pour éliminer ou changer des comportements non désirés. Davis croit que lorsque la raison d’un comportement est éliminée, le comportement lui-même cesse d’exister. Cela signifie qu’un comportement qui est une réponse compulsive à l’incapacité pour l’autiste d’affronter son environnement régresse lorsqu’il acquiert la capacité de comprendre et de contrôler son monde. Par exemple, les crises autistiques sont susceptibles de disparaître avec le temps après un programme Davis.

Toutefois certains comportements autistiques peuvent rester, simplement parce que l’individu autiste ne veut pas ou n’a pas besoin de changer ces comportements. Par exemple, une jeune femme a écrit après un programme Davis :

« Ce programme marche tellement bien que les gens ne me croient plus lorsque je leur dis que je suis Asperger. Mais il n’y a pas que cela, je me sens plus libre de satisfaire en toute « sécurité » mes manies d’Asperger. Maintenant je me balance d’avant en arrière et j'agite mes mains non pas parce que je suis affolée mais parce que c’est drôle et que j’aime faire cela! Je n’ai pas à avoir peur que les trous noirs de mon mental me reprennent et m’engloutissent simplement parce que je me comporte en Aspie. Il y a de la joie dans ma vie et je suis en sécurité. » 8

Le programme Davis va donner à l’autiste un niveau de conscience de soi plus élevé, ainsi qu’une conscience de son environnement et des personnes qui y vivent. Alors très vraisemblablement l’individu qui a suivi le programme Davis va commencer à contrôler les comportements qui semblent perturber ou bouleverser les autres. La jeune femme qui a posté au sujet de ses « manies d’Aspie » a été capable aussi après son programme d’obtenir et d’occuper un poste nécessitant de travailler avec le public, elle a donc probablement développé une compréhension du lieu et du moment adéquat pour se balancer et agiter les mains.

Mais son commentaire illustre une démarche clé par laquelle le programme Davis diffère de beaucoup d’autres. Il ne fait aucun doute que le comportement de l’individu après un programme Davis peut changer et va changer de façon significative, mais ce changement sera toujours piloté de l'intérieur.

Le but d’un programme Davis pour l’autisme n’est pas de « réparer » l’individu, mais plutôt de le rendre capable de fonctionner d’une nouvelle manière, d’ouvrir une porte qui avait été fermée auparavant. Une partie du processus consiste à s’attaquer au blocage sous-jacent inhérent à la façon dont le cerveau autistique fonctionne ; en d’autres termes, à enseigner à l’individu autiste une autre façon d’utiliser son cerveau, de manière consciente. Le reste du processus consiste à fournir un ensemble organisé et cohérent de concepts qui fournissent les leçons de vie manquées par ces individus à cause de leur état mental autistique.

Structure du programme Davis

Parlant de son propre autisme, Ron Davis déclare :

« Longtemps avant de commencer à travailler avec l'autisme ou d'en avoir une quelconque compréhension, je pensais à moi comme étant venu d'un vide. Mon sens du vide n'était pas d'exister en tant qu'individu, mais d'exister comme tout et rien en même temps. Je n'avais pas la sensation d'être un individu, donc il n'y avait pas de "moi". Il n'y avait rien pour me donner la sensation d'identité. Sans un "moi", il n'y avait aucune fondation pour la mémoire ou la connaissance.

D'une manière ou d'une autre – par pure chance ou par la grâce de Dieu – vers l'âge de neuf ans j'ai commencé à m'individualiser, me développer et sortir de l'état d'oubli – sortir du vide. Avec le recul, je peux voir qu'il y a un retard d'environ onze ans dans mes premiers développements. Toujours avec le recul, je peux voir qu'il m'a fallu traverser trois phases pour devenir un être humain. Premièrement, je devais m'individualiser, je devais arrêter d'être à la fois tout et rien pour devenir juste une seule chose – mon corps. Deuxièmement, je devais développer une identité pour ce que j'étais devenu. Et troisièmement, j'ai dû m'adapter au monde des êtres humains. » 9

Le programme de l'Approche Davis de l'Autisme est conçu pour suivre ces trois étapes de développement que Ron a identifiées dans sa propre vie : l’individuation, le développement de l’identité et l’adaptation. La troisième phase (adaptation) est maintenant dénommée intégration sociale.

La première étape – l’individuation – peut être soit l’étape la plus facile soit la plus difficile du programme. Elle est potentiellement très facile car elle implique l’enseignement de techniques mentales simples qui donnent à l’individu le contrôle sur ses perceptions, son attention, sur ses niveaux d’humeur et d’énergie. Elle est potentiellement difficile à cause des obstacles à la communication qui existent souvent chez un individu autiste.

Chacun des outils mentaux de Davis est facile à apprendre pour un individu qui comprend le langage de la facilitante, et qui est réceptif à ses efforts. Mais de nombreux individus autistes ont de graves lacunes de langage et sont méfiants ou réticents face aux efforts des autres pour les atteindre. Les professionnels Davis ont reçu une formation qui inclut des techniques spécifiques pour augmenter la probabilité qu’un autiste les accepte et leur réponde. Même si l’autiste s’est montré résistant aux approches venant d’autres thérapeutes ou tuteurs qui ont essayé de l’atteindre dans le passé, il existe une forte probabilité pour qu’il accepte la facilitante. Par exemple, les facilitantes savent s’abstenir d’essayer d’établir un contact direct ou de soutenir un contact visuel direct lors de l’entretien initial, car beaucoup d’autistes trouvent ces actions terrifiantes et réagissent en se renfermant. 10

Les deux étapes suivantes de la démarche Davis sont plus directes. Quelqu’un qui s'est individué sera prêt au point de vue fonctionnel pour travailler avec une facilitante, aussi le reste du programme se focalise-t-il sur la présentation d’une série de leçons de concepts. Ces leçons donnent à l’individu un cadre pour comprendre le monde qu’il habite et la place qu’il y occupe. Pour la plupart, ce sont des concepts qu’un enfant au développement typique apprend naturellement au quotidien, par le jeu et par les interactions avec les autres. Mais l’individu autiste a raté cette opportunité à cause des expériences mentales et des perceptions différentes de son monde.

La phase du développement de l’identité est typiquement la plus longue, parce qu'elle contient une longue série de leçons à parcourir et chacune doit être parfaitement maîtrisée. À travers une démarche nommée Maîtrise des concepts Davis, l’autiste est guidé pour modeler en pâte une série de concepts – par exemple le concept de changement ou des concepts tels que avant et après. Conjointement avec le modelage en pâte de chaque concept, l’autiste passera du temps avec la facilitante pour explorer chaque concept dans l’environnement, comme rechercher et discuter des exemples de changement, de avant, de après. La série de concepts soigneusement structurée commence avec les idées les plus simples puis prend appui sur celles-ci pour élaborer des idées plus complexes. Le développement de l’identité culmine avec le concept de responsabilité, car le but final est de donner à l’individu la capacité d’assumer la responsabilité de sa propre vie.

Évidemment, cela ne signifie pas qu’un autiste de 12 ans qui a terminé la seconde phase du programme sera en état d’aller gagner sa vie. Mais l’enfant aura progressé au point de comprendre le concept d’exercer la responsabilité. Cette compréhension sera entraînée et développée au fur et à mesure de sa croissance en l’autorisant à exercer sa responsabilité dans des domaines de sa propre vie, appropriés à son âge. Par exemple, pour un enfant la première étape est souvent de devenir responsable de l’ordre dans sa chambre à coucher.

Il y a souvent un laps de temps de quelques semaines ou quelques mois entre la deuxième et la troisième phase du programme, afin de donner à l’individu le temps de mettre en pratique les nouvelles compétences qu’il vient de découvrir et d’expérimenter le monde avec sa conscience nouvellement acquise. Cependant, la phase finale ne prend pas trop de temps, et peut être terminée en un jour ou deux lorsque le client se sent prêt. Comme la phase précédente, l’intégration sociale repose sur le modelage en pâte des concepts de base. Dans cette phase, les concepts sont spécifiquement orientés sur la relation de soi-même aux autres, et développent tout un ensemble de concepts sociaux qui peuvent être utilisés pour guider les relations futures. Cela ne consiste pas à apprendre les compétences sociales, comme serrer la main, regarder la personne à qui l’on s’adresse ou se rappeler de dire « s’il vous plaît » et « merci ». L’autiste explore plutôt les types de relations qui existent entre les gens et parmi les gens ; comme les relations basées sur la confiance comparées aux relations basées sur les règles. À la fin de cette étape, l’individu aura acquis le schéma analytique et la perspicacité lui permettant de diriger ses relations dans la vie et de faire des choix judicieux pour former des relations et des amitiés.

Actuellement, le programme de l'Approche Davis de l'Autisme est délivré par des facilitantes licenciées Coach/Facilitant Autisme Davis qui travaillent directement avec un individu autiste ou bien forment un parent ou une autre personne tutrice aux différentes étapes du travail avec l’autiste. Le matériel utilisé par les parents ou les tuteurs pour le travail à domicile est inclus dans les deux types de programme.

Les éléments fonctionnels de l’autisme

Davis considère l’autisme et sa cause comme étant fonctionnelle. Plutôt que d’essayer de résoudre le mystère de ses racines biologiques, médicales, génétiques ou neurologiques, Davis s'intéresse au monde intérieur et à l’expérience des individus autistes. Que ressentirait-on si l’on était dans la tête d’un individu autiste ? Qu’y a-t-il de différent dans les pensées et dans les sensations d’un autiste qui l’empêche de développer les compétences de la vie qui semblent naturelles aux enfants ordinaires ?

Chaque individu autiste est différent. Cette observation est particulièrement vraie depuis que les éducateurs et les professionnels du monde médical ont élargi leurs vues au fil des ans pour inclure une large gamme de symptômes sous le vocable d’autisme. Des individus qui n’auraient pas été considérés comme autistes il y a 10 ou 20 ans sont maintenant largement reconnus comme tombant dans la catégorie du spectre autistique. Plus d’individus que jamais avec une gamme plus étendue de caractéristiques de comportements et d’apprentissages sont maintenant dits autistes.

Mais il existe des points communs qui peuvent être vus comme étant à la base de la compréhension de l’autisme en fournissant également une démarche significative pour le traitement et la thérapie.

L’autisme est développemental

Les manifestations du spectre autistique apparaissent durant la première enfance, comme quelque chose avec laquelle l’enfant est né ou bien qu’il acquiert dans son jeune âge, le plus communément manifesté avant l’âge de trois ans. (Un enfant plus âgé ou un adulte victime d’un traumatisme ou d’une maladie grave peut montrer des comportements similaires, mais sera normalement diagnostiqué pour autre chose que l’autisme.)

Les individus autistes manquent d’une Orientation Stable

« L’orientation », telle que définie par Davis, est l’état dans lequel les perceptions mentales sont en accord avec la réalité et les circonstances de l’environnement. Un individu orienté est capable de focaliser volontairement son attention, pour donner du sens à son environnement, filtrer et évacuer les pensées, les sensations et les perceptions qui le distraient.

Un individu autiste n’est pas capable de maintenir un état continu d’orientation pendant le temps éveillé. Soit l’individu passe une bonne partie de sa vie dans un état désorienté, soit il est absolument incapable de s’orienter, état qui pourrait être décrit comme non-orienté. « La désorientation » est simplement le contraire de l’orientation ; c’est l’état cérébral lorsque les perceptions mentales ne sont pas en accord avec les faits réels et les conditions de l’environnement.

Les individus autistes ont des lacunes dans la compréhension conceptuelle de leur monde

Comme résultat direct de son manque d’orientation stable, un enfant autiste va expérimenter le monde différemment d’un enfant au développement classique. Ses perceptions visuelles, auditives, de l’équilibre et du toucher seront toutes limitées ou exagérées. Ainsi l’enfant autiste ne fera pas les mêmes observations, ni ne sera capable de tirer les mêmes déductions des expériences. Parce que chaque individu est différent, les lacunes conceptuelles peuvent être différentes d’un individu à l’autre. Le résultat de ces lacunes et de ces incohérences perceptuelles est que l’autiste expérimente le monde comme étant imprévisible, confus et effrayant.

Une solution aux limitations fonctionnelles de l’autisme

Avec ce point de vue sur l’autisme, il existe une solution directe en deux parties. Premièrement, l’individu a besoin d’être pourvu de la capacité de maintenir une orientation stable, dans laquelle ses diverses perceptions sont en harmonie les unes avec les autres tout en étant en accord avec les conditions réelles de l’environnement. Ensuite, une fois que la compétence d’établir et de maintenir l’orientation est acquise, l’individu a besoin d’apprendre et d’explorer ces concepts de la vie qui sont nécessaires pour donner du sens au monde et y trouver sa place. Avec une compréhension conceptuelle, le monde n’est plus vu comme imprévisible et chaotique, et la sensation d’anxiété et de peur de l’individu se dissipe.

Le programme de l'Approche Davis de l'Autisme est en mesure d’apporter à l’individu ces deux éléments : l’orientation et les concepts. Procéder ainsi comble les lacunes du développement, rendant finalement l’individu autiste apte à fonctionner avec compétence et autonomie, et à participer pleinement à la vie.

Qu’un individu soit encore autiste ou non dépend de la façon dont on voit et dont on définit le mot « autisme ». Si l’on regarde l’autisme à travers le prisme de ses aspects les plus invalidants, alors le programme Davis éliminera la cause de ces invalidités, et dans cette mesure l’autisme aura été corrigé. Toutefois, rien dans le programme Davis ne porte atteinte en aucune façon aux dons et talents que l’individu peut posséder, ni à la perspective unique qu’il peut avoir acquise de son expérience autistique. L’enfant autiste qui était fasciné par les trains et les horaires des trains peut continuer à nourrir cette fascination. Ou peut-être va-t-il évoluer et développer des centres d’intérêts plus vastes. Le programme Davis ouvre une nouvelle porte sur la vie, mais ne ferme pas la porte du passé ni ne porte atteinte à l’esprit de l’individu.

4 Une liste complète des facilitants licenciés de Davis Dyslexia Correction est disponible à l’adresse: http://www.dyslexia.com/providers.htm Les noms des personnes qualifiées pour délivrer le programme Davis Autism Approach sont aussi à l’adresse http://www.davisautism.com/contact_facilitator.html

5 Davis, Nurturing the Seeds (Nourrir les Graines NdT) Mai 2009

6 Cette définition correspond pratiquement à la description originale de Kanner de l’autisme comme « une incapacité innée d’instaurer le contact affectif avec les autres, habituel et biologiquement défini ». (Kanner, Autistic Disturbances of Affective Contact 1943, 250)

7 Voir, par exemple, (Dawson, Soulières et al. 2007) (Dawson, Mottron and Gernsbacher, Learning in Autism 2008) (Soulières, Dawson and Samson, et al. 2009) (Mottron 2011)

8 Posté sur un groupe Facebook le 1° août 2009. Récupéré sur https://www.facebook.com/groups/6567263146/ 26 février 2012

9 Davis, Nurturing the Seeds Mai 2009,

10 Ceci est une illustration de la différence philosophique entre la démarche Davis et d’autres approches telles que : Applied Behavior Analysis (ABA), Discret Trial Training (DTT), ou Relationship Development Intervention (RDI), qui insistent sur les stratégies pour contraindre et renforcer le contact visuel. Une facilitante Davis doit éviter toute tentative pour forcer un comportement qui est inconfortable pour un autiste, puisque le but est de rechercher l’acceptation de manière perçue comme rassurante et non menaçante par le futur client.