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Il y a quelques millénaires, une changement d'axe de rotation de la Terre a divisé l'humanité, faisant naître le paradigme de la domination qui s'est répandu sur le monde comme une traînée de poudre. Un paradigme à l'origine de la disparition du vivant sous ses formes multiples et de l'anéantissement des cultures. Aujourd'hui, un nouveau changement modifie le sens de la vie sur la planète. Un changement d'axe culturel. L'évolution prive l'Occident de l'initiative historique, pour la répartir multipolairement dans le monde. Le premier changement axial s'est conclu par les déluges de la fonte des glaces. Et l'ombre de la menace atomique accompagne le renversement contemporain de la puissance culturelle. Davantage qu'une troisième guerre mondiale, nous vivons une révolution de la vie humaine qui nous confronte au mur de l'extinction nucléaire. La direction de l'humanité monopolisée par l'Occident pendant deux siècles, a fait de la domination le moteur de l'évolution sur la planète. Au crépuscule du dernier millénaire, un chercheur en sciences politiques Américain a connu son heure de gloire en prophétisant "la fin de l'Histoire". Il s'agit bien de cela, mais disons qu'il n'a pas terminé la phrase. Il s'agit de la fin de l'histoire de la domination occidentale. Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'Histoire! Peut-être même s'agit-il du commencement de la fin du paradigme de la domination, car l'univers a aussi une stratégie. Une stratégie favorable à la vie.
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Seitenzahl: 521
Veröffentlichungsjahr: 2023
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Ma tendresse à Angela Davis et à Jean Seberg.
Dans mes yeux noirs, le regard bleu profond de ma mère me disait: « Dehors, Jeanpy, soit plus prudent que les autres! ». Plus tard, le directeur de l’école primaire devait préciser les contours de la prudence: « Non Urgin-Brustier, tu n’es pas blanc, tu es café au lait! ». J’ai essayé de protéger ce petit gars… mais cela n’a pas été facile.
Le stratégie de l’Univers
Avant propos
Le mode d’emploi
Pensée taranienne
Bleu comme la vie
Observer Mandela et Chavez
La rationalité des énergies de
l’être
Le contrat social du Français
noir
La Lumière
L’obscurantisme
Le verbe et la communalité de l’existence
Un cycle lumineux
Le changement
Mars 2022, Kharkiv, Kharkov...
Le paradigme de la domination
La sensation abîmée
Le poids du ventre
L’inconscient collectif occidental
L’éclipse
L’inconscient individuel occidental
Pendant ce temps, sur Terre...
La terre rougit, les joues restent blêmes
Terre d’Ombres et de Lumière
Prise de conscience
La multipolarité ou l’enchaînement nucléaire?
Pensée cosmogonique
Documents photographiques
Henri Poincarré rappelait avec les mots de son temps, une vérité sans âge: « Le savant digne de ce nom éprouve, en face de son œuvre, la même impression que l’artiste […] Si nous travaillons, c’est moins pour ces résultats positifs auxquels le vulgaire nous croit si étroitement attachés que pour ressentir cette émotion esthétique et la communiquer à ceux qui sont capables de l’éprouver ». Certains micros communiquent des voix très vulgaires.
Je propose au lecteur de lire ce livre, avec un super pouvoir. Un super pouvoir accessible à tous, puisqu’il ne dépend que de la volonté de chacun. Il nous faut essayer de contrebalancer la règle sociale inhumaine qui nous est imposée et altère notre vision naturelle. La règle de l’accès à la souveraineté de soi, selon que vous serez dominant ou dominé. C’est dire s’il nous faut un pouvoir assez fin pour identifier les statutaires, puisque dans la chaine hiérarchique de notre société globalisée, tous les dominants ne revendiquent pas leur privilège. Un super pouvoir dont la naïveté apparente pourrait occulter la profonde efficacité spirituelle. Chaque fois qu’il sera question de conflits humains dans ce livre, et il en sera beaucoup question, je vous propose de chausser votre paire de lunettes spéciales. Des lunettes qui révèlent les hiérarchies artificielles entre les humains. Ces hiérarchies pèsent lourdement sur le bas de l’échelle sociale mais aussi, organisent l’irresponsabilité culturelle de notre société. Ce dernier aspect est rarement évoqué.
Avec des nuances, bien sûr. Derrière l’apparence monolithique, il y a dans la plupart des nations une culture dominante et des cultures minoritaires endogènes. Dans chaque pays occidental, les dominants imposent une vision culturelle hégémonique qui limite la perception des conflits, au spectacle de l’opposition factice entre ceux qui revendiquent leur domination contre ceux qui dissimulent leurs privilèges derrière des drapeaux blancs et une fausse fraternité. Le combat de ces deux groupes pour l’exercice du pouvoir est véritable, mais les deux sont d’accord sur le fond culturel dominateur. Dès lors, les visions fraternelles qui persistent dans chacun de nos pays deviennent invisibles.
En outre, la globalisation du matérialisme socio-économique, ne fait que renforcer la maitrise des dominants sur l’évolution de la vie. Mais sommes-nous nécessairement fraternels parce qu’opprimés? Et sommes-nous nécessairement irresponsables parce que dominés?
Il fut un temps où l’environnement naturel jouait un rôle premier dans l’activité humaine. De nos jours, l’orientation culturelle et les décisions humaines déterminent largement la qualité de la vie dans le monde. Ce n’est pas que la « nature » serait moins essentielle, c’est que nous lui interposons une volonté culturelle. Cultures et décisions peuvent être éthiquement évaluées en fonction de leur capacité à favoriser ou à détruire le vivant.
En terme de valeur humaine, la race m’indiffère. C’est la culture violente ou pacifique qui compte. Les conditions environnementales fabriquent la culture et parfois empêchent la civilisation qui toujours suppose le respect du vivant. La science historique fait le tri entre la fraternité et le révisionnisme. Le racisme conduit la culture violente, il faut donc s’y intéresser comme un fait culturel.
J’indiquerai les distinctions raciales que notre société nous impose. Je le ferai avec l’intention d’exposer l’utilité singulière du concept de race, dans la volonté de domination. Si c’est en Occident qu’on été essentialisés à la fois la race et le matérialisme, c’est parce que ces deux concepts se nourrissent l’un de l’autre.
Ce pouvoir de décrypter l’oppression sera notre moyen pour se rapprocher de la communalité humaine. Pour désapprendre la tolérance à la violence diffusée par la culture, en rejetant toutes les « raisons » qui nous sont inculquées depuis le berceau, pour la justifier. Qui nous font accepter comme naturelles, telles souffrances infligées à l’autre. Regarder la violence dans les yeux, pour désapprendre la haine. Après tout, ce n’est qu’une façon de prendre au sérieux la thèse officielle de la fraternité républicaine. Plus sérieusement encore, ce serait un moyen raisonnable de nous adapter au monde multipolaire qui se met en place. Je ne suis pas sûr que les générations lésées par l’ancien découpage du monde soient animées du même esprit de conciliation dont nous avons fait preuve envers les privilégiés et qui a fabriqué tant de souffrances et de guerres dans le passé. Restituer à chacun sa souveraineté, a tendance à faire disparaitre les parapluies hiérarchiques sous lesquels s’évapore la responsabilité du choix personnel.
Nous verrons en dépit des réductions racialistes, que cela n’interdit pas de respecter l’élan qui nous fait préférer la survie de nos proches, à celle de l’autrui éloigné; de même que la légitimité de sa propre défense, élargie aux siens. D’ailleurs, les proclamations claniques des racialistes qui tentent ainsi de justifier les guerres qu’ils font à l’autre bout de la planète, ne les empêchent pas de la faire depuis toujours à leurs voisins immédiats. Valoriser la vie plutôt que la survie cependant, c’est chercher à s’émanciper de cette inclination légitime mais parfois injuste. Au service de la logique vitale, les intérêts de tous sont conciliables, alors que dans la survie l’infraternité règne. Il ne s’agit que d’attribuer à chaque humain, la même humanité, ni plus ni moins. Sans ne justifier aucune passivité au regard de la violence reçue. La violence de l’autre justifie que l’on se défende. Mais sa propre violence n’est jamais légitimée par l’opinion que l’on se fait de l’humanité de l’autre. Les faits parlent mieux que les opinions. Ils disent la réalité humaine de chacun. La Science trouve les faits et ordonne les opinions. La Spiritualité restitue la responsabilité vitale. Et l’Art peut aider à trouver des formes de perception nouvelles. Il faut ajouter que ces lunettes fonctionnent aussi pour le genre, où la différence physique n’est pas le fait d’une simple adaptabilité phénotypale, mais est consubstantielle à l’espèce. Même si pour cette différence plus fondamentale encore, nous pourrions comme pour les autres, ne compter que sur un pouvoir naturel encore plus grand. Le pouvoir du cœur, moteur de notre conscience. Assurément, une façon de préférer la voie naturelle qui éclaire toutes les oppressions et rend inutile le port de tout artifice visuel.
Quel que soit le moyen pour y parvenir, acceptons l’égale souveraineté humaine, le temps d’un petit livre. Maman blanche et papa noir, naissance et culture françaises. Sans race ou bien de toutes, puisque métis, je parlerai la langue d’une culture française endogène mais minoritaire dans son propre pays. Je le vis comme une liberté. J’en ferai usage. Français baptisé catholique, je balaierai d’abord devant notre porte. Je n’essaierai pas de trouver de bonnes raisons aux protagonistes, re-mettant la balle au centre en tambourinant « un partout! », ainsi que le ferait tout bon indigné du dimanche. Le lecteur avide de consensus confortables, dispose déjà de l’offre abondante d’une littérature qui lui caressera le poil dans le « bon » sens. Je m’adresserai à l’humanité du lecteur, m’efforçant d’identifier les responsabilités dans le seul but de tenter de comprendre où tout cela nous mène. Et peut-être également d’user du droit de se défendre, étant conduit par les dominants aux limites de la catastrophe dont Albert Einstein prédisait qu’elle infligerait à l’Humanité le retour aux cavernes. La morale humaine possède une géométrie variable; heureusement, l’éthique appartient à l’univers. Quoi que j’en pense, la première aura sur moi une influence, parce que nul n’est parfait, mais j’essaierai surtout de débusquer la seconde en tout ce qui favorise la vie. Nul n’est devin, non plus. Mais peut-être serait-il temps de réveiller notre esprit critique. Les intouchables au pouvoir par le nombre et par la hiérarchie sociale, passeront leur chemin ou trouveront ainsi qu’ils s’y sont complu dans le passé, les moyens de répression conformes à leur intime conviction. Qu’importe, puisque je ne place l’espoir qu’en tous ceux dont on peut toucher la conscience.
Les connaissances livresques sont toujours utiles. Je les mettrai à l’épreuve de mon expérience humaine et professionnelle. Des décennies de combats contre l’oppression, de magistrature nationale et internationale ajoutés à une vie parallèle consacrée à l’art, seront sollicités pour évaluer la rationalité de la pensée occidentale. Puisque c’est elle qui vendique la direction du monde. L’on entend souvent dire que pour atteindre l’objectivité, il faudrait séparer toutes ces expériences. Je ne crois pas à l’objectivité. Je sais que la vie ne se découpe pas et préfère rechercher le sens dans la réalité entière de l’expérience vécue. Je crains d’ailleurs qu’avec la méthode objective, ce soit à l’autopsie de notre société que, tôt ou tard, le monde sera convié.
Pour faire parler les faits, il faut une forme. Je vais essayer d’en parler avec des idées d’artistes. Dans mon esprit, la forme est inséparable du fond. Il faut une expression qui respecte le libre arbitre de chacun. La liberté d’exprimer la conviction dans l’écriture et celle de pouvoir se positionner dans la lecture. Ce n’est pas compliqué, il suffit d’exposer le fond de sa pensée. Ce sont les rétorsions qui en découlent ensuite qui sont difficiles à assumer. Quels sont ces temps atroces qui obligent l’artiste à décortiquer la haine plutôt que de lui permettre d’exalter la joie de vivre? Les temps derniers? Les derniers temps de la haine? Combien parmi nous, savent que chaque année des milliers d’enfants sont enlevés dans le monde pour alimenter les réseaux pédophiles et le traffic d’organes? Le site d’informations The Conversation, reprend une estimation pour l’année 2019 du prix de nos entrailles. Aux dires du magazine Popular Science, en Inde un rein vaut 20 000 dollars, en Chine 40 000 dollars et en Israël 160 000 dollars. Aux États-Unis, un rein coûte 45 000 dollars, un foie 40 000 et une cornée 5 000. Récemment, le député Européen Irlandais Mick Wallace, après avoir énuméré la liste interminable des victimes de la terreur otanesque, posait à ses collègues cette question: « Quand allez-vous vous réveiller et commencer à vivre dans le monde réel? »
L’artiste ne crée pas la violence, il montre le monde tel qu’il apparait; avant les sous-titres. Mais il est bien difficile de le faire, hors l’esthétique de la fiction. Montrer la violence factuelle n’est assurément pas l’approuver; bien au contraire. La sensibilité de l’artiste réprouve la violence et l’accroche à l’espoir que la créativité le distanciera des faits exposés. Il fut un temps où cette liberté reconnue à l’artiste, profitait aussi à l’essayiste. Est-ce toujours le cas à l’Ouest? Dire les choses sans fard, bien sûr, c’est déjà prendre position. J’essaierai de rechercher les règles universelles plutôt qu’humaines; dans les limites de ma propre lucidité. Tenter le dévoilement, c’est espérer que le lecteur pourra se forger sa propre conviction.
Je lui propose de prendre ses propres distances avec l’exposé académique. De nos jours, tout est mis en oeuvre afin que la structure du récit favorise la soumission à la pensée officielle et enferme l’esprit dans un système de préfabrication de l’opinion. J’aimerais favoriser au contraire l’autodétermination, en ne dissimulant pas un point de vue sous un arsenal pyrotechnique auquel l’on donne le joli nom de rhétorique. Comment transmettre sa perception du réel sans trahir son intensité? Puisque seul le raisonnement est transmissible. Puisqu’il faut découper le réel pour articuler un raisonnement, autant essayer de restituer la sensation du vrai, plutôt que son illusion intellectuelle par la maitrise de l’esprit du lecteur.
Analyser une situation historique à partir de séquences subjectives juxtaposées par la narration conventionnelle, n’aboutit qu’aux logiques myopes; au détriment d’une perception plus profonde du monde, fondée sur les lignes tendancielles sous-jacentes. L’artiste sait que s’il marche dans les pas d’un autre artiste, il n’aboutira, au mieux, qu’à l’inutilité de dire deux fois la même chose. Au demeurant, le résultat est-il satisfaisant? Si les populations occidentales se trouvent sous le choc de l’évolution internationale actuelle, c’est parce que l’analyse académique qui leur est diffusée, ne permet pas de comprendre le mouvement fondamental du monde. Il faut une perception organique des situations historiques qui laisse entrevoir les liens qui existent entre des faits apparemment éloignés, mais qui appartiennent aux mêmes forces tendancielles profondes. L’on ne peut espérer l’omniscience multidisciplinaire et pluri-culturelle humaine. Il faut donc rechercher une approche holistique des évènements, plutôt que mécaniste. Pour aider à la communication des idées et éclairer l’aspect organique des images utilisées, il me faudra pousser les mots dans leurs retranchements; dussé-je pour cela, en inventer quelques uns, puisque la langue française, heureusement, le permet. Une approche strictement matérialiste de l’environnement universel, s’auto-régule par l’invention des concepts qui confortent son principe, plutôt que par les découvertes de la Science qui autorisent les remises en questions et ouvrent aux progrès véritables. Les mécanistes qui dirigent l’Ouest, n’y voient que l’absence de structure du raisonnement parce que « le nez sur le guidon », ils ne perçoivent pas la logique vitale profonde qui anime le monde.
En 1962 dans son film La Ricotta, Pier Paolo Pasolini fait lire un de ses poèmes à Orson Welles. Dans la première partie, le poète, une force du passé, décrit certaines ruines antiques dont personne ne comprend plus le style et l’histoire. Il passe ensuite à certains bâtiments modernes horribles que tout le monde, au contraire, comprend… Je viens des ruines…où vécurent mes frères. Et moi, foetus adulte, j’erre, plus moderne que n’importe quel moderne, à la recherche de frères qui ne sont plus. Moi qui ne suit pas romantique, je pense que ces frères sont toujours là et que les forces dont je parlerai sont intemporelles. Je pense que l’on ne reconnait ses frères qu’à la condition de connaitre ses parents et que l’on perçoit l’intemporalité des forces lorsqu’on les relient à leurs racines cosmiques. Pour ne pas renoncer à la force artistique, il me faudra parler une langue que les modernes-contemporains ne comprendront pas.
L’Humanité est-elle condamnée ou renaissante? L’ampleur planétaire du sujet compromet l’efficacité de l’analyse strictement occidentale, puisque l’Occident qui conduit depuis plusieurs siècles les destinées humaines, ne peut être à la fois juge et partie. Il faut une progression plurielle de la réflexion. « Géométriquement » plurielle. La figure de la spirale me semble illustrer le mieux la forme du raisonnement qu’il me faut construire. Chaque bras représentant un angle de vue différent. Pour comprendre l’état actuel du monde, il faut le relier aux forces historiques, géographiques, culturelles et universelles qui fabriquent son évolution. Une évolution également soumise à des cycles. Une réflexion en spirale donc, qui s’adapte à la forme évolutive de la vie dans l’univers. Ce n’est bien sûr qu’une image. Et une recherche. Une méthodologie non-machinale que les industriels de la pensée conçoivent comme répétitive et hasardeuse ou même contradictoire et décousue, parce qu’elle met en oeuvre des moyens plus universels que les leurs. S’ils la conçoivent ainsi, c’est parce que tout en eux réfute l’aboutissement de la logique universelle. Je voudrais prendre le mot universel à son pied et non, comme il est appréhendé par la culture occidentale. Pour l’Occident « l’universel » n’est pas l’univers, mais la globalisation au monde de la culture occidentale. Il se contente de sa méconnaissance du monde pour le juger. Quand il parle du monde, c’est pour effacer sa réalité.
J’aborderai le même sujet mais sous des angles différents ou bien à l’aide de sujets voisins, afin de le situer dans une perspective englobante. J’aspire à mettre les énergies naturelles au service de l’approfondissement des choses. Tenter d’éclairer la complexité du réel, en m’inspirant du dispositif qu’utilise notre environnement universel pour structurer organiquement les profondeurs cosmiques. Un rêve d’artiste. Épouser le mouvement géométrique de l’énergie du cosmos. Pister un sujet et s’en remettre à la puissance de l’inertie de son déplacement naturel. Voyons-nous autre chose lorsque nous contemplons dans le ciel nocturne, une galaxie enfoncer ses volutes lumineuses dans le noir sidéral?
À chaque rotation, l’analyse en spirale s’enfonce toujours davantage, avec plusieurs bras, dans la complexité du monde; là, où l’attention elliptique ne va jamais jusqu’au fond du sujet. Là, où la pensée unique emprisonne la perception du lecteur, dans une reconstitution linéaire mais arbitraire des évènements historiques. Il est facile de prétendre que la violence étant partout, de même que les dominants cruels, il ressortirait de ce constat tragique que la responsabilité des désastres serait partagée égalitairement sur la planète. La responsabilité de tous serait la même, si la souveraineté de soi était la même pour tous. Le résultat délétère nous impacte tous mais les responsabilités sont au contraire, identifiables et les fautes inégales. Et c’est pour cela qu’il y a des solutions. L’Humain n’est pas isolé dans son combat vital, puisqu’à l’encontre de tous les mensonges hollywoodiens, l’univers est favorable à la vie.
Lorsqu’un seul confisque l’action, et la parole est un acte, l’on voit où cela nous mène tous. Il faut arrêter de prétendre que nous serions trompés. Derrière les faits, il y a des décisions individuelles, des décisions collectives, des décisions hiérarchiques, des décisions inconscientes. Derrière les décisions il y a des responsabilités. Et derrière tout cela il y a l’évolution de la vie, dans l’univers. Il y a une stratégie de la vie dans l’univers. Il me parait essentiel d’envisager les décisions humaines sous l’angle de la stratégie vitale de l’univers. Ce questionnement stratégique requiert une approche ambitieuse. Il ne s’agit pas de requérir au Jugement dernier mais au contraire, de faire entendre une petite voix favorable à la renaissance du monde. Prendre au pied du mot la réalité universelle, c’est faire de même avec la réalité matérielle et la réalité de la conscience. Univers, matérialité et conscience doivent être compris comme des réalités essentielles. Des réalités auxquelles il nous faut restituer la plénitude de leur sens. Nous surévaluons la réalité matérielle, pour considérer la conscience comme simple hypothèse intellectuelle ou morale.
Dans mon esprit, la forme atypique et l’expression sans ambages de cette réflexion sont un espoir de permettre un dialogue éthique. En s’appuyant sur la nature dialectique du réel. En traçant des correspondances entre des ressources communes que le faux sépare. Des ponts de compréhension du réel entre la Science, l’Art et la Spiritualité. L’espoir de démontrer que tout est lié.
C’est enfin un moyen d’enrouler dans un nombre raisonnable de pages, une diversité de domaines qui impose le volume en ligne droite. Les domaines habituellement dilués dans l’art de circonvenir ses contemporains, qui au final rend l’état du monde opaque. Soumis à la soit-disant inaccessible complexité de la vie, aux prétendus temps obscurs du passé et aux paradoxes intellectuels. Aux complications qui justifient la pensée nihiliste. Bref, qui embobinent l’humain plutôt que d’envelopper le réel. Il y a moins de temps obscurs que de temps que l’on ne veut pas voir et les temps prétendument obscurs pourraient éclairer bien des présents. En réalité, la vie n’est pas complexe au point d’empêcher la souveraineté de notre libre arbitre. Nous savons par la sensation où se trouve la faveur vitale. Suivre la logique de la sensation n’est certainement pas l’assurance d’aboutir à la connaissance. Mais la logique intellectuelle ne protège pas du risque de n’aboutir qu’à la virtualité. Surtout, la vision intellectuelle matérialiste n’est qu’une interprétation du réel; parmi d’autres. La réalité se trouve d’abord dans la sensation et l’attention lui donne un sens, à travers la singularité culturelle. L’Occident hégémonique prétend au bon sens, mais confond la sensation avec l’empire des fantasmes. Ce bon sens, n’est ni commun ni rationnel.
Occidental minoritaire, je choisis de redécouper l’image officielle de la réalité à l’aide de moyens artistiques, pour tenter de restituer la vérité de la sensation; plutôt que prétendre au réalisme par l’apparence rationnelle. Nous verrons que cela n’éloigne nullement des faits. Le redécoupage de la réalité par la sensation, c’est ce que faisait la Nouvelle Vague avec le cinéma, dans sa recherche honnête de renoncer au travestissement de l’éloquence conformiste. La vitalité de la Nouvelle Vague était minoritaire et combattait le totalitarisme de la pensée majoritaire dominatrice. Ce n’est pas qu’elle avait raison sur les autres pensées, c’est que la pensée dominatrice empêchait d’exister. Ce n’était pas un mouvement esthétique monolithique, mais une action libératrice d’une société figée dans l’image fausse qui avait mené aux pires catastrophes. Elle reprenait le flambeau porté par les peintres impressionnistes avant elle, en l’élevant encore. Jean Renoir était le lien. Il fallait débloquer l’imagination des populations afin qu’elles se réinventent dans la vérité d’exister. A-t-elle complètement disparu aujourd’hui? La domination majoritaire est-elle totale? Le sourire de Jean-Pierre Léaud en 1959, porté en triomphe sur les épaules du succès après la diffusion des Quatre Cents coups, était pourtant tellement beau! François Truffaut disait à l’époque, qu’« une dizaine de films réalisés dans la contrainte, comme c’est le cas de la plupart des films Français, présentent beaucoup de points communs. Alors qu’une dizaine de films réalisés dans la liberté, ce qui est notre cas [dans la Nouvelle Vague], se trouvent extrêmement différents les uns des autres. » Une opinion artistique qui devrait bénéficier à la diversité culturelle du monde. Si les Cahiers du Cinéma, tiraient quatre cents boulets rouges sur le cinéma académique, c’est parce qu’ils représentaient un cinéma minoritaire et qu’il fallait se faire entendre. Il fallait tirer sur les barrages. Et Jean Rouch ajoutait: « Pour être libre, il faut prendre tous les risques ». Un conseil que je suivrai explicitement ici. Car l’accord d’une majorité locale érigé en valeur absolue, de ne pas aller jusqu’au bout de la vérité des choses, le non-dit d’une société protégé par le consensus que celui qui s’aventurerait au bout de leur sens, appellerait avec trop d’insistance la violence, en réalité, exprime que l’on appuie là où ça lui fait mal, à elle. Une menace à peine voilée contre l’aventure. Mais lorsque l’on n’y appuie pas, c’est à d’autres que l’on fait du mal; laissant la violence sur la seule tête des victimes. La majorité occidentale, est une minorité dans le monde où elle vit. Le monde est notre ici à tous. C’est d’ailleurs l’Occident qui en a fait une globalité. Surtout, ne pas insister c’est mettre en cause l’intégrité du réel. Nous avons pris la mauvaise habitude d’enfermer les choses dans la nuit et le brouillard.
Un jour plus récent à Cannes, Jean-Luc Godard assumant son statut marginal, s’est risqué à un constat qui fut accueilli par un concert de grincements de dents. «Ils font plus d’enfants en Afrique. C’est parce qu’il y a plus d’amour en Afrique qu’en Europe.». Un boulet de tendresse. Des mots qui lui coûteront certainement la reconnaissance publique qu’il mérite; et il faudra certainement attendre encore un peu, avant qu’il entre au Panthéon. En 1958, dans son film Moi, un noir, Jean Rouch laissait parler des Africains. Le poète Aimé Cézaire avait orienté la lumière, huit ans plus tôt. Voyons ce qu’il en est du progrès, soixante quatre ans plus tard, lorsqu’un noir prend la parole en Français, pour tenter le point de vue majoritaire du monde. On ne peut pas dire que la cadence soit excessive. Quand le boulet touche sa cible, l’on voit surtout les dégâts causés. Il faut attendre parfois des années, pour comprendre la tendresse qu’il contenait.
Avec ce livre, j’essaierai de comprendre pourquoi il n’y a pas assez d’amour en Occident. Peut-être existe-t-il une explication organique à l’état du monde… Renvoyer par l’écriture leur violence aux gens et qu’ils acceptent l’effort de la lire… Est-ce que c’est possible?
« Quand vous voulez aider les gens, vous leur dites la vérité. Quand vous voulez vous aider vous-même, vous leur dites ce qu’ils veulent entendre. », conseillait l’économiste Américain, Thomas Sowell. Peintre, je vais plutôt tenter l’élan vers l’autre.
Le 23 août 2022, Liz Truss, Anglaise de premier plan à plus d’un titre, éclairait le monde sur ses capacités : Je suis prête à appuyer sur le bouton nucléaire, quelles que soient les conséquences d’annihilation totale de la planète! Assénait-elle, pour la résumer sans la trahir.
Le média Agora Vox du journaliste Sayed Hasan, supprimé par Youtube, avait publié le 31 mars 2018 au préalable, une déclaration de Vladimir Putin rappelant que ce sont ses partenaires qui ont inventé la bombe nucléaire et qu’ils l’ont déjà utilisée, sans que la preuve du caractère indispensable de son emploi, n’ai jamais été rapporté. Il concluait : « Si la Russie est attaquée, ce sera la fin du monde! ».
L’Empire démocratique rationalise à l’intérieur de ses terres, la suppression du libre arbitre et favorise avec l’extérieur les relations nucléaires. Le néant pour soi et l’anéantissement de l’autre.
Un vrai mode d’emploi, voilà pour ceux d’en face!
Et pour tout le monde, le prochain logiciel.
Etait-ce une promesse? Etait-ce une menace?
Peut-être décidément, sommes-nous vus du ciel,
Dans un jeu vidéo, assis sur un gros bouton rouge?
Virtualisant la nuit sans aube; où nulle ombre ne bouge.
Plus de noir, de blanc, ou de jaune, rien que de l’écarlate!
Maîtres et esclaves égalisés, par l’atome qui éclate!
Nous sommes convaincus de disposer des meilleures connaissances que l’humanité ait jamais possédées. Nous considérons notre niveau scientifique comme supérieur à celui atteint par les civilisations antérieures à la nôtre. Et pour les périodes encore plus anciennes où l’Humanité n’était pas encore doublement sapientale, nous ne questionnons que très rarement l’évolution des capacités de la perception humaine. L’interprétation par les populations primales des phénomènes naturels était certainement erronée, mais face à l’univers, sommes-nous certains pour autant de la qualité de notre propre jugement? Sommes-nous certains que ces populations qui vivaient il y a plusieurs millions d’années, ne disposaient pas d’une perception organique qui leur permettait d’appréhender des phénomènes naturels que nous ne discernons plus? Il y a la question de la perception et il y a celle du traitement de l’information. La qualité de leurs raisonnements n’était assurément pas au niveau de leurs capacités perceptives. Mais notre perception organique à nous, a vraisemblablement diminuée et certainement gagnerions-nous en outre, à questionner la qualité de notre d’imagination.
Vivre aux côtés d’animaux domestiques permet d’élargir le champs de ces interrogations. Tel chien, tel chat donne quelquefois l’impression de voir des « choses » que nous ne voyons pas. Comme s’il suivait du regard ou de la tête des mouvements invisibles. Les humains primaux sortant à peine de l’animalité, distinguaient peut-être certains éléments du réel, tels que seul un certain état organique, et possiblement aussi de la conscience, permettent de les percevoir.
De nos jours, nous acceptons de croire à la réalité des phénomènes les plus extraordinaires, quelques fois les plus chimériques ou même frauduleux, à partir du moment où nous les voyons sur un écran. Dans les années soixante-dix, on parlait de la vérité de la chose écrite. Nous y avons ajouté celle de « la chose vue à l’écran ». Vue et sous-titrée. À l’heure de l’information continue, le verbe a renforcé son pouvoir sur l’image. De telle sorte, que souvent des mots invisibles, dans le hors champs des évènements qui s’affichent, des mots parfois dissimulés dans l’inconscient collectif, ordonnent notre pensée. Se substituant au réel.
Un témoin nous relate un phénomène qui déroge aux conventions établies, et nous doutons immédiatement; souvent légitimement. Peut-être même, douterions-nous de nos propres yeux dans telles circonstances singulières. Mais nous faisons confiance à la réalité retravaillée par la machine.
Je ne parle pas des effets spéciaux; car, bien sûr, nous savons que nous pouvons être trompés par la ruse. Mais il y a une sorte d’aura « objective » probante qui émane de la chose vue à l’écran, a fortiori lorsque la compréhension des phénomènes est orientée par le commentaire. Le verbe écrit c’est fait oral, pour conserver son imperium. Le commentaire nous rassure en nous donnant l’impression que nous comprenons tous la même chose. L’omniprésence des réseaux sociaux n’a fait que renforcer le processus. La « vérité restituée » par le contenu ainsi médiatisé est devenue notre mode privilégié de compréhension du monde. De la même façon que les « observations virtuelles » fournies par les appareils électroniques appuient l’effort scientifique. Pour la recherche scientifique, le commentateur opère depuis le hors champ académique; qui fixe les limites de la perception. Il peut se mettre au service de la discipline, comme à celui de la censure.
A priori, nous avons raison d’appuyer notre perception sur une autre vision que la nôtre. La confiance que nous concédons à la machine, reflet de la puissance de notre technologie, efface l’aspect recomposé de l’image. Un peu comme si la machine voyait le réel, mieux que nous ne le pouvons. C’est à partir des images technologiques que nous forgeons de plus en plus notre esthétique et notre conviction.
Mais au-delà de la subjectivité du commentaire, sommes-nous certains que la vision de la machine soit tellement plus efficiente que la nôtre; puisque la machine ne restitue en fins de comptes que la vision de l’humain qui l’a construite? En acquérant ainsi une conviction, ne succombons-nous donc pas machinalement à l’idéologie de ses constructeurs?
L’effort scientifique oblige l’humain à sortir de sa zone de certitude pour aller au devant des règles nouvelles. Mais la technologie est limitée au domaine des connaissances scientifiques déjà acquises. Le progrès provient de l’imagination; pas de la technologie.
J’ai la conviction que nous forçons la nature du réel, plutôt que ne la percevons rationnellement. Que l’attention organique indispensable à sa profondeur, nous fait défaut. Que le verbe sert davantage à détourner la réalité des faits, plutôt qu’à l’éclairer. Que le discours a supplanté le réel. De plus en plus et dans la plupart des domaines. Des régions les plus existentielles aux circonstances les plus matérielles de notre vie. De la Métaphysique à la Science; en passant par les aspects politiques les plus concrets.
En nous alignant sur les vérités officielles, nous avons abandonné notre libre arbitre. Nous avons voulu croire que notre organisation sociétale reflétait l’intérêt général. Et qu’aucune hiérarchie inhumaine n’imposait aucune injustice. En nous donnant l’illusion du confort, ces conventions nous ont éloigné de la réalité de ce que vit l’humanité sous l’ordre culturel actuel. La vie réelle de la planète est très différente de notre vision occidentale du monde et l’humanité, un temps soumise, se détache de l’image avec laquelle nous la déformions. Laisser penser les dominants à notre place, nous a éloigné de la raison. Les dominants ont leurs raisons; facilement identifiables dans le maintien de leur position confortable. Aujourd’hui, le discours officiel ne peut plus prétendre à l’efficacité de sa vision du monde, à dispenser le confort. Ni dans le monde, ni même en Occident. L’ordre impérial exile la tranquillité dans un recoin théorique. Le monde change profondément et la société occidentale n’est pas prête à le voir. Mais cela ne la protègera pas du changement. Ni de la dissipation de l’image confortable.
Ce qui n’est pas raisonnable, c’est de confier les clés d’une société au couple moderne du berger académique et du mouton démocrate. Une catharsis tiédasse déguisée en synergie glorieuse. Chapeautée par le duo militaro-commercial au service de la machine capitaliste, dans un cycle évolutif aisément identifiable comme une ère oppressive. L’ère de la Domination. Un despotisme sanglant, heureusement en déclin; voilà la réalité. On peut le constater ou s’illusionner du contraire. Les changements historiques ne sont pas affectés par la vision déclinante qui éloigne du réel. Le monde a longtemps vécu sous la férule de ceux dont la principale préoccupation consiste à réinventer la formule qui leur permet de vivre éternellement en parasite de leurs contemporains. Il faudrait montrer de la reconnaissance envers l’autorité qui popularise l’idée, qu’il serait décent qu’une personne, et même un peuple, échange la totalité de ses efforts contre une chose, une voiture, une maison, une autoroute ou un service public? Satisfaisant de continuer à payer pour ces choses ou services durement acquis, des intérêts, des taxes et des impôts du premier au dernier jour respiré par toutes les générations? La confiscation de son temps de vie, dilapidé dans l’effort déshumanisant. Et notre soumission à perpétuité en dissimule une autre, plus lourde encore. L’esclavage de la quasi-totalité de l’espèce. Cet asservissement est à l’origine de beaucoup de souffrance mais au-delà, fabrique une pente involutive, puisque le parasitisme est par essence improductif.
Lorsque l’on questionne le parcours de l’humanité, la tentation d’évoquer son commencement en communauté primale, devient irrésistible. Pour comprendre la direction évolutive d’un organisme afin de l’anticiper, autant partir du début et tracer une ligne avec son état présent… Mais il est bien difficile de s’abstraire du discours un peu théorique, sur les moeurs que l’on attribue opportunément à des ancêtres disparus depuis fort longtemps. La Science a déjà produit des résultats essentiels et continuera à le faire avec des révélations toujours plus fines. Mais aujourd’hui, peut-être faut-il humblement en déduire que toutes considérations d’ordre sociologique ou propices à la compréhension de sentiments d’humains disparus depuis plusieurs millions d’années, nous sont encore à peu près inaccessibles. D’autant que cette communauté primale a vu le jour dans l’environnement naturel privilégié de l’abondance africaine, mais après avoir émigrés partiellement, ces Africains dont le cerveau avait évolué sont ensuite devenus Européens, Asiatiques et Américains. Et l’environnement naturel des steppes eurasiatiques, n’offrait aucune abondance aux besoins évolutifs de ces humains contraints de régresser à un mode de vie précaire. Il y a donc une seule et même humanité, mais plusieurs communautés primales qui se succèdent chronologiquement dans plusieurs géographies.
La dispersion de l’humain, la diversité culturelle qui en a résultée, le temps écoulé, promettent aux scientifiques de nombreux maux de tête.
Parfois le temps qui passe peut jouer contre la connaissance. Mais la diversité culturelle du monde ne nous est pas fermée pour autant. Il y a un siècle ou deux, vivaient en des lieux très retirés du monde pas encore globalisé, des populations exemptes de toute relation avec ce que nous appelons, l’Homme civilisé. Des humains auxquels l’on doit l’effort de ne pas les regarder sous les déformations révisionnistes, de l’image péjorative véhiculée par leurs épurateurs ethniques.
Il ne s’agit pas de comparer le niveau de civilisation, par exemple, des Dogons et des Amérindiens, mais d’essayer de comprendre en quoi la vie de peuples souverains dans leur vision du monde, pourrait nous aider à percevoir le sens actuel de l’évolution de la vie sur Terre. Une évolution qui se précipite.
Que peuvent encore nous enseigner les Wayanas, les Tupinambas, les Parentintins, les Jivaros, les Arawaks d’Amazonie, les Dogons, les Masai, Les Pygmées d’Afrique, les Aborigènes d’Australie et les nombreuses nations d’Océanie et d’Indes? Ces peuples innombrables, précédaient-ils dans une même logique culturelle notre lignée actuelle ou étaient-ils fondamentalement singuliers, et peut-être même divergents? L’abondante littérature scientifique, fruit du travail intense et passionné de chercheurs de bonne foi, sur le mode de vie très diversifié des Amérindiens du continent Américain, peut également contribuer à nous édifier. La plupart de ces cultures ont disparu après le grand remplacement effectué par les Européens d’Occident, sous plusieurs siècles de génocides. Difficile de croire qu’une Conscience Cosmique créatrice ait jamais mandaté aucun « homme de Dieu », aucun soldat, aucune culture, aucune nation, pour accomplir cela.
Les travaux de l’historien Britannique, Colin G. Calloway ou du poète historien Afro-Américain, Kenneth W. Porter ou encore du journaliste Euro-Américain, Charles C. Mann, pour n’en citer que trois, nous aident à comprendre la vision du monde de ces humains qui avaient une perception de la vie et de l’univers très différente de la nôtre. À comprendre également que ces peuples avaient développé des savoirs et ne se cantonnaient pas à la reproduction servile des coutumes primitives. Des savoirs scientifiques qui n’autorisaient pas les voyages jusqu’à la Lune, mais qui permettaient d’atteindre les territoires du bonheur. La communalité de la vie sociale, du rapport séraphique à la nature et au vivant, de la médecine qui conserve la santé, des relations humaines qui renforcent l’humanité et l’Humanité, des voyages intérieurs exaltant, des voyages dans le monde qui apportent la maturité et la réalisation de soi. Autant de choses qui ne coûtent rien, parce qu’elle n’ont pas de prix. Une vie riche en conscience. Une vie harmonieuse.
Comprendre ces populations, non pas dans l’espoir candide de vivre selon leur mode singulier, mais afin de percevoir l’échelle de leurs valeurs comme questionnant notre conception du progrès. Considérer leur bien-être, pour en faire un objectif primordial à atteindre pour nous-même. Le discours officiel tend à rendre la notion de bonheur subjective, pour y substituer la notion encore plus subjective de progrès. Chacun ressent le malheur. Mais l’on nous assure que nous vivons dans la société du progrès. Le seul progrès qui vaille se trouve dans le bonheur de vivre et un certain discours dominateur à tendance à dispenser mécaniquement le malheur, en imputant à la nature les méfaits de la domination.
Posons une question dont on nous assurera qu’elle serait naïve. Pourrions-nous reconquérir le bonheur par notre réajustement à ces valeurs durables et véritablement universelles?
Je suis bien certain que « l’accumulation primitive du capital » qui devait fabriquer le malheur planétaire, a un commencement précis. Elle a débuté le 22 juin 1444. Une géographie circonscrite, les Portugais entrant en Afrique. Et une activité historique incontestable. L’Occident pillant l’Afrique et le monde, par la barbarie du canon. A cette époque, les empires Africains, les civilisations asiatiques et méso-amérindiennes étaient en avance sur l’Europe, à tous les niveaux; à l’exception de l’armement. L’Europe était barbarisée par les hordes guerrières, les maladies pandémiques et les famines. C’était en Afrique que les villes étaient les plus grandes au monde. Seulement voilà, ces populations étaient pacifiques. Pour quelle sorte d’humain, le fait d’être pacifique est interprété comme un signe de barbarie ou de sauvagerie? Cette réalité historique est tellement dissimulée aux populations Occidentales, que sa révélation leur parait surréaliste. Les changements qui se profilent départageront le réel de la fable. l’Histoire décide où se trouve le réel; avec l’univers pour arbitre.
Perdre une bataille et même une guerre, n’est pas un signe d’infériorité sociétale. Le peuple Japonais ne nous est pas inférieur, parce que l’extrême Occident a atomisé ses familles par centaines de milliers. Et si le Japon l’avait emporté, cela ne nous condamnerait pas non plus à l’infériorité culturelle. Quelle responsabilité ces familles Japonaises effacées, avaient-elles dans la déclaration de ce que l’Occident appelle « la deuxième guerre mondiale »? Avaient-elles levé le moindre doigt sur un seul des fabricants de la mort atomique?
Le bouton rouge est-il le seul véritable argument civilisationnel? Si c’est le cas, alors peut-être est-ce là l’origine de la capillarité de l’armement nucléaire. De fait, lorsqu’une nation se dote de cet armement, aucune menace de l’empire occidental ne parvient plus à lui faire courber l’échine.
Perdre ces batailles, fussent-elles étalées sur un millénaire, ne signifie pas la défaite de la conscience humaine. Cependant, si partout la barbarie a effacé la civilisation, peut-être faudrait-il se donner les moyens pour que la civilisation ait, en dernière instance, le dernier mot.
À côté de ces grandes civilisations génocidées, qui parlent à travers la science historique, il faut aussi entendre les peuples demeurés primaux s’exprimer sur ce qui, de leur point de vue, place l’humain au niveau de la grâce de vivre. Ces populations ont survécu aux grandes civilisations décimées; qui elles, respectaient leur existence. Les Amérindiens du Sud, n’ont pas génocidés ceux du Nord. Bien malin celui qui pourrait prédire combien de temps notre société survivra. Car si la violence culturelle garantit la domination, il n’est pas certain qu’elle soit assurance de pérennité.
Il faut écouter parler les primaux. Il faut rapporter leurs paroles, plus intenses que les commentaires. Et peut-être avoir le courage de regarder dans les yeux notre propre hégémonisme culturel actuel, au delà des responsabilités historiques indéniablement localisées, en remplaçant les mots « Européen » et « Homme blanc » par « Occidental ».
De nos jours, le Chinois aussi est devenu un consommateur au même titre que l’Occidental. Il n’aura fallu qu’un demi siècle à la Machine capitaliste pour obtenir ce résultat. Cela ne signifie pas que toutes les cultures partagent intrinsèquement les mêmes valeurs matérialistes. Cela signifie que la Machine supprime les spécificités culturelles.
Au début, Hollywood fait interpréter pour ses Westerns qui popularisent le génocide, le rôle des native americans par des Irlandais. Mais aujourd’hui le cinéma américain ne craint plus de valoriser l’indigène, en faisant jouer d’authentiques Amérindiens dans leur rôle. Ce n’est pas que l’humanité progresserait à Hollywood. C’est hélas, que la culture amérindienne a quasiment disparu et ne risque plus de faire de l’ombre au mode de vie des Yankees. Les cow-boys misent sur la dissipation de la mémoire, qui ferait disparaitre la faute. Finalement, il est plus facile de rassembler du monde pour pleurer sur votre tombe, que de trouver des alliés pour empêcher que l’on vous tue.
Nous perdons tous un peu l’altérité culturelle attachée à nos spécificités géographiques, lorsque nous entrons dans la culture marchande de la société industrielle capitaliste. Un consumérisme confortable.
Le danger est devenu commun; en changeant de nature. Le danger révèle par sa forme consumériste, sa véritable nature: le danger de la déconscientisation. Le consumérisme est une reformulation de la domination. Le Grand Bond en avant Chinois dans le consumérisme, nous révèle la Longue Marche de la Machine vers la réification humaine. Le risque pour l’humanité n’est pas celui de la domination raciale. La race n’est qu’un masque dans l’arsenal du dominateur qui dès le départ, discriminait déjà plusieurs races à l’intérieur de la même race blanche. Un abime de poupées russes.
Nous devons « faire avec » puisque le dominateur impose la déculturation, mais nous ne sommes pas tenus de le croire. C’est le raciste qui essentialise la race, pas le scientifique. Confronté au métissage qui indifférencie la race, le raciste révèle surtout son idéologie inhumaine inconciliable avec la vie. Les différences physiologiques ne font pas les catégories plus ou moins humaines; mais reflètent l’adaptabilité de l’Humain à son environnement. La race n’est qu’un impératif utile à la survie, qui assure l’égale qualité de l’ensemble humain. Nous changeons pour conserver nos capacités.
La rationalité interdit d’essentialiser l’Autre blanc, comme totalisant la domination; à l’instar du patriarque Occidental qui a essentialisé l’Autre noir, devant les portes closes de l’Humanité. Le Blanc est le frère Noir qui est parti il y a 40 000 ans. L’adversaire, c’est la culture inadaptée au monde sédentaire qu’il a ramenée. L’adversaire n’est pas une race prétendument mauvaise; car toutes les races sont humaines. Toute l’Humanité est une partie de la Conscience cosmique; sans exception. Les cultures inhumaines disparaitront dans les poubelles de l’Histoire. Combattre la culture inhumaine n’oblige pas à la haine de l’Autre. À haïr, l’on prend toujours un risque pour soi. Le risque de se rendre malheureux soi-même et d’intensifier la déshumanisation qui gangrène nos sociétés.
Au dessus de la race, l’adversaire primordial est la réification de l’Humanité; pas uniquement l’extinction nucléaire, à laquelle il nous faudra certes échapper. Si l’on veut vaincre l’adversité, il ne faut pas être en retard d’une guerre. Vaincre la réification, résoudra l’ensemble des autres souffrances inhumaines.
Beaucoup d’entre nous, ont accepté l’idée d’échanger le bonheur de vivre, contre une pseudo liberté symbolisée par les objets que nous achetons à crédit. Et il est à craindre que cela ne s’étende. Y compris à l’Afrique. Cet échange est un poison qui ronge le lien à la conscience. Le troc de nos vies contre de la verroterie et des breloques. Un stigmate de l’échange chez les sociétés esclavagistes. Toutes les souffrances infligées aux autres continents, nous reviennent aujourd’hui. Remplacement, épidémie, acculturation, famine, guerre, dépopulation, tyrannie, marquage ancillaire. En administrant la barbarie, le patriarque Occidental a-t-il irrémédiablement imposé à l’Afrique et au reste du monde, le concept de l’esclave? L’esclavage est dans la tête du patriarque matérialiste, mais n’est-il véritablement que dans le corps de l’esclave? Si nous voulons restaurer nos identités culturelles, nous devons battre la Machine réifiante; et nous ne la battrons qu’en renonçant aux échanges inhumains. A l’équivalence inhumaine.
Nous serions bien avisés de nous inspirer des conseils lumineux de nos prédécesseurs sur Terre. Si nous ne sortons pas de la réserve individualiste de l’illusion matérialiste, pour assumer personnellement notre responsabilité cosmique, nous disparaitrons comme les Amérindiens. Et l’esclave de la Machine ne sera pas mieux traité que l’esclave du patriarque de l’Ouest. Car si le patriarque occidental considérait l’esclave blanc comme un animal et le noir comme une chose, la Machine parvenue à son stade de développement absolu, traitera comme sa chose aussi bien le Blanc que le Noir.
Avant d’être exterminés par les Occidentaux, les Amérindiens de Tarana parlaient ainsi.
« Mes jeunes gens ne travailleront jamais. Les hommes qui travaillent ne peuvent rêver. Et la sagesse nous vient des rêves. » Smohalla, chef indien Sokulls.
« Le Grand Esprit nous a donné une vaste terre pour y vivre, et des bisons, des daims, des antilopes et autres gibiers. Mais vous êtes venus et vous m’avez volé ma terre. Vous tuez mon gibier. Il devient dur alors pour nous de vivre. Maintenant vous nous dites que pour vivre, il faut travailler. Or le Grand Esprit ne nous a pas fait pour travailler, mais pour vivre de la chasse. Vous autres, hommes blancs, vous pouvez travailler si vous le voulez. Nous ne vous gênons nullement. Mais à nouveau vous nous dites « pourquoi ne devenez-vous pas civilisés? » Nous ne voulons pas de votre civilisation! Nous voulons vivre comme le faisaient nos pères et leurs pères avant eux. » Crazy Horse, grand chef Sioux du clan Oglalas.
« Vous êtes déjà si misérables que vous ne pouvez le devenir plus. Quel genre d’homme doivent être les Européens? Quelle espèce de créature choisissent-ils d’être, forcés de faire le bien et n’ayant pour éviter le mal d’autre inspiration que la peur de la punition? (...) L’homme n’est pas seulement celui qui marche debout sur ses jambes, qui sait la lecture et l’écriture et montrer mille exemples de son industrie...
En vérité mon cher frère, je te plains du plus profond de mon âme. Suis mon conseil et devient Huron. Je vois clairement la profonde différence entre ma condition et la tienne. Je suis le maître de ma condition. Je suis le maître de mon corps, j’ai l’entière disposition de moi-même, je fais ce qui me plaît, je suis le premier et le dernier de ma nation, je ne crains absolument aucun homme, je dépends seulement du Grand Esprit.
Il n’en est pas de même pour toi. Ton corps aussi bien que ton âme sont condamnés à dépendre de ton grand capitaine, ton vice-roi dispose de toi. Tu n’as pas la liberté de faire ce que tu as dans l’esprit. Tu as peur des voleurs, des assassins, des faux-témoins, etc. Et tu dépends d’une infinité de personne dont la place est située au-dessus de la tienne. N’est-ce pas vrai ? » Kondiarionk, chef Huron, s’adressant au baron de Lahontan, lieutenant français en Terre-Neuve.
« Regardez mes frères, le printemps est venu, la terre a reçu les baisers du Soleil et nous verrons bientôt les fruits de cet amour. Chaque graine est éveillée, et de même, tout animal est en vie. C’est à ce pouvoir mystérieux que nous devons nous aussi notre existence. C’est pourquoi nous concédons à nos voisins, même nos voisins animaux, autant de droit qu’à nous d’habiter cette terre.
Cependant écoutez-moi mes frères, nous devons maintenant compter avec une autre race, petite et faible quand nos pères l’ont rencontrée pour la première fois, mais aujourd’hui, elle est devenue tyrannique. Fort étrangement, ils ont dans l’esprit la volonté de cultiver le sol, et l’amour de posséder est chez eux une maladie. Ce peuple a fait des lois que les riches peuvent briser mais non les pauvres. Ils prélèvent des taxes sur les pauvres et les faibles pour entretenir les riches qui gouvernent. Ils revendiquent notre mère à tous, la terre, pour eux seuls et ils se barricadent contre leurs voisins. Ils défigurent la terre avec leurs constructions et leurs rebuts. Cette nation est comme le torrent de neige fondue qui sort de son lit et détruit tout sur son passage. » Tatanka Yotanka, ou Sitting Bull, grand chef Sioux.
« Frère, notre territoire était grand et le vôtre était petit. Vous êtes maintenant devenus un grand peuple, et il nous reste à peine l’espace pour étendre nos couvertures. Vous avez notre pays, mais cela ne vous suffit pas. Vous voulez nous forcer à épouser votre religion.
Frère, continue à écouter. Tu te dis envoyé ici pour nous apprendre à rendre le culte au Grand Esprit d’une manière qui lui soit agréable. Et tu prétends que si nous n’adoptons pas la religion que vous les Blancs vous prêchez, nous seront malheureux ici-bas. Tu dis être dans le vrai et que nous sommes perdus. Comment pourrions-nous vérifier la vérité de tes paroles? (...)
Frère, tu dis qu’il n’y a qu’une seule façon d’adorer et de servir le Grand Esprit. Si il n’y a qu’une religion, pourquoi le peuple blanc est-il si partagé à ce sujet? Nous savons que votre religion est écrite dans un livre. Pourquoi n’êtes-vous pas tous d’accord, si vous pouvez tous lire le livre?
Frère, nous ne comprenons pas ces choses. On nous dit que ta religion a été donnée à tes ancêtres, et s’est transmise de père en fils. Nous aussi nous avons une religion que nos ancêtres ont reçue et nous ont transmise, à nous, leurs enfants. Nous rendons le culte de cette manière. Il nous apprend à être reconnaissants pour toutes les faveurs que nous recevons, à nous aimer les uns les autres et à être unis. Nous ne nous querellons jamais à propos de religion parce que c’est un sujet qui concerne chaque homme devant le Grand Esprit. » Sa-go-ye-wat-ha, ou Red Jacket, chef Seneca (Iroquois) et grand orateur des Six Nations.
« Nous voyons la main du Grand Esprit dans presque tout: le Soleil, la Lune, les arbres, le vent et les montagnes; parfois nous l’approchons par leur intermédiaire. (...) Nous croyons en l’Être Suprême, d’une foi bien plus forte que celle de bien des Blancs qui nous ont traité de païens... Les Indiens vivant près de la nature et du Maître de la nature ne vivent pas dans l’obscurité.
Saviez-vous que les arbres parlent? Ils le font pourtant ! Ils se parlent entre eux et vous parleront si vous écoutez. L’ennui avec les Blancs, c’est qu’ils n’écoutent pas! Ils n’ont jamais écouté les Indiens, aussi je suppose qu’ils n’écouteront pas non plus les autres voix de la nature. Pourtant, les arbres m’ont beaucoup appris: tantôt sur le temps, tantôt sur les animaux, tantôt sur le Grand Esprit. » Tatanga Mani (ou Walking Buffalo), indien Stoney (Canada).
Certes, cela ne fait pas pour autant de ces peuples conscients, des « humains des temps premiers ». Mais leur détournement résolu de l’absolutisme de la matière est en soi un enseignement. Leur culture en harmonie avec le Cosmos, donne une idée du lien organique cosmique perdu. Leur conception de la mort pareillement. La mort comme une porte vers d’autres formes du vivant. Leur spiritualité qui nous enseigne que la réification que nous vivons est une corruption radicale du lien à la substance vitale. La mort n’est pas l’ennemie de la vie; la réification qui gaspille la grâce de vivre, l’est.
Lorsque l’on perçoit la dimension cosmique de la vie, la progressivité des différentes étapes évolutives qui élèvent l’Humanité, l’on respecte l’étincelle en soi qui surpasse la mort. Délivrés de la cendre définitive, nous ne sommes plus en appartenance égoïste avec aucune « petite race faible et tyrannique », mais tous égaux dans le coeur du Grand Esprit. Au cours de l’Histoire, les peuples destructeurs ont tous adopté les religions d’un dieu de la guerre. Justifiant leur matérialisme absolu par une prétendue surnature violente. Seuls les peuples pacifiques ont perçu la dimension spirituelle de l’existence, pour ensuite être esclavagisés ou génocidés par les premiers; sur des bases religieuses.
Pourtant, quel panache nous avons lorsque nous sommes unis! Taillés dans une substance propice à l’accomplissement d’une mission cosmique que nous portons communalement, par la conscience. Dans l’union, rien ne peut arrêter notre marche vers le bonheur; aucun despotisme du haut fondé sur le crétinisme du bas, en tout cas…
Lorsque l’humain conscient s’adresse à Dieu, ce n’est pas pour lui demander une faveur, mais pour le remercier du miracle d’être vivant. À charge pour l’humain de ne pas abîmer le paradis de la vie Terrestre. La vie sur Terre aujourd’hui, est-elle autre chose qu’un enfer? Est-ce la faute à la Conscience Cosmique qui dispense la vie ou à celle de cette partie de l’Humanité qui trouve rationnel de la détruire? Le dominant matérialiste ne reconnait aucune responsabilité. Si le mal existe, c’est la faute du diable ou de Dieu qui l’autorise. Si l’esclave existe, c’est parce qu’il est né tel.
L’on entend déplorer que nous détruirions la planète… Peut-être faut-il nuancer. D’abord, il serait malhonnête de prétendre que tous les humains seraient responsables des destructions que l’on constate. Ce qui est indubitable, c’est que le patriarcat Occidental qui a créé le capitalisme, a ainsi fabriqué une arme efficace pour détruire la vie et la beauté de la Terre. Quelle est la raison d’être de la Terre, si ce n’est d’être assez belle pour permettre l’épanouissement de la vie? Alors détruire la beauté de la Terre, au final n’est-ce pas effectivement détruire la Terre, en la rendant impropre à la vie?
Il n’est pas rationnel de perdre son énergie à tenter de convaincre les populations mythomaniaquement structurées à la haine de l’Autre. Les scientifiques ont déjà fait le travail de l’origine raciale africaine de l’Humanité entière, l’origine africaine de la civilisation humaine, l’origine africaine de la Science, de l’Art et de la Spiritualité. Le travail qui reste à accomplir est celui de l’exploitation rationnelle des connaissances culturelles ancestrales, là où demeure la diversité culturelle utile, permettant la compréhension augmentée du cosmos. Pour le plus grand bénéfice de l’ensemble humain. Il faut, dans l’attente du cycle vital qui revient, que l’Humanité survive à sa dérive historique mortifère, qui ne vient plus seulement de la race, du patriarcat ou peut-être même de l’anéantissement nucléaire, mais de l’hégémonie matérialiste du capitalisme qui réifie l’Humain, déconnecte la conscience et anéantit toute singularité culturelle.
La diversité culturelle n’est pas uniquement belle, elle correspond à une nécessité évolutive de l’Humanité.
Prenons une image. L’Italie, c’est le fantasme émotionnel. L’Angleterre, le pragmatisme émotionnel. L’Allemand rationalise le pragmatisme émotionnel, le Français rationalise le fantasme émotionnel. L’avenir dira si avec ces cultures, nous n’avons pas pris en cela, trop de distance avec le réel.
Les artistes voyagent par l’esprit et disent en creux avec leurs oeuvres, ce qu’il manque à leur environnement sociétal. En Europe, les artistes partent de leurs cultures nationales pour aller vers l’autre imaginaire. Les cinéastes Allemands vont vers l’expressionnisme, les Italiens vers le réalisme, les Français vers l’impressionnisme et la nouvelle vague. Les Britanniques vers la musique progressive. En Amérique, les Afro-Américains s’évadent de la culture carcérale pour inventer le Jazz. Cet élan créatif a un sens; vital.
La diversité culturelle offre à l’Humanité une perception holistique des phénomènes, seule à même d’appréhender la globalité du réel. Le rassemblement des visions singulières du monde permettra un jour d’élaborer une perception multipolaire; une immersion ubiquiste qui renforcera l’intellection. De la même façon que deux enceintes stéréo appauvrissent la globalité du son, là où deux enceintes binaurales restituent la bulle sonique naturelle. Il y a un peu plus d’un siècle, une infime partie de la cosmogonie Dogon a ainsi permis à l’Astrophysique moderne d’imaginer le Bing Bang.
L’essentiel est là, qui sommeille en nous…
Aujourd’hui encore à la moindre bouffée printanière, nous sommes emportés par les senteurs sauvages à la toque étoilée, qui réveillent en nous d’étranges langueurs primitives. L’amandier coeur vaillant, pointe le bout de son nez et bientôt l’on croquera les premières cerises. Lilas, muguet, pivoine. Des émotions que l’on croyait captives de mondes oniriques. Elles attendaient patientes, tapies dans l’orbe de nos profondeurs. Elles attendaient le déclic des hirondelles qui quadrillent la voûte céruléenne, proclamant le retour de l’Orpiment brûlant. Je me dis, l’engrenage inhumain m’avait désappris que les pensées avaient une saveur. Et puis, la Dive engourdie par le souffle glacial s’éveille et déjà prépare sa revanche. Reviennent les sensations oubliées dans un vieux coffre refermé par l’hiver, que l’on redécouvre au premier solstice dans les près où fleurissent les mille parfums. Marianne de ma jeunesse me tend la main. Un tremblement éclos dans ses longs cils dorés, me parcourt l’échine. Les petites joies éternelles reviennent comme des ritournelles, avec l’arrivée des beaux jours qui font palpiter l’étincelle. Bouleversent l’adolescent qui en nous demeure, fidèles jusqu’au tréfonds de l’instinct. Deux vibrations de Verlaine suffisent à ralentir l’haleine de nos contentions. Les vers éclatent comme des bulles de savon fuyant au ralenti retrouver le cobalt de l’éther. Rafraichissants échos hallucinés dans la pesanteur de notre âme en exil. « Le ciel est par dessus le toit, si bleu, si calme! Un arbre, par dessus le toit, doucement berce sa palme… ». L’indolence nous observe du coin de l’oeil sous le chapeau de paille; Vincent fait une Méridienne. Soudain sans crier gare, la pulsion nous submerge et nous emporte haut! L’immatériel soi va rejoindre l’abeille, le marronnier, le vent, le nuage. Toutes les dimensions du souffle.
Mais de retour sur le ferme, une pulsion creuse s’invite. L’élan inassouvi du nouveau-né, orphelin de la grâce du sein; du galbe immaculé de la fée Liberté. Le Soleil étreint la Lune; ils enfantent des stases qui renvoient l’image dans le miroir du temps, affranchie de l’horloge. Sur la route de Marienbad, l’esprit retrouve l’ivresse de l’oiseau dans la verve azurine qui toute la journée fait du bleu sa métamorphose. Le lapis lazuli vire au sombre dorian qui retourne à l’indigo pour se muer en saphir; inlassablement recommence à quatre temps, la valse lascive que la moiteur rend irréelle. Surtout, viennent les songes lucides de la nuit cosmique aux frissons Vénusiens. Où les harmonies frémissent leurs voluptés jusqu’à l’apaisement de l’aube qui tinte. Le premier matin du monde. Aurore, promesse d’espoir toujours renouvelée, des regards qui profondément se pénètrent. Un soleil dans le coeur qu’aucune ombre n’obscurcit, même lorsque célestes les corps se referont terrestres. Jasmin, thym, romarin. Cigales concertant pour l’astre du jour, grillons qui violonent pour celui du soir. Le hibou sur la tuile rouge et le doigt où la coccinelle se pose et bouge. Tout près résonne le chant de la cascade où lutine la libellule. Dès que la chute se fait ruisseau tranquille, patine alors sur la glace liquide, la ballerine araignée d’eau. Combien l’on se sent fort, empli d’élans vitaux; comme les frimats de janvier semblent n’avoir jamais existé, quand les poumons regorgent de fragrances pastorales! Ô garrigue, ô Sainte-Victoire. Abracadabra! Et voici Raimu en compagnie de Cézanne qui déboulent, sensibles et rocailleux. Non pas en dispute, disons plutôt, en discussion animée. En guerre contre l’argument mais jamais bien longtemps contre le confident qui argue. Abracada… bras dessus bras dessous, nous rappellent que la vie sans amitié ne vaut! Pas plus que la Pomponette
