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"La poésie est une caravelle qui donne le pouvoir de prendre le large par tous les temps, Et de rejoindre en un instant, L'archipel perdu de la beauté."
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Seitenzahl: 25
Veröffentlichungsjahr: 2024
Les enfants sont comme les marins : Où que se portent leurs yeux, Partout c’est l’immense. Christian Bobin
I. ORAGES
II. ESCALES
III. ARCHIPELS
IV. HORIZONS
La vie, ce n’est pas d’attendre que l’orage passe, Mais d’apprendre à danser sous la pluie. Sénèque.
Une robe d’hiver,
Au vent de Septembre,
Se soulève sous la ville lumière.
Sans trêve s’éprendre,
De ses fils de soie,
Cousus d’espoir.
Ephémère joie,
Blanc le lin, seule,
Passe son ombre sur les trottoirs.
Soleil de cire, jour d’Avril,
Eclipse de vie, ciel cannibale,
Sang d’étoile au visage Pâle,
Déjà ailleurs.
Une robe trop longue,
Du soir qui ment.
Hors champ du monde,
Fraichement fauché.
Ses cheveux en bataille,
Rangée, perdue.
Nos coeurs à nu.
Astre de verre,
A s’y méprendre,
Tourne sur elle-même.
Et l’amour se terre,
Sous la pluie d’Agathe.
Au ciel défilant,
Déboule, haut les coeurs,
Méfiant, sous la houle,
Le malheur.
Linceul d’étoiles,
Sablier infini,
Dispersés sur les trottoirs,
Ses grains de magie.
Cruel Avril.
Sous l’oeil d’Agathe,
Une flaque se trouble.
Miroir double,
Glaçant le sang,
Ne fait qu’un tour,
L’étrange manège,
De nos vies fragiles.
Jusque-là,
La vie battait son plein de fêtes légères.
Jusque-là,
Scintillaient d’éclats d’argent,
Les beaux miroirs réfléchissant,
A la surface du temps.
Jusque-là,
Profond était le bleu,
Des piscines et des cieux.
Jusque-là,
Tout ressemblait à un tableau de David Hockney.
Jusque-là,
Tout était mascara,
Mascarade.
Cet après-midi-là,
Le soleil ne brillait pas.
Dans la jungle urbaine,
Presque inhumaine,
On pressait le pas.
Bientôt, l’heure du festin.
Au bout de l’impasse,
Le face à face.
Silence mortel.
La vie à tire d’aile.
Le mal est fait.
Le fauve rassasié.
Angèle se meurt.
Autour d’elle, la terreur,
L’effroi et la rumeur.
Vision d’épouvante.
Le ciel en pleurs.
Avide de chair fraiche,
La foule se dépêche.
Mais il est trop tard.
Il n’y a pas de hasard.
L’ange s’est envolé.
Et l’avenir, tout entier,
Dévoré.
Au bout de la jetée,
Des dockers, visages brulés,
Aux gestes mécaniques,
Ont des regards d’acier.
Pour eux,
Plus de voyage au bout du monde,
De grand tour sur la mappemonde.
Juste le bal des chariots élévateurs,
Des cadences infernales et de la sueur.
Juste ce ciel de traine,
L’horizon que l’on voit à peine,
L’alcool mauvais qui brûle,
Coulant à flot dans leurs veines.
L’existence sans sextant,
Ni voile au portant,
Balayée d’un coup de vent,
Au grand bal des vivants.
C’est une grève sauvage du Finistère,
Où rêvent de jeunes loups de mer,
Sur de vielles planisphères,
Au grand voyage en solitaire.
Un tour du monde sans escale,
Loin des vies banales.
Cap vers le grand large,
Le vent des naufrages,
Les hautes vagues scélérates,
Les caprices de la houle,
Et les feux de Bengale,
Salués par la foule.
C’est une vallée des fous,
A l’étrange atmosphère,
Le calme avant l’enfer.
Au-delà des frontières,
S’affranchir des barrières,
Voir l’autre hémisphère.
Un dernier regard fier,
