La ferme de marie - Claude Hiebel - E-Book

La ferme de marie E-Book

Claude Hiebel

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Beschreibung

Cette histoire se déroule dans une petite localité du centre de la France entre deux filles, un garçon du village et un vacancier parisien. Ils se retrouvaient tous les ans au mois d'août. Une grande amitié, entre ces quatre enfants est née. Ils sont devenus adolescents, l'amitié a fait place à l'amour, chacun a pris une direction différente. Pendant cette période d'après guerre, que l'on a appelée les trente glorieuses, chacun a vécu sa propre existence. Mais quarante ans après le destin leur permettra de se rencontrer à nouveau.

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Seitenzahl: 149

Veröffentlichungsjahr: 2024

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En souvenir des merveilleuses vacances passées chez mon grand-père à Chalivoy-Mylon dans le Cher.

Table des matières

Avant-Propos

Chapitre I

Chapitre II

Chapitre III

Chapitre IV

Chapitre V

Chapitre VI

Chapitre VII

Chapitre VIII

Chapitre IX

Chapitre X

Chapitre XI

Chapitre XII

Chapitre XIII

Avant-Propos

Cette histoire se déroule dans une petite localité du centre de la France entre deux filles, un garçon du village et un vacancier parisien. Ils se retrouvaient tous les ans au mois d'août. Une grande amitié est née entre ces quatre enfants.

Pendant cette période d'après-guerre, que l'on a appelée les Trente Glorieuses, la vie était différente de maintenant. Les habitants du village se connaissaient tous, il y avait de nombreuses fermes, les gens n'avaient pas les moyens de communication du vingt-et-unième siècle.

Seuls certains avaient le téléphone, une voiture. On voyait encore des personnes se déplacer en calèche, mais la plupart du temps, le car était le moyen le plus utilisé pour se déplacer.

Pour communiquer avec des personnes distantes, il fallait tout simplement écrire.

Ce village, comme tant d'autres, était rythmé par les saisons, les fêtes de fin de moisson, et par les cafés qui jouaient un rôle important pour se retrouver.

Nos quatre enfants sont devenus adolescents, l'amitié a fait place à l'amour, chacun a pris une direction différente. Pendant la période des Trente Glorieuses, la modernité est arrivée silencieusement, modifiant considérablement le village et les relations entre les habitants.

Les cafés ont fermé, des fermes ont disparu, des métiers également, le village est devenu, comme dans beaucoup de régions, une ville dortoir.

Pendant cette période, chacun a vécu sa propre existence, mais quarante ans après, le destin leur permettra de se rencontrer à nouveau.

Chapitre I

Je roule vers le village de mon grand-père, je viens de passer Bourges, la nuit commence à tomber. Je connais bien la route même après quarante ans. La campagne n'a pas trop changé : des champs à perte de vue.

Il y a plusieurs mois, j'ai fait l'acquisition d'une ancienne ferme que j'ai connue dans ma jeunesse, et après des travaux importants, je vais pouvoir enfin en profiter.

Après plusieurs heures de route, je pénètre dans Blet. Encore cinq kilomètres et je serai arrivé. Je passe devant l'étang à la sortie du village en direction de Chalivoy, son niveau est particulièrement bas pour ce début du mois d’août. Cette année, il a fait très chaud, il serait temps qu'il pleuve un peu.

Je m'engage sur les derniers kilomètres, je commence à voir au loin le clocher du village. Pendant tout le trajet, des souvenirs sont revenus au fur et à mesure que j'avançais vers ma destination.

Il est rarement aisé de quitter Paris un vendredi soir, surtout pendant la période des vacances, mais pour moi, c'est un retour aux sources. Cependant, il est temps que j'arrive, car la fatigue commence à se faire sentir.

Les derniers kilomètres me semblent longs, je rentre dans le village, en tournant sur ma gauche, je prends la grande rue qui le traverse, les souvenirs de mon enfance ressurgissent comme à chaque fois que je suis venu ici. Toutefois, après ce voyage qui a été épuisant, je ne vais pas flâner, je me dirige directement vers ma demeure.

Il se fait tard, la nuit a déjà commencé, le seul véhicule que j'ai croisé est un tracteur avec un tombereau rempli de grains, c'est l'époque des moissons.

J'aperçois la ferme, qui n'en est plus une depuis que je l'ai rénovée, je pénètre sur le chemin bordé de peupliers et de noisetiers, et je vois dans les phares le bâtiment principal sur la droite, et dans la pénombre la grange juste en face.

Après avoir garé mon véhicule dans la cour, je prends possession des lieux ; au loin, le chien du père Joseph aboie, il a certainement entendu la voiture.

Mon voisin va être surpris de me voir demain ; il m'a connu gamin, ensuite adolescent, je ne sais pas si après autant d'années, il va me reconnaître. Je ne suis venu que trois fois depuis que j'ai entrepris la rénovation, mais c'est l'entrepreneur qui m’emmenait, puisque je prenais une chambre d’hôtel à Sancoins près de son entreprise.

On ne traînait pas, on faisait le point sur les travaux, ensuite, on repartait, pas le temps de se promener ou de discuter, je n'ai vu le père Joseph que de loin dans son jardin.

Les aboiements l'ont fait sortir, je vois la lumière extérieure allumée, sa silhouette apparaît sur le pas de sa porte, il doit certainement regarder dans ma direction.

Il rentre son chien après avoir observé les lieux. Dès lors, on entend que le bruit du vent dans les branches des peupliers. En levant la tête, je vois le ciel étoilé d'un beau mois d’août. Dans la forêt toute proche, le hululement d'une chouette brise ce silence.

Je m'installai en rangeant une partie de mes affaires, le reste attendra demain matin. Après un repas rapide, je ne demandai pas mon reste, j'allai me coucher. Parce que le lendemain, un camion de déménagement venait m'apporter mes affaires, la journée serait longue et éprouvante.

Ce n'est pas la lumière du jour qui me réveilla, seulement le chant d'un coq qui était très proche, tellement proche qu'il était dans la cour. Je le regardai par la fenêtre, il chantait sans reprendre son souffle, j'avais l’impression qu'il me souhaitait la bienvenue.

Je me demandais d'où venait ce ténor de poulailler quand je vis le père Joseph arriver en boitant, la canne à la main, il menaçait le pauvre gallinacé. Celui-ci évitait les coups tel un boxeur en faisant des bonds à gauche, ensuite à droite.

Afin d’arrêter le combat, je suis sorti sur le pas de la porte et je regardai l'issue du combat, le père Joseph vociférait.

« Nom de dieu, il s'est échappé, il vous a réveillé. »

J'observais le père Joseph gesticuler.

« Ce n'est pas grave, père Joseph ! »

Étonné que je prononce son nom, il se retourna.

« Vous me connaissez ? »

Il me dévisagea, après avoir soulevé sa casquette et s'être gratté la tête à s'arracher ses derniers cheveux.

« Votre tête me dit quelque chose, jeune homme. »

Il était gentil de m'appeler ainsi, j'avais quand même cinquante-huit ans, pour lui qui devait dépasser les quatre-vingt, j'étais un gamin. Ne tenant pas à le laisser réfléchir trop longtemps, je lui donnais l'information.

« Je venais en vacances chez mon grand-père chaque mois d’août, la dernière fois, c'était l'année de mes dix-huit ans, ça remonte à loin. »

Je vis qu'il m'avait reconnu, son visage exprimait la satisfaction d'avoir trouvé.

« Ah ! Oui, je me souviens maintenant, il habitait à la sortie du village sur la route de Bannegon. J'ai parfaitement connu ton grand-père et aussi ton oncle le forgeron, tu étais tout jeune à cette époque, c'est exact... Ça fait longtemps... Très longtemps.

Ben ! Alors c'est toi le Parisien qui a racheté l'ancienne ferme de la Marie, cette ruine.

Mais tu l'as bien restaurée, c'est une superbe bâtisse maintenant. »

Voyant son enthousiasme et après les compliments du beau travail accompli, je lui proposai de lui faire découvrir l’intérieur.

Sa réponse fut sans appel.

« Oh, non, pas la peine, j'ai vu les travaux, je venais taper la causette avec les ouvriers quand ils faisaient la pause à midi, ils m'ont fait visiter. »

Je ne fus pas surpris par sa réponse, je le savais curieux.

« Bah ! Bienvenue, mon petit gars, ça ne me rajeunit pas, à l'époque, on m'appelait Joseph, je vais ramener mon coq chez moi. »

Pendant que l'on parlait, le ténor avait arrêté son chant, il commençait à donner des coups de bec dans l'herbe pour se nourrir. Le père Joseph parvint à le prendre par surprise et le voilà avecson gallinacé sous le bras gauche, la canne dans la main droite remontant vers sa demeure qui était à cent mètres à vol d'oiseau, au bout du chemin qui passait devant la ferme.

J'avais à peine terminé mon petit-déjeuner, que le camion de déménagement arrivait.

En moins de deux heures, les déménageurs l'avaient vidé ; il est vrai que la plupart des cartons allaient rejoindre les vieux meubles de Marie dans la grange, seuls quelques-uns allaient dans la maison.

Après avoir discuté autour d'un café, ils sont repartis. Maintenant, il ne me restait que du rangement. Seulement, aujourd'hui, je n'en avais pas le courage, on verrait cela un autre jour. J'avais tout le temps, je désirais plutôt flâner dans la campagne, revoir certains coins pour me souvenir des vacances passées.

J'étais à un kilomètre du village, je partis à pied, une légère brise soufflait dans le feuillage des arbres. Quand j'atteignis le bord de la route, un tracteur passa à grande vitesse avec son chargement de grains, le conducteur me regarda, il n'eut pas le temps de répondre à mon salut.

En pleine moisson, il ne fallait pas traîner surtout par ce beau temps, les moissonneuses étaient dans l'obligation de tourner toute la journée et à coup sûr très tard le soir.

Avant le début du village, je distinguais au fond d'un terrain boisé de peupliers un petit étang, enfin plutôt une mare compte tenu de sa dimension.

Des images revenaient instantanément. Je me vois encore avec Jacques, le fils du sabotier, chasser la grenouille. Oh, on n'en prenait pas beaucoup, elles étaient plus agiles que nous, seulement, on passait l'après-midi. Après, on revenait le seau rempli d'eau avec quelques têtards.

J'arrivai aux premières maisons, elles n'avaient pas changé, mais ce qui m'a surpris, c'est de ne rencontrer personne. À part quelques voitures de temps en temps, aucun villageois se promenant ou discutant sur le pas-de-porte comme autrefois.

La première personne que j'ai croisée sortait de la mairie, elle traversait la place sous les tilleuls qui faisaient figure de miniatures par rapport au platane qui se trouvait au centre et qui, lui, avait prospéré pendant toutes ces années.

Je continuai ma promenade, mon regard se portait en direction du lavoir carré qui avait entièrement disparu : à son emplacement, une partie goudronnée qui faisait office de parking.

C'était le lieu de rassemblement de Jacques, de Louise, la fille du boulanger, de Marie, la fille d'un agriculteur, et de moi, le petit Parisien qui n'habitait pas Paris, mais la banlieue nord et quivenait tous les ans au mois d’août avec ses parents passer quatre semaines chez son grand-père.

De nous quatre, Jacques était le plus âgé de deux ans, Marie, Louise et moi, on avait le même âge. Tous les ans, dès que j'arrivais, Jacques le savait, vu que tout se sait dans un village. Le grand-père était tellement heureux qu'il le disait au boulanger, sa fille prévenait Marie, sa meilleure amie, et quand j'allais chercher le pain, le premier jour des vacances, on reprenait nos habitudes. Le jour même, on se voyait au lavoir, notre point de rendez-vous.

Pendant des heures, on se racontait notre année scolaire, tout ce que l'on avait vécu pendant cette période, assis tous les quatre sur le muret. On ne faisait pas attention aux femmes qui venaient laver, agenouillées dans leur caisse et tapant avec leur battoir sur le linge, en se racontant les petites histoires du village.

Plus tard, à l'adolescence, je suis convaincu qu'elles rigolaient de nous voir ensemble. J'entends encore les rires de Marie, de Louise quand Jacques ou moi, on faisait le pitre en racontant des blagues.

Que sont devenus Louise et Jacques ? Marie est malheureusement décédée, il y a deux ans.

En me souvenant de cette époque, quand même lointaine, j'étais proche du premier café dans la rue principale, il était définitivement fermé depuis bien longtemps. Auparavant, il servaitd'épicerie, de magasin pour les accessoires de pêche ; à côté, il y avait une vaste salle avec un comptoir. De grandes plaques de bois sur des tréteaux avec de chaque côté des bancs, servaient de table. Par terre, un vieux plancher dont les lattes craquaient à chaque pas.

Mes parents venaient parfois boire un verre avec mon oncle le maréchal-ferrant ou des amis, et aussi pour jouer aux cartes. C'était un lieu de rencontres pour passer une partie de la soirée avant le début de la télévision.

Au mur, il y avait toutes les affiches annonçant les festivités dans les villages avoisinants, les matchs de football, les courses cyclistes, les concours de pêche, les bals du samedi soir.

Il y avait constamment du monde, des habitants du village comme des gens de passage. Quand on ouvrait la porte, il y avait un brouhaha, certains parlaient fort, d'autres riaient aux éclats, et quelquefois, ils se disputaient, surtout les joueurs de belote.

J’aperçus une personne qui m'observait en écartant ses rideaux. Le café était devenu une habitation comme les autres, il restait quelques traces du passé, les anneaux sur le mur pour accrocher les chevaux et on pouvait encore lire le nom de l'établissement que le temps avait en partie effacé. Néanmoins, la bâtisse n'avait pas changé.

Je continuai mon chemin, un peu plus loin sur la droite, la boulangerie du père de Louise était également fermée, transformée certainement en habitation. Par la fenêtre, je remarque des enfants chahuter devant la télévision allumée.

En arrivant sur la place de l'église, enfin un commerce, la porte est ouverte, je pénètre à l'intérieur.

Je reconnais l'établissement : il existait déjà à l'époque, on venait voir des films de Don Camillo dans une salle sur la droite. Avec Louise, j'ai vu tous les films plusieurs fois. Chaque semaine, un itinérant passait, alors la salle se transformait en cinéma. Jacques ne venait pas, Marie non plus, son père lui interdisait de sortir le soir. Il est vrai que c'était plus facile pour Louise : la boulangerie était juste en face.

À l'intérieur, tout a changé : la salle qui servait à diffuser des films et parfois à des soirées dansantes est devenue désormais une épicerie avec dépôt de pain.

Je salue le commerçant d'un grand bonjour. Accoudé sur son comptoir, il lit son journal, il me fait un signe de la tête et poursuit sa lecture. J'en profite pour jeter un coup d’oeil dans cette salle qui ne voit plus de soirée dansante, ni de film depuis une éternité.

Comme je me retourne, le commerçant referme son journal et me demande : « vous désirez ?

– Je vais prendre une bière, je constate que vous avez également du pain, je vais prendre une baguette. »

Il me sert ma bière, me prie de me servir pour le pain et retourne au bout du comptoir reprendre sa lecture. On ne peut pas dire qu'il soit bousculé par le nombre de clients. Je tente d'engager la conversation, seulement, je vois bien que je l'ennuie un peu.

« Tous les autres commerces sont fermés ?

– Eh oui, je suis le seul ouvert, vous connaissiez le village ? »

Enfin, il s'intéresse à moi :

« Oui, je venais en vacances chez mon grand-père, mais ça date de quarante ans au moins.

– Alors là ! Oui ! Vous devez trouver le village changé, d'après ce que l'on m'a dit, il y avait trois cafés, une boulangerie, une boucherie. »

Puisqu'il a l'air de vouloir discuter un peu, j'en profite.

« La boulangerie est fermée depuis longtemps ?

– Depuis cinq ans, peu de temps après que j'ai repris le bar. Le mari de la boulangère est décédé, son fils, qui a un commerce à Dun, n'a pas voulu la reprendre. C'est pour cette raison que je fais le dépôt de pain avec un peu d'épicerie.

– Ah d'accord, j'ai connu le boulanger quand j'étais en vacances, il était un ami de mon grand-père, il avait une fille.

– Eh bien, vous devez connaître la boulangère : elle a vendu suite au décès de son mari.

– Sûrement, je ne me rappelle que de son prénom, Louise. Elle n'habite plus le village ?

– Si sur la route de Dun, la dernière maison sur la gauche. »

J'étais ravi de l'apprendre. En définitive, ce commerçant avait toute ma sympathie, il venait de me donner la plus belle des nouvelles : Louise habitait toujours à Chalivoy.

Je n'ai pas eu la possibilité de poursuivre ma conversation, parce qu'à ce moment-là, le père Joseph entra dans le bar.

« Bonjour la compagnie.

– Bonjour, père Joseph. » Dit le patron.

Me voyant accoudé au comptoir, il me regarda.

« Alors le Parisien, on visite le village ?

– Oui, père Joseph, et je fais connaissance. »

Le commerçant se retourna.

« Pourquoi tu l'appelles le Parisien ?

– Bah, il vient de Paris, c'est lui qui a acheté la ferme de la pauvre Marie.

– Ah d'accord, vous venez passer votre retraite ou vos vacances ? Vous avez fait du bon boulot, car pour une ruine, c'était une ruine ! »

Je fais un signe d'acquiescement tout en buvant ma bière.

« Tout à fait, je suis en retraite, je vais venir la plupart du temps pendant plusieurs semaines, j'ai d'excellents souvenirs de Chalivoy et la région est magnifique. Malgré tout, le village me semble bien désert aujourd'hui. »

Déposant une bière devant le père Joseph qui n'avait rien commandé et qui devait avoir ses habitudes.

« Eh ! Oui, tout le monde travaille dans les grandes villes. C'est devenu un village dortoir, c'est comme ça à présent, la vie à la campagne. »

Je regarde le père Joseph qui commence à boire sa bière sans rien dire, sur son visage, on pouvait deviner tout le plaisir qu'il prenait à avaler la première gorgée. J'avais une question qui me trottait dans la tête, j'attendais qu'il repose son verre.

« Mais pourquoi, père Joseph, vous dites toujours pauvre Marie ?

– C'est une bien longue histoire, mon gars, un jour, je te raconterai, là, je ne dois pas trop tarder.

– C'est entendu, père Joseph, parce que j'ai bien connu Marie. »

Finissant sa bière, il hocha la tête.

« Oh ! Oui, je me rappelle, vous étiez généralement ensemble tous les deux, je te voyais aussi avec Louise et également le fils du sabotier.

– Ah, vous vous rappelez ! Bon, je vais aller finir mon installation, j'ai pas mal de cartons à vider. »

Le père Joseph qui avait terminé de boire.

« Eh oui, j'étais garde champêtre, donc j'observais tout. Bon courage, mon gars. »