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Grâce à cet ouvrage, atteignez avec facilité la maturité de votre esprit !Ce livre, fruit de six années de recherches appliquées et d’études pratiques, rassemble les connaissances et découvertes les plus récentes sur la maturité de l’esprit. Son objectif essentiel est de provoquer un déclic magique afin de faciliter et d’accélérer le passage vers cette forme de maturité.La maturité de l’esprit est développée depuis sa signification et sa raison d’être jusqu’à son maintien, en passant par la découverte d’outils et d’approches à mettre en oeuvre pour l’acquérir et la conserver. Cette approche pragmatique est illustrée par des témoignages percutants.Un guide pratique de développement personnel pour trouver son propre équilibre.CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE- « Les libertés qui sont reçues sont des illusions. Ce livre, unique en son genre, est un plaisir pour l’esprit et un cadeau pour gagner notre liberté ! » Jean-Marc Delaunoy – Association des Compagnons du Talent- « Avant d’être un leader pour les autres, il faut d’abord être un leader pour soi-même. C’est ainsi qu’on peut faire la différence en entreprise. » Peter Schreurs SEGAL - groupe CORUS- « La maturité, résultat d’un choix et d’un travail et non d’une évolution spontanée, confère à la personne un statut de leader. Celui-ci doit l’amener à favoriser le développement et le maintien de la maturité de son équipe pour assurer la pérennité de l’entreprise grâce à sa capacité à se remettre en question et à mettre en oeuvre les changements. » Jean-Paul Defrance – Knauf InsulationL'AUTEURJean-Michel Compère, pharmacien de formation, s’oriente en début de carrière vers le conseil en management. Très vite conscient de l’importance du capital humain pour les entreprises, il s’investit dans l’accompagnement individuel. Il crée le Compagnonnage de talents qui allie la sagesse et les outils de transmission du savoir, du savoir-faire et du savoir-être du Compagnonnage et les plus récentes découvertes en neurosciences et en sciences cognitives. Il a donné et continue à donner de nombreuses conférences sur les thèmes du développement personnel et du management humain. Maître de conférence à l’université de Liège, il intervient dans le cadre d’HEC-ulg Entrepreneur et est intervenu dans d’autres institutions supérieures en Belgique et en France.
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Seitenzahl: 386
Veröffentlichungsjahr: 2014
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Introduction
L’évolution des découvertes en neurosciences en général, nos propres recherches et expériences d’accompagnement individuel en particulier justifient d’apporter quelques informations complémentaires à l’édition précédente.
Des données de plus en plus nombreuses et fiables permettent de prendre conscience des conséquences liées aux excès de toutes sortes sur l’avenir de notre planète et de ses habitants. Les effets de la surproduction, de la surpêche, de la surconsommation… se marquent de plus en plus clairement au niveau de l’empreinte écologique. Et comme le disait le journaliste Jean-Christophe Victor de TV5 dans son émission « Le dessous des cartes » consacrée au livre de Virginie Raisson « 2033 Atlas des futurs des mondes » : « Il est illusoire de penser que nous pouvons rester dans une logique de croissance illimitée sur une planète limitée. »
De nombreuses questions m’ont été posées depuis la parution de l’ouvrage, et certaines d’entre elles sont venues s’ajouter à celles contenues dans le chapitre 6 « Réflexions sur la maturité de l’adulte ».
La notion de « lâcher prise » est approfondie. Une nouvelle approche de la maîtrise de soi, basée sur la métaphore du muscle imaginée par le professeur Muraven devrait aider le lecteur à développer sa maturité et à la maintenir au plus haut niveau.
L’image du « ballon émotionnel » apportera une représentation simple qui permet d’optimiser la communication interpersonnelle. Ce modèle démontre l’importance d’identifier si l’interlocuteur est en mode émotionnel ou rationnel pour adapter sa communication avec lui et libérer les émotions avant d’aborder les sujets rationnels.
Conseils de lecture
Voici quelques conseils de lecture pour vous permettre d’exploiter au mieux les informations et les outils de ce livre.
1. Prenez le temps de lire un chapitre à la fois.
2. Lisez à votre rythme. Le dernier chapitre ne vous donnera pas le nom de l’assassin.
3. Arrêtez votre lecture régulièrement pour prendre le temps de réfléchir.
4. Commencez par lire le « Préambule ». Il présente l’objectif principal de ce livre, les constats historiques et la signification des termes « maturité de l’esprit ».
5. Abandonnez un chapitre s’il vous semble trop long ou trop ardu pour en découvrir un autre. Vous reviendrez à ce chapitre plus tard si vous le souhaitez ou si vous vous sentez mieux préparé pour le lire.
6. Ne vous sentez pas obliger de respecter l’ordre des chapitres. Vous pouvez, par exemple, aller directement au chapitre 6 qui contient une série de questions – réponses essentielles sur le thème de la maturité de l’esprit avant de reprendre l’ordre normal des chapitres.
7. Utilisez les pages vierges placées en fin de chapitre pour noter vos réflexions, formuler vos questions personnelles…
8. N’hésitez surtout pas à annoter le texte lui-même, à souligner ce qui vous paraît essentiel, à plier le coin d’une page pour marquer celle-ci et pouvoir la retrouver facilement. Bref, appropriez-vous ce livre. Son évolution tout au long de votre lecture l’amènera à devenir une partie de vous-même et constituera une étape essentielle de votre développement personnel.
9. Etablissez un plan d’actions qui intégrera vos choix et décisions en vue de progresser vers la maturité optimale (exemple : réaliser l’un ou l’autre test de personnalité pour mieux me connaître, établir une liste de mes croyances bloquantes, identifier mes peurs conscientes et inconscientes.)
10. Relisez régulièrement vos notes.
Je vous souhaite de vivre de grands moments tout au long de votre cheminement vers la maturité de l’esprit et de vous installer dans cet état de maîtrise pour de longues années de réussite et d’épanouissement.
Excellente lecture.
Préambule
« La maturité est la plus belle saison de la vie »
Le propos de ce livre est de rassembler une somme de réflexions et d’études menées pour mieux comprendre le sens de la maturité, son intérêt, son évolution, les risques à éviter pour la maintenir au plus haut niveau. Le but n’est nullement de stigmatiser ou de critiquer pour le plaisir les personnes immatures. Il ne s’agit pas d’un procès contre l’immaturité. L’objectif est davantage de provoquer une prise de conscience majeure, une sorte de déclic magique, des méfaits de l’immaturité et de tous les bénéfices de la maturité.
Ce livre offre, aux personnes désireuses de développer leur maturité, les connaissances les plus récentes et les outils les plus performants pour les aider dans leur évolution personnelle.
Il y a quelques millénaires, les êtres humains avaient une espérance de vie beaucoup plus courte, une grande stabilité de leur rythme de vie et de leur structure. Ils avaient à surmonter de grands dangers et des difficultés liés à leur environnement au quotidien. Ils se devaient dès lors d’être adultes le plus tôt possible pour éviter de subir les conséquences catastrophiques directes et immédiates liées à d’éventuels comportements irresponsables.
L’âge adulte, à présent, n’est pas forcément associé à la maturité. Jean-Pierre Boutinet (1) considère que l’être humain a subi une série de mutations depuis 1960. Pour lui, jusqu’aux années 50, l’adulte représentait une référence, un étalon qui permettait de positionner les autres âges. Il faut reconnaître que l’adulte de nos jours n’est plus la personne qui, par sa position sociale et son métier, présente l’image d’une personne accomplie et épanouie. La perte des repères à tous les niveaux ne contribue pas à l’installation de la maturité. Sur le plan éducationnel, la démission de certains parents, les organismes scolaires et de formation supérieurs qui ne préparent pas – ou mal – à la vie en général et professionnelle en particulier… déstabilisent l’adulte en devenir. La famille, par les divorces, les familles monoparentales ou recomposées. nécessite une adaptation des nouvelles générations à de nouveaux modes de vie en commun. Au niveau socioprofessionnel, la précarité de l’emploi, les changements permanents, l’absence de relation directe au niveau salarial entre le nombre d’années d’études et l’activité exercée, la dévalorisation du travail et l’argent facile, le chômage… participent à renforcer le sentiment d’insécurité.
L’être humain ne trouve plus au niveau spirituel le soutien et les réponses aux questions de son temps. Les écarts entre les exigences des religieux et l’évolution des sociétés, les interprétations multiples et parfois extrémistes des Textes donnent lieu à des réactions paradoxales : d’un côté les croyants sont de moins en moins pratiquants et fidèles à leur Eglise pour différentes raisons, et de l’autre, ils ont un cruel besoin de croire et de spiritualité.
Le Dr. Charlton (2) abonde dans ce sens. Il considère que les adultes « ne grandissent plus ». Selon son analyse, les adultes aujourd’hui se comportent comme des enfants. La persistance de caractéristiques immatures chez un être adulte porte le nom de « néoténie ». Le fait, par sélection, de maintenir les comportements et les signes physiques d’immaturité du louveteau chez les chiens est une néoténie choisie et recherchée. Son constat est qu’il faut actuellement beaucoup plus de temps à l’être humain pour atteindre la maturité de l’esprit. Il appelle ceci la « néoténie psychologique ». La cause principale serait, toujours selon cet auteur, le système éducatif qui doit pouvoir compter sur une aptitude à conserver la réceptivité et le désir de comprendre pour permettre à la personne, dans un contexte d’instabilité croissante, de s’adapter aux évolutions constantes et très rapides. De plus, de nos jours, la force physique joue un rôle moins important que les connaissances et l’adaptabilité intellectuelle et émotionnelle. Le fait d’avoir réussi des études, d’être marié et d’avoir des enfants ne constitue pas une preuve de maturité et s’étale davantage sur plusieurs dizaines d’années.
Cette analyse est partagée par Eric Deschavanne et Pierre-Henri Tavoillot, dans un article intitulé « Une crise de l’âge adulte ? » (3). Ils constatent que l’adulte est déconsidéré de nos jours car « en effet, dans une logique hyperbolique de perfectibilité, grandir c’est vieillir et vieillir c’est mourir un peu ». Pour eux, « l’enfance se passe à vouloir en sortir ; la jeunesse est consacrée aux expériences nécessaires à l’entrée dans l’âge adulte ; l’âge adulte n’est lui-même qu’une période d’approfondissement de la maturité : une « maturescence » que la vieillesse ne sert au fond qu’à prolonger et à élargir ».
Une autre cause essentielle de l’immaturité persistante chez l’adulte pourrait être la perte de sens. Les hommes et les femmes d’aujourd’hui sont davantage en quête de jouissance qu’en quête de sens.
Si une tâche ou une activité n’a aucun sens, l’être humain, quel que soit son âge, éprouvera d’énormes difficultés à la réaliser et dans la majorité des cas, il ne la réalisera pas. « Pourquoi aller à l’école si de toute façon, comme mes parents, je serai chômeur toute ma vie ? Pourquoi aller travailler, alors qu’un jeune de 20 ans roule en BMW décapotable toutes options et gagne plus d’argent que je n’en gagnerai jamais en vendant de la drogue ? Pourquoi faudrait-il que je sois plus intègre que mon voisin, alors qu’un grand nombre de personnalités politiques n’ont aucune éthique … » ?
Dans cette logique, l’argent constitue la clé d’accès à toute jouissance. Plus je pourrai disposer de moyens financiers, plus je pourrai m’offrir de possibilités de jouir de la vie.
La guerre du Vietnam n’avait aucun sens aux yeux des jeunes américains. La génération des James Dean qui voulait vivre à 200 km à l’heure quitte à mourir jeune, Jimi Hendrix avec son interprétation toute personnelle du très symbolique hymne américain et des hippies qui se sont jetés sur la drogue pour trouver la jouissance dans les « trips » d’enfer que la vie de tous les jours ne leur offrait pas, a tracé la voie vers une société tournée de plus en plus vers le plaisir égoïste et la consommation.
Le marketing et la publicité se sont emparés de cette perte de sens pour favoriser l’illusion de l’accès au bonheur par la jouissance. Une publicité pour un modèle de voiture de sport annonçait en mai 2009 : « La crise passera. Le plaisir durera. »
Les valeurs morales sont devenues progressivement démodées et sans intérêt. Une marque de téléphones portables déclarait dans ses messages publicitaires en septembre de la même année : « L’impatience est une vertu. »
De nombreuses entreprises et certains commerçants peu scrupuleux misent sur l’immaturité pour favoriser les achats compulsifs.
L’absence de plus en plus marquante et cruelle de grands leaders visionnaires, bâtisseurs et porteurs de sens contribue à renforcer cette tendance.
Un être humain se distingue des autres espèces animales essentiellement par ses capacités à acquérir des connaissances complexes, à créer et concevoir, à prendre des décisions délicates et à se maîtriser.
La maturité s’applique à différents domaines : maturité physique, maturité sexuelle, maturité professionnelle.
Etre capable de choisir sans se laisser dominer par ses besoins ou ses objectifs à court terme, ses pulsions, ses émotions ou ses mécanismes automatiques issus de nos expériences passées plus ou moins heureuses, fait appel à des ressources cérébrales et à un développement personnel. Il s’agit d’une forme particulière de maturité appelée « maturité de l’esprit ».
L’être humain, pour s’épanouir et vivre en harmonie avec autrui, doit intégrer certaines règles sociales, certains principes. Ces référentiels s’acquièrent et se construisent tout au long de l’enfance, de l’adolescence par l’éducation et, même au-delà de cette période, par l’enrichissement lié aux expériences de vie.
Les décisions de la personne mature s’appuieront sur ses référentiels pour éviter de supporter les conséquences néfastes associées à l’absence de décisions ou à la prise de décisions basées sur le strict intérêt personnel et une vision à court terme.
L’aptitude à établir le lien entre une décision et ses effets pour estimer sa pertinence et en tirer ses propres leçons, constitue également une des facultés essentielles qui nous permet d’éviter de reproduire les mêmes erreurs ou de faire les mêmes fautes.
Si un chien consomme quelques baies de gui présentes dans un compost et ressent quelques heures plus tard des troubles digestifs, tels que vomissements, diarrhées et douleurs abdominales, il ne fera pas le lien entre les deux événements. Il est capable le lendemain de se laisser de nouveau tenter par ces fruits toxiques, mortels au-delà d’une certaine dose.
La maturité est perçue par certaines personnes comme une façon d’être, de penser, d’agir et de communiquer liée aux plus mauvais côtés de l’adulte. Selon elles, un adulte mature est raisonnable (toujours préoccupé par les conséquences de ses décisions sans jamais lâcher prise et se laisser tenter par telle ou telle envie), réfléchi (donc sans spontanéité), blasé (incapable désormais de s’émerveiller), froid (insensible en apparence et aux émotions rarement exprimées), critique (qui analyse et juge les comportements et les propos d’autrui).
La liste est longue et sans grand intérêt, car la maturité est bien autre chose. Elle présente une somme d’avantages et de bénéfices à la fois pour la personne elle-même et surtout pour ceux et celles qui ont la chance de partager sa vie.
L’immaturité conduit à des souffrances et des peurs. Les personnes immatures deviennent prisonnières de leurs propres pulsions. Leur dépendance à autrui persiste, voire augmente avec le temps. L’immaturité rétrécit le champ de vision et les perspectives.
La très grande majorité des dirigeants actuels, qu’ils soient politiques, économiques, spirituels font preuve d’une immaturité affligeante.
Le non-respect de ses engagements, les mensonges, le clientélisme, le manque d’éthique et de courage, les décisions à court terme… sont autant de signes de l’immaturité de nos femmes et de nos hommes politiques.
Leurs comportements et leurs discours influencent directement leurs électeurs et les poussent à faire de même. La perte de confiance dans la classe politique en général va, un jour ou l’autre, avoir des conséquences catastrophiques.
La recherche du profit à tout prix et le leurre de la croissance continue, conduisent certains actionnaires et certains patrons dans une logique destructrice.
Enfin, les membres du clergé ne constituent plus des exemples et des guides pour leurs ouailles.
Il est urgent de réveiller les consciences, d’informer et d’éduquer les personnes, quel que soit leur âge, pour les conduire vers une maturité de l’esprit optimale.
CHAPITRE 1
MATURITÉ DE L’ESPRIT
« La maturité s’obtient lorsque nous nous sentons en mesure de nous approprier lucidement notre existence, de nous en faire l’auteur, de signer chacun de nos choix en notre nom. »
Vincent Cespedes I Loft You (2001)
1.1 Définition
La maturité est un état de développement du vivant qui lui permet de délivrer toutes ses qualités. Ainsi, la maturité sexuelle autorise une personne à donner la vie.
Le dictionnaire Littré définit la maturité d’esprit comme « l’état d’un esprit mûr et solide… On dit de même : maturité de jugement, de réflexion, de sagesse ».
Edward E. Morler, dans un article intitulé « Maturité émotionnelle et personnalité » (4), écrit ceci : « Notre maturité émotionnelle et donc notre réel pouvoir, résident dans la capacité, la volonté et le comportement d’être totalement responsable et redevable de notre attitude, autant que de ce que nous disons et faisons. Devenir émotionnellement mature, c’est devenir conscient des choix que nous faisons et de l’impact de ces choix. »
Il précise sa pensée en déclarant : « La maturité émotionnelle réside dans la capacité d’un individu à être attentif à toute la gamme possible des émotions. L’incapacité d’un individu à faire cela est une mesure précise de son degré d’immaturité émotionnelle, quelles que soient les apparences sociales. »
Pour lui, la maturité émotionnelle est le résultat d’un choix conscient au-delà de l’adolescence et non le fait d’avoir atteint un certain âge, d’avoir terminé ses études, de travailler, d’avoir gagné son indépendance financière ou acquis un certain niveau de fortune ou de notoriété, d’être marié ou d’avoir des enfants. « Etre mature, c’est être responsable de notre impact sur les autres et sur le monde ».
Etre à l’écoute de tous ses sens pour prendre la meilleure décision et agir en conséquence de la manière la plus opportune, est le signe d’une grande maturité dans la pratique des arts martiaux.
Le maître observe son environnement, la disposition des arbres et des plantes, les différentes surfaces, la présence éventuelle de personnes hostiles… Il écoute avec une infinie concentration le moindre bruit, le chant des oiseaux, les aboiements… Il analyse les yeux, les muscles du visage et des autres parties du corps visibles, la position de son adversaire. Il perçoit ses propres émotions et celles de son rival, sa peur ou sa tension, son assurance ou sa détermination, ses intentions avant même qu’il ne réalise un mouvement. Il sent les odeurs, les déplacements de l’air. Il laisse la place à son intuition et prend en compte ses expériences précédentes. A ce stade, il est le félin ou l’animal sauvage à l’écoute de son instinct et de ses émotions.
Puis, il va s’élever pour devenir l’être humain qui s’appuie sur la maîtrise de son art et ses capacités cérébrales supérieures. Il va intégrer, analyser et décider des actions à réaliser.
Il ne se laisse pas gouverner par ses sens et ses émotions. Il les utilise pour faire à tout instant le meilleur choix.
Les écoles d’arts martiaux se doivent d’insister autant sur la maîtrise de soi que sur la maîtrise d’une arme ou de mouvements d’évitement, de défense ou d’attaque.
Eric Deschavanne et Pierre-Henri Tavoillot (3) associent l’expérience à la maturité. Etre un adulte mature « ce n’est pas avoir tout vu ou tout fait » ; c’est, au contraire, « être capable de faire face à ce que l’on n’a jamais vu ni fait, aux situations nouvelles, voire exceptionnelles ».
La maturité est également, selon moi, une aptitude à :
Etre mature, c’est gagner et mériter sa liberté.
La maturité est la plus belle période de la vie. La liberté c’est choisir en toute conscience le contraintes que l’on décide d’accepter pleinement. C’est aussi se maîtriser et ne pas se laisser gouverner par ses émotions et ses pulsions. La recherche du plaisir ne peut être une fin en soi. Elle se situe entre le début de l’âge adulte et le début de la vieillesse. Il a fallu des années à notre corps et en particulier à notre cerveau pour se développer. L’acquisition de connaissances et d’expériences minimales pour exploiter au mieux le potentiel physique et intellectuel a également nécessité un temps et des efforts considérables. Après toutes ces années, vient enfin le temps de la maturité, dont il faut jouir le plus longtemps possible avant la perte de nos facultés mentales et physiques qui nous conduiront à moins d’autosuffisance et à dépendre à nouveau d’autres personnes, qui nous l’espérons, s’occuperont de nous avec le plus de maturité possible.
Si elle constitue une évolution logique nécessaire à la protection de l’individu et de l’espèce humaine, elle permet également de gérer au mieux son existence, compte tenu des événements et des situations imprévisibles de la vie.
La maturité n’est pas conditionnée par l’origine culturelle ou par l’environnement familial, social ou encore le sexe de l’individu. En effet, les émotions ressenties, les expériences mémorisées, les schémas de pensée, ne peuvent guider nos choix, nos actes et nos paroles. Il nous appartient, dans la mesure du possible, de conserver le contrôle de nous-mêmes quelles que soient les influences mentales auxquelles nous sommes soumis.
L’être humain acquiert par un revenu une autonomie financière. Celle-ci lui permet de faire face à ses engagements et de choisir ses sources de plaisir et de jouissance.
La maturité permet de passer de l’autonomie financière à l’autonomie entière. Cette dernière est associée à la possibilité d’agir par soi-même selon ses propres règles. Elle offre une liberté de pensée, de choix et d’action, liée à une capacité à prendre ses propres décisions sans se laisser gouverner par ses émotions et ses instincts, ou par des influences ou une autorité extérieures.
Elle alimente un compte particulier, non directement lié à l’argent : le compte « bonheur ».
La santé, l’amour, le sens des activités réalisées et la liberté, constituent les principales sources de « devises » du bonheur.
Les personnes immatures concentrent l’essentiel de leurs efforts à approvisionner leurs comptes bancaires et à acquérir des biens mobiliers et immobiliers. Cela est justifié à leurs yeux, car cet argent liquide et ces biens leur offrent une certaine sécurité financière et les plaisirs recherchés.
Si l’argent est indispensable pour se maintenir en bonne santé (par une alimentation et des boissons saines et équilibrées, par l’accès aux soins médicaux et aux médicaments), pour se vêtir et pour se loger, il n’est cependant pas suffisant pour créer et entretenir le bonheur.
La personne mature veillera à équilibrer ses comptes financiers et bonheur. Pour être heureux, il faut être libre. Cette liberté se mérite et conduit à faire certains choix qui conduisent la personne à accepter d’abandonner certaines rentrées financières.
Lorsqu’une personne se déclare riche, parle-t-elle de sa richesse financière et matérielle, ou de la richesse de son bonheur ? Les personnes matures sont prêtes à posséder une fortune moins grande pour développer leur capital bonheur.
Un auditeur réalisa, à la demande d’une autorité politique, un audit de son administration.
A l’issue de celui-ci, l’auditeur présenta ses conclusions devant son client et les hauts fonctionnaires concernés.
Après un rapide tour de table, l’homme politique le félicita pour le travail réalisé, puis il ajouta : « Bien. Maintenant, je vous propose d’étudier le document projeté et commenté par l’auditeur pour établir le rapport final. Vous comprenez que nous ne pouvons présenter ce document à l’opposition et à la presse. »
L’auditeur remit son rapport écrit à chaque personne présente et ajouta : « Il est hors de question que je modifie ce rapport. Vous m’avez demandé de réaliser un audit indépendant et équilibré. Vous m’avez choisi pour mon intégrité et mon professionnalisme. Ce rapport a été établi avec tout le sérieux et la rigueur nécessaires. »
L’homme politique essaya au cours de la réunion et dans les jours qui suivirent, de le convaincre de changer d’avis. Sans succès.
L’auditeur était serein, heureux et libre. Mais, il était certainement moins riche qu’un concurrent plus « souple » et disposé à revoir le rapport dans le sens souhaité par son client.
1.2 Signes de Maturité – Immaturité
La maturité se distingue de l’immaturité par une série de signes à la fois clairs et cohérents.
Une étude de ces signes permet de mieux estimer le niveau de sa maturité et celle des personnes qui nous entourent.
Tout être humain conscient est continuellement alimenté en informations de toute origine que ses sens lui transmettent. Il lui faut gérer et conserver le contrôle sur tous les stimuli qui le sollicitent sans arrêt.
L’anecdote suivante montre le comportement d’une personne qui se laisse gouverner par ses émotions.
Sur l’insistance de son épouse, un homme accepta d’aller acheter un nouveau matelas. Une fois arrivé à destination, il vit dans la vitrine du magasin d’électroménagers, voisin du magasin de literie, une publicité pour une télévision à écran plasma extra-large.
Il rêvait depuis si longtemps de pouvoir regarder les matchs de foot avec ses copains sur grand écran.
Il se posta devant sa voiture et regarda les vitrines. A gauche, un nouveau matelas. A droite, une nouvelle télévision. Non ! Pas une télévision mais la télévision de ses rêves.
Leur compte en banque ne leur permettait pas de s’offrir ce luxe. Malgré cela, son choix fut vite fait.
De retour à la maison, il demanda l’aide de son épouse pour décharger la télévision.
Interloquée, elle ne réalisa pas immédiatement la situation et lui demanda : « Où as-tu mis le nouveau matelas ? »
Son mari lui avoua ne pas l’avoir acheté et essaya de lui démontrer la qualité de sa nouvelle acquisition. Sa femme piqua une énorme colère et lui rappela que leur matelas avait plus de vingt ans et qu’elle souffrait de plus en plus du dos.
Puis, elle l’interrogea : « Avec quel argent as-tu payé cette chose ? » Nullement gêné, il lui répondit : « Nous payerons en 28 mensualités d’environ 50 € et une dernière d’environ 40 €. C’est donné ! »
L’homme ne voulut pas reconnaître son immaturité et chercha en vain à justifier son achat.
La personne immature est impulsive. Elle se laisse diriger par ses émotions, par ses pulsions, par ses envies, par la recherche prioritaire de son intérêt personnel.
Elle éprouve de sérieuses difficultés à résister à une tentation forte, à dire ce qui lui passe par la tête, à laisser éclater sa colère.
Un fait d’actualité sportive en donne une illustration tragique.
Lors d’un match de football entre deux équipes de première division, un joueur n’a pas tenté d’éviter un adversaire et est retombé avec son pied droit sur la jambe droite du malheureux. Bilan : double fracture ouverte du tibia et du péroné.
Dans un climat de tension extrême entre les équipes avant le match, et compte tenu des enjeux, la pression exercée sur les joueurs était très importante.
Un joueur talentueux de 19 ans a réalisé un geste aussi regrettable que condamnable. Il a présenté ses excuses pour cette faute le lendemain.
Un jeune homme de cet âge-là, était-il en mesure de contrôler ce mouvement ? Possédait-il la maturité suffisante pour maîtriser ses pulsions et ses comportements ?
Le juge arbitre, les coachs et les dirigeants des clubs doivent mettre tout en œuvre pour amener les joueurs à maîtriser leurs émotions, car ils sont censés disposer d’un niveau de maturité supérieur.
Devenir un adulte mature passe par la capacité à maîtriser ses peurs, à dominer ses angoisses, à croire en ses capacités et à ne pas se précipiter dans l’action, à ne pas se laisser submerger ou gouverner par ses émotions.
Comme disait l’empereur Auguste : Festina lente ! (Hâtes-toi lentement !). Autrement dit : « Réfléchis avant d’agir et n’agis pas dans la précipitation ! »
Le passage vers la maturité donne lieu à des rites d’initiation au sein de certaines communautés. Ceux-ci mettent à l’épreuve de jeunes adultes pour éprouver leurs capacités à maîtriser leurs émotions.
Chez les Hammer dans la vallée de l’Omo en Ethiopie, un rite de passage met à l’épreuve les jeunes adolescents. Cette épreuve initiatique leur permettra en cas de succès de trouver leur place parmi les adultes, de devenir des éleveurs de bétail et d’épouser une jeune fille.
Le saut de buffles n’est pas en soi une épreuve très difficile. Elle demande surtout une grande maîtrise de soi.
Dans les heures qui précèdent le rite proprement dit, la tension monte progressivement. La peur de tomber et d’être relégué parmi les enfants est omniprésente dans la tête de l’adolescent. S’il échoue, il sera flagellé puis il lui sera offert de réaliser une nouvelle tentative quelques temps plus tard. En attendant, les femmes douteront de sa capacité à jouer son rôle d’adulte et à fournir une descendance de qualité.
Il n’est pas dans l’intérêt de la communauté de voir le jeune échouer. Un adulte supplémentaire représente une force nouvelle sur laquelle tout le groupe pourra compter.
C’est pourquoi, lorsque les bêtes sont placées côte à côte sur une dizaine de mètres, les hommes les maintiennent fermement. Une bête de plus petite taille est souvent placée au début et à la fin pour permettre à l’adolescent de monter plus facilement sur leur dos.
Le jeune doit réaliser deux allers-retours sans chuter. S’il réussit, il est un homme. S’il tombe, il reste un enfant. Perdre l’équilibre n’est rien, s’il est capable de le retrouver et de franchir la totalité de la distance sans mettre le pied à terre.
Cela ne nous interdit toutefois pas de nous mettre à l’écoute de nos émotions, de nos sensations, de ressentir sans analyser et de laisser nos émotions s’exprimer librement sous certaines conditions. Cette approche, appelée « lâcher prise » sera développée dans les chapitres 3 et 6.
Les enfants et les adolescents recherchent constamment l’excès. Cela pourrait éventuellement s’expliquer par le besoin de découvrir ses propres limites et d’identifier les limites d’action autorisées.
L’excès conduit, dans tous les cas, à des conséquences néfastes. Malheureusement, elles sont trop souvent fatales à plus ou moins long terme.
Un commercial, particulièrement motivé, dépassait systématiquement ses objectifs.
Très apprécié par sa direction, il jouissait de privilèges de plus en plus nombreux : primes importantes, voiture de fonction toutes options…
Il travaillait de plus en plus. Les heures passées avec sa jeune épouse fondaient comme neige au soleil.
Elle attira son attention sur le fait qu’elle se sentait de plus en plus seule, mais il ne voulut rien savoir.
Elle finit par le quitter. Cela ne modifia pas pour autant son style de vie.
Les comportements excessifs sont à mettre en relation avec la difficulté à maîtriser ses pulsions, ses émotions.
Le seul côté positif des excès est le plaisir plus ou moins intense ressenti au moment de les réaliser. Il ne faut pas attendre longtemps avant d’en ressentir les effets négatifs. Comme il est bon de danser pendant des heures, comme c’est agréable de boire de l’alcool sans compter, comme c’est grisant de rouler « à tombeau ouvert » avec une voiture de sport sur une autoroute… La liste est aussi longue que le nombre d’activités susceptibles d’être réalisées par un être humain.
Tout excès se paye cher, car il met, un jour ou l’autre, en danger la personne elle-même et/ou les autres.
La solution ne se trouve pas dans le fait d’interdire ces activités mais d’amener les personnes à les réaliser de manière raisonnable ou, selon l’expression habituelle, avec modération.
Voici le témoignage émouvant d’une personne choquée par les conséquences d’un comportement excessif.
« Je rentre de l’enterrement de mon collègue. C’est terrible, tragique. L’atmosphère au bureau est chargée d’émotions, pesante, presque insupportable. Je ne peux m’empêcher de repenser à tout cela. Il est mort. C’est tellement stupide.
Il rentrait chez lui vendredi dernier. La semaine était achevée, un beau week-end ensoleillé s’annonçait. Il était au volant de sa nouvelle voiture. Une merveille, ’avec un tigre dans le moteur’, m’avait-il dit fièrement. Il aimait rouler à toute allure et se laisser griser par ce sentiment de liberté et d’invincibilité.
Il était 23h17, l’autoroute était presque déserte à cette heure de la nuit. Il retrouvait avec tant de bonheur ses instincts de pilote de rallye. Cette belle jouissance s’est pourtant terminée brutalement. La voiture a percuté le pilier d’un pont à plus de 170Km/h. Simon est mort sur le coup.
Simon était notre responsable de la sécurité » !
La maturité suppose une capacité à rechercher et à maintenir un équilibre dynamique, un peu comme une roue de vélo. Celle-ci est en équilibre par son déplacement. Toute imperfection de la route, tout obstacle, toute situation qui pourrait la déstabiliser devra être gérée pour retrouver l’équilibre. Nous devons conduire notre vie comme notre vélo, trouver cet équilibre et le conserver jusqu’au bout du voyage de notre existence.
Une personne immature est éternellement insatisfaite. Rien n’est assez beau, grand, exceptionnel, fabuleux pour lui garantir un bonheur profond et durable. Elle est capable d’être très heureuse, voire euphorique, au moment où elle découvre l’objet offert ou acheté, ou encore la situation nouvelle. Mais, elle sera tout aussi vite lassée de cela.
Son désintérêt l’amènera très vite à rechercher autre chose de plus grand, de plus nouveau, de plus original…
Tous les enfants et les adolescents ont, un jour ou l’autre, vécus une situation comparable à celle vécue par ces jeunes garçons.
A l’école, deux copains parlaient de leur passion commune : le vélo, plus précisément le VTT (ou vélo tout terrain).
Ils étaient nés, par le plus grand des hasards, à quelques jours d’intervalle.
Ils décidèrent de demander à leurs parents de leur offrir un nouveau VTT pour leur anniversaire.
Le jour de son anniversaire, le premier copain a été transporté de joie en découvrant son nouveau vélo avec ses 18 vitesses, sa suspension avant et ses roues de 24 pouces. Il éprouva beaucoup de mal à laisser son copain essayer la bête. Malgré le peu de place dans sa chambre, il installa son VTT face à son lit pour le voir une dernière fois avant d’éteindre la lumière et de s’endormir.
Le samedi suivant, l’autre jeune adolescent se voyait offrir pour son anniversaire, en présence de son copain, son nouveau VTT.
Les parents avaient offert à leur fils un VTT avec 21 vitesses, suspension avant et arrière et des roues de 26 pouces. Et, comme si çà ne suffisait pas, il découvrit son nouveau casque et les sets complets pour un montant total d’environ 500 €.
Certes, son copain avait, lui aussi, un nouveau vélo, mais il était devenu d’un seul coup, et après une petite semaine seulement, beaucoup moins fabuleux.
Il se désintéressa du VTT et décida de pratiquer le karaté.
Les publicitaires et les sociétés de marketing misent énormément sur l’immaturité de leurs clients pour les pousser à consommer davantage. Pour cela, il faut absolument introduire dans leurs esprits le goût du neuf, de l’exclusif, de l’exception…
Une personne devient mature lorsqu’elle s’est libérée de l’influence parentale, sans pour autant rejeter l’ensemble des enseignements ou des éléments d’éducation qu’elle a pu recevoir tout au long de son enfance et de son adolescence.
Elle n’a plus besoin de lois ni de règlements pour la guider ni de policiers pour provoquer la « peur du gendarme », et donc la peur d’être sanctionnée par l’autorité.
Elle s’est construit un ensemble de référentiels qui lui permettent de conduire sa vie sans tenir compte de l’avis ou du jugement d’autrui.
Lorsqu’une personne se trouve en conflit avec ses référentiels, cela peut la conduire à vivre des moments particulièrement douloureux et difficiles.
Une dame d’âge moyen ressentit un coup de foudre pour un homme en instance de divorce, de 15 ans son cadet.
Lorsqu’elle annonça à sa mère son intention de s’engager dans une relation durable avec cet homme, celle-ci la traita de tous les noms.
Sa mère l’amena à reconnaître que son comportement ne correspondait pas aux valeurs qu’elle lui avait transmises.
Le cœur brisé, cette dame décida de rompre ses relations avec l’homme dont elle était éperdument amoureuse. Sa prise de décision n’était pas basée sur ses propres valeurs mais sur celles de sa mère.
Pour se construire ces référentiels de décision, la personne mature estimera ce qui lui est utile de conserver, de rejeter et de s’approprier.
Cette éthique, basée sur les valeurs morales et le respect des lois, des principes, des codes, des règles, lui permettra de se comporter en homme ou en femme de bien.
Il est étonnant de constater à quel point certaines personnes sont incapables de citer les valeurs morales essentielles.
Par nos choix, nous orientons, nous conditionnons notre vie. Certaines situations ou événements nous sont imposés par l’existence. Le fait d’être né dans une famille et un pays pauvre, un pneu crevé, le décès d’un proche, des objectifs et des délais irréalistes imposés par un client ou un conseil d’administration…, sont autant d’exemples qui poussent certaines personnes à croire qu’elles doivent subir leur vie telle qu’elle se présente.
Le choix de traiter et de surmonter ces situations nous appartient toujours, même si ces choix sont parfois très difficiles à faire.
Un chef d’entreprise demanda à sa secrétaire de téléphoner à son coach pour l’avertir de son retard. Il estimait ce dernier à une demi-heure.
Une fois arrivé, son coach lui demanda la raison de son retard. Le chef d’entreprise lui répondit : « Je n’ai pas eu le choix. »
Comme le coach insistait, le chef d’entreprise s’énerva et dit : « Je vous ai dit que je n’avais eu pas le choix. Une personne est entrée dans mon bureau au moment où je m’apprêtais à partir. »
Le directeur le regarda en se demandant où son coach voulait en venir.
Puis, il réalisa soudain qu’il avait effectivement choisi d’arriver en retard à son rendez-vous. L’alternative était de rester pour écouter cette personne et donc arriver en retard à son rendez-vous, soit de refuser l’entretien et le postposer pour arriver à l’heure.
Il prit également conscience qu’il avait tendance à considérer les impératifs d’autrui comme les siens. Il était grand temps pour lui de reprendre sa vie en main.
Le malheur de l’être humain est en partie lié à sa capacité à oublier (trop) rapidement le lien qui existe entre la cause et l’effet. Certaines conséquences se manifestent des semaines, des mois, voire des années après un choix ou une décision.
Un adolescent violent frappe sa mère divorcée suite à son refus de lui donner de l’argent de poche pour aller au cinéma. Cette violence est-elle une cause ou une conséquence ? La mère doit-elle la subir ou a-t-elle le choix ? Il est fort probable que la violence soit la conséquence d’un manque de repères ou de limites.
La maturité est associée au choix de devenir l’acteur de sa vie et non un spectateur.
Un Compagnon du Talent conserve en permanence cela à l’esprit et témoigne :
« A la maison ou au travail, si quelqu’un me dit : « Désolé, je n’ai pas eu le temps de faire ceci ou cela », je le corrige toujours en disant : « Tu n’as pas pris le temps de… » J’insiste sur le fait qu’il est important de choisir ce que l’on fait de son temps, ce que l’on souhaite ou non mettre dans sa vie ».
La vie peut être comparée à l’eau qui s’écoule de la montagne à la mer, de la naissance à la mort. Vivre, c’est descendre le cours de cette eau avec un canot pneumatique qui représente la personne.
Il est important, pour réaliser un beau et long voyage, de le construire solide et résistant. Cela s’obtient par la qualité de l’alimentation de la mère dès la conception et de celle de l’enfant dès sa naissance. Les soins prodigués tout au long de l’enfance et de l’adolescence, les connaissances et les compétences acquises suite aux efforts réalisés pendant les études et l’apprentissage professionnel participeront au parachèvement du canot.
La naissance se fait dans des eaux claires et limpides. L’environnement est calme et apaisant. Le petit d’homme voit son canot attaché à celui de ses parents. Les premières années de sa vie, lorsque celle-ci lui sourit, consistent pour lui à se laisser glisser doucement à la suite du canot parental dans une relative insouciance. Très vite, les eaux peuvent se montrer agitées. La descente demande le franchissement de quelques petits rapides. Arrivé à l’adolescence, le canot est impatient de naviguer seul et libre.
Une fois détaché de ses parents, deux options se présentent alors : soit le canot se laisse porter par le courant ou se laisse influencer par les autres canots qu’il rencontre soit il choisit ses trajectoires et le rythme de sa descente.
Laisser le flux décider, c’est s’exposer à plusieurs risques :
Certaines personnes immatures se tapissent au fond de leur canot en priant pour sortir vivantes de l’épreuve. D’autres personnes immatures rament en regardant vers l’amont, sans anticiper, sans se préparer, grisées par la vitesse et le bruit de l’eau.
Les personnes matures regardent devant le canot, au loin, les trajectoires. Elles observent les courants et les vagues. Elles anticipent, dirigent, gouvernent, utilisent leurs avirons pour freiner ou accélérer au besoin.
Il faut souhaiter à tout homme et à toute femme sur cette terre de faire le plus agréable et le plus long voyage.
Tout être humain est susceptible de devenir un jour ou l’autre parent.
Devenir parent, c’est être prêt à donner et non attendre ou quémander.
Le besoin d’amour chez certaines personnes crée une véritable dépendance proche de l’effet d’une drogue sur l’organisme.
Un grand garçon de 28 ans habitait toujours chez maman. Comme sa maman l’aimait !
A ses yeux, il était un être exceptionnel, un dieu vivant. Aucun homme sur terre ne pouvait rivaliser avec son enfant.
Tout ce qu’il réalisait était parfait. Tout ce qu’il disait était vrai et puissant. Lorsqu’il connaissait des difficultés, la faute était systématiquement imputée aux autres.
Cet homme rencontra une charmante jeune fille. Elle était tellement gentille qu’il la présenta à sa mère. Ils envisagèrent très sérieusement le mariage.
Le seul petit hic, c’était que maman devait venir vivre avec eux.
Comme la jeune fille s’y opposait, elle chercha à amener son futur époux à refuser cette exigence maternelle.
De peur de perdre l’amour de sa mère, le garçon préféra perdre la jeune fille.
Les personnes immatures recherchent à être aimées, appréciées et reconnues. Cela peut les conduire à toutes les extrémités pour y parvenir.
En réalité, les formes de reconnaissances de base sont efficaces aussi bien pour l’être humain immature que pour les animaux qui sont éduqués en vue de les sociabiliser ou de les dresser à réaliser des activités prédéterminées.
Le premier niveau de reconnaissance, en récompense d’un travail bien effectué, est celui de la reconnaissance matérielle.
Le deuxième niveau de reconnaissance, toujours dans le cadre d’un travail bien effectué, est celui de la reconnaissance non matérielle.
Le troisième niveau de reconnaissance n’existe, à notre avis, qu’au sein de l’espèce humaine. Les personnes matures sont capables de ressentir cette émotion particulière liée au sentiment du travail accompli de manière excellente.
Les décorations officielles (de type « Légion d’honneur »), les titres honorifiques ou de noblesse, les photos publiées dans les magazines, la participation à des émissions télévisées, le fait d’être invité par telle ou telle personnalité en vue ou à un événement mondain, sont autant de moyens de parvenir à satisfaire ce besoin excessif d’exister aux yeux d’autrui. Les expressions telles que : « Papa regarde, regarde bien, je vais plonger ! » ou « Tu as vu, comme je suis jolie ! », attendrissent les parents. Le même type de comportements chez un adulte fait sourire ou provoque l’agacement d’une personne mature.
La liberté se gagne, se mérite. Une personne mature se libère en premier lieu de ce besoin d’être aimé. En effet, la dépendance liée à la reconnaissance ou à l’appréciation d’autrui fait de nous des esclaves de celui qui nous dispensera plus ou moins d’amour en fonction de son bon vouloir.
Toute dépendance conduit à une perte du contrôle de sa propre existence. Elle empêche par conséquent le développement de la maturité.
L’épouse d’un cadre découvrit un jour les infidélités de son mari.
Il la trompait depuis des années. Elle venait de perdre son dernier parent six mois plus tôt.
Mariée très jeune, elle avait interrompu ses études pour s’occuper de son premier enfant. Puis, le deuxième arriva deux ans plus tard. Puis, vint le troisième puis le quatrième.
Sans ressources financières, sans diplômes et sans expériences professionnelles, avec quatre enfants, elle se sentit prise au piège.
De toute façon, elle se résigna à accepter son sort, prisonnière et victime condamnée à dépendre de son mari infidèle, car sa famille était très catholique et opposée au divorce. Même après le décès de ses parents, elle n’osa pas prendre une décision qui aurait pu leur déplaire et qui ne correspondait pas à son éducation.
La première prison est celle de l’esprit.
La personne immature se laisse conduire dans ses choix par l’opinion et le jugement d’autrui. Des questions telles que : « Que vont penser les autres si… ? », « Que vont dire mes parents si… ? », « Comment vont réagir mes collègues si. ? », « Que ferait ma mère à ma place ? », « Que vont penser mes voisins si. ? »., lui viennent spontanément à l’esprit.
Une personne immature a besoin de posséder. Elle n’aime pas partager. Profondément jalouse, elle veut garder pour elle tout ce qu’elle considère être sa propriété. Pour ce type de personne, sa femme ou son mari, sa maîtresse ou son amant, ses enfants ou ses employés s’il est patron, sont autant de biens qu’il veut conserver pour son usage exclusif.
Ces personnes sont également envieuses de ce que possèdent les autres : maison(s), voiture(s), vêtements, salaires… Même les vacances ou le bonheur d’autrui les poussent à désirer au pire la même chose et si possible beaucoup mieux.
La nature envieuse n’est pas limitée aux gens de basse condition.
Nicolas Fouquet, alors Surintendant des Finances de Louis XIV, invita le Roi et sa cour le 17 août 1661 en son merveilleux château de Vaux-le-Vicomte pour une fête somptueuse. Le luxe des lieux, l’importance du buffet et la finesse des nombreux plats, les couverts en vermeil et la vaisselle exceptionnelle absents lors des dîners du Roi, le spectacle et enfin les merveilleux jardins de ce fabuleux château fâchèrent terriblement sa Majesté.
Fouquet sera arrêté le 5 septembre par D’Artagnan. Ses biens seront confisqués. Il sera finalement condamné à la réclusion à perpétuité et mourra officiellement dans la place forte de Pignerol le 3 avril 1680.
Nul ne devait oublier qu’il ne faisait pas bon briller plus fort que le Roi Soleil.
D’autres seigneurs firent preuve du même caractère envieux. Le splendide château de Hampton Court devint la propriété d’Henri VIII en 1525. Son propriétaire initial, l’Archevêque d’York Thomas Wolsey, le fit construire en 1514. Il fit visiter sa demeure au Roi. Jaloux de voir un autre posséder une telle merveille, il réquisitionna le château et fit décapiter le malheureux.
De quel droit une personne se considère-t-elle propriétaire d’autrui ? L’esclavage a été aboli officiellement dans la plupart des pays démocratiques. En réalité, il existe toujours sous sa forme la plus inhumaine et certaines cultures s’opposent farouchement à son interdiction. Aucun être humain ne peut acheter son prochain comme un bien ou un animal. Le fait de donner un salaire à une personne n’autorise pas son employeur à en disposer à sa guise.
La personne mature n’est pas possessive. Elle partage ses expériences, son savoir, ses plaisirs, ses émotions. Elle ne s’approprie pas ce qui ne lui appartient pas.
Un enfant ou un adolescent, suite à une erreur, un échec à un examen, au non-respect d’une parole donnée… aura tendance à reporter la faute sur une autre personne ou sur les circonstances.
La maturité suppose le fait d’accepter toutes les conséquences de ses décisions.
Etre libre de choisir et de conduire sa vie présentent des avantages certains.
