La Peste d'Albert Camus (Analyse approfondie) - Eléonore Sibourg - E-Book

La Peste d'Albert Camus (Analyse approfondie) E-Book

Eléonore Sibourg

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Beschreibung

Cet ouvrage fournit une analyse approfondie de La Peste d'Albert Camus avec toutes les clés pour analyse l'œuvre.

Publiée en 1947, La Peste s'inscrit dans le cycle de la révolte, qui constitue une réponse à l'absurde de la vie. Dans ce roman, l'auteur évoque une épidémie contre laquelle doit se battre la population d'Oran, malgré les souffrances qu'elle engendre. Mais derrière ce fléau se cache un mal plus allégorique qui représente le nazisme, mais aussi la lutte de l'homme contre sa condition et contre la mort. 

Après avoir raconté la vie de Camus et son engagement, Eléonore Sibourg se lance dans le résumé de cette œuvre phare de l'auteur. Écrit alors que la guerre fait rage, ce roman porte en lui les marques de son siècle comme le démontre notre spécialiste. Vient ensuite l'analyse des personnages principaux que sont le Dr Rieux, Jean Tarrou, Raymond Rambert ou encore le père Paneloux. Elle se penche ensuite sur les thématiques phares présentent dans le roman : les métaphores de la peste, l'exil et la séparation, l'échec de la communication, etc. Avant de clore son analyse avec l'étude de la réception de l'œuvre, elle se penche encore sur l'écriture satyrique de Camus mais aussi sur la composition du roman qui se rapproche de celle d'une tragédie classique.  



Profil Littéraire propose des analyses approfondies faisant le tour complet des plus grandes œuvres de la littérature. Notre objectif est de permettre à nos lecteurs d'aller plus loin dans leur expérience de lecture et leur offrir ainsi un nouveau regard sur l'oeuvre concernée. Nos "profils littéraires" sont conçus par des professeurs triés sur le volet et révisés par un comité éditorial constitué de professionnels de la littérature.

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Seitenzahl: 64

Veröffentlichungsjahr: 2016

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ALBERT CAMUS

Né le 7 novembre 1913 à Mondovi (Algérie).

Mort le 4 janvier 1960 à Villeblevin (France).

Œuvres principales :

L’Étranger (roman, 1942)

Le Mythe de Sisyphe (essai, 1943)

Les Justes (pièce de théâtre, 1949)

Né en Algérie, Albert Camus a connu la misère durant toute son enfance. C’est grâce à un instituteur bienveillant qu’il poursuit des études qui le conduiront finalement au journalisme, au théâtre et à la littérature.

Ce qui ressort avant tout de l’œuvre de l’écrivain est son engagement. Dans un siècle où les guerres font rage et où les droits de l’homme sont bafoués par les dictatures et la barbarie, Camus a toujours défendu publiquement la justice, la dignité et la démocratie. Figure intellectuelle majeure de l’après-guerre, il est souvent comparé à Jean-Paul Sartre (philosophe et écrivain français, 1905-1980). Il serait cependant inexact de dire de son œuvre qu’elle appartient à l’existentialisme, la philosophie développée par l’auteur de L’Être et le Néant (1943). Camus affirme en effet sa singularité en s’opposant à toute idéologie dès lors qu’elle peut s’avérer meurtrière, et ce, quelle qu’en soit la nature. Cette position tranchée, jamais démentie, lui vaudra de nombreuses critiques.

L’œuvre de Camus s’oriente autour de thèmes majeurs qui traversent toute son œuvre : le lyrisme de la Méditerranée, de ses populations et de ses paysages, mais aussi, et surtout, l’absurde de la condition humaine. Car comment vivre alors que nous allons tous mourir, et que toute perspective de transcendance est désormais dépassée ? La réponse est aussi simple qu’elle est complexe à mettre en œuvre : la révolte. C’est grâce à elle que l’on dépasse l’absurde de la vie, par la solidarité des hommes et la nécessité de l’art.

Trois ans après avoir reçu le prix Nobel de littérature, Albert Camus meurt prématurément dans un accident de voiture le 4 janvier 1960. Il laisse un roman autobiographique inachevé, Le Premier Homme, qui donne toute la mesure de son humanisme et de son talent et qui sera publié par sa fille en 1994.

LA PESTE

Genre : roman.

1re édition : en 1947.

Édition de référence :La Peste, Paris, Gallimard, coll. « Folio », 2003.

Personnages principaux :

Bernard Rieux, le médecin, archétype de la révolte.

Jean Tarrou, un étranger venu séjourner à Oran, qui représente l’homme absurde.

Joseph Grand, un employé municipal.

Rambert, journaliste parisien.

Cottard, personnage secondaire immoral.

Le père Paneloux, le prêtre.

Thématiques principales : l’absurde et la révolte, l’exil et la séparation, les métaphores de la peste, l’échec de la communication entre les hommes, la mort.

Lancé en 1942, le cycle de l’absurde (L’Étranger, Le Mythe de Sisyphe et Caligula) expose de manière assez pessimiste l’inadaptation de l’homme au monde. L’absurde naît de la contradiction, de « cette confrontation entre l’appel humain et le silence déraisonnable du monde » (Mythe de Sisyphe, Paris, Gallimard, 2003, p. 46). L’homme exige de l’ordre et de la raison afin de comprendre le monde dans lequel il vit, pour justement pouvoir y vivre. Or le monde est irrationnel et injuste : des innocents meurent ou tombent malades ; la vie n’est qu’une suite de répétitions que stoppe irrémédiablement, un jour, la mort, sans que l’on puisse expliquer pourquoi.

Le cycle de la révolte, qui s’ouvre avec La Peste, permet de dépasser cette condition : l’homme ne doit pas être solitaire mais solidaire. C’est l’action collective qui redonne sens à la vie. Les protagonistes du roman luttent donc ensemble, chacun à leur manière, contre le fléau dévastateur d’une épidémie. Prisonniers de leur ville, ils connaissent les souffrances de la séparation, de la mort, et d’un emprisonnement qui dure dix longs mois.

Nul doute que ce roman fait écho à la Seconde Guerre mondiale (1939-1945) qui vient de s’achever, et à la peste brune qu’est le nazisme. Il convient tout de même de nuancer cette affirmation, à laquelle La Peste ne se limite pas. L’œuvre est à décrypter à un niveau métaphysique : on y perçoit la lutte de l’homme contre sa condition et contre la mort, un combat qui est intemporel.

Malgré les critiques émises par certains intellectuels de son époque, qui qualifient la morale de Camus d’indolente, de passive, car l’auteur refuse à l’homme le droit de tuer, le roman est un succès. Cette popularité ne se dément pas, et le roman est aujourd’hui considéré comme un grand classique de la littérature française.

LA VIE D’ALBERT CAMUS

Portrait d’Albert Camus, daté de 1957.

DE LA MISÈRE À L’ENGAGEMENT

Albert Camus naît le 7 novembre 1913 à Mondovi, en Algérie, au sein d’un milieu défavorisé. Son père, blessé lors de la bataille de la Marne, meurt en 1914. Sa mère, illettrée, est une personne discrète et silencieuse.

Discernant les aptitudes de Camus, son instituteur, Louis Germain, le pousse à poursuivre ses études après l’obtention de son certificat. Le jeune élève obtient une bourse qui lui permet d’entrer au lycée d’Alger en 1923.

Atteint de tuberculose à l’âge de 17 ans, il part s’installer chez son oncle, Gustave Acault. Ce passionné de littérature l’initie notamment à la lecture de Gide (écrivain français, 1869-1951), en lui faisant découvrir Les Nourritures terrestres (1897) que le jeune garçon n’appréciera guère. Les conséquences chroniques de la maladie se rappelleront à Camus tout au long de sa vie : il ne pourra pas présenter les concours d’enseignement, et sera dans l’impossibilité de s’engager dans l’armée lorsque la Seconde Guerre mondiale éclatera.

Il entreprend ensuite des études de philosophie, couronnées par l’obtention du diplôme d’Études supérieures en 1936. À la même époque, il adhère au Parti communiste avant de le quitter en 1937. C’est pendant cette période qu’il participe au mouvement antifasciste Amsterdam-Pleyel, initié par les écrivains français Romain Rolland (1866-1944) et Henri Barbusse (1873-1935), et qu’il fonde en parallèle le Théâtre du Travail, sous l’égide du parti : son engagement est précoce.

LE MOUVEMENT AMSTERDAM-PLEYEL

Henri Barbusse et Romain Rolland, profondément pacifiques, lancent un appel dans le journal L’Humanité pour que se tienne un congrès mondial contre la guerre. Celui-ci aura lieu à Amsterdam les 27 et 28 août 1932 et rassemblera des personnalités issues de différents partis, ainsi que de nombreux intellectuels tels qu’Einstein (physicien américain d’origine allemande, 1879-1955) ou Gorki (écrivain soviétique, 1868-1936).

UN ENGAGEMENT POLITIQUE ET LITTÉRAIRE

À partir de 1938, Camus commence ses activités de journaliste, qu’il n’abandonnera jamais. Il participe ainsi à L’Alger républicain, dirigé par Pascal Pia (1903-1979). Ce journal devient, en 1939, Le Soir républicain et voit Camus accéder à la fonction de rédacteur en chef. Mais son interdiction de publication en 1940 conduit le jeune journaliste à se rendre en métropole, où il est engagé comme secrétaire de rédaction à Paris soir. Là encore, les effets de la guerre se font ressentir : le journal réduit ses effectifs, et Camus part pour Oran (ville de l’Ouest de l’Algérie) en 1941.

Il s’engage en 1942 dans le réseau Combat, un organe journalistique résistant, et publie L’Étranger en juin. En août, il est contraint de partir en France au Chambon-sur-Lignon afin de se soigner, suite à une rechute de sa maladie, laissant sa femme, Francine Faure (1914-1979), en Algérie. Or le débarquement allié du 8 novembre instaure une rupture totale entre la France et l’Afrique du Nord. Camus expérimente ainsi la séparation dont les personnages de La Peste témoigneront plus tard. En octobre, il publie Le Mythe de Sisyphe, un essai qui constitue le pendant philosophique de L’Étranger.

Troupe américaine s’apprêtant à débarquer à Oran en novembre 1942.

En 1943, Camus retourne une nouvelle fois à Paris où il devient lecteur chez Gallimard. Le 21 août 1944, le premier numéro de Combat