La puissance de l'écoute - Laurence Courvoisier - E-Book

La puissance de l'écoute E-Book

Laurence Courvoisier

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Beschreibung

« Savoir écouter est un art », disait déjà Epictète !

L’essentiel pour écouter est en soi, telle est la proposition de ce petit livre. Encore vous faut-il identifier de quoi il s’agit quand il est question d’écoute. Reconnaître ce qui est susceptible d’apporter une aide, rendre conscient ce qui est en jeu, trouver des repères pour parler de ce qui concerne autant la tête que le cœur.
Dans cet ouvrage l’auteure s’efforce de différencier clairement l’écoute pour elle-même en nommant ses caractéristiques, comme l’accueil et la présence, des techniques d’écoute dites actives et demandant l’acquisition d’outils spécifiques. Est-ce que j’écoute vraiment comme j’aimerais que l’on m’écoute ? Vais-je écouter et m’abstenir de juger ? Autrement dit, comment pouvoir écouter sans tomber dans les pièges les plus fréquents ? Ce livre vous propose des pistes et vous invite sur cette voie de l’accueil et de la présence authentique, pour vous permettre d’explorer et de vérifier par vous-même la puissance de l’écoute.

Un livre simple et pratique pour apprendre à écouter et vivre pleinement l’altérité !

EXTRAIT

Avez-vous déjà eu le bonheur d’être écouté ?
Si oui, vous rappelez-vous la sensation de bien-être ou de plénitude dans laquelle vous vous êtes retrouvé ? Peut-être avez-vous perçu votre corps se détendre, votre respiration s’amplifier et une impression de bien-être profond vous envahir ? Dans ce cas, vous avez certainement goûté la pleine attention et la présence de quelqu’un en empathie avec vous.

À PROPOS DES AUTEURS

Enseignante, mère de famille, Laurence Courvoisier a travaillé plus de 15 ans dans un service d’appels téléphoniques pour des personnes souhaitant parler de leurs difficultés, de leurs souffrances. Formée également à la Communication Non Violente qu’elle a intégrée et qu’elle nomme aujourd’hui Communication Consciente, Laurence Courvoisier, parallèlement, est engagée dans un parcours artistique sur les subtilités du «voir» et de «l’entendre».

Titulaire de deux maîtrises en soins infirmiers et psychothérapie, d’un doctorat en sciences de l’éducation et d’un diplôme en théologie, Rosette Poletti a eu d’importantes responsabilités dans le domaine de la formation. Rosette Poletti est l’auteure de très nombreux livres à succès et best-sellers.

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Seitenzahl: 85

Veröffentlichungsjahr: 2017

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Le commencement de bien vivre, c’est de bien écouter.

Plutarque

AVANT-PROPOS

Écrire et tenter de partager sur le thème de l’écoute s’est imposé à moi naturellement. L’envie m’est venue de mettre en mots mon expérience afin, avant tout, de clarifier ce qu’elle m’a appris. Si cela pouvait inviter celui qui en aurait le goût à s’aventurer plus profondément sur le chemin de l’écoute grâce aux quelques pistes que je propose, j’en serais heureuse.

« Savoir écouter est un art », disait Épictète. Plus près de nous, Alexandre Jollien dit que « la chose la plus dure au monde c’est d’écouter sans plaquer ses préjugés… ».1 Pour Eckhart Tolle, « la plupart des gens ne savent pas écouter parce que la grande partie de leur attention est monopolisée par la pensée et non par ce que l’autre personne est en train d’énoncer. »2 Enfin, Samuel Beckett affirme que « se taire et écouter, pas un être sur cent n’en est capable, ne conçoit même ce que cela signifie »3.

À lire et méditer ces quatre citations, nous voyons que le défi est grand. S’aventurer dans l’écoute, malgré les difficultés évoquées, et avoir cela comme but, est un vrai défi.

Trouver des repères pour parler de ce qui concerne autant la tête que le cœur, relève d’un subtil équilibre que la pensée et les mots auront inévitablement de la peine à décrire. Je vais tenter de relever ce défi pour aider, si cela est possible, quiconque désire tenter l’aventure.

* * *

Le questionnement sur l’écoute s’est imposé à moi pour plusieurs raisons. J’ai écouté pendant plus de quinze ans dans un service qui reçoit 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 des appels téléphoniques de personnes qui souhaitent parler de leurs difficultés et dont certaines vivent de grandes souffrances. Ce sont aussi plus de vingt ans de vie familiale qui n’ont pas manqué de me mettre à l’épreuve à maintes reprises et qui ont enrichi et nourri ce chemin. Parallèlement, je suis engagée dans un parcours artistique où le regard et toutes les subtilités du « voir » m’interrogent continuellement. Regarder, voir, puis « traduire » cela sur papier ou sur toile est un révélateur. Le résultat, par son évidence, montre l’état des lieux ainsi que l’évolution et laisse une trace de l’accomplissement.

La recherche du mieux regarder, du mieux voir est d’une énorme exigence. C’est un chemin d’intégration. Je suis allée puiser au fondement même du « voir » et ai découvert qu’il y avait des parallèles avec la source de l’« entendre ». C’est la quête fondamentale de ce lieu qui m’a accompagnée tout au long de ce chemin (cf. annexes I et II). J’ajouterai enfin que ces dix dernières années, je me suis formée à la Communication Non Violente que j’ai intégrée aujourd’hui à ce que je nomme la Communication Consciente. Ce processus, cette trame de lecture de la relation à l’autre, m’a énormément enrichie et m’a donné assez de confiance pour m’engager plus profondément dans l’écoute active.

Dans ce texte, je m’efforcerai cependant de distinguer clairement l’écoute elle-même, en nommant ses caractéristiques propres, comme l’accueil et la présence, des techniques d’écoute dites actives demandant l’acquisition d’outils spécifiques.

Mon intention est surtout de mettre l’accent sur les éléments qui sont constitutifs de l’écoute en elle-même et que l’on porte déjà en soi.

Partant de l’hypothèse que l’on a en soi-même les instruments nécessaires pour écouter, mon espoir est d’aider, à travers ces pages, à les découvrir en relevant leurs traits spécifiques.

* * *

Avant d’entrer dans le vif du sujet, je souhaite préciser que mes années dans un service d’écoute ont été un terreau riche pour mon expérience car elles m’ont permis d’explorer l’écoute dans tout son potentiel. Certes on peut orienter l’appelant vers d’autres services spécialisés, mais l’enjeu a été pour moi d’explorer à travers l’écoute, et elle seule le plus souvent, ce qui aide l’appelant.

Voici les spécificités du service telles que je les ai pratiquées. Elles ont participé à l’approfondissement de mes réflexions.

– Celui qui écoute est là, disponible dans le moment présent, durant un temps « t », celui de la durée de l’appel. On peut donc explorer ce qui a évolué dans l’échange pendant cette période grâce à l’écoute et uniquement grâce à celle-ci.

– Les personnes, tant les appelants que les écoutants, sont anonymes. L’intime peut se partager avec plus de sécurité.

– L’écoutant n’a pas une personne physique en face de lui. Il rencontre l’autre sans les jugements qu’il pourrait se faire sur l’aspect physique de son interlocuteur. Accès plus facile à l’humanité de l’autre.

– Il n’est pas chargé d’une action thérapeutique. Il n’y a donc pas d’attente d’évolution au sens thérapeutique.

– Il n’y a pas de suivi, ce qui facilite la concentration sur le moment présent.

– Celui qui écoute est récepteur de toutes sortes de souffrances et cependant n’a pas les moyens de faire quelque chose pour les soulager. On vient à lui avec une souffrance tout en sachant que l’on ne s’adresse ni à un médecin, ni à un psychologue. En effet, dans le cas d’une souffrance physique, on se rend chez un médecin : il aura certainement une écoute, mais on attendra de cette consultation un soulagement concret. Chez le psychologue, il y aura une écoute des souffrances psychiques, mais on s’attendra à un mieux progressif et on fixera avec lui des buts à atteindre pour retrouver la quiétude. Que se passe-t-il lorsqu’on écoute quelqu’un en souffrance dans l’instant présent, alors qu’on ne peut rien faire pour l’aider ?

C’était donc, pour moi, un endroit idéal pour expérimenter le potentiel de l’écoute. La personne qui appelle est en demande d’écoute, en premier lieu, car elle appelle le service qui offre cela. L’intention première, le plus souvent, de manière consciente ou inconsciente, est de recevoir de l’écoute. L’offre est donc cohérente par rapport à la demande.

La situation exposée demandera peut-être une recherche d’aide plus concrète. Mon expérience m’a montré cependant maintes et maintes fois que, même si celui qui appelle commence son téléphone en souhaitant trouver une issue à son problème, il repart le plus souvent sans solution.

Et n’en cherche plus, car il a été écouté.

Derrière l’écoute, que demande-t-il ? Si vous étiez à la place de celui qui appelle, que souhaiteriez-vous ? Sûrement de l’empathie, de la reconnaissance de vos souffrances, de la chaleur, de la bienveillance et de la clarté par rapport à la situation partagée.

Petit avant-goût de ce qui suit…

1 A. Jollien, émission TV “Parenthèse inattendue” 4/2013.

2 E. Tolle, Le pouvoir du moment présent.

3 Samuel Beckett, Molloy.

L’écoute

Avez-vous déjà eu le bonheur d’être écouté ?

Si oui, vous rappelez-vous la sensation de bien-être ou de plénitude dans laquelle vous vous êtes retrouvé ? Peut-être avez-vous perçu votre corps se détendre, votre respiration s’amplifier et une impression de bien-être profond vous envahir ? Dans ce cas, vous avez certainement goûté la pleine attention et la présence de quelqu’un en empathie avec vous.

Je me remémore l’atmosphère à l’étage de la clinique où mon père vivait ses derniers jours. Il y avait de la chaleur, de la bienveillance dans les couloirs, et je me souviens encore de cette infirmière un jour de peine. Elle était à mon écoute. Sa présence était active, son regard plongé dans le mien. Je ne ressentais pas l’ombre d’un jugement de sa part et je n’avais aucune inquiétude de lui prendre son temps. Je ressentais une totale attention. Je pouvais presque toucher ce flux d’énergie que je sentais venir à moi et j’étais profondément réchauffée par cette présence.

L’ÉCOUTE SE GOÛTE

Et maintenant, pouvez-vous vous rappeler un moment où vous avez intentionnellement été à l’écoute avec l’envie d’aider, de soulager ? Si oui, vous n’auriez pas manqué de vous heurter à des difficultés, car lorsqu’on écoute, des questions surviennent inévitablement, qui seront des obstacles potentiels aux meilleures intentions :

– vais-je écouter une personne ou vais-je écouter une histoire ?

– vais-je l’écouter comme je souhaiterais être écoutée ?

– vais-je l’écouter en parvenant à m’abstenir de la juger ?

– vais-je l’écouter et l’accompagner sur son chemin sans m’y immiscer ?

Ces quelques questions révèlent les difficultés qui surviennent lorsqu’on souhaite écouter comme l’infirmière l’a fait pour moi. Autrement dit, comment pouvoir écouter sans tomber dans les pièges les plus fréquents ?

* * *

Sans prétendre en dresser une liste complète et sans m’y arrêter trop longtemps, voici quelques-uns de ces pièges :

• Je suis dépendant de mes croyances

• Je vois mieux que l’autre car j’ai du recul

• Je trouve que l’autre tourne en rond ou toute autre forme de jugement

• Je minimise

• J’interromps

• Je promets que ça ira mieux, qu’il s’agit d’un mauvais passage

• Je donne des conseils

• Je fais part de mon expérience.

Certes derrière chacun d’eux il y a une belle intention… Par exemple, « vouloir faire part de mon expérience », lorsque j’écoute quelqu’un, est en lien avec deux intentions, me semble-t-il. D’une part cela montre que je suis passé par là, d’où ma compréhension, ma proximité et mon empathie. D’autre part, le fait d’être passé par là, me permet de mieux suivre le chemin de mon interlocuteur et ainsi de l’aider. L’intention est louable, et pourtant !

Mettez-vous maintenant dans la peau de celui qui est écouté, qui a un gros souci à partager et qui s’entend dire : « Ah oui, je comprends, c’est comme moi avec ma fille… Je vois bien parce que ça m’est arrivé… et… » Vous allez vous sentir mal, seul et en colère peut-être, car en fait vous souhaitez recevoir de l’empathie, être écouté ! Comme on vient de le voir, cela part d’une bonne intention, mais… l’histoire nous a happés et nous a ramenés à la nôtre. De fait, si je veux vraiment écouter, je vais devoir me détacher de ma propre expérience pour rester avec celui que j’écoute et avec ce qu’il vit et ressent.

L’exemple suivant illustre une autre difficulté de l’écoute. Imaginez que vous écoutez une mère évoquant le problème de son fils qui se drogue. Qu’est-ce qui va retenir votre attention : la mère, le fils, la drogue ? Une solution pour qui : pour la mère, pour le fils ? Ou pour vous-même si vous êtes touché d’une manière ou d’une autre par cette situation ?

Sentez-vous la clarté que l’on doit avoir en soi lorsqu’on se met dans la disponibilité d’écouter ? Voyez-vous les écueils qui apparaissent ?