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C'est le succès de mon blog laviedunbipolaire.wordpress.com qui m'a donné envie de réaliser ce livre. Les articles de ce Journal ont déjà fait écho à des milliers d'internautes et ont aidé beaucoup de personnes concernées par le trouble bipolaire, en grande partie les proches, m'a-t-on répété régulièrement... Loin de raconter ce trouble comme une maladie et ses symptômes, je rends compte d'un mal-être profond que j'essaie de comprendre en l'exprimant. J'écris dans ce Journal, des ressentis, des doutes, des joies, des souffrances qui imprègnent mon être. Comme tout le monde, me diras-tu... Certes, mais la différence, ce qui en fait un trouble, c'est l'intensité et la rapidité à laquelle mon état d'esprit fluctue. Ce n'est pas tellement un Journal factuel de mon quotidien mais plus le récit de ce qui se passe en moi et qui n'est pas communicable aux proches. Il y a des choses qui sont très difficiles à partager avec les autres. La plupart des gens ne ressentent pas le besoin d'exprimer leurs peurs, leurs fragilités, pour se sentir bien. Moi, si, j'ai besoin d'évacuer la pression régulièrement, et pour cela l'écriture de ce Journal permet l'ex-pression. Ce livre n'est pas de la grande littérature, cependant il met des mots sur des états d'être qui méritent une exploration. Par ce livre, j'exprime mon désir de liens humains plus sincères et plus profonds. 50 % des droits d'auteur sont reversés à l'Association des HyperSensibles. Association loi 1901 issue originalement des rencontres avec les lecteurs de mon blog. Quatrième de couverture : "Si la bipolarité est une maladie comme les autres, alors je ne suis pas bipolaire. Si la bipolarité est un handicap que l'on porte toute sa vie, alors je ne suis pas bipolaire. Si la bipolarité est une pathologie qui n'évolue pas, alors je ne suis pas bipolaire. Si la bipolarité est telle qu'elle est décrite dans le DSM (bible des psychiatres), alors je ne suis pas bipolaire. Si la bipolarité est uniquement tristesse et souffrance alors je ne suis pas bipolaire. Si la bipolarité est seulement un trouble de l'humeur alternant dépressions et exaltations, alors je ne suis pas bipolaire. SI la bipolarité est ce que tu crois, alors je ne suis pas bipolaire car c'est quelque chose de personnel qui demande beaucoup de temps avant d'être compris. Si je ne vois pas d'espoir dans ta définition de la bipolarité, alors je ne suis pas bipolaire." 4/11/2014 W
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Seitenzahl: 335
Veröffentlichungsjahr: 2017
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Introduction
Novembre 2013
Décembre 2013
Janvier 2014
Février 2014
Mars 2014
Avril 2014
Mai 2014
Juin 2014
Juillet 2014
Août 2014
Septembre 2014
Octobre 2014
Novembre 2014
24/08/2016
Ce livre que tu t’apprêtes à lire est un Journal. Pourquoi lire le Journal d’un inconnu ? D’abord, si tu l’as acheté ou si on te l’a donné, c’est qu’il y a une raison !
Ce Journal est le reflet de mon combat contre un trouble psychique qui m’a été diagnostiqué en Janvier 2009 : le fameux trouble bipolaire.
Après des longues années d’errance, c’est en 2013 que je pris conscience de la nécessité d’explorer en profondeur ce trouble qui m’a causé bien des hospitalisations. Pour cela, j’ai commencé à écrire un Journal en novembre 2013 pour pouvoir m’exprimer pleinement et librement.
Ce journal révèle une longue introspection. Au fil des mois, je me suis exprimé régulièrement en quête de réponses : « Pourquoi je souffre ? Comment me libérer de cet enfer psychique ? ».
Dans ce livre je t’invite à suivre mon évolution à travers le trouble. Une libération progressive qui va passer par bien des états.
Evolution aussi dans le style de mon écriture qui s’affine avec le temps. N’est-ce pas en écrivant que l’on devient écrivain ?
Je ne t’en dis pas plus, tu es maintenant à une page de te glisser dans ma peau ou plutôt dans mon esprit et découvrir la vie d’un bipolaire.
21/11/2013
Bonjour
Je m’appelle Mister P.
Tu (oui je te tutoierai !) doutes que cela est mon réel nom.
En fait, c’est un usager d’une clinique psychiatrique qui m’a appelé une fois comme ça…
C’était en mars dernier dans la banlieue ouest parisienne.
Je me souviens très bien, il m’a surnommé ainsi un soir comme les autres dans le grand salon du "château". Hé oui, il y a aussi des cliniques psychiatriques confortable disons…
"Pourquoi mister P.?" lui ai-je demandé au bout de trois jours, ne comprenant pas son jeu de mot.
Lui, la soixantaine, en fin d’hospitalisation pour dépression, me révéla :
"Mister P. pour mister Pyroman !"
"Ah bah oui, tout simplement…."
Je t’explique. C’est parce que deux mois plus tôt j’avais mis le feu à mon appartement.
Incendie qui a rendu l’immeuble inhabitable mais surtout qui est le résultat d’une montée maniaque (folie) de plus d’un mois.
C’était ma dernière crise maniaque, assez spectaculaire, je ne te le fais pas dire…
Je suis Mister P, diagnostiqué bipolaire de type 1 en janvier 2009. Enchanté de faire ta connaissance!
Note : le nom de « Mister P. », c’est seulement pour l’anecdote, appelle moi W !
21/11/2013
Instable même dans le CV
Aujourd’hui j’ai démissionné.
J’avais signé un contrat de pion (« assistant d’éducation » pour les insensés) d’un an en septembre.
Mon retour dans le monde du travail depuis ma sortie d’hospitalisation en avril 2013. Ce nouveau boulot n’aura duré que deux mois…
Un petit job de pion à mi-temps : est-ce le boulot idéal lorsqu’on a une fragilité psychique ? De cette courte expérience, je retiens que l’Education Nationale n’offre pas un cadre sécurisant et épanouissant que ce soit pour les élèves ou pour tous ceux qui travaillent pour eux.
Bref ! Je n’ai pas envie de t’ennuyer avec les histoires de boulot. Seulement, aujourd’hui une fois de plus je n’ai pas de rails, pas de cadre.
Je suis retourné dans la maison familiale après mon dernier séjour "chez les fous". Je ne suis donc pas dans le besoin. J’ai de la chance. Je connais des bipolaires ou autres personnes handicapées qui n’ont pas le même soutien familial et c’est plus compliqué.
Tout le monde a sa routine. Etude, travail ou chômage. Depuis 2008 et ma première crise maniaque qui m’a déraillé de mon destin tout écrit (école de commerce puis travail grâce au réseau de cette première), je navigue d’expérience en expérience.
Beaucoup de personnes, prisonnières de leur quotidien, de leur travail, de leur famille, de leur habitude penseront par moment qu’ils ne sont plus libres. Car ils ne peuvent pas partir d’un coup de tête je ne sais où. Car ils ne peuvent plus changer leur vie du tout au tout, etc.
Ce soir, je suis une fois de plus sans routine. Une fois de plus, je me demande ce que je vais faire de ma vie, autre que cumuler une multitude de petites expériences inachevées et sans réels aboutissements. Le projet d’écrire ce journal en fera surement partie!
C’est pourquoi, je me demande si tous ces gens qui sont sur des rails, qui ont leur destin tout craché, qui ne vivent plus de rebondissements, d’aventures originales, ne sont-ils pas libres ? Ils n’ont pas à se préoccuper d’un futur flou et inconnu. D’une manière ils ont l’esprit libre.
Je n’ai jamais eu l’esprit libre, je me suis toujours posé mille et une questions sur moi même, je remets tout les cadres sociaux-professionnels que je traverse en question et ne parviens pas à m’engager dans un.
Je ne suis pas libre.
Voila c’est le début de mon Journal, le Journal d’un bipolaire…
J’ai 27 ans et j’ai eu pas loin de 40 employeurs différents. Aucun CDI bien sur. Instable même dans le CV.
24/11/21013
Bipolaire depuis la naissance
Hier soir, c’était la réunion familiale autour de l’anniversaire de ma sœur.
(Au passage, je suis le second dans une fratrie de six frères et sœurs : grand frère-moi-petite sœur-petit frère-petit frère-petite dernière sœur).
Il y a eu un moment de partage sur des photos datant d’une dizaine d’années…
J’ai découvert des photos de ma plus petite sœur lorsqu’elle avait 7 ans.
Stupeur…
Je n’avais jamais vu ce visage.
Si, je l’avais vu car je vivais dans la même maison qu’elle. J’étais donc censé l’avoir vu grandir.
Mais cette petite fille assise dans sa chambre, je n’en avais aucun souvenir. C’est comme si je n’avais pas vécu à cette période là.
Lorsque je suis entré au collège, elle avait 2 ans.
Je vais tenter de t’expliquer le lien…
J’ai eu une enfance très riche. Le jeu et le monde imaginaire était mon royaume.
Grâce à des facilités scolaires, l’école primaire a été un terrain de jeu.
Je n’ai que de joyeux souvenirs, l’impression d’avoir vécu pleinement.
Mais la sortie de ce petit cocon protecteur de l’enfance et l’entrée au collège a été un réel tournant.
(Peut être que le passage de l’école privée au collège public a eu un certain impact.)
En tout cas ce n’était plus le même univers. De petit garçon extraverti, brillant, plein d’imagination, je me suis mué en collégien silencieux et apeuré…
Tout ça pour dire…
De la sixième à la terminale, je suis resté en retrait de ma vie...
Un manque de confiance terrible.
A la maison, aux dîners quotidiens et repas de famille, je suis resté silencieux six longues années.
Complètement introverti.
Dépressif sans que personnes le sachent, ni moi-même.
C’est pourquoi j’ai l’impression de ne pas avoir vécu cette période là.
Cette photo en est la triste preuve.
J’ai oublié de vivre un passé.
J’ai oublié de profiter de voir ce petit ange grandir.
Cette princesse de mon même sang,
Je ne l’ai pas vu enfant.
BREF!
Cela me paraît logique que lorsque tu as été mis en retrait de ta vie pendant plusieurs années, le jour où tu as la possibilité de t’exprimer un minimum, eh bien tu exploses.
C’est ce qu’il s’est passé en 2008: ma première crise maniaque.
Une enfance très sensible, créative, heureuse. Suivie d’une préadolescence et adolescence dépressive.
Avant même ma première crise qui a été l’origine de mon diagnostic, avec du recul on voit bien que mon trouble bipolaire était présent depuis bien avant. Surement depuis la naissance, si Freud m’analysait…
24/11/2013
Avant d’aller plus loin
Avant d’aller plus loin et te dévoiler ma vie de bipolaire, voila ma situation aujourd’hui:
J’ai 26 ans, je suis sans emploi depuis ce vendredi 22 novembre.
Je vis dans la maison familiale depuis avril et cette dernière crise qui m’a rapatrié de Montpellier.
Montpellier où je suivais une formation professionnelle, ville dans laquelle je vivais avec ma copine.
Copine qui m’a quitté après un an et demi de couple pour la simple raison que mes envolées maniaques étaient trop lourdes à supporter.
Je suis donc seul depuis.
Aujourd’hui ma priorité est le soin.
Mon objectif étant de faire en sorte qu’une crise spectaculaire comme celle de Montpellier ne puisse pas se reproduire.
Pour le moment, un retour au travail ne serait pas bénéfique. Mon travail est plutôt d’avoir une bonne hygiène de vie…
"Hygiène de vie" : une expression très commune pour tous les bipolaires.
Actuellement elle se traduit par un sommeil régulier, du sport, des activités artistiques. Ajoute à ceci mes rendez vous avec le psychiatre et 2 différentes psychologues et tu obtiens mon 35 heures.
Je suis reconnu par la mdph (maison départementale pour le handicap) "handicapé de 50 à 79%".
Au niveau des sous, j’attends la décision de la CAF sur le montant de mon allocation. Vivant chez mes parents, je ne suis évidemment pas dans le besoin.
Enfin, comme beaucoup de bipolaires j’ai une multitude projets (essentiellement d’écriture) en cours.
L’écriture de ce journal en fait partie.
24/11/2013
Moi, un illuminé ?
J’ai lu et entendu que je n’étais pas le seul bipolaire à avoir des illuminations.
Voila comment sont les miennes.
Plus particulièrement celle d’hier soir :
Dans mon lit, cherchant le sommeil, je pensais à ce nouveau projet de Journal et appréciait le fait qu’il donne un peu de piquant dans mon quotidien.
Je ressentais une sensation agréable à rêver autour de mes projets d’écriture et des satisfactions et notoriétés qu’ils allaient m’apporter.
Rapidement cette sensation pris de l’ampleur et je ressentis un engourdissement plus qu’agréable dans le coté droit de mon cerveau.
Une sensation se rapprochant des effets de la drogue douce.
C’était plaisant au début.
Ensuite l’étrangeté de cette sensation commença à m’angoisser. Je me mis à être de plus en plus anxieux de ressentir ce phénomène.
Ce qui me rendait anxieux était le fait que je vivais intérieurement quelque chose d’inconnu. Il se passe quelque chose.
Il se passe quelque chose…
C’est comme si une partie de mon cerveau c’était illuminé.
Çà m’était déjà arrivé quelque fois auparavant ce genre d’illuminations. A chaque fois je ressens qu’il se passe quelque chose de nouveau dans mon cerveau.
« Je me rends conscience ».
Cette fois encore, l’angoisse s’est muée en une certaine peur.
J’ai essayé de me relaxer, respirer et je me suis aidé avec 10 mg de valium.
Je me suis réveillé onze heures après, et comme à chaque fois je ne me suis pas senti plus intelligent, plus lucide ou illuminé.
Bizarre…
25/11/2013
Mon emploi du temps
Avant 2008, je n’aurais pas eu à l’idée d’écrire un Journal, et en aucun cas l’idée de le publier.
Pourquoi?
Parce que ma vie ne valait pas la peine d’être écrite.
Quel intérêt aurais-tu à lire le "Journal d’un étudiant en commerce" ou "le Journal d’un mec enchaînant les relations courtes" ou bien encore "le Journal d’un jeune qui fume des joints et bois des litres d’alcool".
Tout cela est commun à bien grand nombre de personnes.
J’aurais pu écrire sur ce qui me tracassait au fond de moi depuis longtemps, sur ce malaise latent, mais à cette époque j’étais incapable de le formuler ni, en fait, d’en être conscient.
Un indicateur révélateur : mon emploi du temps.
Avant 2008, mon emploi du temps était semblable à des millions d’enfants, puis ensuite à des milliers de jeunes (école, collège, lycée, études supérieures).
Entre 2008 et 2013 il y a eu beaucoup de chamboulements rythmés par six hospitalisations.
Aujourd’hui, mon emploi du temps est unique, il n’est pas structuré autour du travail, ni des études, ni d’une famille à s’occuper comme la majorité des gens.
Il est programmé autour d’activités qui conviennent le mieux possible à regagner une certaine stabilité. J’ai donc largement de temps pour écrire et surtout essayer d’exprimer ce que j’ai vécu, ce que je ressens, depuis mon « déséquilibre chimique dans mon cerveau ».
Mon emploi du temps est la conséquence de "mon handicap", "ma spécificité", "mon originalité".
Mes délires, mes folies, mes mélancolies, sont la source de ce Journal.
C’est pour ceci que je te le livre, tu y verras une autre "vision de la vie" entre la folie et la commune réalité.
Aujourd’hui, j’emploie mon temps à m’exprimer.
Et cela est grâce à toi, qui me lis.
25/11/2013
Je suis bipolaire
Dans le milieu de la santé mentale il est recommandé de dire "j’ai un trouble bipolaire".
Tu as remarqué qu’il n’y a plus d’« handicapés » mais seulement des "personnes porteurs d’un handicap". C’est géniale, la société a résolu le problème des handicapés rien qu’en changeant les mots! D’ailleurs quand j’étais surveillant ça énervait mes collègues lorsque j’utilisais le terme de « pions » au lieu du beaucoup plus valorisant "assistant d’éducation" ! Bref, si tu es de ceux qui aiment utiliser ces nouveaux termes je comprends tout à fait cette démarche et l’aspect valorisant qu’ils peuvent avoir.
Mais moi…
Je me dis "être" bipolaire.
Je suis bipolaire.
Je "suis" handicapé, je "suis" bipolaire.
Ce n’est pas pour donner une connotation négative de ma situation, de ma personnalité ou même de mon destin. Mais car cela me paraît plus juste.
La bipolarité (ma bipolarité) est une partie de mon identité.
Etre bipolaire c’est avoir une très grande sensibilité. Oui, tu peux être très sensible sans être bipolaire, je t’entends ! Seulement la sensibilité d’un bipolaire va avoir des conséquences handicapantes pour trouver sa place dans notre société.
Ma très grande sensibilité m’a permis de jouir pleinement des jeux et découvertes de l’enfance. Après c’était plus compliqué… m’enfin, ce n’est pas le sujet !
Mon hyper sensibilité a été la base de ma construction et l’est encore. C’est ma force et ma faiblesse. Elle est responsable de mes victoires et surtout de mes coups durs. Mathématiquement, elle a engendré beaucoup plus de coups durs que de réussites. C’est pour cela qu’elle est handicapante ma sensibilité.
Je suis bipolaire parce que je "suis" très sensible (et non pas une personne porteur de sens trop sensibles).
Je suis bipolaire, mais pas que…
27/11/2013
Etre bipolaire
Etre bipolaire, c’est surtout: un grand sentiment de solitude.
Un grand besoin de comprendre ce qu’il nous arrive.
Ce Journal est une tentative de mener un petit éclaircissement sur cette maladie…
J’ai commencé à écrire en 2010. C’est ma première crise maniaque et dépression qui m’ont donné l’envie d’écrire. Au départ, c’était plus thérapeutique. Me vider, soulager mes maux par des mots.
Puis, j’ai commencé à canaliser tout ça dans la poésie. Aujourd’hui, je m’essaye à toutes les formes d’écriture. La dernière étant le "Journal". Depuis que je ne travaille plus, j’ai pas mal de temps… J’ai donc la chance d’écrire quotidiennement.
L’écriture ou n’importe quel autre art est salvateur lorsqu’on est atteint d’un trouble psychique. L’art est un média extraordinaire pour s’exprimer pleinement. Il permet, grâce à nos productions (textes, tableaux, dessins…), de s’extérioriser et de se confronter à notre identité qu’on a réussi à révéler.
Enfin, pas si simple…
27/11/2013
Psychotique mais pas dangereux
Psychotique…
Ce mot n’est pas très valorisant hein? Il connote même quelque chose de dangereux.
Un bipolaire en état maniaque et psychotique est-il dangereux?
Un bipolaire en crise ne va pas être violent ou préméditer un crime. Son délire ne va pas porter préjudice directement aux personnes autour de lui. D’ailleurs les gens qui ne me connaissaient pas n’étaient pas du tout conscient que j’étais dans un état de psychose. Cela parce qu’ils ne pouvaient pas me comparer à mon état habituel et puis surtout parce que le délire se passe essentiellement dans la tête, donc il est difficilement visible.
Les impacts d’une telle crise sur l’entourage sera plus de l’ordre affectif. Les inconnus n’étant pas concernés, au contraire la famille et les amis, eux, vont souffrir. Les premières fois ils se sentent complètement démunis car le bipolaire maniaque n’en fait littéralement qu’à sa tête, et lorsqu’ils connaissent mieux le trouble, ils seront affectés par la peur que le bipolaire en question mette sa santé en péril.
L’entourage ne va pas être affecté directement car, dans mon cas par exemple, toutes mes crises maniaques, je les ai vécues lorsque j’étais seul et plus le délire montait, plus je m’éloignais de mes proches.
"En mettant le feu à son appart’ lors de sa dernière crise, il a du forcément porter préjudice aux voisins…".
Oui, c’est l’exception qui confirme la règle! Plus sérieusement, cette crise a été phénoménalement forte, la plus délirante de toutes mes crises. Pour avoir rencontré beaucoup de bipolaires lors de mes soins, je n’ai jamais entendu un récit d’une crise aussi brûlante.
Qui sait, peut être suis-je le bipolaire le plus fou de France?
Pour revenir au sujet, même dans cette grande psychose dont j’ai été victime, je n’ai pas eu l’intention de brûler mes voisins. J’ai frappé à leur porte en leur disant de sortir dès que j’avais mis le feu, pour ensuite rester en transe entre les flammes. Bizarre… hein? Contrairement à ce que tu pourrais penser il y a une logique dans le délire, je savais ce que je faisais et je m’en souviens.
Toutes mes crises ont eu lieu lorsque j’étais seul. Je n’ai jamais fait de montée maniaque lorsque j’étais entouré de ma famille, de mes collègues, de mes amis ou d’une petite amie. Ce qui est paradoxalement un peu problématique. Eh oui, étant donné qu’ils ne m’ont jamais vu en "action", mais toujours dans un état à peu près stable, ils ont du mal pour certains, à réaliser que je suis réellement malade.
Pas si simple ce trouble…
29/11/2013
Ma destinée
J’ai toujours cru au Destin.
J’ai toujours été intimement persuadé que je serai très heureux, que je jouirai d’un bonheur extraordinaire. Pour cela, je serai acteur ou autre chose, en tout cas une célébrité, et je serai comblé de reconnaissances.
En grandissant mes objectifs stellaires ses sont éloignés de ma réalité. Mais ma destinée restait toujours ancrée, attendant le moment opportun.
Par moment ma vie faisait fausse route. Alors mon étoile intérieure se déclarait, et fortement mécontente, se sentant trop écartée de ma destinée, rageait et me faisait dérailler pour reprendre à zéro. Sur le bon chemin.
Chaque échec n’est que la protestation de notre étoile intérieure qui nous fait savoir que ce n’est pas le bon moment pour ce projet ou ce n’est pas le bon projet à faire, qu’il faut attendre, vivre d’autres expériences.
Notre étoile, notre Destin, nous fait des signes. C’est à nous de les apercevoir et de les comprendre pour aller dans le bon sens. Sur le chemin qui nous fera briller.
5/12/2013
La bipolarité me donne des pouvoirs
Le bipolaire est atteint d’un trouble de l’humeur, donc celle-ci varie : humeur dépressive ou down, humeur stable, humeur excitée ou up, humeur délirante. Bon, je vulgarise. Quand mon psychiatre (reconnu l’un des spécialistes de la bipolarité en France) lira ça… Tant pis! Qui mieux qu’un bipolaire peut parler de la bipolarité! Bon revenons-en au sujet. Tout bipolaire qui se respecte a voyagé ou voyage encore entre ces différentes humeurs. Cependant certains vont plus subir une humeur dépressive que d‘autres et d’autres vont naviguer sans arrêt entre le délire et une, plus ou moins, stabilité. Chaque bipolaire aura son trouble de l’humeur qui lui est propre.
Mis à part un épisode dépressif, mon humeur de bipolaire a toujours été plus partisane des phases up délirantes, séparées de périodes stables plus ou moins longues. Je suis un bipolaire heureux. Oui, j’en chie à la suite de mes délires, mais la plupart du temps je suis d’humeur stable (un peu mélancolique parfois) avec, à des moments, des pics de confiance.
Je ressens la magie dans mes délires et le pouvoir dans mes phases up. Mon pouvoir se caractérise comme une très grande force de persuasion, une créativité démesuré et une sociabilité à faire pâlir les facebooker les plus populaires. Ma magie prend étincelle quand ma persuasion frôle l’hypnose ou quand je parviens à faire vivre mon environnement au rythme de mes envies.
C’est pourquoi une phase up est souvent suivie d’une dépression: c’est difficile de revenir à la réalité lorsqu’on a vécu dans un monde magique. C’est comme se réveiller après un rêve fabuleux.
Tout ça pour dire que, mise à part les souffrances etc, la bipolarité peut être aussi source d’expériences de vie inimaginables.
7/12/2013
L’écriture comme thérapie
70 % des écrivains seraient bipolaires paraît-il. Ma source est évidemment pas sûre. Par contre, d’après beaucoup de personnes, Victor Hugo était bipolaire.
A l’instar de M. Hugo, beaucoup de bipolaires jouissent de l’écriture pour maîtriser leur vague à l’âme. Etant donné que l’on est une "espèce peu compris d’incompris", la feuille blanche devient vite notre amie. Avant 2008 et mon coming-out, j’étais loin d’imaginer qu’un jour j’écrirai. A l’école, le français était la matière où j’étais le plus mauvais. Je n’aimais pas la littérature, j’ai du lire pas plus de dix livres mes vingt deux premières années. En 2008, à 22 ans, j’ai eu ma première crise. En 2009: le diagnostic de bipolaire a été posé. Et depuis cette année, je lis beaucoup et j’ai écris une centaine de textes. L’écriture et la lecture se sont révélées comme une thérapie.
En fait chaque bipolaire "libéré" (le stade au dessus de "stabilisé", je dirais) pratique un art passionnément. Que ce soit, la photo, le théâtre, la peinture, etc., il utilise son art comme canalisation de sa "folie".
C’est donc la bipolarité qui m’a lancé dans l’écriture mais aussi dans la lecture et la philosophie. C’est pourquoi j’écris un français maladroit et que tu dois sûrement repérer des fautes par-ci par-là.
Il y a des personnes qui aiment écrire depuis tout petit et qui continueront toute leur vie à écrire. Ma relation avec l’écriture est différente. C’est plus impulsif, passionnel. Il est très probable que d’ici quelques années j’arrête totalement d’écrire. Si j’écris, c’est pour apprendre à me connaître, alors, vulgairement, lorsque je me connaitrai, j’arrêterai d’écrire.
9/12/2013
Etre bipolaire, c’est se soigner en permanence
Premièrement, comme toutes maladies, il faut aller voir un docteur. Le premier docteur des bipolaires est le psychiatre. C’est lui qui nous a diagnostiqué et qui nous suit régulièrement. Pour ma part je le vois tous les mois, voir une fois tous les deux mois, mais certains peuvent voir leur psychiatre jusqu’à une fois par semaine.
Bon, ensuite, il y a le traitement que nous prescrit notre psychiatre. Chaque bipolaire ingurgite en moyenne huit pilules par jour. Le cocktail est fait principalement de thymo-régulateur (régulateur de l’humeur), mais il peut être bien sûr accompagné d’antidépresseur, d’anxiolytique, d’antipsychotique, tout cela dépendant de notre situation sur l’échelle de l’humeur. Le bas de l’échelle: la dépression "profonde", le haut: l’hyper-manie (le délire quoi).
Mes bonbons à moi sont: 100 mg de Xeroquel, 200 mg de Lamictal et 500 mg de lithium. Ces trois-là étant des thymo-régulateurs. Le lithium est considéré comme un des thymo-régulateurs le plus efficient. Vu que je suis stable, je suis dispensé des traitements de chocs qui t’assomment et t’anéantissent à néant entre les murs des asiles. Je pense au Risperdal que l’on donne lorsqu’on délire. Mais je te parlerai de ces poisons (malgré le fait qu’il m’aient changé la vie) et l’effet qu’ils on eu sur moi une autre fois. Donc voilà, d’abord il y a le pack "psychiatre et ses médocs".
Ce qui vient directement après c’est la prise de sang. Il y a certains traitements comme le lithium qui nécessitent une analyse de sang pour surveiller le taux de lithium dans le sang. Oui, j’ai du lithium qui coule dans les veines. J’aime bien cette phrase.
Les soins sont loin de s’arrêter là:
En tant que bipolaire émancipé de l’asile et voulant s’en sortir, j’ai suivi à deux reprises une session de psycho-éducation. Qu’est-ce que c’est? eh bien, tous les mardis soirs je me joignais à un groupe d’une vingtaine de bipolaires venus écouter le "grand spécialiste" des bipolaires donner des cours sur comment vivre avec sa bipolarité. Qu’est ce qui déclenche nos crises ou dépressions? Comment éviter les situations à risques? Qu’est-ce une bonne hygiène de vie? Tabac, alcool, drogue, amour: comment gérer tous ces excitants? Effets secondaires? Cela m’a permis d’avoir une meilleure connaissance de mon trouble.
Ensuite, toujours en tant que bipolaire cherchant à transcender son handicap, je vois régulièrement une psychologue qui pratique la TCC (thérapie cognitivo-comportementale) pour analyser mes émotions, et aussi, surtout, "vider mon sac sans fond". Je vois également une psychologue spécialiste dans la ré-insertion professionnelle avec laquelle principalement je "vide mon sac sans fond" et aussi un peu de blablatage sur comment je pourrais me réinsérer professionnellement. Enfin travailler n’est pas ma priorité pour l’instant (c’est écrire, mais chhhhhhut faut pas le dire à ma mère).
Bref, tout ces soins là sont la partie immergée de l’Iceberg.
Tout ça ne sert à rien si je ne fais pas attention à avoir une bonne hygiène de vie. Il m’est arrivé à avoir des crises, dont la dernière (tu sais, l’appart et Mister P…), tout en respectant tout ce qui est écrit ci-dessus. Mais en n’ayant pas une bonne hygiène de vie. Pour la dernière crise c’est un trop plein de whisky pendant plus d’un mois qui a délivré le diable en moi. Je pense qu’on a tous un diable en nous. Bref! L’hygiène de vie!!! Eh bien, aujourd’hui, je suis presque au top de la bonne hygiène de vie: sommeil régulier (LE SOMMEIL, C’EST LE PLUS IMPORTANT POUR SOIGNER UN BIPOLAIRE), pas d’alcool (CELA FAIT BIENTÔT UN AN QUE J’AI PAS BU!!!!!), du sport (natation, ultimate, tennis de table, leuvrette). Tout ça est très important pour l’équilibre psychique. Pour l’anecdote, tous les lundis matins je me fixe l’emploi du temps de la semaine, en faisant en sorte que mon équilibre psychique soit respecté.
Tu es peut-être en train de te dire que ça doit être triste la vie sans alcool. Oui, c’est triste, mais ma dernière crise m’en a un peu dégouté et je sais qu’un jour je pourrais être assez fort pour en boire avec modération. Je dis souvent que je serai guéri (même si on ne guéri pas de la bipolarité) lorsque j’allumerai un bon spliff de weed (ce que j’ai arrêté depuis 2009 naturellement…). La Marie Jeanne étant coupable dans mon coming-out de 2008.
L’hygiène de vie n’est que la part immergée de la part immergée de l’Iceberg. Et oui, il y a des soins qui sont moins visibles directement. L’art-thérapie est primordiale pour se libérer (moi c’est l’écriture). Ensuite une famille soudée et des amis sont nécessaires pour se soigner et puis la face la plus cachée de l’iceberg: la méditation, la prière, l’espoir…
11/12/2013
La magie du bipolaire
Quelques films abordent la bipolarité. Le plus représentatif, à mon avis, est celui de Neil Burger avec Bradley Cooper: Limitless.
J’ai retrouvé dans ce film les sensations de la crise maniaque. Le personnage principal est un écrivain en déroute qui vit dans un taudis en recherche d’inspiration. Il rencontre alors une vieille connaissance qui lui donne une pilule soit-disante miraculeuse. Une fois rentré chez lui, il avale cette pilule…
A ce moment du film, le réalisateur nous projette dans la tête du personnage et nous fait part du changement qui se produit dans l’esprit de celui-ci. Sa vision devient plus lumineuse, les connexions dans ses neurones se multiplient, une véritable lucidité et clairvoyance remplace le brouillard et la confusion régnant dans sa tête. Il devient alors super-créatif (il finit son roman en une nuit), super-confiant (tout lui réussit dans sa vie sociale), super-intelligent (il devient un as de la bourse en créant un nouvel algorithme) et super-brillant (son teint s’anime, ses yeux s’étincellent).
Lors de mes crises maniaques, je vis aussi tous ces super-pouvoirs. Ce n’est pas une pilule qui les déclenche mais une réaction chimique inter-neuronale due à des facteurs environnementaux qui la déclenchent. Pour ma part, je deviens surtout super-convaincant et persuasif, ainsi que d’une créativité démultipliée à en devenir fou. D’ailleurs, ensuite, je deviens fou.
C’est intéressant car le film nous montre aussi le côté sombre de cette pilule. Les personnes ayant été sous l’emprise de cette molécule magique tombent ensuite dans une terrible et tragique dépression. De la même manière, après avoir joui de ces super-pouvoirs et souffert de la folie ensuite, je reviens à la réalité. Et le décalage entre la sensation magique de la crise maniaque et la triste réalité enchaîne une profonde dépression.
A la fin du film, le personnage réussit à contrôler cette ivresse chimique du cerveau afin de ne pas subir le revers de la médaille et jouir de ses pouvoirs à jamais. Alors, évidemment, je me suis posé la question : Est-ce que moi aussi, un jour, j’arriverai à contrôler la phase maniaque afin de pouvoir enfin vivre pleinement cette magie qui transcende la vie?
13/12/2013
Colère contre la société
"A croire que c’est la société qui m’a définitivement abîmée", chante Gainsbourg dans Bonnie and Clyde.
La vie pourrait se résumer à trouver sa place dans la société. Je n’ai pas encore réussi. Où est la liberté quand, en réalité, on doit seulement choisir de s’inscrire dans des cases déjà préconçues? Vivant enchaîné à toutes ces invisibles prisons, où est le sentiment de liberté? Ayant un profil non répertorié dans le cadre de notre société, comment ne pas se sentir rejeté? Heureux possesseur de la liberté d’expression, mais à quoi bon si je ne suis pas écouté? Écarté, puis-je être compris? Trop sensible, comment faire pour ne pas être submergé?
J’ai essayé plusieurs centres de ré-insertion spécialisée. De plus en plus de personnes travaillent à trouver comment insérer les "abimés" dans la société. Je suis reconnaissant de ce travail tout à fait noble. Mais je suis sceptique sur la réussite de ces projets. Car partout, ils se basent sur la réalité du travail et de la société pour, ensuite, trouver des stratagèmes pour réinsérer les personnes délaissées. Je pense que, bien que l’on ne soit pas compatible aux différentes cases que nous propose la société, cette dernière force à nous faire rentrer dans celles-ci.
La société, telle qu’elle est aujourd’hui, est perçue comme fonctionnelle. Je pense qu’elle est fonctionnelle pour le troupeau de moutons qui entre avec plus ou moins de facilité dans le système. Les moutons qui auraient le plus de difficultés, mais qui réussiraient pour autant à s’insérer, seraient alors les artistes puisqu’ils sont en marge mais parviennent tout de même à s’insérer grâce à leur art et la beauté qu’ils vont réussir à délivrer au troupeau. Par contre, ayant un psychisme qui dysfonctionne, comment insérer le fonctionnement général puisque je ne répond pas au critère essentiel qui est de "fonctionner"?
Depuis toujours, il y a des marginaux dans chaque système. Chaque société connaît des moutons noirs délaissés. C’est le système qui a créé ces marginaux. C’est la société qui est responsable de la naissance de ces moutons noirs. Aujourd’hui, l’opinion pense qu’on peut résoudre le problème à coup de CAF, MDPH, AAH et grâce aux associations qui agissent sur les publics "porteurs de leur marginalisation". C’est vrai, la société m’aide à réintégrer et à me faire comprendre comment vivre dans ses cases. Je pense que, parfois, ce serait à la société d’essayer de me comprendre. De comprendre pourquoi je n’arrive pas à trouver ma place.
16/12/2012
Destinée
Et si on avait chacun une destinée…
La question serait: Va t-on l’accomplir, la révéler?
Tout serait alors écrit, Maktub?
Dans le livre du récit de notre vie nous avons écrit nous-même notre histoire, me diras-tu. Et si, avant même notre naissance, une vie idéale n’était pas déjà écrite dans ce même livre. Ecriture sacrée que nous, Hommes limités, nous pourrions pas lire ni même être conscient de son existence. Ce serait comme si notre destinée était inscrite à l’encre magique. Tu sais, comme les feutres qui écrivent transparent. Alors ce serait à nous de voir les signes, écouter notre cœur, prendre parti des hasards afin de grandir, évoluer tout en restant au plus près de notre ligne de conduite destinée. Ce fil rouge traçant notre destinée heureuse. Ecrire une histoire qui se confondrait avec celle inscrite à l’encre transparente. N’as-tu jamais ressenti à un instant que tu sentais profondément être à ta place dans cet endroit-ci à ce moment-là avec cette personne-ci. C‘était comme si tu avais éclairé avec une lampe magique la page de ton livre, et que tu avais révélé l’encre transparente, et découvert que tu étais en train de vivre ta destinée.
Beaucoup de personnes se sont éloignées de leur destinée au fur et à mesure du temps. Si la destinée existait, il n’y aurait donc pas de fatalité. Il y aurait toujours des signes au quotidien dans notre environnement, des hasards, des rencontres qui pourraient nous permettre de se rapprocher d‘elle.
Je pense que si on veut réaliser sa destinée, il faut tout d’abord croire en sa destinée. Puis il faut avoir de l’espoir. Et ensuite s’ouvrir. Je pense que ce sont les rencontres aux hasards qui cachent les anges de notre destinée. Le destin s’exprime dans le hasard. Aujourd’hui, en France, la vie idéale est dictée par la société, on s’en imprègne inconsciemment. Cela nous éloigne du hasard.
Les anges du Destin ont grand mal à nous accéder aujourd’hui …
L’espoir guéri
2/1/2014
A chaque malheur venu, naît l’espoir. L’espoir est l’arme de l’amour qui transcende les larmes.
L’amour fait vivre cet espoir et réalise ce que l’on espère. Il n’y a pas de preuves scientifiques qui révèlent à tous la puissance de l’espoir mais je suis persuadé que c’est le plus grand remède humain. Il y a une multitude de personnes (dont moi) qui ont été libérées de leurs souffrances grâce à l’amour des autres qui ont cru en l’espoir.
Aujourd’hui, le 2 janvier 2014, je me tourne vers toi et vers cette énergie de l’espérance. Immergeons l’air de ce sentiment. Propageons de l’espoir aux personnes en détresse. Une parole, un mot, une pensée suffit.
Je pense à deux parents qui luttent pour la vie de leur bébé. A cet instant, une énergie invisible et immense combat une maladie très rare. Croyez en l’espoir même face aux pourcentages des médecins, et alors des torrents d’amour se déchaîneront dans les couloirs de cet hôpital à Paris. Une étincelle d’espoir et, déjà, la vie s’illumine.
Après ce long combat, la vie ne sera que belle.
Aujourd’hui des pensées fusionnent, la magie opère.
Pour A et à la mère d’un bébé de quelques mois dont je n’ose pas révéler le prénom mais qui brille déjà comme le Soleil.
5/1/2014
Les canaux de l‘amour
Partons du fait que nous sommes tous constitués d’amour. Nous en recevons, nous en donnons. Y a-t-il, déjà, un équilibre à avoir entre donner et recevoir de l’amour? L’amour sous toutes ses formes, je précise. C’est difficile de mesurer l’impact de l’amour que nous offrons, quantifier les bénéfices de l’affection que nous propageons à nos proches et aux autres. Par contre, il est plus facile de mesurer l’amour que nous recevons. L’enfance ne serait-elle d’une part la jouissance de l’amour que nos parents nous portent. Une énergie brut que nous usions petit pour être imaginatif, créatif, naïf, assoiffé de découvertes, insouciant, etc. (Tu me diras que les parents ne sont pas les uniques sources d’amour, bien sûr, je pense même que l’amour se trouve dans chaque chose qui se trouve dans notre environnement: les arts, les relations, la nature, partout!). Cette énergie est alors plus ou moins forte selon les choses ou les gens. Et puis, l’intensité de la "réception d’amour" dépend des personnes.
Voilà où je veux en venir: on est plus ou moins sensible à cette énergie, on est plus ou moins sensible à cette force d‘amour. Enfants, on exprime assez facilement l’amour qu’on ressent et emmagasine. Une fois arrivé au collège, la fin de l’enfance, on se confronte au monde réel, on doit quitter rapidement nos imaginaires et jeux enfantins pour entrer dans le jeu de la vie: brevet, bac, permis, et autres étapes que la société nous impose. On doit accepter le système et évoluer dedans. Il y a une chose qui ne change pas: on reçoit toujours de l’amour ; un peu moins intense du côté parentale mais notre nouvel environnement nous offre une multitude d’autres sources d’amour, bien sûr moins énergisante que celle maternelle.
Donc, on accumule cette énergie de toutes parts; mais comment continuer à l’exprimer? La sociabilisation, le sport, les arts, les médias, les réseaux sociaux, toujours la famille, etc... permettent de canaliser cette énergie. Le problème vient lorsqu’on a plus de moyen de l’exprimer, de s’exprimer, de projeter d’une manière nouvelle l’amour qu’on reçoit de toutes parts. L’autre problème, c’est lorsque l’on est très sensible, que l’on reçoit sensiblement plus d’amour que les autres et qu’on ne parvient pas à l’exprimer. Je pense que les causes de la bipolarité ont quelques choses à voir là dedans…
Moi, bipolaire, j’ai accumulé, comme ça, beaucoup de cette énergie sans pouvoir l’exprimer. J’étais en retrait de ma vie tout en étant très sensible à mon environnement. A un moment donné, il y a eu un trop plein. J’étais submergé par cette énergie qui pourrissait en moi, ce n’était plus l’amour pur de mon enfance, mais en tout cas c’était trop. Boum, explosion en bouffée délirante, et la suite, tu l’as connaît.
Tout ça pour dire,
Que nous, bipolaires, nous sommes plus sensibles (ça on le sait tous) mais aussi plus sensible à l’amour et nous n’arrivons pas à canaliser cette énergie au quotidien. Nous avons une très grande difficulté à trouver des moyens de nous exprimer pleinement. Alors, nous accumulons ce que nous ressentons aux alentours sans pouvoir le reverser dans quelque chose. Evidemment, j’accuse la société de nous priver d’un moyen, un média, une voie d’expression, de libération. Heureux les bipolaires qui ont le moyen artistique de s’exprimer car, souvent, ils excellent; tu connais la liste inexorable de grands artistes bipolaires…
…Et pour les autres:
Psycho-éducation, MDPH, AAH, centre de ré-insertion spécialisée pour les troubles psychiques, rqth, petit boulots sans stress, travail normal avec effort, gros boulot avec souffrance latente. Bref: INTEGRES TOI DANS CETTE SOCIETE CAR ELLE NE CHANGERA PAS POUR TOI!
Je me suis amusé à des calculs bipolairiens:
Il y a 5,7 millions de bipolaires aux Etats Unis. Je pense qu’on pourrait au moins imaginer qu’il y ait 10 millions de bipolaires dans le monde occidental. C’est à dire des millions de personnes qui ont une énergie enfouie en eux, inconsidérée pour la plupart, qui s’accumule depuis des années, décennies; mais cette énergie ne parvient pas à se libérer. Une si grande masse quantique inexprimée. Tant d’amour gâché.
Imaginons encore plus loin:
Que nous arrivons à trouver un univers, un système où les bipolaires peuvent s’exprimer pleinement, se libérer. Ce serait alors un véritable cataclysme: une inondation d’amour énergétiquement bipolairienne.
14/01/2014
Etre bipolaire
J’essaie de te faire comprendre ce mystérieux trouble. "Mystérieux", car, malgré les grandes avancées médicales sur les troubles psychiques, il reste encore beaucoup de questions sans réponses satisfaisantes.
Je profite de cette introduction pour réagir à des propos lus sur un forum pour bipolaire. Les principaux forums semblent (selon des dires et écrits) êtres chapeautés par des grands psychiatres "qui se donnent corps et âmes" pour les personnes atteintes de troubles psychiques. Très bien. A ce titre, Dr Gay semble être le "Gourou" des bipotes et le Dr Hantouche celui de bipolaire info. J’ai toujours pensé que c’était bien que des psychiatres prêtent leurs avis d’experts sur un trouble à une communauté d’internautes atteinte de celui-ci.
