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MAKULO Disasi a été capturé par les Arabes de TIPPO-TIP. Il est ensuite racheté par Henry Morton Stanley qui le cède à un second maître « Swinburne ; après la mort de celui-ci, MAKULO aboutit entre les mains de Grenfell, son troisième maître. » Son épouse LUNGENI Dorcas/ connaît un sort similaire : captive des Basonge, elle est rachetée par des missionnaires qui la cède à d’autres et ceux-ci la remettent à Grenfell. MAKULO et LUNGENI sont emmenés de force par les européens, alors qu’ils voulaient rejoindre leurs parents au village.
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Seitenzahl: 68
Veröffentlichungsjahr: 2016
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A la mémoire de Stanley, libérateur
Swinburne, parrain
Georges Grenfell, éducateur de mon père
Disasi Makulo.
Introduction
Naissance et jeunesse de Disasi Makulo
Fondation de la B.M.S. Basoko
La découverte de ma famille
Mon épouse Lungeni Dorcas
La barbarie dans ma tribu
Fondation de la B.M.S. Yalemba
La Mort du Pasteur Grenfell
La Mort de Disasi Makulo
Les derniers jours et la mort de Mama Lungeni.
Le texte qui suit raconte la vie de Makulo Disasi, décédé en 1941, telle que lui-même l’a raconté à ses enfants (7).
Makulo a été capturé par les Arabes de Tippo Tip. Il est ensuite « racheté » ou acheté par Stanley qui le cède à « un second maître » Swinburne ; après la mort de celui-ci, Makulo aboutit entre les mains de Grenfell, son « troisième maître. »
Son épouse Lungeni (Longeni) : connaît un sort similaire : captive des BASONGE, elle est rachetée par des missionnaires qui la cèdent à d’autres et ceux-ci la remettent à Grenfell. Makulo et Lungeni sont emmenés de force par les européens, alors qu’ils voulaient rejoindre leurs parents au village. Lungeni tentera de s’échapper pour aller chez sa mère, mais elle n’est pas arrivée au bout.
Je m’appelle Makulo, Tolukato, Disasi, Samson, fils d’Asalo et de Boheheli, originaire du village Bandio, tribu Turumbu dans le Territoire de Basoko, Province de la Tshopo (Stanleyville, Province Orientale).
Je suis né à l’époque ou l’homme blanc n’était pas encore arrivé dans notre région. En ce temps-là, on ne savait pas qu’il existait dans ce monde des êtres humains ayant une peau différente de la nôtre.
Mais hélas ! Un jour quelques riverains étaient venus rendre visite à mes parents. Dans leur causerie, ils racontèrent qu’ils avaient vu quelque chose de bizarre, un fantôme peut-être, sur le fleuve. « Nous avons vu, disaient-ils, une grande pirogue mystérieuse qui marche toute seule. Dans cette pirogue se trouve un homme tout à fait blanc comme un albinos, entièrement vêtu, on ne voit que la tête et le bras. Il a avec lui quelques hommes noirs. »
Longtemps après, d’autres rumeurs se firent entendre, il s’agissait cette fois-ci d’une armée venue du haut fleuve. C’étaient des Arabes, appelés Batambatamba par les indigènes. Ces marchands d’esclaves, munis d’armes, après avoir envahi l’Est du Congo, atteignirent Kisangani, et puis descendirent le fleuve en ravageant, incendiant les villages, capturant et tuant les gens impitoyablement.
Dès qu’ils furent arrivés dans la région de Basoko, ils campèrent au village de Bandu situé à la rive gauche du fleuve. C’est Motipoli ou Tippo-Tip leur grand chef qui dirigeait cette armée composée de vrais Arabes et de gens de l’Est du pays qui furent d’abord décimés et puis astreints de porter les armes pour combattre leurs compatriotes.
A Bandu, après avoir attaqué les villages des alentours, Tippo-Tip et une troupe de ses soldats traversèrent l’autre côté de la rive droite, ils s’infiltrèrent d’abord aisément parmi les tribus Mongelema, Mobango et Basoko en concluant des pactes d’amitié avec les Chefs et les Notables afin de leur procurer de l’ivoire, mais cela n’était qu’une pseudo-amitié, car à la longue ils finirent par déchirer la guerre contre les autochtones aux fins d’obtenir des esclaves.
Ils fusillaient et capturaient les gens, mais les aborigènes ne purent supporter ces supplices, ils se défendirent courageusement. Plus tard les Batambatamba n’ayant plus assez à manger et leur provision de munition ayant commencé à diminuer, ils ne purent plus progresser. C’est ainsi que les indigènes de leur côté profitèrent de cette faiblesse et les attaques jour et nuit. Les Arabes, ne pouvant résister, se retirèrent jusqu’à l’Aruwimi.
Les Batambatamba, chassés du terrain Mobango-Mongelema-Basoko, traversèrent la rivière Aruwimi et s’infiltrèrent dans la région des Turumbu en ravageant, fusillant et capturant les gens. Ceux qui les avaient vus les premier portant les armes, coururent alerter la population en criant : « Nous avons vu des gens faisant le va-et-vient : ils portent une espèce de bâton creux, quand ils le frappent, un bruit s’entend PAM PAM, et puis il en sort des grenailles qui blessent et tuent les hommes. C’est terrible ! »
Cette nouvelle se répandit et sema la terreur dans toute la tribu. Les Chefs des villages et les se réunirent afin de prendre des mesures pour chasser ces malfaiteurs. Ayant appris que leur camp se trouvait à Yalemba, village situé au bord du fleuve, ils résolurent unanimement d’aller le combattre. Les guerriers se réunirent. Après avoir fait leurs préparatifs, ils s’y rendirent pendant la nuit. Ayant encerclé le camp, ils commencèrent à crier : « Attaquez-le ! ». Eveillés par les bruit et voulant savoir ce qui se passait, nos Batambatamba furent reçus par des coups de lances. Plusieurs d’entre eux furent blessés et un homme tué. N’ayantplus résister, ils déguerpirent précipitamment et rentrèrent à Bandu.
Les indigènes, tout joyeux de leur victoire, rentrèrent à leurs villages chantant et sautant de joie, croyant que c’était la fin. Mon père Asalo qui était parmi les combattants dit à ma mère Boheheli ainsi qu’à son frère Akambu qui l’avait accompagnée : « Maintenant la guerre est finie, retournons chez-nous car nous devons aller à Makoto pour (1) préparer de l’huile. »
Mon père, ma mère, mon petit frère Kengo et mes deux sœurs, nous nous mîmes en route pour Makoto, tandis que mon oncle Akambu, ma tante Inangbelema et ses deux enfants continuèrent pour le village de Baonde. A leur retour, ils s’arrêtèrent à Makoto ou nous étions et y passèrent la nuit. Le lendemain lorsqu’ils voulaient
Continuer pour Bandio, j’ai demandé à mon père et ma mère pour que j’aille avec mon oncle, mais ma mère ne voulait pas. Voyant cela, je me suis mis à crier et à pleurer avec insistance. Mon père dit alors : « laissons-le partir. »
Tout joyeux, je me suis mis en route en riant, croyant faire un joyeux voyage : mais cette joie et ces rires n’étaient qu’un adieu.
Il faisait très chaud ce jour-là. Arrivés à un ruisseau appelé Lohulu entre Makoto et Bandio, l’oncle et moi nous décidâmes de prendre le bain. La tante Inangbelema nous attendait à une certaine distance de là. Tandis que nous nagions et éclaboussions joyeusement, les Batambatamba nous entendirent et vinrent nous encercler. La tante, pour caresser son bébé qui pleurait, chantait des mélopées ; aucun de nous ne pensait à un éventuel danger.
Tout-à-coup, un cri se fit entendre : « au secours ! Au secours ! Frère Akambu, les guerriers m’assaillent… »
En quittant précipitamment le bain, nous vîmes la tante déjà aux mains des ennemis. Un des assaillants arracha le bébé des mains de sa mère et alla le déposer sur les fourmis rouges. Terrifiés, aucun de nous ne put s’en approcher. Oncle Akambu et mon petit cousin s’enfuirent et se cachèrent dans des buissons. Moi, je me tenais un peu éloigné pour voir ce que l’on voulait faire à ma tante ; malheureusement un de ces hommes m’aperçut, courut et réussit à m’attraper. On arrêta également l’oncle Akambu et mon petit cousin.
Après notre arrestation, ces hommes nous emmenèrent à notre village de Bandio. En cours de route, ils continuaient arrêter d’autres personnes. Après nous, certains gens de chez-nous, en passant par ce sentier, entendirent des cris de bébé. En s’en approchant, ils virent le pauvre enfant envahi par les fourmis. On le prit et on l’emmena chez mes parents à Makoto. Ce sont ces hommes qui rapportèrent notre arrestation à nos parents.
Mes parents, en apprenant cela, vinrent en hâte nous trouver. Tout en se lamentant et pleurant, ils suppliaient ces gens de nous laisser, mais nos pleurs et nos plaintes n’eurent sur eux aucune influence.
Après quatre jours, nous quittâmes notre village et on nous amena au village de Yamokanda. C’est ici que se trouvait celui qui était leur chef,
