Le Cantique de l'Aile - Edmond Rostand - E-Book

Le Cantique de l'Aile E-Book

Edmond Rostand

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Beschreibung

"Le Cantique de l'Aile" d'Edmond Rostand est une œuvre poétique qui transcende la simple narration pour explorer les thèmes de l'amour, de la liberté et du pouvoir du rêve. À travers des vers lyriques et une structure riche en métaphores, Rostand réussit à plonger le lecteur dans un univers où les aspirations humaines s'entrechoquent avec la réalité. Ce recueil, publié en 1908, illustre parfaitement le style florissant de la Belle Époque, caractérisé par son esthétique raffinée et son penchant pour le romantisme idéaliste. Edmond Rostand, figure emblématique du théâtre français, est surtout reconnu pour son chef-d'œuvre "Cyrano de Bergerac". Sa fascination pour les thèmes romantiques et humanistes, ainsi que son expérience personnelle avec la poésie et le théâtre, l'ont conduit à créer "Le Cantique de l'Aile". Bien que moins célèbre que ses autres œuvres, ce recueil reflète néanmoins les préoccupations de son époque, tout en manifestant une profondeur lyrique personnelle, inspirée par ses réflexions sur la condition humaine. Je recommande vivement "Le Cantique de l'Aile" à tout amateur de poésie et de littérature française. Ce livre souhaite éveiller les consciences sur la beauté des rêves et la quête d'un idéal. Rostand, avec son talent unique, nous invite à nous interroger sur la signification de notre existence dans un monde souvent pragmatique et limité.

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Veröffentlichungsjahr: 2023

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Edmond Rostand

Le Cantique de l'Aile

Publié par Good Press, 2023
EAN 4066339521056

Table des matières

VIII POUR LA GRÈCE
I
II
III
IV
V
IX A SA MAJESTÉ L’IMPÉRATRICE DE RUSSIE
X A KRÜGER
XI FABRE-DES-INSECTES
I
II
III
IV
V
VI
VII
VIII LES INSECTES LUI PARLENT
XII LA TOUCHE
XIII A SARAH
XIV LE VERGER
XV A COQUELIN
XVI CE QUE JE FAIS
XVII LA FÊTE AU MANÈGE
XVIII AUX ÉLÈVES DU COLLÈGE STANISLAS
XIX LA TRISTESSE DE L’ÉVENTAIL
XX LES MOTS
I
II
III
IV
V
VI
VII
VIII
IX
XXI LA JOURNÉE D’UNE PRÉCIEUSE
I DIX HEURES MOINS LE QUART
II PHYLANTE
III LE JEU
IV ?…?
V DIX HEURES
VI LA RUELLE
VII MIDI
VIII COMMENCEMENT DE LA TOILETTE
IX LE PORTRAIT
X LA TOILETTE (suite et fin)
XI CHEZ ARTHÉNICE
XII LES CARROSSES
XIII EN ROUTE
XIV LA FÊTE
XV LE RETOUR
XVI DEUX HEURES DU MATIN
XXII UN SOIR A HERNANI
I
II
III
IV
V
VI
VII
XXIII LE BOIS SACRÉ
XXIV LES DOUZE TRAVAUX

VIII POUR LA GRÈCE

Table des matières

I

Table des matières
Cependant que là-bas on égorge, je crois
Qu’il serait bon d’entrer au Louvre quelquefois,
Et, pour voir ce que font ces lames recourbées
Qui sont des couperets et non pas des épées,
De s’arrêter un peu devant le Delacroix.
Serait-ce encore assez d’horreur et de colère ?
Non ! vous n’êtes plus rien, massacres de Chio !
Massacreurs d’aujourd’hui, vous avez su mieux faire.
On a décapité l’enfant devant le père,
Et le genou du père a servi de billot.
L’Europe regardait lointainement ces choses.
Les mains rouges du Turc ne lui semblaient que roses.
Elle disait, en souriant,
Quand le ciel s’empourprait du côté de Candie:
« Vous prenez pour l’éclat sanglant d’un incendie
La splendeur des ciels d’Orient ! »
Un seul peuple, ignorant des complaisances plates,
Se lassa d’envoyer aux tueurs écarlates
Des avertissements bénins ;
Alors c’est contre lui qu’on a parlé de guerre.
Pourquoi ? Mais parce que les géants n’aiment guère
Recevoir des leçons des nains.
Quel est ce pays qui veut être,
Alors qu’on est esclave, maître,
Jeune et fier quand on ne l’est pas,
Intrépide quand tout recule,
Aube quand tout est crépuscule ?
Quel est ce pays ridicule ?
Ouvrez l’atlas. Cherchez. En bas.
Et vous verrez — ô pauvre Grèce ! —
Une énorme Europe qui laisse
Pendre, d’un geste de dédain,
Pendre tout au bas de la carte,
Peinte de jaune ou de carmin,
Avec le pouce qui s’écarte,
Une toute petite main.
Mais cette main qu’ainsi l’Europe laisse pendre
Fait murmurer entre ses doigts
L’eau certes la plus bleue où puisse encor s’entendre
Quelque mythologique voix ;
Cette main a gardé la finesse et la grâce
Qu’assurent seuls de beaux aïeux,
Et résume, bouquet d’une splendide race,
Toutes les mains pâles des dieux ;
Elle fut à son heure autre chose que fine ;
Forte, elle tint tout le promis,
Et n’eut qu’à battre un peu les flots de Salamine
Pour y noyer ses ennemis ;
Cette main a semé le rêve sur le monde,
Et chaque frisson de beauté
Dont nous sentons s’ouvrir la fleur brusque et profonde
Nous vient d’un grain qu’elle a jeté.
C’est elle qui connut la première brûlure
Du feu que l’on dérobe au ciel,
La première fraîcheur de cette chevelure
Dont Cypris exprimait le sel ;
Et cette main, c’est encore elle
Qui fabriqua la première aile
Dont sous le soleil ait fondu
La noble et palpitante cire,
Elle encore — et jamais n’expire
Le premier arpège entendu ! —
Qui, sur une écaille d’Epire,
Pinçant le premier nerf tendu,
Accorda la première Lyre !
Déjà prêt à prendre son vol,
Quand Pégase grattait le sol
Avec son sabot de lumière,
C’est cette main qui, la première,
Sut d’abord lui flatter le col,
Puis l’empoigner par la crinière.
Et, des rayons tissant sa chair,
L’azur argenté de l’éther
Colorant le sang de ses veines,
Comme ossature ayant les chaînes
De ces monts divins baignés d’air
Que foulaient les Grâces hautaines,
Blanche, on la voit, sous le ciel clair,
Au fond des époques lointaines,
Se reposer d’un geste fier
Sur le coussin bleu de la mer,
Avec, pour bague d’or, Athènes,
Et Sparte pour bague de fer !
Tous les poètes purs et tristes,
Tous les nostalgiques artistes
Sont toujours venus la baiser ;
C’est elle, la main immortelle
De Platon et de Praxitèle,
C’est elle qu’on aime, et c’est elle
Que l’on a parlé d’écraser.

II

Table des matières
Cuirassés, sortez de la rade,
Et battez sur le pont, tambours !
Nous partons pour cette croisade,
Pour cette croisade à rebours.
Nos pères, pour le Christ, partaient sur leurs sélandres,
Pour les Chrétiens, sur leurs dromons ;
Mais c’est à Mahomet, nous, que nous sommes tendres,
Et c’est le Turc que nous aimons.
Les torpilleurs ont pris le sillon des galères:
Ils rampent lourdement, elles glissaient légères,
Et les flots ont toujours les mêmes bleus turquins !
Ils bombent leur gros ventre, elles cambraient leurs lignes:
Et, des âmes toujours les formes étant dignes,
Elles avaient l’air de grands cygnes,
Ils ont l’air d’énormes requins.
C’est bien. Partez ! Qu’on se dépêche !
Arrivez à temps — c’est très bien ! —
Pour empêcher que l’on n’empêche
D’égorger le dernier chrétien !
Mais à cet endroit même où vos aïeux énormes
Portaient la croix couleur de sang,
N’allez pas oublier, sur tous les uniformes,
De faire broder un croissant !
Eh bien ! non. Nous crions. C’est trop. Le cœur nous crève.
Car la jeunesse existe. Elle est noble. Elle rêve.
Elle s’obstine, droit du fort, à te nier.
Elle aura pour les Grecs une amour indiscrète.
Et quelle île a valu jamais un grand poète ?
Quand nous leur donnerions la Crète !
Ils nous ont bien donné Chénier !
Aussi vers toi vole une foule,
Grèce, et tu n’apercevras pas
Au-dessus de sa folle houle
Flotter les obscurs chapeaux gras
Des jeunesses sans flamme et des vieillesses laides ;
Mais, plus beaux et plus effrayants,
Tu verras se mêler aux lauriers des Aèdes
Les bérets des Étudiants !
Car un flot d’imprudence et de noblesse monte !
Ah ! plus de peur du ridicule, et plus de honte !
Relève, Sentiment, ta face de clarté !
Nous voulons étrangler la raison chafouine,
Et toi, si tu mourais, Grèce, Grèce divine,
La Beauté serait orpheline,
Et nous adorons la Beauté !
Une eau plus lyrique et moins noire
Que l’encre de nos encriers
Vient déjà battre, Tours d’Ivoire,
L’ivoire de vos escaliers !
Puisse un moment ce flot nous laver de la blague
Et de l’esprit du Boulevard,
Et le lèchement bleu de cette immense vague
Débarbouiller la Vie et l’Art !
Et nous retrouverons l’excès, le paroxysme,
Les débauches d’orgueil, les espoirs d’héroïsme,
Tout ce qui jadis triomphait ;
Nous reprendrons la Foi, l’Enthousiasme, l’Ode ;
Puisque Mil huit cent trente est remis à la mode,
Nous l’y remettrons tout à fait.
Car le mil huit cent trente, amis, que vous rêvâtes,
Ce n’est pas seulement la hauteur des cravates,
La largeur des cols de velours,
Mais les ardeurs encor, n’est-ce pas ? pour des Causes,
Et, vers toutes enfin les magnifiques choses,
De libres et chantants retours !

III

Table des matières
Et c’est pourquoi mandons le salut le plus ample
A celui qui fouetta nos langueurs d’un exemple,
A Georges de Holstein-Glucksbourg, prince danois,
Prince Hamlet qui devient le plus actif des rois,
Qui semble nous crier: « Les routes sont faciles
Des pâles Elseneurs aux rouges Thermopyles ! »
Prince qui, s’il pouvait, hier encor, parfois,
Garder peut-être un peu de l’accent de sa mère,
Parle aujourd’hui le grec avec l’accent d’Homère !

IV

Table des matières
Qu’adviendra-t-il ? Nul ne le sait !
Mais dans cette histoire très noire
Qui sera demain de l’Histoire,
Dans ce conte incroyable, c’est
L’Europe qui sera l’Ogresse,
Pendant que tu seras, toi, Grèce,
Le sublime Petit Poucet !
Petit Poucet que doivent suivre
Tous ceux qui ne veulent pas vivre
Dans la criminelle torpeur ;
Tous ceux qui cherchent une route
Dans la vieille forêt du Doute,
De l’inertie et de la Peur !
Tu guides, par le bois infâme,
Vers l’or vibrant d’un éveil d’âme ;
Et, gardant des rayons en eux,
Les petits cailloux que tu sèmes
Sont faits avec les éclats mêmes
De tes beaux marbres lumineux !

V

Table des matières
Et lorsque le Poète, en rêvant, se demande
Pourquoi contre ce peuple une fureur si grande,
Il se dit qu’après tout ce siècle de laideur
Vous hait, débris de grâce et restes de splendeur.
C’est bien une Croisade ! Et ce qu’il faut qu’on tue,
C’est l’idéal, c’est la Blancheur, c’est la Statue !
Quel plaisir de lancer, pour la Vulgarité,
Un coup de pied dans le berceau de la Beauté !
Eh bien, soit ! châtiez tous ces dieux inutiles,
L’insolence de ce ciel bleu !
Soit ! allez essayer les nouveaux projectiles
Contre la Grèce antique ! — Feu !
Feu ! Mais lorsque sera, d’une stupide foudre,
Brisé le cristal de ce ciel,
Et lorsque l’on aura par l’odeur de la poudre
Remplacé le parfum du miel ;
Quand tomberont, hachés, les derniers lauriers-roses,
Broyés, les derniers Phidias,
Quand vous voltigerez, et de sang toutes roses.
Plumes des cygnes d’Eurotas ;
Quand chaque bras de marbre aura, de chaque épaule,
Été tranché par le canon,
Enfin, quand on aura bombardé l’Acropole
Et bombardé le Parthénon,
Pour qu’il ne reste rien des temples et des marbres,
Rien du charme, rien du décor,
Il faudra mitrailler, comme à travers des arbres,
A travers nos rêves encor !
Parmi notre mémoire il faudra, de vos bombes,
Faire de plus lâches abus,
Et, si nos souvenirs ont encor des colombes,
Lancer au milieu des obus ;
Il faudra, dans nos cœurs, à coups de boulet rouge,
Disperser les derniers azurs,
Et, de peur qu’un laurier derrière encor ne bouge,
Crever nos fronts comme des murs ;
Pour en finir avec la blancheur importune
Et le beau qui vous fait affront,
Il faudra prendre enfin, d’assaut, une par une,
Nos âmes, — qui résisteront !

11 mars 1897.

IX A SA MAJESTÉ L’IMPÉRATRICE DE RUSSIE

Table des matières

PETIT THÉATRE DE COMPIÈGNE, 20 SEPTEMBRE 1901

Entre une Nymphe qui ressemble au château de Compiègne, car sa silhouette est Louis XV, sa coiffure Louis XVI et sa toilette Premier Empire. Elle a du feuillage sur sa robe, des fougères dans ses cheveux, et la voix de Mademoiselle Bartet.

Madame, Votre Majesté
Doit reconnaître, en vérité,
Un conte qui lui fut conté:
Dans un parc d’ambre et d’améthyste
Un château dormait, long et triste ;
Mais il vient, le Prince Exorciste !
Il a dans ses yeux de rêveur
La mystérieuse lueur
Que l’on rapporte d’Elseneur ;
Les fourrures de sa pelisse
Absorbent l’ombre, lentement ;
Et voilà le pâle édifice
Se ranimant, se rallumant,
Et se repeuplant, au moment
Où paraît l’Empereur Charmant,
Comme un château d’Impératrice…
D’Impératrice au Bois Dormant.
Tout s’éveille, rit, chante, sonne ;
La Cour où ne passait personne
S’emplit du flot des Chamarrés,
Des Affairés, des Effarés ;
La porte flambe et s’écussonne ;
L’Escalier sur tous ses degrés
A de jolis soldats dorés ;
Un chemin de fleurs le recouvre ;
Chaque Salon devient un Louvre ;
Le Petit Théâtre se rouvre.
Et, sitôt les programmes lus,
Devant un parterre… d’élus,
Je viens dire, en trois grands saluts:
Madame, ce soir, à Compiègne,
C’est Votre Majesté qui règne.
Comme l’Histoire nous enseigne
Que la France n’a pas de fleurs
Que notre sang à tous ne teigne,
Parmi ces rappels de splendeurs
Il n’est rien que la France craigne…
Sauf, Madame, quand vous passez,
De ne pas vous fleurir assez:
Et nos beaux Sèvres élancés
Vous présentent, entre leurs anses,
Des lilas de tous les Passés,
Des roses de toutes les Frances !
Tout, ici, ce soir, est pour Vous
—Musique, fleurs, chants, comédie —
Plus que pour votre Auguste Époux:
Et comme à chacun l’on dédie
Le cadre le mieux adapté
A son genre de Majesté,
Canons, flotte, escadrons, escadre,
Le cadre à l’Empereur offert
Est fait de bois sombre et de fer,
Mais, l’Impératrice, on l’encadre
D’un cadre d’or et de bois clair.
Madame, ce soir, à Compiègne,
C’est Votre Majesté qui règne.
Compiègne est sens dessus dessous
Les meubles de Jacob sont fous ;
Les Gobelins ont de la joie
Dans tous leurs petits yeux de soie ;
De haut en bas du vieux château
Pris d’une fièvre adoratrice,
On n’entend partout que ce mot:
« Impératrice !… Impératrice !… »
Les marbres sur les piédestaux,
Les larges lustres de Bohême
En faisant tinter leurs cristaux
Comme les rimes d’un poème,
Les acajous impériaux
Se répètent avec délice:
« Nous avons une Impératrice ! »
Un ancien tapis d’Aubusson
Sur un air de vieille chanson
Fredonne: « Rien qu’à la façon
Dont je sens sur moi qu’elle glisse…
Oh ! oh ! c’est une Impératrice ! »
Et le plafond qui demandait,
Pendant que l’on Vous attendait,
A tous les meubles à la ronde,
A tous les satins qu’on tendait:
« Vous, savez-vous comment Elle est ? »
Le vieux plafond de Girodet
Ajoute, affolé par un jet
D’électricité qui l’inonde:
« Et cette Impératrice est blonde ! »
La Psyché même dont le tain
Semble fait d’un regard hautain,
Sortant de son rêve lointain,
Dit des choses admiratrices ;
Elle reprend son air penché…
Et, Madame, cette Psyché
S’y connaît en Impératrices !
Mais si Compiègne est satisfait,
Peut-être l’êtes-vous à peine ;
Plaît-il, ce Compiègne, en effet,
A celle dont nous avons fait
Notre Impératrice Lointaine ?
Mon Dieu ! Madame, tel qu’on l’a
Réparé pour votre visite,
Tel, pour vous, qu’il se ressuscite,
Noblement placé dans un site
Où beaucoup d’Histoire coula,
Où l’âme légendaire abonde,
(Mais, au fait, n’est-ce pas par là
Que votre glaive étincela,
Chevaliers de la Table Ronde ?)
Ce Compiègne que revoilà
Est un joli coin de gala,
De beauté frivole et profonde,
D’héroïsme et de falbala ;
Nous n’avons pas mieux que cela ;
La plus belle France du monde
Ne peut offrir que ce qu’elle a.
C’est ici que, soumis aux charmes
De cette Archiduchesse en larmes
Qu’il se fiança par les armes,
Un doux Napoléon premier
Tailla des tilleuls et des charmes ;
Que l’Aigle, un jour, devint ramier ;
Que César se fit jardinier ;
Quand sur sa redingote grise
Il emporte Marie-Louise,
C’est dans ces murs qu’il la conduit:
La France, lorsqu’elle est éprise,
Ne peut pas faire mieux que lui.
Oui, c’est ici qu’on est idole,
C’est ici que nous adorons !
C’est ici qu’Amazone folle
On faisait, sur les grands perrons,
Sonner de petits éperons ;
C’est ici qu’on tenait école
De grâce autrichienne et molle ;
Qu’on payait d’une croquignole
Les auteurs de Décamérons ;
Et qu’oubliant les durs clairons
Puisque la flûte rossignole,
On s’accoudait, à l’espagnole,
Aux caisses des orangers ronds !
Et, vraiment, ce fin paysage
Qui vous sourit comme un visage
Auquel Septembre avertisseur
Ajoute encore la douceur
De quelques taches de rousseur ;
Cette forêt si peu sauvage
Que comme un bouquet de feuillage
La France porte sur son cœur,
(Car, ceci vaut bien qu’on y pense,
C’est ici notre Ile-de-France,