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Le Château du Milliardaire – L'intégrale orchestre un feuilleton où la demeure fortifiée d'un magnat devient théâtre de complots, vols et disparitions. Autour gravitent justicier, policiers, journalistes et héritiers. Prose nerveuse, chapitres brefs et cliffhangers impriment un tempo cinématographique. Gothique (souterrains, secrets) et modernité (auto, téléphone) s'y entremêlent, sur fond de critique des puissances d'argent. Arthur Bernède (1871-1937), romancier populaire et librettiste, forgea son efficacité au croisement du théâtre, de la presse et du cinéma. Cofondateur, avec Louis Feuillade, de la Société des Cinéromans, il concevait des récits doubles, pour l'écran et le journal. Co-créateur du justicier Judex, il oppose vertus civiques et prédations du capital; faits divers, peurs urbaines et technologie inspirent ce récit. Je recommande cette intégrale aux lecteurs de romans-feuilletons et aux chercheurs de l'imaginaire sériel. Elle allie plaisir d'une lecture rapide, portée par des rebondissements maîtrisés, et matière à penser sur richesse, surveillance et spectacle. Restituant la continuité du récit, l'édition éclaire l'architecture et la virtuosité d'un artisan majeur de la Belle Époque et des années 1920. Quickie Classics résume avec précision des œuvres intemporelles, préserve la voix de l'auteur et maintient une prose claire, rapide et lisible – distillée, jamais diluée. Suppléments de l'édition enrichie : Introduction · Synopsis · Contexte historique · Brève analyse · 4 questions de réflexion · Notes de l'éditeur.
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Veröffentlichungsjahr: 2026
Dans la forteresse fastueuse qu’érige l’argent, où les murs dissimulent autant de peurs que de privilèges, Le Château du Milliardaire met en tension le vertige du pouvoir, l’attrait du secret et l’implacable retour du réel, là où chaque porte close promet une vérité chèrement acquise, chaque couloir détourne les regards vers l’ombre et chaque geste, si assuré soit-il, révèle la fragilité d’un empire fondé sur la méfiance, la dévotion achetée et le risque permanent d’un scandale prêt à fissurer la pierre, à éprouver les loyautés et à confronter les illusions dorées à la rude arithmétique des conséquences.
Arthur Bernède, romancier et dramaturge français du XXe siècle, signe avec Le Château du Milliardaire un roman populaire où se mêlent mystère, aventure et enquête. Cette intégrale propose une lecture continue d’une intrigue conçue pour le grand public, dans la veine feuilletonesque qui a fait la notoriété de l’auteur. Sans s’enfermer dans une unique étiquette, l’ouvrage conjugue atmosphère mondaine et arrière-plans plus sombres, articulant la solennité d’un domaine luxueux et les zones d’ombre qu’il attire. L’époque irrigue le récit par son goût du spectaculaire et du suspense méthodique, offrant un cadre propice aux rivalités d’intérêts, aux intimidations subtiles et aux brusques retournements.
Le point de départ s’organise autour d’une demeure hors norme et de son propriétaire, figure d’influence dont la fortune aimante autant l’admiration que les convoitises. Un événement troublant fissure l’apparente quiétude et déclenche une succession d’indices, d’alertes et de gestes équivoques qui resserrent peu à peu l’étau. Entre visiteurs de passage, employés dévoués, intermédiaires empressés et autorités prudentes, chacun avance masqué par ses motifs, ses peurs et ses espoirs. Le lecteur pénètre un espace où le protocole et la mise en scène ne suffisent plus à maintenir l’ordre, et où la vérité, fragmentaire, se gagne au prix d’une persévérance constamment menacée.
La narration, ample et précise, privilégie une progression par paliers, alternant scènes visuelles, dialogues nerveux et accès mesuré aux pensées. On y reconnaît une efficacité héritée du roman à épisodes: chapitres tendus, fins de séquence qui relancent l’attention, économie des détails révélateurs. Le style évite l’emphase gratuite, préférant des descriptions fonctionnelles du décor, des gestes et des visages, afin de nourrir une tension continue. Le ton reste résolument dramatique sans renoncer à des touches d’ironie discrète, et le récit équilibre l’action et la déduction, laissant au lecteur la place d’anticiper, de soupçonner, puis de réviser ses hypothèses au gré des circonstances.
Par-delà l’intrigue, le livre interroge la puissance dissolvante de l’argent, sa capacité à façonner les comportements, à fausser les loyautés et à réécrire les hiérarchies. La demeure fastueuse devient un théâtre moral: refuge, musée de soi, vitrine intimidante, mais aussi piège qui enferme ses maîtres comme ses visiteurs. S’y entremêlent la question de l’honneur, les calculs d’influence, la peur du déclin et le besoin de reconnaissance. Les apparences tiennent lieu de boucliers fragiles, tandis que la rumeur, l’aveu partiel et le chantage esquissent une grammaire du pouvoir. L’enquête, en révélant des zones grises, rappelle qu’aucune fortune n’échappe au regard du temps.
Pour des lecteurs d’aujourd’hui, l’ouvrage résonne par sa lucidité sur l’opacité des empires privés, la spectacularisation de la richesse et la porosité entre intérêt individuel et bien commun. Sa mécanique feuilletonesque, faite de suspens réguliers et d’avancées pragmatiques, anticipe la dynamique des séries contemporaines: immersion, attente, gratification. On y trouve une réflexion implicite sur l’information, la confiance et la manipulation, dimensions dont l’actualité ne cesse de confirmer l’acuité. Le roman propose ainsi un double plaisir, immédiat et rétrospectif: se laisser entraîner par l’action, puis mesurer, en surplomb, la portée éthique des choix, des renoncements et des silences.
Lire Le Château du Milliardaire en intégrale, c’est redécouvrir une manière française de raconter le danger et le désir, façonnée par un auteur qui a durablement marqué le roman à grand public. L’ouvrage complète le panorama d’une littérature de divertissement ambitieuse, où le scrupule de l’intrigue soutient une méditation sur la responsabilité et la domination sociale. Sa clarté narrative, sa cadence soutenue et sa capacité à incarner des enjeux abstraits dans des situations concrètes en font une porte d’entrée accueillante vers l’univers de Bernède. On y mesure pourquoi ces récits, loin de vieillir, continuent d’éclairer nos fascinations et nos aveuglements.
Le Château du Milliardaire - L’intégrale d’Arthur Bernède rassemble l’ensemble d’un récit à suspense dont le décor central, un château fastueux appartenant à un milliardaire, sert de théâtre à une série d’épreuves. L’introduction met en place un huis clos de luxe où la richesse attire autant les convoitises que les allégeances intéressées. Autour du propriétaire gravitent proches, domestiques, partenaires et observateurs, chacun porteur d’un angle mort. Le lieu, conçu comme forteresse et vitrine, incarne à la fois la puissance et la vulnérabilité. Bernède amorce son intrigue en installant une atmosphère de surveillance réciproque, où la réputation et le secret deviennent des enjeux immédiats.
L’équilibre se fissure lorsqu’apparaissent des signes d’une menace organisée. Avertissements sibyllins, traces d’intrusion ou incident inexpliqué bousculent la confiance que le maître des lieux place dans ses précautions. Afin de reprendre l’initiative, il durcit l’accès au domaine et s’entoure d’experts, tandis que autorités et chroniqueurs s’intéressent de près à ce microcosme exposé. La perspective d’un affrontement ne tarde pas à s’inscrire dans les murs mêmes du château, dont l’architecture, pensée pour protéger, risque de piéger. L’enjeu se déplace de la sauvegarde d’une fortune à la préservation d’un ordre fragile, où chaque geste peut révéler une faille.
Une dynamique d’enquête s’impose, menée par des regards extérieurs autant que par des consciences intérieures désireuses de comprendre. Interrogatoires feutrés, vérifications matérielles et reconstitution des parcours font émerger une cartographie des lieux et des liens. Le château, avec ses pièces en enfilade, ses passages et ses dispositifs, devient un labyrinthe d’indices qui se répondent et se contredisent. Les alibis se délitent à mesure que se renforce l’idée d’un adversaire informé. Bernède articule alors un thème central: l’écart entre l’apparence de maîtrise attachée à la richesse et la réalité d’une dépendance aux autres, aux habitudes et au regard public.
À mesure que l’enquête progresse, l’adversité redouble d’audace et impose un nouveau rythme, plus serré. Un acte plus grave, une disparition, ou une tentative spectaculaire, resserrent l’étau et installent un sentiment d’urgence. Le huis clos se peuple de soupçons croisés; les fidélités basculent sous la pression, et la notion même d’asile vacille. La menace semble puiser dans des antécédents que l’on devine sans les connaître, signalant que les luttes d’aujourd’hui prolongent des conflits plus anciens. La dimension publique grandit, car ce qui se joue derrière les portes closes engage désormais une image, des intérêts et une mémoire.
Des révélations partielles changent l’orientation du récit sans en épuiser le mystère. La mise au jour de documents, de comptes anciens ou de correspondances éclaire des faits restés dans l’ombre et recompose les hiérarchies morales. Des protagonistes jusque-là secondaires se retrouvent au premier plan, révélant des motivations mêlées de loyauté, de crainte et d’ambition. La figure du milliardaire se nuance: protecteur exigeant, stratège jaloux de son indépendance, il découvre l’ampleur des contre-champs qui entourent son pouvoir. Pourtant, ces avancées laissent intacte la question d’ensemble: qui maîtrise vraiment le terrain, et jusqu’où ira la logique de riposte?
Le récit s’oriente alors vers une confrontation annoncée, dans un cadre resserré et sous contrainte de temps. Les lieux, de plus en plus familiers, sont réinvestis sous l’angle du danger: couloirs, issues et postes de garde deviennent autant de scènes possibles d’un dénouement programmé. Ingéniosité et sang-froid s’opposent à la témérité et au calcul, tandis que des alliances inattendues se nouent. Les protagonistes doivent arbitrer entre vérité, sécurité et réputation, sachant qu’un compromis mal pesé pourrait tout compromettre. Bernède maintient la tension en déplaçant constamment le centre de gravité, sans livrer d’emblée la clef des engagements ultimes.
Sans dévoiler ses aboutissements, l’intégrale met en lumière la manière dont Arthur Bernède marie les codes du roman-feuilleton avec une observation aiguë des effets sociaux de la richesse. Le château agit comme un miroir, renvoyant à la fois le désir de toute-puissance et la peur de la perte, et devient l’allégorie d’une société obsédée par l’image et la sécurité. Le rythme, les relais d’énigmes et l’art du rebondissement donnent à l’ensemble une ampleur feuilletonesque qui conserve sa force. Au-delà de l’intrigue, l’œuvre interroge la responsabilité du pouvoir privé et la fragilité des liens qui prétendent l’entourer.
Le Château du Milliardaire s’inscrit dans la France de la Troisième République, entre la fin de la Belle Époque et l’entre-deux-guerres. Paris domine la vie politique, avec un Parlement bicaméral, des gouvernements instables et une administration centralisée. La Préfecture de police de Paris et la Sûreté générale encadrent l’ordre public, tandis que le juge d’instruction organise l’enquête pénale. Les frontières internes s’effacent grâce au rail, mais les identités juridiques restent locales, nourries par le maillage des départements et des communes. Ce cadre institue un horizon de procédures, pouvoirs et limites que la fiction populaire explore pour mettre en tension justice, presse et intérêts privés.
Ces décennies voient l’essor d’industries et de banques capables d’accumuler de vastes capitaux. Des groupes comme Schneider au Creusot, Michelin à Clermont-Ferrand ou les Wendel en Lorraine structurent des bassins entiers, tandis que la place de Paris, dominée par de grands établissements (dont Paribas et la Banque de l’Union Parisienne), finance mines, chemins de fer et travaux publics. Les fortunes rapides et les bulles spéculatives côtoient les faillites retentissantes. Le scandale de Panama (1892–1893) puis l’Affaire Rochette (1908–1914) nourrissent la méfiance envers la haute finance et l’entremêlement des pouvoirs. Ce climat alimente les intrigues où milliardaires, intermédiaires et autorités s’observent.
Sur le plan social, la France passe d’un ordre dominé par la noblesse foncière à une société où la bourgeoisie industrielle et financière impose ses codes. Les châteaux, symboles d’ancien régime, deviennent aussi des vitrines de réussite pour des propriétaires nouveaux, français ou étrangers, qui achètent, restaurent et modernisent des demeures avec l’électricité, le téléphone ou l’automobile. Le service domestique reste un marqueur d’aisance, tandis que la mobilité sociale s’accompagne de crispations. Lois sociales (repos hebdomadaire, journée de huit heures après 1919) et poussées syndicales recomposent les rapports de force. Cette redistribution des prestiges nourrit récits d’ascension, rivalités et suspicion.
