Le complexe de Di - Marie Mahon - E-Book

Le complexe de Di E-Book

Marie Mahon

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Beschreibung

Cette fiche de lecture sur Le complexe de Di de Dai Sijie propose une analyse complète de l'oeuvre :

• une biographie de Dai Sijie
• une bibliographie de Dai Sijie
• une filmographie
• un résumé du Complexe de Di
• une analyse des personnages
• une présentation des axes d'analyse du Complexe de Di de Dai Sijie
• une analyse du style de l'auteur

Notre fiche de lecture sur Le complexe de Di de Dai Sijie a été rédigée par un professeur de français.

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Seitenzahl: 58

Veröffentlichungsjahr: 2015

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Le complexe de Di

Dai Sijie

I. RÉSUMÉ

« Je reviendrai un jour, avec Volcan de la Vieille Lune, quand elle sortira de prison. Elle aura apporté son appareil photo et prendra des clichés des pêcheurs, de leur dur labeur, de leur misérable vie quotidienne, la plus pauvre de la Chine, si ce n’est du monde. Moi, je noterai leurs rêves, ceux des adultes et ceux des enfants. Je leur raconterai la théorie de Freud, surtout sa quintessence, le complexe d’OEdipe, et on s’amusera à voir comment ils hurleront de surprise en secouant leurs têtes basanées. »

Muo, myope, puceau et fervent adepte de l’esprit chevaleresque, repart pour la Chine après un long exil en France. Il a décidé de délivrer Volcan de la Vieille Lune, sa fiancée emprisonnée pour avoir divulgué des photos interdites. Or s’il veut atteindre ce but, Muo doit s’attirer les grâces du cruel juge Di. Il ne dispose que d'une arme : la psychanalyse, inconnue en Chine. Dans son combat, la médecine des âmes s’avérera de grande utilité. Muo, devenu psychanalyste ambulant, l’étendard freudien claquant au-dessus de sa bicyclette, progresse vers son aimée à travers un pays en pleine métamorphose, surprenant et même dangereux, prêt à tout pour satisfaire le juge Di, tyran capricieux qui souffre d’un monstrueux complexe.

II. RÉSUMÉ DÉTAILLÉ

Première partie : Trajectoire de l’esprit chevaleresque

Un disciple de Freud

Nous sommes en 2000. Monsieur Muo, un apprenti psychanalyste d’origine chinoise, récemment rentré de France, voyage en train dans le sud de la Chine. Il transporte avec lui pour seul bagage, une valise « Delsey » bleu clair à roulettes, munie d’une canne pliable en métal chromé. Muo veille sur sa valise avec une vigilance de maniaque. Il sort un cahier et un crayon et commence à prendre des notes. Depuis onze ans, à Paris, Muo passe toutes ses nuits à noter des rêves, les siens d’abord, mais aussi ceux des autres. Il rédige ses notes en français, consultant un dictionnaire Larousse pour vérifier chaque mot qui veut lui barrer la route.

Au début des années 90, Muo arrive à Paris, après avoir brillamment réussi, en Chine, un concours cruellement difficile et obtenu une bourse du gouvernement français pour mener à bien une thèse de doctorat sur une des nombreuses langues alphabétiques des civilisations de la Route de la Soie. Cette bourse lui fut versée en quatre ans durant lesquels il se rendit trois fois par semaine chez Michel Nivat, un psychanalyste lacanien. Durant quatre ans, M. Nivat le reçut avec le calme et la patience d’un missionnaire chrétien écoutant avec clémence les fantasmes et secrets intimes d’un nouveau converti touché par la grâce de Dieu. La naissance du premier psychanalyste chinois se fit dans la douleur car Muo ne maîtrisait pas la langue française.

Dans le train, Muo s’est endormi. Une jeune fille nettoie le sol près de lui, heurte la table pliante du wagon et fait tomber les lunettes de Muo qui ouvre les yeux. Muo les ramasse. La jeune fille ricane et continue son ménage. Une conversation s’engage entre eux et Muo apprend que le père de la jeune fille était cireur de chaussures et qu’elle lui apporte un cadeau : un téléviseur chinois de marque « Arc-en-ciel ». Puis, elle sort une natte en bambou de son sac, l’étale sous le banc, glisse sous le siège et disparaît. Muo se lève pour se rendre aux W.-C.. À son retour, il constate que la jeune fille n’est plus sous le banc et sa précieuse valise a disparu…

Le drame prénuptial d’une embaumeuse

Muo entretient une conversation téléphonique avec une ancienne camarade d’école, maintenant âgée de quarante ans, qu’il appelle pour lui souhaiter un joyeux anniversaire. L’embaumeuse est veuve de Jian, un professeur d’anglais dans un lycée. Muo veut qu’elle lui raconte comment elle a connu son mari. L’embaumeuse lui raconte qu’elle a connu Jian dans le funérarium où elle travaille encore aujourd’hui. Elle l’avait trouvé, vers cinq heures du soir, devant le corps de sa mère, étendu sur une table à roulettes. Elle n’était qu’une simple coiffeuse à l’époque mais s’est chargée d’embaumer le corps de la femme. Il a fallu transporter le corps sur plusieurs étages dans un escalier étroit, ce qui a donné lieu à plusieurs faits cocasses. C’est à ce moment que l’Embaumeuse a eu le coup de foudre pour Jian. Il a aussi eu un coup de foudre pour elle mais, un homosexuel ne peut faire l’amour avec une femme. Poussé au désespoir, Jian s’est jeté par la fenêtre le soir de leurs noces et c’est ainsi que l’embaumeuse est devenue veuve et est restée vierge.

Les parties de mah-jong

La séance de psychanalyse par téléphone s’achève à minuit. L’aveu de la virginité de son ancienne voisine l’Embaumeuse, allume une lueur chez Muo. Il s’habille et sort. Il débouche dans la rue principale et entre dans une maison de thé, en face d’une briqueterie privée. Il ressort sans avoir bu une goutte. Il franchit un pont et longe un fleuve sombre. À l’endroit où le fleuve se jette dans la mer, il se déshabille et s’avance sur un rocher. Il pense à son amie Volcan de la Vieille Lune, emprisonnée pour avoir vendu des photos de brutalité policière à la presse occidentale. Il rêve au jour où elle sortira de prison. Le calme est rompu par un bruit de moteur. C’est un car de touristes chinois. Des hommes et des femmes descendent sur la plage pour manger du crabe. Muo glisse avec précaution dans l’eau. Il nage vers l’est de la crique guidé par des cris légers, flottant au milieu de la mer. Il atteint une embarcation qui semble abandonnée à la dérive mais découvre un homme et une femme en train de s’accoupler. Honteux, il recule le plus discrètement possible. Hésitant, il remonte sur les rochers où sont ses vêtements. L’odeur des crabes cuits à la vapeur arrive jusqu’à lui. Les touristes chinois jouent au mah-jong en attendant que les crabes soient prêts à manger. Allongé sur le roc, Muo médite la phrase du juge Di : « Ah ! les petits dominos du mah-jong, quelle fraîcheur exquise, aussi exquise que la main d’ivoire d'une jeune vierge ».

Ce fut au mois de mai, deux mois avant la perte de sa valise dans le train et quatre mois et demi avant cette nuit, qu’il présenta au juge Di Jiangui, sa lettre de créance, soit un pot-de-vin de dix mille dollars. Au début des années 1970, Di Jiangui était entré dans la police où il avait passé une quinzaine d’années et était devenu un tireur d’élite dans les pelotons d’exécution. En 1985, il avait été nommé au tribunal de Chengdu, une ville de huit millions d’habitants. Comme la plupart des affaires du pays se traitent à coups de pots-de-vin, il avait fixé son tarif à mille dollars pour le multiplier rapidement jusqu’à dix mille pour un délit de droit commun. Volcan de la Vieille Lune était tombé sous son joug.