Erhalten Sie Zugang zu diesem und mehr als 300000 Büchern ab EUR 5,99 monatlich.
Cette fiche de lecture sur
Le voyage d'Anna Blume de
Paul Auster propose une analyse complète de l'oeuvre :
• une biographie de Paul Auster
• une bibliographie de Paul Auster
• un résumé du Voyage d'Anna Blume
• une analyse des personnages
• une présentation des axes d'analyse du Voyage d'Anna Blume de Paul Auster
• une analyse du style de l'auteur
• appréciation personnelle
Notre fiche de lecture sur Le voyage d'Anna Blume de Paul Auster a été rédigée par un professeur de français.
À propos de FichesDeLecture.com :
FichesdeLecture.com propose plus 2500 analyses complètes de livres sur toute la littérature classique et contemporaine : des résumés, des analyses de livres, des questionnaires et des commentaires composés, etc. Nos analyses sont plébiscitées par les lycéens et les enseignants. Toutes nos analyses sont téléchargeables directement en ligne. FichesdeLecture est partenaire du Ministère de l'Education.
Sie lesen das E-Book in den Legimi-Apps auf:
Seitenzahl: 69
Veröffentlichungsjahr: 2015
Das E-Book (TTS) können Sie hören im Abo „Legimi Premium” in Legimi-Apps auf:
Paul Auster
In the Country of Last Things est le titre original du voyage d’Anna Blume. De ce « pays des choses dernières » où elle tente de survivre au froid, aux prédations et au désespoir, Anna Blume – venue chercher son frère disparu, William – écrit une longue lettre dont on ne sait si elle trouvera jamais son destinataire : ses errances dans une ville aux rues éventrées, sa lutte pour subsister parmi les « chasseurs d’objets » et les « ramasseurs d’ordures », la mort omniprésente, la difficulté de vivre des amours durables… revêtent ici une force symbolique d’une actualité étonnante. Et cette lettre, en même temps qu’elle éveille en lui un passé de terreur et d'apocalypse, interroge d’insidieuse façon le lecteur sur son rapport au monde… et au langage.
Anna Blume est une jeune juive de dix-neuf ans issue d’une famille aisée qui entreprend un voyage dans le but de retrouver son grand frère William, journaliste disparu au cours d’un reportage. Elle monte à bord d’un navire d’une œuvre caritative étrangère et parvient jusqu’à la ville où son frère a disparu. Les premières pages décrivent la vie dans cette ville étrange où aucun repère ne subsiste et où la survie devient la préoccupation première des habitants. Elle décrit la faim qui pousse les gens à fouiller dans les ordures à la recherche d’une bouchée, prenant des risques énormes pour la plus infime des miettes. Les marchés municipaux sont la principale forme de distribution alimentaire mais les pénuries sont fréquentes. Il y a aussi les marchés privés mais ils sont illégaux et les voleurs sont le fléau des clients de ces marchés. Marcher dans les rues est une entreprise périlleuse. Des hommes construisent des barricades, s’arment de gourdins et attendent que les gens viennent. Si on veut passer, il faut leur donner ce qu’ils exigent : parfois de l’argent, parfois de la nourriture, parfois du sexe… Les meurtres sont fréquents. Les gens meurent et les bébés refusent de naître. De nouveaux réfugiés arrivent chaque jour de la campagne et constituent des victimes faciles pour les voleurs. Ceux qui ont un logement courent toujours le danger de le perdre : pas de bail et aucun support juridique sur lequel s’appuyer. Il n’est pas rare que les gens soient expulsés de leur logis par la force et jetés à la rue. Pour ceux qui n’ont pas de logement, ils se font promettre des appartements par des agences de location et engloutissent leurs derniers sous dans ces promesses illusoires. Nombreux sont ceux qui redeviennent comme des enfants et remplissent les espaces vides par des rêves. Des conversations de groupe se créent et chacun y va de ses fantasmes les plus débridés. Souvent, le sujet principal est la nourriture. Anna appelle cela la langue des spectres et refuse d’y participer. Il y a aussi les Coureurs. Leur but est de mourir aussi rapidement que possible en courant jusqu’à épuisement total. Ils se déplacent par groupes de six, dix, voire vingt. Pour y adhérer, il faut subir de difficiles épreuves d’initiation. Les Sauteurs poursuivent le même but mais avec des moyens différents. Ils grimpent sur les lieux les plus élevés sans autre raison que celle de sauter. Le Saut ultime est un acte qui correspond au désir profond de mourir en un éclair. Ceux qui ont de l’argent peuvent s’adresser aux Cliniques d’euthanasie. Plusieurs modèles de mort sont disponibles suivant le prix qu’on accepte de payer : Le Voyage retour, le Parcours des merveilles, la Croisière des plaisirs… Ceux qui désirent mourir peuvent aussi s’inscrire dans les Clubs d’assassinat. On leur attribue alors un assassin et le client peut compter sur une mort rapide et violente dans un avenir pas très lointain… Mais la plupart des gens meurent dans la rue. Des charognards écument les rues en permanence et dépouillent les morts de toutes leurs possessions. Tous les matins, la municipalité fait sortir des camions pour ramasser les cadavres et les acheminer vers les Centres de transformation où ils sont incinérés. Pendant les premières semaines qui suivent son arrivée, Anna doit dormir dans les parcs et se protéger de l’humidité avec du papier journal qu’elle insère par bandes dans ses chaussures et ses vêtements. La pluie est particulièrement pénible car lorsqu’elle se mouille, elle continue à le payer pendant des jours : rhumes, les os glacés, chaussures trempées qui provoquent des ampoules, des cors, des oignons, des ongles incarnés, des plaies… Le temps est imprévisible. Les Tout-sourires croient que le mauvais temps résulte des mauvaises pensées et maintiennent donc une inébranlable bonne humeur si sombre soit la situation autour d’eux. À l’inverse, les Rampants croient que les conditions continueront à empirer jusqu’à ce qu’ils réussissent à démontrer à quel point ils ont honte de leur manière de vivre. Ils se prostrent à terre et refusent de se relever jusqu’à qu’un signe leur soit donné que leur pénitence a été jugée suffisante. Il n’y a plus d’écoles, le dernier film a été projeté voilà plus de cinq ans, le vin est si rare que seuls les riches peuvent se le payer. Le désespoir le plus extrême coexiste avec l’inventivité la plus éblouissante. On ne jette presque plus rien et la récupération va bon train. Le réseau d’égouts est en grande partie détruit. Les Fécaleux passent bruyamment dans les rues trois fois par jour avec une grande cuve dans laquelle les gens vident leurs seaux. Les déchets humains servent à produire de l’énergie pour chauffer les maisons. Il est interdit de s’en débarrasser sous peine de mort. Pour survivre, il faut travailler et gagner de l’argent. Pour ceux qui sont au bas de l’échelle, le métier de charognard est la solution la plus répandue. Tous les charognards appartiennent à l’une de deux grandes classes : les Ramasseurs d’ordures et les Chasseurs d’objets. Les Ramasseurs d’ordures recueillent le plus d’ordures possible et les transportent à la centrale d’énergie la plus proche où on les paie tant par kilo – un prix ridiculement bas – et les immondices sont ensuite versées dans une des cuves de traitement. Ils doivent s’acheter un chariot de supermarché en métal pour faire leur collecte. Sans chariot, il est impossible de réussir à gagner sa vie dans ce métier. La plupart des propriétaires de chariot se protègent des voleurs en attachant leur chariot avec une sorte de laisse appelée « cordon ombilical » qu’ils se passent autour de la taille. Le Chasseur d’objets est à la recherche d’objets à récupérer et il les vend généralement à un des agents de Résurrection de la ville, des exploitants privés qui les convertissent en nouvelles marchandises vendues au marché libre. La compétition est vraiment terrible mais c’est l’activité que choisit Anna pour arriver à survivre. Elle ne réussit pas très bien car elle est incapable de dépouiller des cadavres et elle est isolée des autres charognards et donc sans protection ni alliés pour la protéger des Vautours : des charognards qui volent les autres charognards.
Anna n’a jamais trouvé William ni rencontré quelqu’un qui aurait pu lui dire où il se trouvait. Elle craint qu’il ne soit mort mais n’en a aucune certitude. La dernière semaine avant son départ, elle rencontre le directeur en chef du journal de William. Il s’appelle Bogat, c’est un homme chauve avec un gros ventre. Il écoute son histoire et l’informe que William n’a pas envoyé de dépêche depuis plus de neuf mois. Selon lui, un bon reporter réussit toujours à expédier son papier et William est son meilleur journaliste. Ce qui signifie que William a des ennuis et qu’il ne reviendra pas. Il essaie de dissuader Anna de partir à sa recherche car personne ne ressort de là-bas. Il lui dit qu’il a envoyé quelqu’un d’autre à sa recherche il y a environ un mois. Devant l’obstination d’Anna, il renonce à la convaincre. Il lui remet une photo de l’homme parti pour rechercher William. Son nom est Samuel Farr. Cette photo est son dernier lien avec William.
