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Cette fiche de lecture sur
Un Souvenir de
Michel Déon propose une analyse complète de l'oeuvre :
• une biographie de Michel Déon
• un résumé d'Un Souvenir
• une analyse des personnages
• bibliographie de Michel Déon
• une présentation des axes d'analyse d'Un Souvenir de Michel Déon
Notre fiche de lecture sur Un Souvenir de Michel Déon a été rédigée par un professeur de français.
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Seitenzahl: 48
Veröffentlichungsjahr: 2015
Michel Déon
Michel Déon est né le 4 août 1919, à Paris, dans une famille de militaires et de fonctionnaires. Il a fait ses études à Janson de Sailly, aux lycées de Monaco et de Nice. En 1937, il étudie à la faculté de droit de Paris.
Mobilisé jusqu’en novembre 1942, il reste en zone sud et travaille comme secrétaire de rédaction à l’Action française. Il regagne Paris à l’automne de 1944 et travaille dans divers journaux en même temps qu’il prépare son premier roman. Il quitte Paris en 1946 et devient correspondant de presse en Suisse et en Italie.
En 1950, il part pour les États-Unis grâce à une bourse de l’institute of International Education, relayée par une bourse de la fondation Rockefeller, qui lui permet de visiter le Canada français et d’étudier les mœurs et la langue des Acadiens de Louisiane.
Au retour, à la fin de l’année 1951, il se consacre de nouveau au journalisme et commence la publication régulière de romans. En 1956, il entre comme conseiller littéraire aux éditions Plon qu’il quitte en 1958, pour séjourner près d’un an au Portugal, puis dans le Tessin et enfin en Grèce, à Spetsai.
À Paris de nouveau en 1961, il collabore aux éditions de la Table Ronde et tient la chronique dramatique des Nouvelles littéraires où il prend la succession de Gabriel Marcel.
En 1963, il repart pour la Grèce et s’installe pour cinq ans à Spetsai. En 1968, il fait un long séjour au Portugal puis à partir de 1969, il partage son année entre l’Irlande, la Grèce et Paris.
Michel Déon est marié et a deux enfants.
Il a reçu de nombreux prix pour ses livres :
− le prix de la ville de Nice pour son livre Je ne veux jamais l’oublier (1951)
− le prix des Sept pour Le Dieu pâle (1954)
− le prix Kauffman pour le Balcon de Spetsai (1961)
− le prix Interallié pour Les Poney Sauvages (1970)
− le grand prix du roman de l’Académie française pour Un Taxi Mauve (1973)
− le grand prix européen de littérature pour albums d’enfants Thomas et l’infini (1976)
− le Glendiddich Award décerné à Dufftown (Écosse) pour les deux volumes du Jeune Homme Vert (1977)
− le prix des Maisons de la presse pour Je vous écris d’Italie (1984)
− le prix Giono pour l’ensemble de son œuvre en 1996.
Michel Déon est Docteur honoris causa des Universités d’Irlande. Il est membre associé de l’Académie des sciences portugaises, section des Lettres. Il a été élu à l’Académie française, le 8 juin 1978, au fauteuil de Jean Rostand (huitième fauteuil).
Installé depuis trente ans en Irlande, dans le comté de Galway, Michel Déon vit avec sa femme dans un ancien presbytère du XVIIIe siècle, Rectory House. Une terre chargée d'histoire que l'écrivain arpente, avec chiens et chevaux. Il vient de consacrer un livre à ses souvenirs de la terre d'Irlande, dont le titre est « Cavalier, passe ton chemin ! ».
Un souvenir. Ce n’est qu’un souvenir. Peu de chose en vérité pour Edouard qui, désireux de goûter à tout, s’est gardé libre sa vie durant. Pourtant ressuscité de ses cendres grâce à une vieille photo, ce souvenir, qu’Edouard croyait enfoui sous des montagnes d’autres souvenirs, refait soudain surface et lance un appel au secours pour que ne soient pas oubliés les élans passionnées de l’adolescence, les tendres échanges avec une frêle beauté. Cela se passait avant la guerre, à Westcliff-on-Sea, une station balnéaire de l’Essex, et ils étaient très jeunes, elle Sheila, lui alors surnommé Ted. Trop jeunes pour se dire toujours.
Quand, un demi-siècle plus tard, Edouard retrouve inchangés le ciel, la mer, la maison de la bien-aimée, le souvenir devient si douloureux à son cœur qu’il pense seulement à le fuir. Ce voyage sur des traces anciennes n’aura tout de même pas été inutile : dialoguant avec son passé, Edouard sait enfin que la vie a été généreuse : elle lui a permis d’aimer.
Bien que le jeune homme fût d’un avis contraire, le vieil homme poursuivait l’idée qu’en retournant sur les lieux, il apaiserait ses regrets. Le jeune homme surnommé Ted, assurait au vieil homme, Edouard, que le voyage à Westcliff-on-Sea, raviverait ses regrets d’une façon intolérable. À son âge, ne valait-il pas mieux fuir les émotions fortes ? Ils allaient marchant de pair, dans les rues de Paris. « Si vous n’aviez pas retrouvé cette photo, vous n’y auriez plus jamais pensé » , disait Ted.
Edouard avait demandé à un laboratoire de copier de d’agrandir la photo jaunie avec le temps. Elle datait de 1936. « Je ne vous suivrai pas, disait Ted, vous irez seul. Je ne vous suivrai pas dans cette nouvelle folie. »
Edouard prend le train du matin et à trois heures, la malle appareille pour Douvres. Sur le pont-levis du ferry, un jeune homme chevelu se couche soudain en travers, bloquant le passage des autos. Il contemple le ciel vide de ses grands yeux bleus perdus dans le roux des sourcils et des cils. On va chercher une civière pour l’embarquer. À peine est-il dans la cale, que le second accourt et croise les bras au-dessus de sa tête dans un geste de dénégation pour signifier qu’il refuse de prendre à bord un malade mental, peut-être un drogué. Les marins redescendent et vident leur fardeau sur le quai.
