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Le destin est-il armé d'un couteau? Si les mythes éclairent les hommes, au sein de la famille Richebourg, le destin peut prendre des allures sombres. Qu'en est-il des jumeaux, Ronan et Rudolf? Vont-ils devenir semblables au destin de la légende romaine, Romulus et Rémus? Le premier est un artiste peintre qui cherche à s'accomplir et qui s'interroge sur l'avenir de l'art; le second travaille au sein de la société Richebourg et méprise son frère. Cependant, il nourrit du ressentiment à son égard et ignore que la création est synonyme de sacerdoce. Qu'en est-il de Ronan Richebourg? Sa vie se résume à l'art, et lui-même rêve de peindre la grande oeuvre qui ferait la synthèse des arts anciens et modernes. Parfois, il s'interroge sur les oeuvres d'Eugène Delacroix et d'Edouard Manet. Néanmoins, il questionne ses oeuvres.
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Seitenzahl: 148
Veröffentlichungsjahr: 2023
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« Un des désavantages essentiels qu’apporte la fin des visions métaphysiques du monde réside en ce que l’individu se concentre intensément sur le peu de temps qu’il a à vivre et qu’il ne se sent pas poussé par des impulsions plus fortes à bâtir des institutions susceptibles de durer des siècles. »
Friedrich NIETZSCHE
Prologue : les frères Richebourg
La galerie Bellanger
Les chemins de la solitude
Un partenaire de ski
Le musée d’Orsay
Roxane & Ronan
La comédie humaine
Poisson d’avril
Drôle de journée
Nostalgique de Dieu
Le tableau inachevé
José Miguel Arguas
Les vanités humaines
Épilogue : une vente aux enchères
Chaque jour, Ronan Richebourg passe ses journées à l’atelier. Dans le silence, il prépare la rentrée d’automne. Depuis des années, il se voue à l’exercice de son art et ne se pose pas de questions sur sa destinée. Les hommes sont-ils voués à vivre le destin des mythes oubliés ? La vie est une épopée sans fin et, au XXIe siècle, voilà que les mythes surgissent dans un monde obscurci. Les jumeaux Richebourg, Ronan et Rudolf, savent-ils ce qui les attend ? Nés le 9 décembre 1983, vont-ils connaître un destin semblable au mythe romain, Romulus et Rémus ? Le jour de leur naissance, leurs parents ne pouvaient présager que ce mythe allait frapper à leur porte. Mariés en 1981, François et Constance ont passé leur lune de miel à Rome, et au moment où ils ont quitté la ville d’art et d’histoire, ils ne pouvaient imaginer le pire, c’est-à-dire l’histoire d’un fratricide.
Calme et lumineux, le loft fait la joie de l’artiste. Au rez-de-chaussée, les chevalets et les tableaux reflètent les motivations d’un artiste de trente-deux ans. Curieusement, il exècre les critiques d’art et les faux artistes qui méprisent l’histoire de l’art en général. Chacune de ses œuvres est un pied de nez à l’art contemporain et, depuis ses études à l’école des Beaux-Arts, il rend hommage aux artistes du passé. À une époque où l’art a perdu de sa souveraineté, il redonne vie à la peinture et refuse la mort de l’art. En revanche, son frère vit dans un appartement haussmannien qui offre une belle configuration : une magnifique entrée et une vaste réception. Comment ont-ils fait fortune ? Au siècle dernier, dans l’un des berceaux de la production de la chaussure française, leur grand-père Édouard Richebourg, né à Cholet, quitte sa ville d’origine ; en 1911, dans une grande maison parisienne, il réalise ses premiers modèles. En 1920, il lance à Cholet sa première unité de fabrication de souliers haut de gamme. Au printemps, dans la capitale française, il ouvre son premier magasin, et en un semestre, les résultats commerciaux sont à la hauteur de ses attentes. Le chiffre d’affaires se développe, et le patriarche multiplie les ouvertures d’enseigne. La marque devient alors une référence dans le secteur de la chaussure.
Après la Seconde Guerre mondiale, la France se doit de rattraper son développement économique. Son fils rejoint la société et, à vingt-huit ans, son père le nomme directeur des ventes. Chaque année, il lui octroie de nouvelles responsabilités. Le jour où Édouard Richebourg meurt d’un infarctus, en qualité de fils unique, il se retrouve à la tête d’une société qui représente un important capital social. Il n’hésite pas à Paris, à Lyon, à Marseille, à Toulouse ou à Bordeaux, à ouvrir de nouvelles succursales. Bref, la vie est une ronde éternelle et lui-même devient le patriarche de la famille. Au fil des années, son fils et sa fille rejoignent la société, à la différence de leur fils Ronan qui exècre le commerce. Sa famille n’apprécie guère les motivations de ce dernier. Paradoxalement, ils sont fiers de sa réussite. Depuis des années, leur fils expose dans des galeries européennes. Le jour où une institution a fait l’acquisition de l’une de ses œuvres, ils ont eu le sentiment que leur famille venait d’embrasser la terre entière. Leur nom devenait une référence dans le domaine des arts. Il remercie ses parents et, à la différence de certains amis artistes qui vivent précairement, il a les moyens de tenir tête à son époque. Sans l’argent familial, aurait-il pu devenir artiste peintre et vivre dans un loft ? Dans tous les cas, la chance l’accompagne et, en cette journée d’été où il brave les températures caniculaires, il n’a que faire des congés d’été. Son frère loue chaque année une villégiature à La Baule, et sa sœur a pris la direction de Deauville. Décidément, les enfants de riches fréquentent des stations balnéaires où l’argent est un mot de passe qui permet en l’occurrence d’ouvrir certaines portes. Il s’arrête un instant, prend du recul, regarde son œuvre en chantier, boit une gorgée d’eau et se remet à travailler.
Plaidoyer pour des œuvres prometteuses, voilà l’ambition d’Hugo Bellanger ! Le visage ridé, une physionomie souriante et le regard vif, à soixante-deux ans, il expose dans les foires d’art contemporain, et dans sa profession, ses choix reflètent sa personnalité. Galeriste depuis trois décennies, sa passion de l’art le guide vers des artistes peintres qui font les ambitions de demain. Il visite chaque année des ateliers d’artistes, et ce découvreur né laisse ordinairement mûrir ses projets. Un jour d’été, à Versailles, un ancien professeur de l’école des Beaux-Arts lui parle d’un ancien étudiant, Ronan Richebourg. Fin septembre, il visite l’atelier et découvre les œuvres d’un artiste âgé de vingt-cinq ans. Depuis ce rendez-vous, Ronan a mûri, et en ce samedi d’octobre où il expose à la galerie, exceptionnellement, il porte un costume gris. Au moment où il entre dans la galerie, Hugo le reçoit cordialement. L’un et l’autre échangent quelques mots concernant l’exposition et certains collectionneurs le félicitent. L’art a sa part de mystère et, des grottes de Lascaux à Giorgio de Chirico, certains artistes modernes tentent de percer les secrets des chefs-d’œuvre de l’humanité. En milieu d’après-midi, sa sœur Ariane, accompagnée de son époux, semble bouleversée. L’année dernière, elle a mis au monde un enfant mort-né et, pour surmonter les larmes, Ronan a peint des crânes et des anges. Sa sœur comprend que l’exposition explore l’éternelle question de l’homme et de sa fragilité. En quelque sorte, l’art permet d’exorciser les malheurs de la vie. Entre naissances et décès, entre joies et peines, la vie humaine n’est qu’une longue épreuve où chacun est soumis aux caprices du destin. Devant Ariane, il ne peut s’empêcher de sourire et il l’embrasse chaleureusement. Il n’aime guère les vernissages. Généralement, il prend ses distances avec les collectionneurs qui viennent admirer ses œuvres. Il regarde sa sœur et salue son beau-frère. Un homme bedonnant, vêtu d’un blazer bleu marine, le félicite. Ce distributeur spécialisé dans le domaine de l’informatique investit chaque semestre dans des artistes de renom.
— Vous allez devenir prospère ! dit-il aimablement.
— Croyez-vous ? demande Ronan qui fait preuve de réserve.
— Je plaisante, reprend-il en riant.
— Pourquoi avez-vous peint des anges ? interoge cet homme.
— Je ne peux vous répondre, répond Ronan qui observe sa sœur.
Devant Ariane, il fait preuve de pudeur, car il ne veut pas mélanger les questions familiales et l’art à proprement dit. Depuis des années, il vit dans son atelier, reclus du reste du monde et, lors des vernissages, il a le sentiment qu’un décalage se produit entre lui et les expositions. En somme, il n’a pas l’habitude de côtoyer des personnes. Cependant, il expose à Rome, Madrid, Genève, Berlin et Londres. Sa sœur regarde à nouveau les œuvres exposées et découvre que son frère bouscule les idées reçues de son époque. Par exemple, Ronan redoute les critiques d’art, car ils ne prennent pas toujours en question ses préoccupations d’ordre artistique. Cet artiste est une sorte d’esthète qui tente de marcher dans le sillage des grands noms de l’histoire de l’art. Ainsi, il admire Mantegna, Philippe de Champaigne, Le Tintoret, et les jours où il est fatigué ou déprimé, il doute de lui-même. En revanche, il se méfie des artistes à la mode, car il ne cesse de penser que la mode se démode. Devant un collectionneur accompagné de sa femme, il pose des questions, et cet industriel vêtu d’un pull-over bleu et d’une veste en tweed ne comprend pas qu’il puisse peindre des sujets sortis de l’histoire. Sa collection comprend des œuvres de Daniel Buren et, devant ses amis, il est fier de sa dernière acquisition, une œuvre de Sigmar Polke. Il échange encore quelques mots de cordialité avec cet homme qui en impose par sa forte personnalité. L’homme l’observe, et Ronan découvre qu’il n’a rien à dire de particulier. Quelques minutes plus tard, son frère, vêtu d’un imperméable, entre dans la galerie. Les mains dans les poches de son vêtement, il fait preuve d’une certaine légèreté. Il n’aime guère l’art en général, et sa vision du monde se fonde sur l’argent. Si le premier explore la solitude, le second cherche à découvrir des horizons nouveaux.
— Fidèle à tes engagements ! affirme-t-il pres que ironiquement.
— Pourquoi changer ? répond-il du bout des lèvres.
— Voilà un rebelle dans l’âme ! dit-il sauvagement.
Chacun s’imagine que l’art est un havre de paix. Un artiste peintre qui explore d’autres rivages met sa vie au service de la beauté et de la vérité. Son frère ne voit dans l’art que les apparences et ne cherche pas à pénétrer la profondeur des œuvres. Au moment où Ariane s’interpose entre ses frères, elle refuse que ceux-ci se livrent à une bataille verbale. Au même moment, il aperçoit des personnes de sa connaissance et oublie son frère. Question famille, les frères jumeaux se ressemblent à la perfection. Cependant, leurs personnalités ne s’accordent pas, car question culture, l’un et l’autre ne parviennent pas à se comprendre. Le premier écoute de la musique sacrée, le second les chansons des Rolling Stones. Selon Ronan, les messes de Wolfgang Amadeus Mozart transcendent l’humain, tandis que les chansons des Stones sont synonymes d’une anarchie des âmes.
Discrètement, il s’écarte de sa famille et rejoint un collectionneur qui affectionne ses œuvres. Cet industriel achète des œuvres à la FIAC et fréquente les grandes galeries parisiennes. Depuis des années, il refuse d’acquérir des artistes qui défrayent la chronique. Méfiant par nature, il achète peu et s’abstient des coups de cœur. Il possède des dessins de William de Kooning. Sa collection fait des envieux et, à quarante-neuf ans, il possède une œuvre d’Anselm Kiefer. Sa femme travaille dans le secteur de la mode et, chaque mois, elle lit la presse spécialisée. Ce collectionneur possède également des œuvres de Gérard Garouste, Sandro Chia, Markus Lüpertz et Miquel Barceló. Au moins, il a la certitude que ces artistes ne perdront pas leur cote au fil des années. Pourtant, il a acheté une œuvre de Ronan Richebourg. Depuis qu’une institution culturelle l’expose, il peut envisager d’investir dans l’une de ses œuvres. Aujourd’hui, il a décidé d’acheter cet artiste peintre qui bouscule les paradigmes de son époque et qui méprise les tenants de l’art conceptuel.
Parmi les invités, il aperçoit Roxane et, discrètement, il la rejoint. Les vernissages sont l’occasion de revoir les amis ou les collectionneurs. Vingt-six ans, une silhouette longiligne, ses yeux perçoivent la profondeur des êtres. Depuis des années, il refuse de perdre son temps avec des jeunes femmes qui ne voient en lui que sa puissance sociale. Avare de son temps, il a choisi la solitude et n’aime guère sortir. Que fait-elle de son temps ? Depuis sa vingt-deuxième année, elle vit de ses charmes. Elle s’acoquine avec des hommes qui font preuve d’une certaine prodigalité. Ses clients sont des hommes d’affaires qui allient courtoisie et respect. Chaque année, il l’invite au vernissage. Chic et glamour, la belle accompagnatrice de rêve aime dédier sa vie aux rencontres, et ses maîtres-mots sont le plaisir, le désir et la volupté. Depuis quelques semaines, elle réside dans le septième arrondissement et apprécie les accointances intellectuelles et sensuelles. Quand elle est arrivée à Paris, elle se souvient de sa timidité et de ses premiers cours à la Sorbonne. À l’époque, elle ne parvenait pas à vivre de sa bourse d’études. C’est alors que, pour arrondir les fins de mois, une amie l’invite à devenir courtisane. Très vite, elle se prend au jeu, et sans fausse modestie, elle accompagne des hommes qui cherchent à combler leur solitude d’une soirée ou d’une nuit.
— Mon cher, tu ne changes pas ! dit-elle en l’embrassant.
— Pourquoi ? Je ne comprends pas, répond-il en souriant.
Dans sa manière d’être, elle donne toujours le meilleur d’elle-même. Son visage angélique exprime la joie de vivre et son regard dénote une tendresse infinie. Elle lui prend le bras, et les invités pourraient croire à une relation légitime. Sa sœur n’aime guère cette créature qui vend ses charmes à des hommes riches. Bref, Roxane fait l’admiration de Ronan. Elle porte une veste tailleur et de son comportement émane une certaine magie. Son sourire et sa démarche révèlent une grâce qui n’appartient qu’à elle. Elle séduit et se distingue par son élégance, son savoir-vivre et sa beauté naturelle. Parfois, elle escorte des hommes fortunés à Cannes ou à Genève. Elle fait preuve de discrétion et affectionne les palaces et les restaurants de renom. Ses clients succombent à sa beauté et cette Vénus de l’érotisme aime les souliers Lanvin, Chanel et Richebourg. En somme, elle aime le luxe et la luxure. En d’autres termes, sa vie est une histoire de séduction où l’argent se mêle aux plaisirs. Pourtant, elle fait preuve de sincérité et affectionne Ronan. Elle trinque et la belle ne fait pas semblant. Certains jours, elle a le sentiment de marcher dans le sillage des grandes courtisanes telles Caroline Otero, Liane de Pougy, Lina Cavalieri ou La Castiglione. En matière de courtisanerie, elles sont devenues des légendes.
— À nos amours ! dit-elle en souriant.
— Je te vois venir, répond-il en riant.
Visiblement, il contrôle ses émotions et se refuse à se faire prendre au piège d’un amour sans avenir. Il connaît ses pensées : à plusieurs reprises, elle lui a parlé d’une célèbre courtisane née en 1869, Liane de Pougy. Or, chaque beauté se fane, et celle qui fascinait les hommes riches découvre un jour l’envers de la médaille, c’est-à-dire la vieillesse. Par pudeur ou par discrétion, il refuse de dire que Liane de Pougy entre dans les ordres à soixante-seize ans. Qu’en est-il de Roxane ? Elle désire que chaque jour soit différent du précédent et, dans sa vie, les paillettes la fascinent au sens propre comme au sens figuré. Elle ignore que La Castiglione finit ses jours dans la dépression, esseulée et misanthrope. Dans le cas de Roxane, elle fait chavirer les cœurs, et entre joie et illusion, elle s’amuse. Au quotidien, elle fête le bonheur de vivre. Cependant, la beauté est fragile, puisqu’elle est soumise aux épreuves du temps. Bref, elle ne deviendra pas une Liane de Pougy qui entre dans le Tiers Ordre de Saint-Dominique sous le nom d’Anne-Marie de la Pénitence et qui reçoit, à quatre-vingt-deux ans, le baiser de Dieu. À son âge, elle a d’autres chats à fouetter.
L’après-midi passe à la vitesse d’un éclair et, vers vingt heures, Hugo invite Ronan à dîner dans une pizzeria. Quelques personnes rejoignent le galeriste. Sa sœur, son frère, son beau-frère sont partis vers dix-huit heures trente. Au fond, il se sent libéré, soulagé de ce vernissage. Il sort de la galerie en compagnie de Roxane et ne pense à rien d’autre qu’aux œuvres qu’il a commencé à dessiner la semaine dernière.
— Êtes-vous satisfait ? demande Ronan qui observe le galeriste.
— J’ai quelques réservations, dit-il en souriant.
— Excellent ! répond Ronan qui s’apprête à entrer dans la pizzeria.
— Vous n’étiez guère à l’aise, poursuit Hugo qui le dévisage.
— Je suis trop solitaire ! répond-il en prenant le bras de Roxane.
Enfin, ils prennent place et la femme d’Hugo vient le rejoindre. Elle s’appelle Mireille et s’occupe de la comptabilité de la galerie. Cette femme a dédié sa vie à l’art, et lors des foires d’art contemporain, elle n’hésite pas à s’investir dans ses activités professionnelles. Ils se sont rencontrés lors d’un vernissage et, selon Mireille, cet homme est la providence de sa vie. À l’époque, elle sortait d’un divorce et redoutait le célibat, appréhendant la solitude au quotidien. Son visage n’exprime pas la beauté des canons modernes et question vestimentaire, elle porte invariablement une jupe écossaise et un pull-over à col roulé. En revanche, Hugo aime ses qualités, c’est-à-dire sa gentillesse et sa patience à toute épreuve. Elle prend place à ses côtés et, carte en main, consulte les plats. Elle regarde Ronan et pose une question concernant ses œuvres en chantier. Malgré lui, il répond de façon évasive. Carafe en main, il s’apprête à se servir un verre d’eau. Au fond, il redoute ce genre de question, car dans la création, il fonctionne à l’intuition. Il tente de dire quelque chose, mais ne parvient pas à s’exprimer correctement. Quelques instants plus tard, un serveur âgé d’environ vingt-cinq ans au physique corpulent s’approche d’Hugo Bellanger et lui tend gauchement une carte de visite. Il lui parle de ses œuvres et de son atelier qui se situe dans le XIXe arrondissement. Il comprend que le serveur cherche une opportunité. En deux mots, il parle de sa formation et des influences de l’expressionniste allemand. Enfin, le garçon prend la commande en observant le galeriste. Les mains croisées, Ronan l’observe et, par pudeur, ne lui pose pas de questions.
— Quelle aventure ! dit-il en faisant allusion à l’art.
— Pourquoi ? demande Roxane qui l’observe.
— Ma chère, le parcours du combattant, reprend-il en riant.
