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Un été au bord de l'eau. La chaleur qui s'attarde, le sel sur la peau, le temps qui ralentit. Elle pensait venir se reposer. Laisser le coeur se déposer. Mais certains étés n'apaisent pas : il révèlent. Au fil des jours, dans la lenteur des fins d'après-midi et la douceur trompeuses des soirées, une rencontre s'impose. D'abord discrète. Puis troublante. Un regard, un silence, un premier martini. Chaque verre marque une étape, chaque sensation rapproche un peu plus de ce qui ne devait pas arriver. Entre désir et retenu, lucidité fragile et vérité inévitable Le dernier martini raconte un amour d'été intense et éphémère, vécu dans le corps autant que dans l'âme. Un amour qui ne promet rien, mais qui transforme. C'est l'histoire d'un lien juste, à la bonne distance. De ces amours qui ne durent pas, mais qui laissent une trace indélébile. Un roman sensoriel et délicat sur le choix de ne pas se perdre, même quand l'amour est là.
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Seitenzahl: 26
Veröffentlichungsjahr: 2026
Chapitre 1 – La chaleur s’installe
Chapitre 2 – Le premier martini
Chapitre 3 – Le deuxième martini
Chapitre 4 – Le troisième martini
Chapitre 5 – Le premier baiser
Chapitre 6 – La nuit lourde
Chapitre 7 – Le quatrième martini
Chapitre 8 – La vérité
Chapitre 9 – Le dernier martini
Chapitre 10 – Le départ intérieur
Epigraphe
La chaleur était déjà là quand elle s’est réveillée.
Pas celle qui enveloppe doucement, mais celle qui s’impose. Une chaleur humide, lourde, incrustée dans l’air comme une présence trop proche, trop familière.
Le drap collait à sa peau. Elle le repoussa lentement, sentant l’humidité le long de son dos, la trace laissée par la nuit. Elle resta allongée quelques secondes, les yeux ouverts, à écouter. La maison respirait doucement : le bois qui craque, un volet qui grince, et derrière tout cela, constant, presque rassurant, le souffle régulier de la mer.
Quand elle posa les pieds au sol, le carrelage était déjà tiède.
Déjà.
Elle traversa la pièce pieds nus. L’air semblait dense, comme s’il fallait le traverser plutôt que le respirer. Elle ouvrit la porte. La lumière entra sans prévenir, blanche, directe. Le soleil n’avait aucune délicatesse ce matin-là.
Dehors, le sable brûlait presque. Il s’infiltrait entre ses orteils, s’accrochait à sa peau, l’obligeait à ralentir. Chaque pas l’ancrait un peu plus dans l’instant. Le vent se leva légèrement, soulevant ses cheveux, déposant sur sa peau cette odeur reconnaissable entre toutes ; le sel, les algues, la lumière chauffée.
Elle inspira profondément.
L’air salé piqua sa gorge, descendit dans ses poumons, la fit presque tousser. Elle aima ça. Cette sensation brute. Réelle.
Au loin, les montagnes découpaient l’horizon. Sombres, immobiles, indifférentes. Elles semblaient observer sans juger. Comme si elles savaient déjà que certains étés ne sont pas faits pour reposer, mais pour révéler.
Elle s’approcha de l’eau. La mer était calme. Trop calme. Elle entra jusqu’aux chevilles. La fraîcheur la saisit immédiatement, contraste violent avec la chaleur du sable. Elle ferma les yeux. Le va-et-vient de l’eau contre sa peau avait quelque chose d’intime, presque lentement caressant.
Son cœur, lui, restait lourd.
Pas brisé.
Chargé.
Chargé de ce qu’elle n’avait pas terminé. De ce qu’elle n’avait pas dit. De ce qu’elle avait cru laisser derrière elle en venant ici. Elle posa une main sur sa poitrine. Le battement était régulier, mais dense, comme s’il portait trop de choses à la fois.
Elle était en vacances.
Elle était censée se déposer.
Mais son corps savait déjà.
Cet été serait long.
Il s’étirerait.
Il irait chercher quelque chose de sensible, de vivant, peut-être de dangereux.
Un déplacement d’air passa derrière elle. Une présence encore floue. Pas une rencontre. Juste une intuition. Elle ne se retourna pas.
L’été venait de s’installer.
Et il ne partirait pas sans laisser de trace.
(L’attente)
Le bar était presque vide à cette heure-là.
Trop tôt pour la foule, trop tard pour l’innocence.
