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Malgré une vie chaotique, Jade espère encore que son destin changera. Une simple rencontre suffira-t-elle à tout bouleverser ?
À seulement 20 ans, Jade porte un poids énorme sur ses épaules : elle s’occupe seule de sa petite sœur Maya, âgée de quatre ans, tout en jonglant avec un travail exigeant. Abandonnée par un père démissionnaire et une mère alcoolique, Jade n’a d’autre choix que de se battre chaque jour pour offrir à sa sœur une chance de survie. Mais lorsqu’une rencontre inattendue lui offre l’espoir d’un nouveau départ, tout semble enfin pouvoir changer. Pourtant, le bonheur est fragile, et le passé ne tarde jamais à refaire surface. Entre espoir et désillusion, Jade trouvera-t-elle la force de continuer à se battre pour un avenir meilleur ?
Plongez dans cette histoire d’amour et de résilience où chaque choix peut tout changer. Une rencontre peut-elle suffire à échapper à un destin maudit ?
EXTRAIT
C’est déjà l’heure de quitter ma petite princesse. Je la borde, l’embrasse, mais son front est brûlant, ses yeux brillants de fièvre. Je n’aime pas la laisser seule, mais je n’ai pas le choix, je dois travailler. — Maman ! Maman ! Pas de réponse. Je crie cette fois-ci : — Joy, putain ! — Hum, quoi encore ? — Ta fille ne va pas bien, elle a de la fièvre. — Et alors ? Que veux-tu que je fasse, bordel ? réplique ma mère, la voix imbibée d’alcool. Tu crois que tu es mieux que moi, mais tu n’es rien d’autre qu’une trainée ! — Je travaille pour nous, et toi, tu fais quoi ?! — Je bois… en priant qu’au réveil, vous ne soyez plus là, lâche-t-elle, un rictus de haine sur le visage. — Comment peux-tu dire ça de tes filles ? Tu n’es qu’une épave ! Je te déteste ! Elle n’a que quatre ans ! Je claque la porte et pars en courant, mes larmes brûlant mes joues. Je refuse d’être faible, mais ma rage contre elle est plus forte que tout.
À PROPOS DE L'AUTEUR
Sophie Leseure est née en 1980 et est passionnée de lecture et d’écriture depuis l’enfance. Auteure de romances et de livres pour enfants, elle explore également le thriller, son genre favori, avec des récits captivants et intenses.
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Seitenzahl: 97
Veröffentlichungsjahr: 2019
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Le Destin
Des Sœurs MacNeal
Sophie Leseure
Romance
Editions « Arts En Mots »Illustration graphique : © Val
Je dédie cette romance dramatique à mon Père, mes filles et plus spécialement à ma petite sœur Jennifer…
Chapitre 1
~ Jade ~
Comme chaque soir depuis bientôt une année, je quitte l’ombre de ma mère et le petit corps de ma sœur Maya pour aller travailler.
C’est toujours la boule au ventre, la main fébrile, que je ferme la porte de la caravane dans laquelle nous vivons ou, du moins, nous survivons toutes les trois.
Seule une pièce à vivre qui fait office de salon et cuisine, avec une chambre en bout. Un véritable taudis où tout part en lambeaux. La force du vent et l’air iodé ont érodé ces quatre murs nous servant d’abri.
Je ne sais jamais d’avance dans quel état je vais retrouver ma chère génitrice à mon retour.
Elle est alcoolique depuis mon plus jeune âge ; mon père s’en est allé, à bout de souffle, à bout de forces de voir sa femme se détruire ainsi. Sans un mot, sans un au revoir, il nous a laissées là, seules, avec cette mère aussi dépravée qu’inutile.
Depuis je tente, tant bien que mal, de nourrir ma petite sœur et m’en occuper.
Je ne peux pas laisser ma sœur seule la journée avec notre fléau, Joy MacNeal.
Afin de pouvoir m’occuper d’elle et, malgré tout gagner trois sous, j’ai réussi à être embauchée dans un complexe hôtelier, le Sugar Sugar où je fais des horaires de nuit.
Situé en bord de mer, c’est un magnifique havre de paix pour tous les riches qui viennent du monde entier.
D’immenses suites, ne faisant pas moins de cinquante mètres carrés chacune, sont cernées de baies vitrées donnant sur l’océan et son sable doré. Du marbre dans toutes
les salles de bains, des moquettes hors de prix sur les sols et j’en passe. Ici c’est luxe et volupté.
Une piscine olympique se situe à l’arrière du bâtiment.
Je ne suis pas ici en tant que cliente ou pour me la couler douce mais pour y faire le ménage. Tout doit être réalisé à la lettre.
Pas un grain de poussière ne doit virevolter dans les airs ; le lit doit être fait au carré ; un véritable cahier des charges aussi épais qu’un dictionnaire doit être respecté.
Ce métier me plaît plus ou moins, cependant je ne peux pas me plaindre, il me permet de m’évader et de rêver que, peut-être un jour, moi aussi je serai une de leur cliente.
Et encore ce n’est pas vraiment à mon goût.
La famille Bradford, à qui appartient ce lieu, est une famille plutôt froide et sèche. Pas un mot de travers ne doit être prononcé. Interdiction de parler aux clients et les seuls échanges autorisés entre collègues doivent concerner uniquement le travail.
Bref, travailler ici c’est un peu comme rentrer dans les ordres et faire vœu de silence.
Je ne suis pas du genre bavarde, donc cela m’arrange. Plutôt discrète et réservée de nature, cela me permet d’apaiser mon esprit torturé par toutes ces responsabilités que l’on m’impose depuis deux ans.
Je n’ai que vingt ans et je ne comprends toujours pas ce que j’ai fait pour mériter cela ! D’ailleurs, j’ai cessé de me poser cette question, depuis seulement quelques mois. Même si je reste persuadée de l’injustice de cette vie, j’ai fini par apprendre à accepter cette vie, sans plus me persécuter les neurones.
Preuve que j’ai mûri par la force des aléas de la vie.
J’embrasse une dernière fois Maya sur le front, après l’avoir bordée et lui avoir lu son histoire préférée Le vilain petit canard.
Déjà vêtue de ma tenue de service, jupe noire, chemise blanche à manches courtes et souliers vernis, offerts gracieusement par Madame Bradford, je m’attache les cheveux en tresse épaisse pour avoir l’air sérieux.
Je claque la porte afin que ma mère comprenne bien qu’elle devra assumer sa dernière fille le temps de mon absence.
Si toutefois ce n’est pas trop demander !
J’ai conscience qu’elle passera encore sa soirée avec sa bouteille de whisky affalée sur le sofa à comater.
Et je m’en fous d’elle, c’est pour ma sœur que je me fais du mouron et pas pour ce déchet irresponsable !
Arrivée au Sugar Sugar, je jette un œil panoramique à ce qui m’entoure la gorge nouée.
Mon corps se met à trembler, les battements de mon cœur à s’accélérer ; j’ai toujours peur de tomber à terre, sous l’effet de la panique.
Ils sont là, comme toujours, la même bande de jeunes richissimes à vomir.
Si seulement ils n’avaient que ce défaut, mais non, en plus de ça, ils sont arrogants, prétentieux et sacrément cons. Ils sont totalement dépourvus d’intelligence et ne possèdent pas une once d’humanité et, surtout, je dois passer devant eux pour rejoindre ma loge et y déposer mes affaires.
Ils se trouvent au bord de la piscine, bronzés, dans leurs occupations habituelles : à glander, fumer des clopes à l’odeur mentholée, et siroter leurs verres.
Je compte dans ma tête : un, deux, trois…
— Hey esclave ! Porte nous un soda ! dit l’une d’entre elles.
— Pour moi ce sera un Mojito et plus vite que ça ! dit un autre.
Je sens mes larmes monter et menacer de couler sur mes joues. Les yeux me brûlent. Je dois me faire violence pour ne pas craquer devant eux.
Je ne peux rien dire, rien faire, je dois subir comme à l’accoutumée. Je m’enferme dans une bulle pour essayer de ne plus les entendre.
Je ne comprends pas leur mépris envers moi, je suis vaillante et discrète , je ne leur ai jamais nui, et pourtant, depuis le début du mois de juin, ils ne ratent pas une occasion de me traiter comme un chien, voire pire.
Je presse le pas pour écourter cette humiliation et range au plus vite mes effets personnels qui se réduisent à un petit sac tout abîmé dans lequel je cache une pomme pour déjeuner dans la nuit. Je ne me mêle pas au personnel, je n’ai rien à partager avec eux, je prétends avoir mangé et me cache dans un recoin pour engloutir l’unique fruit qui fera office de repas journalier.
Tout mon salaire passe à nourrir Maya et payer ses putains de bouteilles de whisky à Joy.
Les chambres se font rapidement et efficacement avec moi : je suis organisée et je pense que Madame Bradford aime ce professionnalisme en moi. Aucun échange entre nous, juste bonjour, au revoir de courtoisie.
Pourtant, parfois, ses regards se font maternels et appuyés, elle paraît douce dans le fond.
Cinq heures du matin, je quitte ce qui aura été pour moi, mon garde-fou d’une nuit.
Le seul moment où je peux respirer et inspirer à fond, sans avoir le cœur oppressé.
Malgré le poids de savoir Maya seule, je ne me sens vivante que la nuit.
Les petits-bourgeois doivent aller se coucher, alors que moi, je vais enchaîner ma seconde journée. Je dois retrouver ma vie, mon quotidien, mon cauchemar...
Bien évidemment ma mère dort à poings fermés sur le canapé, la bave aux lèvres.
Elle a les yeux quasiment ouverts, elle fait vraiment flipper comme ça, même pour moi qui commence à avoir l’habitude.
Déshabillée, je me blottis contre le petit corps frêle de ma sœur qui me tourne le dos.
Je la serre fort contre moi et respire son odeur d’enfant, ma drogue, ma bulle d’oxygène. Mon seul réconfort.
Je ne sais pas ce que je serais sans elle ni à quoi ressemblerait mon existence si je n’avais pas ce petit bout de bonne femme à mes côtés. Elle est si innocente, insouciante, tellement pure. Je ferais tout pour que rien n’altère cette beauté intérieure qu’elle renferme.
Je dors à peine quelques heures, puis d’un œil, j’aperçois les premiers rayons du soleil.
J’embrasse Maya avec des bruits de baisers de grand-mère pour la faire rire.
Nous n’avons ni volets ni rideaux, il est alors difficile pour nous de faire des grasses matinées avec cette lumière éclatante et éblouissante.
Peu importe, je transforme ces moments difficiles en moments heureux avec des jeux pour qu’elle n’y voie que du feu. Et ça marche pour l’instant.
Nous courons vers l’océan en culotte, et nous nous baignons, nous éclaboussons comme des enfants normaux.
L’océan est notre baignoire et notre instant de partage intime.
Nous sommes heureuses ensemble, seules. Plus rien ne compte dans ces moments-là.
Elle parle peu, elle n’a malheureusement pas grand-chose à raconter : elle ne va pas à l’école et n’a pas d’amis.
Je pleure chaque nuit, de la voir ainsi enfermée dans son mutisme, triste. Son innocence pourrie par la connerie et l’égoïsme de notre mère me rend encore plus haineuse vis-à-vis d’elle.
Ma sœur, c’est ma vie, mon amour, mon âme sœur, ma moitié et je donnerais tout pour elle.Je supporterai toutes les insultes et subirai toutes les humiliations du monde aussi longtemps qu’il le faudra, pour la protéger et la garder près de moi.
Si un jour quelqu’un ou quelque chose devait nous séparer, j’en crèverais.
Sur une planche de bois devant la caravane, Maya dessine, tête penchée, tirant sa langue pour s’appliquer.
Elle a tant de choses à découvrir, à vivre…
Maya n’est pas idiote et elle est capable de grandes choses malgré son jeune âge.
Je lui verse une tasse de lait et lui sers une tranche de pain sec pour petit-déjeuner.
Je la regarde d’un œil maternel.
— Maman ne m’aime pas, je le sais !
Sa voix tremble de douleur à cette idée. Mon cœur se tranche net en deux ; cela fait quelques jours que ces mots se répètent.
— Maman est… à part… Elle est malade, je te l’ai déjà dit, ma puce. Mais elle t’aime…
— Toi, elle ne t’aime pas, elle le dit tous les soirs quand tu pars montrer ton cul.
— Quoi ? Je ne… je ne montre rien ! Maya, tu m’entends ? Je fais des ménages pour acheter à manger, payer l’électricité et t’offrir des vêtements.
La panique m’envahit, une douleur innommable envahit tout mon être.
Comment peut-elle dire ça à une enfant de quatre ans ?
Elle qui ne fait rien, qui n’a jamais travaillé de sa vie, qui ne sait que lever son coude pour s’enivrer, ou pour me frapper violemment ! Je la hais comme jamais !
Depuis quelques temps, Joy a la main leste et se rue sur moi telle une lionne pour m’asséner de coups. Elle ne s’en prend pas à Maya. Cependant, je vérifie chaque soir, si le moindre bleu se dessine sur sa peau, lorsque, sous forme de jeux, je la déshabille.
Je sais que sa violence provient des effets de l’alcool, et que je la provoque en lui vidant ses bouteilles. Mais je ne lui pardonne pas toutes ces douleurs et cette violence qu’elle m’inflige.
Je prends ma sœur dans mes bras et la berce en lui promettant que je ne fais rien de mal, que tout ce que je fais c’est pour elle.
Si je pouvais, je resterais avec elle nuit et jour, mais je ne peux pas.
— Si tu fais ce que maman devrait faire, alors c’est toi que je devrais appeler maman !
Elle me scrute d’un air interrogateur, et puis merde oui, c’est vrai dès sa naissance, je l’ai considérée comme ma fille, j’ai tout fait pour ma sœur.
Je me levais toutes les trois heures pour les biberons, pour la changer et j’en passe…
Donc oui, j’ai le droit de me faire appeler maman, si c’est son choix.
— Oui tu peux, mais à une seule condition.
— Oui ?
— Jamais devant maman.
— D’accord.
Elle m’embrasse, rassurée. Je sens à ses bras qui m’entourent, qu’un nouveau lien vient de nous unir.
Notre dépravée de mère sort à cet instant.
