Le Jour Présent - Sébastien Gall - E-Book

Le Jour Présent E-Book

Sébastien Gall

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Beschreibung

Le Jour Présent est un recueil de poèmes évoquant des thèmes variés (amours, histoire, société...) mais aussi de photographies. Entres formes classiques et formes libres, cette sélection retrace trente ans d'écriture et de prises de vue, entre 1995 et 2025.

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Seitenzahl: 93

Veröffentlichungsjahr: 2025

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Préface

30 ans de poésie, voilà ce que je propose à travers cette sélection de poèmes. Et même si ce recueil s’enrichira certainement de nouveaux textes à l’avenir, j’avais envie de marquer ces trois décennies en réalisant cet ouvrage.

Pour le rendre plus beau, j’ai voulu y joindre des photos qui me plaisent et j’ai prises sur une période quasi équivalente à celle des poèmes. Bien sûr, je prends des photos depuis bien plus longtemps, comme en témoigne celle ci-dessous, où je montre mes premiers « chefs-d’œuvre » à mes grand-mère et arrière-grand-mère, mais je n’ai pas puisé plus loin pour deux raisons : du temps de l’argentique, je dispose de peu de photos numérisées, et la valeur artistique n’est pas toujours au rendez-vous.

Plusieurs photos font partie de séries, de voyages, de thématiques… Elles ne sont pas toujours regroupées mais sont plutôt disséminées selon l’inspiration, pour illustrer les textes. Parfois, le lien est étroit entre les poèmes et les images, parfois non.

J’espère avoir réalisé un beau livre, liant deux passe-temps qui m’occupent beaucoup et qui pourront peut-être vous plaire.

L'instant présent est unique et si fugitif

Que nous devons le vivre comme un objectif.

Sébastien Gall

27 février 2025

TABLE DES MATIÈRES

Préface

Chapitre I – Le maître

Sonnet pour Anne-Gaëlle

La calade

Chapitre II – Beautés

La vie

Revers de mémoire

Premières terreurs

Une phrase

Splendeur et décadence

L’amour

À l’orée de ces mots se lient et se délient les maux

À une étudiante

Claire

Tantale 21

Chapitre III – Janet

À une Péruvienne

Rêves endormis

Cuando Te Conocí

La barca del Amor

Un jour

Sonnet pour Janet

Chapitre IV – Dans les trains

L’inconnue du train

À moitié vue

Un ange

Marseille-Paris

Chapitre V – Des racines et des ailes

L’invitation à la musique

Anguille sous roche

La plaine de l’avenir

Un joli jeudi

Memoire brune

Musique

Le vagabond

Loin

Un petit village

D’Aries à Antares

Cour d’école

Nouveau monde

Le peuplier et la raison

Solitudes

Laisser partir

Le fou dans mon rétro

Éther

Préjugé migrant

La parenthèse imprévue

Chapitre VI – Souvenir

Ignorance

Le dormeur de La Fontaine

Ignition

Laurent

Chapitre VII – Nature

Requiem de l’enfer

La libération

Le feu de Nature

Amazonas

Soleil d’automne

L’enfant de Rio

Poème sur le désastre d’Amérique Centrale ou examen de cet axiome : Dieu est amour

Chapitre VIII – Humanités

Société contemporaine

Les barques de la récolte

Art poétique

Le mal

La beauté

Le bar des sombres ruelles

L’absente absence

Destins cent fois

Élagage

Le désir

Sauras-tu ?

Saint-Écran

Belle, idiote et malheureuse

Quand la Terre était plate

L’ordalie

Une femme française

La rage

Folie collective

Dépendance

Notre Père

Invisible

La mesure de l’abîme

Chapitre IX – Histoire

Histoire démoniaque – Parties 1 à 4

Retour à Stonehenge

Afghanistan ou la 9e croisade

Les ruines de la non-invasion

Une septième croisade

• Poème premier : Une septième croisade

• Interchant premier : Avertissement

• Poème deuxième : Aigues-Mortes

• Interchant deuxième : Haines

• Poème troisième : La demoiselle

• Poème quatrième : D’Aigues-Mortes à Damiette

• Poème cinquième : Mansourah

• Interchant troisième : Espoirs

• Poème sixième : Le seigneur

• Poème septième : La Terre sainte

• Poème huitième : Une lame

• Interchant quatrième : Destinées croisées

• Poème neuvième et dernier : Le retour

Chapitre X – Recherches de la clé

Première recherche de la clé

Deuxième recherche de la clé

Troisième recherche de la clé

Chapitre XI – 9 to 9

1- À l’envers

2- Dans mes bras

3- Untouchable dream

4- Le cloître

5- Шишка

6- The tree

7- I can’t do it

8- Londres sans toi

9- Dans d’autres bras

Chapitre XII – Camille

Pour Camille

Les flots du hasard

Le gouffre

Insommnies

Fiat 500

Douleurs

Javel rouge

Chapitre XIII – Rubaiyat

#1 Le savoir

#2 Le temps

#3 Le manque

#4 Notre monde

Réflexion

#5 La parole

#6

#7

#8

Lexique

Chapittre I

LE MAÎTRE

Sonnet pour Anne-Gaëlle

À marcher avec toi sur le grand sol brûlant,

Je ne connais ni ma chance, ni ta beauté

Et je vois tes cheveux blonds au soleil briller,

L'espoir dans le marron clair de tes yeux brillants.

Je regarde ton visage et le temps filant,

Les fontaines emplissent un air ensoleillé

De milliers de fines gouttes enluminées,

Éclairant l'arche de lumière, doucement.

Telles deux mains pures qui se rejoignent au ciel,

L'alliance nous unit et je te vois très belle.

Je te vois encor respirer ces doux parfums,

Les papiers effleurent tes vives joues claires,

Et je découvre la finesse de tes mains ;

Devant tant de charme, je ne veux que te plaire.

Vallée de Chamonix

La calade

Le soleil éclate sa lumière céleste

Sur le fer noir et luisant d'une balustrade ;

Les pierres chaudes témoignent de leur arcade

Que la figue au citron a substitué son zeste

Contre les graines d'une vie bien terrestre

Qui arpente la majestueuse calade

Qu'un pavé, une marche, en fait une cascade,

Une bouffée d'histoire pour l'être modeste.

À l'ombre d'un pin d'Alep tordu j'y repense,

N'est-ce pas cette venelle en Haute-Provence

Qui fit mon esprit l'esclave de la garrigue ?

La dépendance me tient et je veux son nom ;

Aucun, ni souvenirs, ni femme ne l'endigue,

Ma raison reste sur les chemins d'Esparron.

Chapitre II

BEAUTÉS

La vie

Je m'en vais, je te quitte et je te regarde

Mon cher amour je prie pour que Dieu te garde.

Tous les matins j'ai vu tes cheveux s'éclairer

Et ton corps se rayer au travers des volets,

C’était à la rivière, tout près, je t’embrassais

J’y admirais tes mains et tes grands yeux bleutés.

Je m'en vais, je te quitte et je te regarde

Mon cher amour je prie pour que Dieu te garde.

Au cœur de nos vies s'étendait l'Amazonie,

Dans la jungle avec toi, le secret de la vie,

Tous ces moments de calmes donnés à l'oubli

De nos corps chauds mêlés, étendus sous la pluie.

Je m'en vais, je te quitte et je te regarde

Mon cher amour je prie pour que Dieu te garde.

Dans la tiédeur du crépuscule de l'été

Le noir gagnait le vert jusqu'à la canopée

Et j'en profitais une ultime fois pour t'aimer,

Me blottir dans tes bras ou bien pour te bercer.

Je m'en vais, je te quitte et je te regarde

Mon cher amour je prie pour que Dieu te garde.

Tu t'éloignes de moi, j'arrive à l'Empyrée,

Les anges m'emmènent mais je ne t'oublie pas,

Je te conduirai jusqu'à ce monde exalté

Mais pendant mon voyage, je rêve de toi.

Je m'en vais, je te quitte et je te regarde

Mon cher amour je prie pour que Dieu te garde.

Château du Taureau

Revers de mémoire

De mémoire acharnée je n’ai le souvenir

D’un désir si puissant et si fragile encore,

Qui chaque jour un peu plus prend sa place en mon

[corps.

Je voudrais m’arrêter et pouvoir te tenir,

Une main sur ton cou, dans mes bras te serrer

Me demander enfin si mon cœur sait l’amour,

Te donner un aveu que je dois sans détour ;

Je n’osais révéler ce doux rêve enterré

Que je gardais en proue, jadis, en phare, en vain...

Mais d’une vérité je m’abandonne à toi

Car la passion me brûle d’un rire narquois ;

Viens avec moi savourer l’ivresse d’un vin

Et goûter à la vie qui là-bas nous attend :

Traverser l’océan et remonter les fleuves

Franchir les montagnes qu’une eau limpide abreuve,

Sillonner les forêts, tous les jours, de tous temps,

Marcher dans les sentiers, les paupières mouillées,

Sentir faiblir nos pieds puis nos bien lourdes jambes,

Laver nos fronts souillés et puis poursuivre ensemble,

Sans jamais de repos sans avoir tout fouiller,

Et revenir en paix dans la douceur du soir.

Là, au fond de la nuit pesante de la jungle,

Où le tissu s’accroche à nous comme une épingle

Nos peaux moites et usées par l’épaisse terre noire.

Mais dans le bruissement incessant des insectes,

Je reconnais à travers une haute flamme

Ma plus fidèle amie devenue cette femme.

C’est dans ce seul décor qu’en ta foi je détecte

Nos deux immenses joies, vocations accomplies,

Douce fille assagie par une étendue verte,

Tu vaques à tes pensées de tes prunelles ouvertes,

Si bien que la Nature à tes désirs se plie,

Et s’abreuve à tes yeux de ton puissant respect.

Les arbres et ta beauté m’inspirent cette envie,

La joie de voir en toi autant de poésie,

Et la force de vivre ce désireux attrait.

Premières terreurs

Mes yeux contrastés entre le bonheur de la voir et l’Angoisse de l’ineptie, scrutent l’horizon et se perdent dans un dédale de reflets et d’illusions. Ma quête de l’absolue pureté n’est-elle qu’une illusion ou un véritable pas dans l’avenir ? La Peur me monte au cœur. Et je ne vois rien.

Un dernier regard dans toutes les directions, un regard sans espérances, un regard vidé de tout sens. La vérité m’épuise. Et je la vois. D’où sort-elle ? Je ne l’attendais pas ici. Mon cœur tressaille, ma raison me quitte, ma présence est nulle ; seuls mon âme et mon esprit se concentrent en un point. L’espace se résume en une source et en un cœur ; elle et moi, tour à tour. Elle, un cœur, que dis-je ? Effondrement de l’esprit.

Une absence, une aubaine. Je sors. Et je la vois. D’où sort-elle ? Je ne l’attendais pas ici. Je l’approche avec toute la méfiance qui me caractérise aujourd’hui. Et c’est dans une lenteur incroyable qu’une vérité arrive à mes yeux. C’est une perle. Elle, une perle, que dis-je ? Effondrement de l’âme.

Je reviendrai demain, armé de mon âme et de mon esprit. Et je me battrai.

Une phrase

Une phrase a volé dans un air lourd, pénétrant mes tympans avec une infinie douceur. Cette phrase était pour moi. Pas de témoin et pas de traces, elle a volé jusqu’aux confins de mon espace.

Elle est prisonnière de mes mots qui ne demandent qu’à répondre. Mais je ne peux pas répondre ; la douceur est telle que mes mots ne sont plus. Seule subsiste une pensée pure, sensible et indescriptible.

Une phrase courte et percutante m’a changé et m’a aidé.

Mais au fait, de qui vient cette phrase ? Non, je refuse de le croire et je ne sais plus quoi penser. Je me suis égaré.

Splendeur et décadence

Tu es sortie de l'ombre par la porte de l'intolérance et tu as éclaté d'égoïsme et d'égocentrisme. Au milieu de mes errances je t'ai trouvée, avec toute la bassesse que tu contenais. Tu rabaissais toute ta contenance derrière le masque froid de ta beauté. Paradoxe du monde et de l'évolution, voici que je te vois entre splendeur et décadence. Tu débarques sans prévenir, me laissant à ma terreur et ma curiosité devant ta mesquine magnificence. Et là, je découvre. Je découvre deux visages. Lequel écouter ? Lequel me regarde ? Lequel m'entrouvre les entrailles et m'oblige à te céder ? Lequel me dit soudain que tu n'es pas seule ? M'est avis que le plus mauvais n'est pas celui qu'on croit.

Alors je suis perdu, je te cherche, je te trouve… et je te déteste. Un regard de travers et aucun prétexte. Tu rivalises contre le vent. Regarde-toi, jeune fille, tu es capricieuse et jalouse, jalouse, jalouse ! ! ! Mais pourquoi ?