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Marie plonge au coeur d'un univers loufoque qui ne finit pas de l'émerveiller...
Savez vous ce qu'est une croquignole ? et une trupinette ? un bouloudou alors ? Non ? et bien Marie ne le savait pas non plus... et pourtant, c'est une petite fille rêveuse qui ne manque pas d'imagination... Mais ce jour là, il lui semble bien que tout soit parti de travers... alors que l'on renomme les rues de la ville, que les grenouilles font des courses pour devenir la favorite de Sa Majesté, elle part en quête d'une pierre magique, la véraline... Un voyage merveilleux pour une histoire pleine de magie et de personnages étonnants.
Découvrez ce roman jeunesse que regorge d'inventivité !
CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
C'est un petit conte aux multiples facettes qui brille par une inventivité débridée faite de jeux de mots « vert-igineux », de sacs à dos qui parlent, de grenouilles multicolores qui font la course, de girafe feu rouge, de bus à étages ou encore de champs de salades martiennes. Voilà de quoi contenter un jeune lectorat qui se laissera amuser par ce récit atypique plébiscitant leur imagination et, emporter par l'écriture simple de ce court roman. -
Walkyrie29, Babelio
À PROPOS DE L'AUTEUR
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Seitenzahl: 135
Veröffentlichungsjahr: 2020
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Dans la même collection
Série Le Cercle et l'Ombre
L'Aube de L'Ombre – tome 1
Tim Corey
Diversion – tome 2
Tim Corey
Le roi de la colline – tome 3
Jean Bury
Terre des loups – tome 4
Jean Bury
Le monde de Marie –
A la recherche de la Véraline
Tim Corey
Tim Corey
Le monde de Marie
A la recherche de la Véraline
Marie avançait tranquillement le long de la route, en prenant bien garde de rester sur le trottoir. Les voitures circulaient pourtant tranquillement ce matin, mais sa mère lui avait toujours dit d'être très prudente en ville. C'est vrai ! On ne savait pas toujours ce qui allait se produire à l'avance ! Arrivée à un croisement, elle regarda d'abord à droite, puis à gauche, puis encore à droite (on n’était jamais trop sûr !)... Elle attendit que le dernier véhicule, une petite coccinelle rouge à points noirs (quoi de plus normal comme couleur pour une coccinelle !) eût fini de franchir le carrefour, et elle traversa la rue en prenant bien soin de rester sur le passage piéton. Enfin elle arriva en vue de la Grand-Place. Elle tenait bien précieusement serré tout contre elle le petit sac de plastique dans lequel sa mère avait mis les morceaux de sa montre.
Oui, car vous ne savez pas tout ! Cela avait commencé dès ce matin : à peine réveillée, l'esprit encore tout embrumé, Marie avait une nouvelle fois fait preuve d'étourderie. En se levant, allez savoir comment, elle avait réussi à tomber du lit. Quelle surprise au réveil ! Elle avait tenté de se rattraper au rebord de sa table de nuit, mais la chute avait été tellement rapide, et son esprit était encore si emmêlé dans des morceaux de rêves, qu'elle n'avait réussi à agripper que sa montre, posée tranquillement sur le bord de son chevet. Celle-ci, tout comme Marie, s'était retrouvée sur le tapis ; si Marie ne souffrait que d'un bleu sur le coude droit, la montre, elle, avait eu beaucoup moins de chance : elle avait rebondi sur le moelleux du tapis pour mieux aller s'écraser sur le sol, le cadran d'un côté, les aiguilles de l'autre, et le boîtier, finalement, n'avait réussi à garder pour lui que les douze chiffres. Marie avait ramassé les morceaux, et tristement, les avait emportés à sa mère.
— Porte-les au réparateur. Peut-être pourra-t-il arranger tout cela.
— Tu as raison. Je suis sûr qu'avec un peu de colle, ou quelques morceaux de scotch, il pourra remettre tout en ordre. Et j'aurai une montre presque toute neuve !
Sa mère lui sourit, doutant sérieusement qu'un peu de scotch pourrait suffire à réparer la montre, mais au moins le verre n'était pas brisé, et avec un peu de chance elle pourrait être réparée sans que cela se voie de trop.
Marie avait donc avalé son petit déjeuner en quatrième vitesse, pressée de se rendre chez le réparateur, pleine d'espoir. A priori elle n'y connaissait pas grand chose en réparation, mais elle avait récupéré tous les morceaux, il suffisait sûrement de les remettre à leur place, et tout rentrerait dans l'ordre. Elle embrassa sa mère, puis se précipita dans l'entrée alors que de la cuisine on lui donnait quelques derniers conseils.
— Reste bien sur le trottoir, tu m'entends ? Et ne traverse pas n'importe où !
— Oui, maman, promit Marie pour rassurer cette dernière.
— Tu vois bien où se trouve le réparateur ?
— Oui, ne t'inquiète pas. On y passe devant tous les jours !
Sans attendre de réponse, elle claqua la porte et quitta le petit jardin qui entourait sa maison.
Heureusement pour Marie, son école se trouvait juste à côté des principales boutiques, et elle connaissait donc parfaitement le chemin qui menait au centre ville. C'est pour cette raison que sa mère lui faisait entièrement confiance, bien que Marie fût la petite fille la plus étourdie qu'elle ait jamais connue ! On le lui répétait sans cesse dans sa classe, et l'institutrice la prenait souvent la tête en l'air, en train de rêvasser. Marie n'y pouvait rien, elle était comme ça. Elle vivait dans son monde, mais celui-ci lui apportait de temps en temps quelques soucis. La preuve avec la montre ce matin, qui avait fini en morceaux sur le sol.
Marie avait ainsi pris le chemin du centre ville. Le temps était chaud et ensoleillé. La jeune fille chantonnait un petit air qu'elle avait appris en cours. Si elle se souvenait à peu près de la musique, elle n'était plus trop certaine des paroles, aussi préférait-elle la fredonner plutôt que de la chanter à voix haute.
Sur la Grand Place, elle prit le temps de respirer le doux parfum qui provenait des arbres en fleur. Une délicieuse odeur de miel lui parvenait au nez. Qu'il faisait bon flâner après ces mois d'hiver qui lui avaient semblé longs, très longs ! Elle sautilla sur place et reprit son chemin vers la boutique du réparateur. En arrivant devant la rue des Trois Carottes, elle...
— Trois Carottes ? La rue des Trois Carottes ? Qu'est-ce que c'est que ça ?
Marie revint en arrière puis stoppa net devant la pancarte, afin de l'examiner. Sans doute avait-elle rêvé. Après vérification elle constata que celle-ci indiquait bien la rue des Trois Carottes. Elle sourit, trouvant le nom adorable, même si elle était quasiment sûre que cette rue ne s'était jamais appelée de la sorte auparavant. Du coup, elle tourna la tête vers la place et regarda le panneau fixé au carrefour. Elle se frotta les yeux, mais elle ne semblait pas rêver. Là encore il y avait un autre nom que celui qu'elle connaissait habituellement.
— Place du Lapin Rose ?
Marie ne pouvait le croire. La Place du Lapin Rose, pas plus que la Rue des Trois Carottes, n'avaient existé jusqu'à présent. Ou alors elle n'avait pas fait attention, mais comme son école était vraiment proche, elle s'en serait sûrement rendu compte depuis le temps !
— On se croirait dans un spectacle de Chantal Goya, dit-elle alors à haute voix, sans se soucier des gens qui pourraient l'entendre. Ou alors c'est une caméra cachée !
Elle eut beau tourner la tête dans tous les sens, elle ne remarqua rien de bien étrange, si ce n'étaient les nouveaux noms donnés aux rues et aux allées du centre ville. Elle haussa les épaules puis reprit son chemin, se promettant de parler à sa mère de cet étrange changement survenu depuis peu.
Marie avançait donc dans la nouvelle rue des Trois Carottes (vraiment quel nom étrange ! Et pourquoi trois carottes ? Pourquoi pas quatre ?). La boulangerie... l'épicerie, la librairie... Au moins elle connaissait toutes les boutiques par cœur, car elle venait y faire les courses avec sa mère régulièrement. Elle se remit à chantonner, toujours à voix basse à cause des paroles qu'elle n'était pas certaine de connaître par cœur. Et plus elle y pensait, plus elle était sûre que ce n'étaient ABSOLUMENT PAS les bonnes paroles. Mieux valait-il qu'elle fredonne l'air, au moins il lui semblait que cela, elle le maîtrisait à peu près.
A quelques mètres de là, la boutique du réparateur apparaissait déjà. Elle stoppa devant la devanture.
— Réparations en tout genre, lut-elle sur la vitrine. C'est là.
Elle n'était jamais venue dans cette boutique, tout simplement parce que, autant qu'elle puisse s'en souvenir, elle n'avait rien cassé jusqu'à présent. Enfin, rien cassé qui soit réparable ! Elle poussa la porte et un tintement résonna dans tout le magasin. La petite clochette fixée à l'entrée tintinnabula quelques secondes avant de s'immobiliser.
— Bonjour, dit-elle poliment, d'une petite voix, comme si elle craignait de déranger quelqu'un.
Personne ne lui répondit. Elle répéta en haussant le ton :
— Bonjour !
Toujours aucune réponse. Est-ce qu'au moins la boutique était ouverte ? Bien sûr, puisqu'elle avait pu y entrer. À moins que le propriétaire soit aussi étourdi qu'elle, et qu'il n'ait pas pensé à fermer la porte la veille au soir. Sans doute était-il trop tôt pour que le magasin soit ouvert. Elle jeta un regard à son poignet, pour constater qu'elle ne portait pas sa montre. Enfin, si, mais dans un sachet, en morceaux. Quelle heure pouvait-il bien être ? Comme personne ne répondait ou n'était présent derrière le comptoir, elle prit la poignée de la porte, ouvrit de nouveau, ce qui eut pour effet de pousser une nouvelle fois la petite cloche située au-dessus de la porte. Mais aucun son ne retentit. Elle fixa la clochette, actionna la porte encore et encore. Rien à faire, aucun son n'en sortait. Alors qu'elle refermait la porte, elle aperçut un petit panneau, collé sur cette dernière. Elle s'approcha et lut :
« Afin d'économiser la clochette, celle-ci ne sonnera qu'une seule fois par client. Il est donc inutile de jouer avec la porte pour la faire sonner encore et encore... »
Marie se demanda comment on pouvait faire en sorte que la cloche ne sonne qu'une seule fois par client ; cependant elle ne connaissait pas tout au monde, et se dit qu'il y avait sûrement encore bien des choses à découvrir. Comme personne n'était encore intervenu, elle fit quelques pas dans la boutique. Sur de grandes étagères, il y avait un bazar tel qu'elle n'en avait pas vu depuis longtemps. Elle pensa que si sa chambre avait été dans un tel état, sa mère l'aurait privée de sortie pendant au moins une semaine ! Il y avait des écrans de télévision, des réveils entassés les uns sur les autres, puis quelques aquariums avec un ou deux poissons qui tournaient en rond (mais comment pouvait-on réparer un aquarium si les poissons étaient encore dedans ? se demanda Marie), et, au bout de l'allée, un petit enclos avec un poney à l'intérieur. Celui-ci ne bougeait quasiment pas, il mâchouillait de l'herbe, ou du foin, Marie n'en était pas sûre. A son cou pendait un petit écriteau qui disait : « ne pas toucher, peinture fraîche ».
Aussitôt Marie eut envie d'y poser sa main, forcément ! Premièrement parce qu'elle n'avait jamais vu un poney d'aussi près. Deuxièmement parce qu'elle ne savait pas qu'on pouvait faire repeindre son poney, sûrement quand il perdait ses couleurs. L'animal, en la voyant s'approcher, fit un pas en arrière en hennissant. Marie recula, car il lui semblait avoir entendu « Hiiiiii pas touche », même si elle savait que les poneys, tout comme les chevaux, ne parlaient pas français ! Elle avait dû rêver. Elle fit quelques pas en arrière, puis revint vers le milieu de la boutique.
— Il y a quelqu'un ? demanda-t-elle timidement.
Elle avança et se pencha derrière le comptoir. Là encore, il n'y avait personne. Un léger cliquetis se fit entendre dans le fond du magasin. Elle fit prudemment quelques pas, en serrant toujours son sac contre elle. Elle n'était sûrement pas censée s'approcher de ce recoin, qui n'était sans aucun doute pas destiné aux clients, mais jusqu'à présent elle n'avait obtenu aucune réponse à ses appels. Alors elle se sentit autorisée à aller voir d'où provenait ce petit bruit insistant. Elle se mit sur la pointe des pieds, comme si cela la rendait invisible et que personne ne pourrait ainsi la surprendre, et retint sa respiration. Un grand rideau noir séparait le magasin de la réserve. Lentement, elle écarta le morceau de tissu et pencha la tête par l'ouverture ainsi faite. Une tortue à carapace rouge était assise devant une table. Elle semblait très occupée par ce qu'elle faisait. Marie avança très prudemment, sans faire de bruit, car elle ne voulait pas la déranger en plein milieu de son travail. Un grand miroir carré était posé sur la table et, à côté, un sac de petits cailloux blancs laissait échapper son contenu. La tortue plongeait sa main dans le sac, en ressortait un petit caillou qu'elle posait devant le miroir. Marie avança encore un peu, de telle sorte qu'elle se retrouva bientôt à côté de la tortue.
— Bonjour, dit-elle doucement.
— Bonjour, chère amie, dit la tortue sans tourner la tête.
— Je suis venue... reprit Marie.
— Ah, c'est très bien d'être venue, très très bien. Ça me fait plaisir.
— En fait, je suis ici pour...
— Chut, fit la tortue en portant son index à sa bouche.
— Mais...
— Chut !
Marie regarda son interlocuteur et lui dit :
— Je suis venue pour ma montre.
La tortue sursauta, comme si d'un seul coup elle découvrait que quelqu'un se tenait à ses côtés, et tourna la tête.
— Mais vous n'êtes pas une tortue, chère amie ? demanda-t-elle d'un air étonné.
— Non, je ne pense pas, répondit Marie, poliment. Je suis venue car ma montre doit être réparée. Je l'ai laissée tomber ce matin...
Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase.
— Pourquoi diable l'avez-vous laissée tomber, chère amie ?
— Mais je ne l'ai pas fait exprès !
— Ce n'est pas une raison, chère amie.
Il m'énerve, avec ses « chère amie » à tout bout de champ, pensa Marie. Mais elle n'en dit rien, gardant le plus grand des sourires pour la tortue. Après tout, si c'était lui qui allait réparer sa montre, il valait mieux être très polie et ne pas l'énerver.
— Peut-être pourriez-vous y jeter un coup d’œil et me dire s'il y a quelque chose à faire ? avança-t-elle aussi calmement que possible.
Et soudain elle réalisa qu'elle s'entretenait avec une tortue. Instinctivement, elle fit un pas en arrière, comme si tout allait redevenir normal en s'éloignant un peu, et, constatant que ce n'était pas le cas, elle se pinça le bras. Mais la tortue était toujours là. Étonnamment, ce fut cela qui lui parut étrange, même après le coup de la clochette qui refusait de sonner plus d'une fois par client et le poney qui venait juste d'être repeint.
— Je suis très occupé, aujourd'hui, chère amie.
Marie se rapprocha, histoire de montrer qu'elle portait de l'intérêt à son travail (même si elle n'avait aucune idée de ce que la tortue pouvait bien bricoler !), puis elle lui demanda :
— Qu'est-ce que vous faites ?
— Vous le voyez bien, chère amie, proféra-t-il en la fixant, les yeux grands ouverts derrière ses binocles aux verres si épais qu'ils lui agrandissaient le regard jusqu'à ce qu'il ait l'air d'avoir deux soucoupes à thé au-dessus du nez.
Marie secoua la tête et détourna le regard, évitant ainsi de dévisager son interlocuteur. Elle voyait bien, en effet. La tortue disposait des petits cailloux blancs devant un miroir. Cette dernière reprit, non sans un peu d'agacement dans la voix :
— Je répare un odrinateur, chère amie.
— On dit un ordinateur, suggéra Marie.
— Non, un odrinateur.
La tortue, énervée, en oublia même de l'appeler "chère amie". Marie, sûre d'elle, insista :
— Non, on dit un ordinateur.
La jeune fille se laissa emporter — ce qui n'était pas vraiment dans ses habitudes, mais la mauvaise foi de la tortue l'avait poussée à bout :
— Enfin, tout le monde sait que l'on dit un ordinateur.
— C'est un odrinateur, et c'est tout ! cria la tortue en donnant un coup de poing sur la table. Tous les petits cailloux sursautèrent et changèrent de place devant le miroir. Et voilà, les touches sont toutes mélangées, je n'ai plus qu'à les rattraper et à les remettre dans le bon ordre ! C'est malin !
Marie recula d'un pas, honteuse. En silence et de loin, tandis que la tortue tentait de récupérer les petits cailloux blancs qui se déplaçaient lentement dans tous les sens, elle observa l'ensemble de plus près. Il était vrai qu'on ne pouvait pas appeler ordinateur un ensemble composé d'un miroir et de petits cailloux blancs. Si elle n'avait pas tout à fait raison, il n'avait pas totalement tort non plus. Elle regarda la tortue, lui sourit pour apaiser les tensions, et s’excusa :
— Vous avez peut-être raison. Je n'avais pas bien regardé. C'est vrai que l'on dirait un odrinateur.
—
