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Ce livre est un chemin. La découverte d'une autre façon de voir et de pratiquer spirituellement. Tout commence par une brèche dans notre temps intérieur. Quand à travers le voile, souffle sur notre esprit un vent qui nous rend si Vivant. Une situation, un saisissement, et nous percevons un peu de ce que pourrait être une vie Pleine. Sérénité enracinée, Unité intérieure, puissance de la Présence à soi. Une brèche faite, ici et maintenant, du tissu de notre fonctionnement ordinaire. Mais nos outils habituels de compréhension et de perception ne peuvent nous mener par delà la porte, dans cet Autre monde pressenti. Pour traverser, c'est d'une autre matière que doit être fait le navire. Une matière qui est déjà présente, mais ignorée. Que l'on ne sait pas voir, et encore moins utiliser. Le Mouvement de l'Infini
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Seitenzahl: 168
Veröffentlichungsjahr: 2018
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Introduction
Le départ
L'Alchimie
Le Qiqong
La Compréhension
Le Mouvement façonne la vie
La peinture Chinoise
Le Feng shui
L'ésotérisme du trois
Le Mouvement dans la matière
Molécules
La Physique quantique
Le Mouvement au cœur de l'homme et de sa psyché
Neurobiologie
Psychologie
Un outil de réalisation du Mouvement de l'Infini
L'ouverture à l'inconnu
L’Inconnu
le Vide Divin
Le grand Éveil
L'Infini et l'Un
Le non duel
La libération
La Vie dans la vie
Le monde moderne et ses obstacles
Commencer à avancer
Conclusion
Ce livre est l’histoire d'un itinéraire de vérité. Une recherche d'une Vérité au delà des dogmes et des apparences. Une recherche qui nous saisit tout entier, par l’intensité de la possible issue. Un voyage dont l’issue est la traversée du miroir, l’accès au-delà de notre fonctionnement ordinaire, « par delà » notre pensée. Un itinéraire qui commence là où nous sommes. A un moment où, grâce à la puissance de l’appel de l’Être, cet écho résonnant dans l’instant présent, nous ouvrons notre Intérieur au monde infini des possibles. Traverser le miroir, c’est avancer vers soi, puis entrer en soi, disparaître et enfin renaître. Voir et ressentir à un autre plan, pour Vivre Pleinement et totalement. Une sensation déstabilisante et grisante, d’une appartenance inscrite ici et dans l’invisible. Celle des étoiles des sentiments d’Éternité et de l‘Etreté.
Tout commence par une brèche dans notre temps intérieur. Quand notre être se gonfle de l’Être du Monde. Quand, à travers le voile, souffle sur notre Esprit un vent qui nous rend si Vivant. Une situation, une compréhension, un saisissement, et nous percevons un peu de ce que pourrait être une vie Pleine, totalement pleine. Sérénité enracinée, Unité intérieure, Ouverture cosmique, fluidité naturelle de l‘action, Puissance de la Présence intérieure. Et cette brèche ne saurait être qu’Ici et Maintenant, au sein même de notre fonctionnement ordinaire. De cette mécanique habituelle de nos pensées et ressentis. De notre routine intérieure et prédictible. Cette brèche est faite de ce tissu là. Mais ce qu’elle dévoile, ce ne peut être qu’un autre aspect de nous même, jusqu’à présent oublié. Un aspect de notre Nature Éternelle au-delà de nous même, en nous même. Et c’est là, le paradoxe de ce Cheminement: nos outils coutumiés de perception et de compréhension, basés sur notre intellect et émotions, peuvent, dans des circonstances exceptionnelles, nous donner à voir la porte d’accès à cet Autre monde, en nous même. Mais, pour la traverser c’est d’une autre matière que doit être fait le navire, une matière qui est déjà présente mais ignorée. Que l’on ne sait pas voir, et encore moins utiliser. Le Mouvement de l'Infini.
C’est l’histoire d’une ouverture folle et renversante, qui se produit naturellement et doucement, à l’intersection d’événements de vie. Comme un échantillon, donné à goûter pour expérimenter une sortie du rêve gris. Mais accepterons nous d’y goûter totalement ? Jusqu'à quel point accepterons-nous l'Inconnu et l'Impossible ? La Conscience est au cœur de toute évolution intérieure. Elle est la sève qui, lovée dans le grand Je, peut conduire notre cheminement vers les hauts sommets de Lumière et les plus profondes réalisations incarnées. Mais La Conscience reste un mystère pour qui ne la pratique pas suffisamment. Comme ces brides éparses, ici et là, que la pensée néglige d’envisager comme précieuses. Mais ce sont-elles qui pourraient former la coque qui nous amènera sur l’Autre Rive.
Ce matin je regarde, derrière les vitres de la fenêtre de la cuisine, le ciel. Un bleu immense où s'accrochent quelques petits nuages à l'aspect cotonneux. Je regarde ce tableau de la nature pour la première fois, ou peut être la millième. Je dis « je » , mais ces deux lettres me semblent un peu fluettes pour porter tout ce que cela comporte. Je. Est ce le même je qu'au début de ce texte ? Ou le même qu'il y a 1 mois ou 10 ans ? Je regarde. En fait Cela regarde par je. Je est la fenêtre par laquelle Cela regarde. Je ne suis d'ailleurs pas je mais je, regardé par Cela. Aussi ce n'est pas je regarde qu'il faudrait dire, mais Cela regarde par je, regardé par Cela.
Derrière les vitres de la fenêtre de la cuisine, le ciel. Derrière les vitres. Derrière. Je est bien derrière mais pas Cela. Cela est nulle part et partout. Nulle part précisément, car absolument partout. Derrière la fenêtre du Je, Cela regarde, derrière la fenêtre de la cuisine, Cela que je regarde. Et le ciel a disparu. Il n'y a plus que Cela dans un ciel de Cela derrière la fenêtre du je.
La vérité sur la vie semble toujours nous échapper quand on se donne suffisamment de mal pour pouvoir, presque, la saisir. Souvent, les mots sont d'admirables messagers, qui nous transportent faute de transporter des messages vrais. Les yeux ouverts, l'illusion est elle partout ou simplement un reflet d'une réalité incompréhensible en essence ? Et si, pour comprendre cette essence il fallait simplement la réaliser en nous même. L’accueillir, puis l’incarner. Alors nous serions Cela, nous serions cette compréhension. Nous serions la Lila et le monde tournerait en nous et autour de nous.
Voici ce chemin que je vous invite à découvrir. C'est une invite à cheminer dans cet espace de la pensée aux limites de l‘Autre Monde. Quand, au virage d’une logique, un paysage inconnu se dévoile, le temps d’une brèche. Et que voulant revoir, on accepte d’expérimenter par l’exercice. Changeant de bateau, pour le retrouver plus tard et l’accepter comme simple outil. Aller par delà la pensée.
L'Asie ésotérique m'a appelé à elle, très tôt dans ma vie. Adolescent, ce monde me fascinait. Il me semblait plein de mystères, de magie et de poésie. A l'image de l'épopée de Milarepa, dont je m’étais entiché. Traverser la souffrance et la vengeance, expérimenter la magie, puis aboutir après mille épreuves à son avènement spirituel cosmique total. Ça, ça me parlait.
Au lycée, la scolarité m’ennuyait, aucune matière n’attisait ma curiosité. Tout semblait entendu, apprendre un fatras de connaissances parce qu’il le fallait. Seule la philosophie avait à mes yeux un véritable intérêt. Penser, enfin, par soi même. Mais dans une section scientifique, forcement, les cours de philosophie étaient très limités. Je trouvais, aussi, d'autres dérivatifs. Je me souviens, que pour l’épreuve sportive du bac, il fallait écrire un petit dossier sur un sujet ayant trait à l'activité physique. J'avais choisi de disserter sur le Karaté dans son approche Spirituelle et Ultime : l'art de se battre sans jamais échanger un seul coup. Simplement grâce à l’émanation de l’Être, comme résultat d'un long et profond travail sur soi et son corps. J’étais fasciné par l'approche Asiatique du monde invisible. Une approche, finalement, très concrète, presque scientifique. En tout cas, imprégnant d’évidence le quotidien de la société traditionnelle Asiatique, par ses réalisations.
Deux ans après le bac, par un concours de circonstance, j'entrais à la fois à l’école de médecine et en fac de psychologie. Et au même moment, je débutai une formation en énergétique avec le Qiqong, un art de mise en mouvement des forces subtiles du corps. Suivre ces trois enseignements en même temps, fut une grande révélation intellectuelle. Même si, je ne pus aller au delà du Deug, pour la psycho. Pendant deux ans, mon cerveau expérimenta quelque chose qui le marqua à vie. La notion de relativité et celle de vérité. La vision de l’école de médecine était très scientifique, très rationnelle et uniquement centrée sur le corps, objet de processus biologiques complexes. La psychanalyse et l'énergétique (comme l'acupuncture, l’homéopathie et l’ostéopathie) était, pour elle, des non sens dangereux. Pour la fac de psychologie, orientation psychanalyse, les psychiatres étaient des monstres imbéciles qui ne comprenaient rien à la subtilité de l’être humain (le lien de sens de nos actes avec nos désirs profonds, notre vécu, notre inconscient), et encore moins à ses dysfonctionnements psychologiques. Et en énergétique, l'enseignement portait sur une subtile écoute des profondeurs du corps, au delà de ses maux, et des mots. Dans un ressenti et un silence tendant vers l’être. Ici, on se méfiait beaucoup des institutions (dont la médicale et la psychologique), qui taxaient facilement tout ce qu'elles ne comprenaient pas d'abus ou de secte. Ainsi, vivant pleinement de l’intérieur, tous les jours, chaque vision, j'assimilais. Chacune avait raison, à sa façon. Chacune me nourrissait. La médecine m'apportait les bases d'une solide logique pour mon discernement. La psychologie m'ouvrait les yeux sur l'importance cruciale de mon vécu émotionnel et du sens investi, depuis ma naissance. C’était excitant d'apprendre à entendre l'autre, et par ses mots, toucher ses maux. Mais, c'est le qiqong qui m'ouvrit à l’expérience de l’être. Il me permit d’accéder, par l’expérimentation dans mon corps, au merveilleux. Non plus au pathos, ni au fonctionnement normal. Pas plus à une nouvelle approche intellectuelle du monde. Non, c’était moi qui me retrouvait. Ou plus exactement, c’était moi qui plongeait dans une intimité vécue de l’être. Et là, je compris que les plus grandes vérités sont celles que nous trouvons en nous même, au delà des concepts des autres. Mais que ces vérités, qui sont alors vives en nous, ont besoin du terreau des enseignements classiques. C'est dans l'interaction avec l'autre, puis l'immersion intérieure que peut émerger notre évidence intime. Et si, celle-ci est vraiment vivante, elle va évoluer, aux contacts de toutes les subjectivités du monde. Nous ne pouvons nous passer des savoirs culturels, humains et scientifiques. Mais c'est à travers ce béton structurant, exposé à la vie sauvage de l’expérience, que va émerger notre arbre de la vérité.
L'axe de ma vie était né de cette collision d'enseignements. C’était la recherche intérieure qui en avait émergé, telle une très haute montagne à gravir. Je sentais clairement qu'il me manquait quelque-chose. Et ce, d'autant plus que j'avais commencé à l' entrapercevoir. C’était l'Asie avec ses pratiques, qui avaient commencé à m'ouvrir les yeux. Je réalisais bien, que derrière la logique convenue de la vie, se cachait un mystère auquel j'aspirais. Je recherchais une brèche, dans les aprioris d'une vie normative, qui m'ouvrirai à cet aspect Vivant et joyeux au delà des contingences. Je voulais comprendre cette réalité nouvelle qui transparaissait derrière les logiques apparentes habituelles. Trouver le chemin d'une Source vivifiante pour mon Être. Le convenu ne m'apaisait plus, la curiosité et la soif prenait le dessus. J'explorais donc, tout ce qui pouvait m'ouvrir à cette nouvelle réalité cachée. A ce qu'elle révélait en moi de si puissamment attractif. Faute de saisir, je voulais goûter, m’imprégner de cette Vérité. Je le fis d'abord, avec le qiqong et la méditation. Le qiqong, cet art du mouvement énergétique; à la fois pratique corporelle et enseignement du subtil. Éprouver et investir le monde de l’action d’une manière totalement nouvelle. Commencer à sentir le centre vivant qui peut animer chacune de nos actions. La méditation, cette écoute du silence intérieur. Une ouverture à l’être. Une révolution culturelle de civilisation, une production humaine sans produit. Une beauté sans forme, un retournement intérieur vers l’être et non plus l’avoir. Puis vint l'acupuncture.
Avec la méditation et le qiqong, le voyage allait me prendre longtemps, très longtemps pour appréhender suffisamment le pourquoi du comment. Tant, ces pratiques sont faites pour retourner en profondeur notre terre intérieure, et la laisser « mûrir » suffisamment. Beaucoup de temps, beaucoup d‘années. Pour l’acupuncture, l’approche était en grande partie basée sur l’intellect. Un apprentissage lié à la pensée et plus seulement à l’être, donc plus rapidement accessible. La médecine traditionnelle Chinoise incarnait une vision et une approche totalement nouvelle à mes yeux. Quelque chose de détonnant pour un Occidental. Au premier regard, pour un esprit scientifique, l’ensemble de ce corpus pouvait donner une impression surréelle de simple symbolisme, voire de total empirisme. Mais, en se laissant pénétrer par ce nouveau mode de pensée, on sentait clairement émerger une puissante lame de fond multi-logique et analogique. Ce système intégrait un ensemble de données, en les articulant finement les unes aux autres, selon des axes qui variaient. Avec toujours, un sentiment de vivant qui en découlait. Comme si, le processus de pensée ou de système s’appuyait sur une réalité subtile mais vécue. Une sorte de système vibrant de vie. J'aimais cette nouvelle logique que j’appréhendais par le travail de ces connaissances asiatiques. Ses résultats étaient évidents et ses outils inhabituels à la simple raison, commune à l'Occident. Cela me plaisait, car j'avais toujours eu l'intuition que la vision Occidentale "officielle" avait quelque chose de boiteux. Quelque chose de trop brillant, de trop lisse en soi, et sonnant souvent creux. Comme si, l’apparence et la fluidité de l’articulation prévalait sur la puissance de l’être, de la Réalité en elle-même. L’acupuncture et son système de compréhension, emplissaient progressivement un peu plus ma pensée et ma vision du monde. Cela était, somme toute, grisant d’avoir ces outils subtils me permettant, non seulement, de décrypter des mécanismes de fonctionnement de la psychologie mais aussi du corps. Avec un réel pouvoir d’action sur eux. Je comprenais mieux les gens qui m’entouraient, je pouvais vraiment agir pour aider les autres. Cela donnait sens à ma recherche.
Mais finalement, je me contentais de peu. Je croyais comprendre le monde et moi-même, parce que j'avais accès, grâce à mon savoir et mon savoir-faire, à certains processus énergétiques du corps. Je voyais indirectement ces processus, et obtenais de réels résultats curatifs. Je croyais comprendre beaucoup plus profondément la réalité du monde, imprégné que j'étais, de la complexité mentale des connaissances énergétiques. Pourtant, il ne s’agissait pas encore de mon être. Cela n’était qu’un éclairage nouveau de chemins s’offrant à mon parcours. Ce n’était pas le chemin en tant que tel. Car si ce nouveau mode de pensée m'avait porté au début, il m'enfermait progressivement, à mesure que je l'adoptais comme système. Il n’était en réalité qu'un outil, mais nullement un but. Ce que je cherchais était de l'ordre du vivant, du totalement Vivant, pas un système, ni un nouvel ordre de pensée ou de vision.
A toute révolution intérieure, la pensée apporte sa part, la préparation à l’action, à l’incarnation. Je pouvais percevoir, que toute cette approche, portée par la vision de la médecine traditionnelle chinoise, n’était qu’une simple étape de cheminement. Comme une marche d’escalier est importante pour monter, évoluer, mais n’est pas indispensable en elle-même. Il n’est pas nécessaire de s’appuyer sur toutes les marches pour ascensionner. On en choisit quelques unes, ou c'est la vie qui nous y aide. Mais, au final, c’est l’ascension elle-même qui compte. Car c’est de ce mouvement, en lui-même, que peut naître tout les miracles de la Vie, de notre vie. Heureusement pour moi, la vie me réservait suffisamment de surprises, pour m‘aider à comprendre cela…. Tout un ensemble de rencontres et de chocs puissants pour me tirer du lit du contentement facile, que procurent les certitudes, mêmes subtiles….
Ma santé était précaire depuis bien longtemps. C’était pour cela, que je mêlais dans mes recherches de cheminement, l'énergétique, dont l’Asie m’avait ouvert les portes, et le spirituel. Et par spirituel, j’entends l’essence de l’être humain, sa connexion, son ouverture à ce qui le dépasse. Non pas à l’extérieur de lui, mais en lui-même. D’ailleurs, pendant longtemps encore, l'énergétique allait s’entremêler au spirituel, et dans ma pratique, et dans ma compréhension. Un équilibre, qui est la pierre d’achoppement de beaucoup de méprises. Car, tout est, bien évidemment, lié en ce monde, mais chaque processus a ses propres lois et sa propre évolution. Et croire, que l‘énergétique ouvrira notre cœur à l‘Infini ou illuminera notre esprit est une illusion. De même que, tourner le dos à son corps et aux miracles simples de l’énergie est un obstacle à la Vie elle-même, au bonheur. A cette époque, j’étais inconscient de cette vérité, et l'énergetique et le spirituel étaient indubitablement mes deux piliers.
Je suivais un nouveau cycle de formation sur l'énergetique. Et à la fin d'une de ces journées, l'intervenant se mit à parler d'alchimie. Une digression totale du thème initial. Il était passionné et cela était communicatif. Alors il continua dans sa lancée. J'y connaissais rien et n'avais jamais lu le moindre livre à ce sujet. Sa façon de raconter était vraiment épique, cela ressemblait à une sorte de quête avec plein d'expériences étranges. Je finis par me laisser convaincre. Et décidais d'aller à une conférence dédiée au sujet, que le conférencier me conseillait. De fil en aiguille, plusieurs mois plus tard, je me retrouvai à un stage de plusieurs jours avec le premier conférencier qui m'avait tant intrigué.
Au cœur du stage, se déroulait une expérience alchimique. Un petit laboratoire succinct avait été installé pour l'occasion. Un montage d'instruments en verre, pour la mise en action d'une distillation spéciale. Un processus à l’exécution très délicate et aux résultats, si aboutis, très recherchés dans le milieu de la spagyrie. Un grand ballon, ressemblant à une grosse boule surmontée d'une ouverture en forme de cylindre, était enceint dans une sorte de bac chauffant. A ce ballon était joint, verticalement, une colonne complexe avec à l'intérieur des sortes de pointes de verre dirigées vers le bas, espacées régulièrement de haut en bas. Puis, un tube formant un angle aigu venait surmonter l'ensemble et conduire la structure vers un petit ballon disposé plus bas que le sommet de la colonne, mais plus haut que le gros ballon. Il était tenu suspendu par une pince métallique, qui l'enserrait au niveau de son col. Dans le gros ballon, 600 ml de vin, dans le petit, rien. Le processus commença, le bac chauffait, le vin doucement se mit, au bout de deux ou trois heures, a progressivement très légèrement buller. Très lentement, des vapeurs montaient lécher les pointes de verre de la colonne, au dessus du ballon. Des gouttes se formaient et retombaient dans le récipient plein de vin chaud. Puis, des vapeurs atteignaient le coude, et se formait une goutte qui tombait dans le petit ballon suspendu. Dans ce circuit fermé hermétiquement, l'opération de distillation progressait. Lentement au fil des heures, le petit ballon se remplissait d'un liquide incolore, au détriment du gros ballon. Tard dans la soirée, l'alchimiste arrêta l'opération, disant sentir ce premier processus de distillation fini. On pouvait voir le petit ballon rempli au deux tiers d'alcool incolore, alors qu'au fond du gros ballon se trouvait un "jus" épais rouge sombre. Puis l'alchimiste récupéra l'alcool incolore pour, après avoir nettoyé l'ensemble du circuit en verre, le remettre à nouveau dans le gros ballon, alors vidé. Et une nouvelle distillation recommençait. En quatre jours, l'alchimiste opéra successivement quatre distillations. Depuis les 600 ml de vin, il obtint environ une centaine de ml d'un alcool beaucoup plus pur.
Jusqu'à présent, les exposés de l'alchimiste, riches en explications, m'intriguaient et nourrissaient ma pensée. Sans cependant vraiment m'exalter. Je finissais par m'ennuyer un peu, car tout cela n'était, en vérité, pas de ma culture ni de mon trip. Je n'y voyais, à la fin, que des histoires de recettes "miracles" et de symbolisme énergético-spirituel peu compréhensible, ou du moins non utilisable pratiquement parlant. Mais, à la cinquieme et dernière distillation, se produisit un phénomène pour le moins inattendu. C'était le soir. Je sentis brusquement un changement dans l'ambiance générale. Suivi d'une sorte de déflagration sourde et lointaine. J'étais dans le laboratoire, seul avec 2 autres stagiaires. Je compris, immédiatement, que quelque chose de spécial venait de se produire dans les ballons de verre. Le processus de l'ultime distillation semblait effectivement terminé. Je voyais que, dans le petit ballon, l'alcool concentré semblait différent du résultat des précédentes distillations. C'était vraiment, sur le plan subtil, quelque chose de nouveau. Plus je le regardais, plus cela devenait une évidence pour moi, qu'il y avait eu une transmutation. Je n'aurais pas pu vraiment expliquer ce qui avait changé, en dehors de cette certitude vibratoire de mon corps. C'était intéressant et plutôt sympa à voir, cependant, un autre phénomène autour de moi envahissait mon cœur d'une émotion de crainte étrange. Un phénomène, autrement plus intrigant qu'un changement vibratoire d'un petit liquide, obtenu après
