Le pirate (Édition résumée) - Walter Scott - E-Book

Le pirate (Édition résumée) E-Book

Walter Scott

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Beschreibung

Le Pirate (1822) situe son action dans les Orcades et les Shetland, au tournant du XVIIIe siècle, où le naufrage du corsaire Clement Cleveland trouble Mordaunt Mertoun et la maison de Magnus Troil, père des sœurs Minna et Brenda. Sous l'influence inquiétante de Norna de Fitful-Head, sibylle héritière des sagas nordiques, l'intrigue mêle passions contrariées, repentir et enjeux de justice maritime. Scott excelle dans la couleur locale: coutumes insulaires, vestiges du droit norrois, dialectes, tempêtes, et une dramaturgie qui équilibre pittoresque et sublime. Inscrit dans la veine des Waverley Novels, le roman articule superstition et rationalisme, et peint le passage d'un monde archaïque à la modernité commerciale. Scott, pionnier du roman historique, nourrit ce livre de son érudition d'antiquaire, de sa pratique du droit et d'un voyage de 1814 à bord du yacht des commissaires des phares, qui le mena dans les archipels du Nord. Il s'inspire aussi du pirate orcadien John Gow (exécuté en 1725) et des traditions norroises. Sa double identité de poète et de juriste éclaire l'entrecroisement de fatalité, de coutume et de responsabilité. Je recommande ce roman aux lecteurs curieux de mers nordiques, d'ethnographie et de romances sombres: une fresque riche, accessible, durablement mémorable. Quickie Classics résume avec précision des œuvres intemporelles, préserve la voix de l'auteur et maintient une prose claire, rapide et lisible – distillée, jamais diluée. Suppléments de l'édition enrichie : Introduction · Synopsis · Contexte historique · Biographie de l'auteur · Brève analyse · 4 questions de réflexion · Notes de l'éditeur.

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Veröffentlichungsjahr: 2026

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Walter Scott

Le pirate (Édition résumée)

Édition enrichie. Orcades et Shetland au XVIIIe siècle: naufrage d’un corsaire, passions contrariées et justice maritime entre tempêtes, folklore nordique et raison.
Introduction, études, commentaires et résumé par Jade Rousseau
Édité et publié par Quickie Classics, 2026
EAN 8596547890553
Quickie Classics résume avec précision des œuvres intemporelles, préserve la voix de l’auteur et maintient une prose claire, rapide et lisible – distillée, jamais diluée. Suppléments de l’édition enrichie : Introduction · Synopsis · Contexte historique · Biographie de l’auteur · Brève analyse · 4 questions de réflexion · Notes de l’éditeur.

Table des matières

Introduction
Synopsis
Contexte historique
Biographie de l’auteur
Le Pirate (Roman historique)
Analyse
Réflexion
Notes

Introduction

Table des matières

Entre les rochers battus par l’Atlantique et les codes inflexibles d’une communauté insulaire, Le Pirate de Walter Scott met aux prises le vertige de la liberté et l’exigence de l’appartenance, la séduction du large et la protection de la loi, jusqu’à ce que la brume des apparences, la rumeur, l’honneur, la peur et le désir redessinent, au rythme des marées, les seuils incertains du bien et du mal dans une lutte intime où l’identité vacille, l’autorité se teste, et la promesse d’évasion révèle ses dettes secrètes envers la terre ferme et ceux qui y maintiennent l’ordre fragile des jours.

Roman historique parmi les Waverley Novels, Le Pirate paraît en 1822 et installe son intrigue dans les îles Orcades et Shetland, à l’orée du XVIIIe siècle, tout au nord de l’Écosse. Scott y mobilise sa maîtrise du cadre régional pour explorer des sociétés littorales dont l’économie, les croyances et les hiérarchies s’ordonnent autour de la mer. Le contexte insulaire, éloigné des centres de pouvoir, permet au récit de jauger la portée concrète des lois et des coutumes lorsque les vents, les routes maritimes et les hasards du commerce replacent les habitants face à des étrangers, des menaces, et des promesses venues d’ailleurs.

L’intrigue s’ouvre sur l’arrivée d’un marin au passé opaque et sur les frictions qu’elle suscite dans des communautés où l’hospitalité se double d’une vigilance sourde. Sans déflorer les rebondissements, l’enjeu tient dans la manière dont un destin de la mer perturbe des équilibres locaux, éprouve les loyautés et fissure les certitudes. Le lecteur découvre une voix narrative ample, ironique à l’occasion, soucieuse de peindre les mœurs, les métiers et les rituels du rivage. Le ton conjugue le romanesque de l’aventure avec une curiosité quasi ethnographique, alternant l’âpreté des éléments et le huis clos des intérieurs éclairés au feu.

Au cœur du livre s’entrecroisent des thèmes qui font la force durable du roman historique de Scott. Liberté individuelle et responsabilité collective s’y jaugent, tout comme l’autorité légale et l’attrait de l’irrégularité, l’éthique du devoir et la tentation de l’exception. La communauté insulaire offre un laboratoire moral où l’on mesure la puissance de la rumeur, le poids des traditions et la fragilité de la confiance. S’y ajoutent la confrontation entre superstition et rationalité, le heurt de la marge avec le centre, et l’examen, sans manichéisme, de cette figure ambivalente qu’est l’homme d’action charismatique venu des confins maritimes.

On y retrouve la composition ample qui a fait la réputation de l’auteur: un narrateur attentif aux usages, des descriptions d’une précision concrète, et des dialogues où affleurent des idiomes locaux sans jamais fermer l’accès au lecteur. Le rythme ménage des instants d’attente, des éclats de péril et des conversations feutrées où se renégocient les alliances. Scott excelle à cartographier les seuils — grèves, caps, maisons retirées — comme autant de scènes où se cristallisent les choix. La mer y est présence tutélaire, ni simple décor ni pure menace, mais force qui façonne les gestes, les voix et les horizons.

Si l’ouvrage conserve aujourd’hui sa puissance, c’est qu’il interroge des questions que nos sociétés n’ont pas tranchées: comment accueillir l’inconnu sans dissoudre la cohésion, comment arbitrer entre sécurité et liberté, comment déchiffrer le charisme quand il bouscule les règles communes. À cela s’ajoute la précision avec laquelle Scott observe les circulations maritimes, la dépendance aux flux extérieurs et la vulnérabilité des périphéries. Ce regard, à la fois empathique et lucide, éclaire nos débats sur les identités locales, la mondialisation et l’attrait persistant des figures transgressives dont la promesse d’émancipation emporte autant d’ombres que de possibles au rivage.

Lire Le Pirate, c’est entrer dans un paysage narratif où la houle du récit porte à la fois l’énergie du conte maritime et la réflexion d’un observateur de l’histoire. Le roman n’exige aucune érudition préalable: il ouvre ses portes par la grâce d’un cadre sensible et d’une intrigue claire, puis approfondit, scène après scène, ce qui lie une communauté à son milieu. On y goûte un art du portrait, un sens des transitions et un usage mesuré du suspense. Ainsi, l’ouvrage offre aux lecteurs contemporains une traversée qui conjugue dépaysement, intelligence morale et mémoire d’un monde façonné par la mer.

Synopsis

Table des matières

Publié en 1821 au sein des Waverley Novels, Le Pirate de Walter Scott situe son intrigue dans les archipels des Orcades et des Shetland, à la charnière des XVIIe et XVIIIe siècles. Scott y combine aventure maritime, peinture de mœurs insulaires et questionnements moraux autour de la loi, de l’honneur et de la fascination pour les hors-la-loi. Le cadre nordique, marqué par des héritages norrois et des croyances tenaces, oppose superstitions locales et aspirations à une rationalité moderne. Autour de familles enracinées et de visiteurs venus de la mer, l’œuvre interroge l’hospitalité, la responsabilité individuelle et les limites de la loyauté communautaire.

Au sud des Shetland, Mordaunt Mertoun grandit auprès d’un père taciturne, Basil, retiré dans une demeure battue par les vents. Le jeune homme trouve auprès de Magnus Troil, notable insulaire et figure d’autorité, un second foyer où l’accueil et la convivialité polarisent la vie sociale. Les filles de Troil, Minna et Brenda, incarnent deux tempéraments contrastés, sensibles à la fois aux récits de mer et aux règles de leur milieu. Par la chasse, la pêche et les rencontres villageoises, Scott établit un monde clos, solidaire mais hiérarchisé, où la réputation compte presque autant que la loi écrite.

Une tempête fracassante jette sur les côtes un marin étranger, Cleveland, que l’on arrache de justesse aux récifs. Recueilli puis introduit chez Magnus Troil, l’homme gagne faveur et curiosité par son aisance, son courage et un vernis de mystère. Sa présence redistribue les sympathies: le magnétisme du naufragé trouble les jeunes femmes, tandis que Mordaunt, jusque-là familier du foyer, éprouve l’inquiétude sourde de l’intrus. Les non-dits entourant l’origine de Cleveland et le silence obstiné de Basil Mertoun alimentent, chez les insulaires, un mélange d’admiration, de méfiance et d’attente, prélude à des choix qui mettront chacun à l’épreuve.

Les scènes de sociabilité, banquets et veillées à Burgh-Westra, donnent à voir une communauté régie par l’honneur et la générosité. Le vieux conteur Claud Halcro agrémente ces réunions d’anecdotes littéraires et de souvenirs maritimes, tandis qu’une figure plus inquiétante, Norna de Fitful-Head, s’impose par ses oracles et ses rites. Son autorité quasi surnaturelle infléchit les perceptions: Minna, prompte aux élans romanesques, prête foi aux signes et aux destins annoncés; Brenda, plus réservée, s’attache aux convenances et au jugement mesuré. Entre fascination, ironie et crainte, les insulaires laissent les prophéties colorer leurs décisions, accentuant malentendus et rivalités latentes.

À mesure que circulent des bruits de course et de prises en mer, Cleveland apparaît moins comme un naufragé que comme l’agent possible d’entreprises douteuses. Les autorités des îles, soucieuses d’ordre, s’intéressent aux mouvements de navires et aux fréquentations des notables. La tension croît entre droit coutumier, solidarité d’île et exigences de la justice royale. Mordaunt se trouve partagé entre reconnaissance, amitié et devoir, tandis que le mutisme de Basil Mertoun, porteur d’un passé obscur, entretient l’opacité. Le récit articule ainsi responsabilité personnelle et pressions collectives, sans trancher hâtivement sur les culpabilités.

Le monde de Cleveland finit par rejoindre les rivages des îles: des compagnons surgissent, des pavillons suspects croisent au large, et la rumeur se mue en présence tangible. Des déplacements entre Shetland et Orkney rapprochent personnages et autorités, multipliant contrôles, ajournements et face-à-face prudents. La mer, omniprésente, dicte ses périls: avaries, brouillards et coups de vent renversent les plans et mettent à nu les caractères. Norna, fidèle à ses visions, intervient aux moments charnières, comme si l’élément et le destin parlaient d’une seule voix. Sous cet étau, l’hospitalité insulaire se heurte aux réalités d’une guerre larvée en temps de paix.

Les liens affectifs se tendent jusqu’à la rupture: attirances, jalousies et malentendus, nourris par les prophéties, creusent un fossé entre les jeunes gens et fracturent l’unité de Burgh-Westra. Cleveland oscille entre l’appel d’une vie régie par le risque et l’attrait d’un ancrage affectif qui l’arracherait à la mer. Mordaunt, mûri par l’épreuve, tente d’accorder loyauté et droiture, au risque d’y perdre sa place. Magnus Troil, gardien des usages, mesure soudain la fragilité des équilibres domestiques et publics. Le récit se resserre alors en scènes de confrontation où chaque parole engage l’honneur et ouvre, ou ferme, des issues possibles.

Des révélations tardives sur des origines et des dettes passées reconfigurent les responsabilités, déplacent les griefs et contraignent à des choix irrévocables. Les poursuites prennent un tour plus officiel, mêlant droit civil, discipline maritime et arbitrages d’autorité locale. Sans déflorer les retournements majeurs, on peut dire que l’éclat du merveilleux s’atténue: les prodiges trouvent des explications, et l’énigme se cadre dans des faits. Reste à savoir comment concilier justice et clémence, passion et devoir. Au terme de ce resserrement dramatique, les personnages s’avancent vers une issue où la mer, encore, servira de juge implacable et de témoin.

Sans rompre l’élan du roman d’aventures, Le Pirate élabore une méditation sur les marges de l’État et les survivances d’un monde ancien que modernise à peine la loi. La superstition et la poésie des îles ne sont pas tournées en dérision: elles structurent l’éthique locale autant qu’elles en aveuglent parfois les acteurs. En conjuguant folklore nordique, scènes de mer et étude de caractères, Scott interroge la séduction de l’exceptionnel et le prix des appartenances. L’ouvrage, exemplaire des Waverley Novels, laisse surtout l’image durable d’une société côtière aux prises avec l’altérité et la tempête, extérieure et intérieure, sans céder au manichéisme.

Contexte historique

Table des matières

Le Pirate se situe au début du XVIIIe siècle, dans les archipels des Orcades et des Shetland (souvent appelés alors Zetland), à l’extrémité septentrionale de l’Écosse. Ces îles, rurales et maritimes, vivaient de petites exploitations et de la pêche, avec des communautés dispersées et des liens étroits avec la mer du Nord. Depuis 1603, l’Écosse et l’Angleterre partageaient un même monarque, ce qui insérait progressivement ces marges insulaires dans des réseaux politiques plus vastes. Localement, l’autorité relevait du shérif des Orcades et des Shetland, des baillies et des lairds, dans un espace où les distances, les houles et les courants conditionnaient échanges, justice et sécurité.

Historiquement, les Orcades et les Shetland avaient appartenu à la sphère norroise avant d’être engagées en gage à l’Écosse (1468–1469) lors du mariage de Marguerite de Danemark avec Jacques III. De cet héritage découla la tenure « udal », régime de propriété d’origine nordique, qui coexista longtemps avec le droit féodal écossais. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, la consolidation des domaines par des lairds et l’extension de pratiques féodales provoquèrent des tensions sur les terres, les redevances et l’accès aux ressources marines. Cette dualité institutionnelle, entre normes locales et cadres nationaux, formait le quotidien juridique et social des insulaires.

Au début du XVIIIe siècle, l’économie locale reposait sur la pêche hauturière au cabillaud et au ling, le séchage et la salaison, l’élevage, et un commerce saisonnier avec l’Écosse, la Baltique et les Pays-Bas. Des marchands écossais et étrangers fréquentaient les mouillages abrités, tandis que les lairds ou leurs factors contrôlaient souvent l’approvisionnement et l’écoulement du poisson. Dans les Shetland, un « truck system » s’enracinait: avances en biens par les propriétaires et rachat de la pêche à des prix imposés, créant dépendance et endettement. La contrebande de tabac, de sel et d’eau-de-vie prospérait, encouragée par l’isolement, la faible surveillance et les profits rapides.

Le milieu maritime commandait la vie quotidienne. Les courants violents du Pentland Firth, les remous de Sumburgh Roost et les brouillards rendaient la navigation périlleuse. Avant l’édification systématique de phares au XIXe siècle, les pilotes locaux, les cartes limitées et l’expérience collective constituaient la principale sécurité. Les échouements n’étaient pas rares et suscitaient à la fois secours, sauvetage de cargaisons et litiges relevant du droit d’amirauté. La mer était en même temps voie d’accès, réserve alimentaire et menace constante, ce qui donnait aux îles une culture pratique du risque et un sens aigu de la solidarité, mais aussi des opportunités illicites.

À l’échelle atlantique, les années 1710–1720 correspondent à l’apogée de la « piraterie dorée ». La fin de la guerre de Succession d’Espagne (traité d’Utrecht, 1713) laissa nombre de marins sans emploi, tandis que les routes entre Baltique, mer du Nord et Atlantique offraient des cibles. La Couronne britannique renforça la répression: tribunaux d’amirauté, législation de 1700 contre la piraterie, proclamations de 1717 et 1718 offrant grâce puis poursuites accrues. Les exécutions à Execution Dock, à Wapping, signalaient cet effort. Même éloignées, les Orcades et les Shetland étaient exposées à ces circulations: prises, relâches forcées, approvisionnements et rumeurs traversaient leurs havres.

Le pirate historique qui inspira Walter Scott fut John Gow, originaire des Orcades à la fin du XVIIe siècle. En 1724, il prit la tête d’une mutinerie à Santa Cruz de Tenerife et se lança dans la course illégale en Atlantique Nord. Après plusieurs prises, son navire aborda les Orcades, où il chercha soutien et réparation. Une tentative de coup de main tourna court, et l’échouement près d’Eday facilita son arrestation avec l’aide d’élites locales. Transféré à Londres, il fut jugé et pendu à Execution Dock en 1725. Ce parcours, divulgué par des récits contemporains, fournit à Scott une trame factuelle reconnue.

Après l’Union de 1707, l’intégration douanière et la présence de l’administration britannique se renforcèrent, avec des officiers des Douanes et des croiseurs affectés à la lutte contre la fraude. Toutefois, l’emprise de la paroisse presbytérienne, des kirk sessions et des propriétaires demeurait forte dans la vie ordinaire. La culture matérielle et symbolique restait marquée par l’héritage norrois: toponymie, pratiques maritimes et survivances du norn, langue locale encore attestée au XVIIIe siècle. Les soulèvements jacobites eurent un retentissement limité dans ces îles, davantage concernées par les marchés, la météo et les liaisons maritimes que par les armées en marche.

Publié au début des années 1820, Le Pirate s’inscrit dans les Waverley Novels, où Scott conjugue érudition historique et fiction pour sonder les marges du royaume. Son voyage de 1814 dans le Nord, auprès des commissaires des phares, et la littérature de l’époque sur la piraterie lui fournirent descriptions, légendes et matériaux. Le roman met en relief les frictions entre autorités centrales et usages locaux, l’ambivalence des économies dépendantes de la mer, et la manière dont commerce, loi et violence s’entrecroisent dans un espace périphérique. Il reflète ainsi les dynamiques réelles de son temps tout en questionnant leurs coûts humains.

Biographie de l’auteur

Table des matières

Walter Scott (1771-1832) fut un poète, romancier, éditeur et érudit écossais dont l’œuvre donna au roman historique une forme et une audience sans précédent en Europe. Né et formé à Édimbourg, il combina curiosité antiquaire, sens du récit populaire et ambition littéraire pour façonner des fictions qui articulent mémoire nationale et destin individuel. Son succès dépassa rapidement l’espace britannique, inspirant lecteurs, dramaturges et peintres. À travers ses poèmes narratifs et surtout ses « Waverley Novels », Scott contribua à fixer des images durables de l’Écosse, tout en élargissant le champ romanesque à d’autres époques et pays, de l’Angleterre médiévale à la France du XVe siècle.

Sa formation passa par des études classiques et juridiques à Édimbourg, qui nourrirent son goût pour les archives, les chroniques et le droit coutumier. Très tôt, il collectionna et publia des ballades, sensible aux traditions orales des Borders. La découverte des romantiques allemands joua un rôle déterminant : il traduisit des ballades de Bürger et s’intéressa à Goethe, affinant une esthétique du sublime, de la couleur locale et de l’âpreté héroïque. Avec Minstrelsy of the Scottish Border (début des années 1800), entreprise érudite et éditoriale, il associa philologie, histoire et art du récit, préparant l’équilibre entre documentation et invention qui deviendra la marque de ses romans.

Scott s’imposa d’abord comme poète narratif. The Lay of the Last Minstrel (1805) rencontra un public enthousiaste, marquant son attachement aux paysages, aux légendes et aux affrontements des Marches. Marmion (1808) et The Lady of the Lake (1810) consolidèrent cette réputation, conjuguant cadence épique, pittoresque historique et efficacité dramatique. Leur réception populaire fut immense, au point d’influer sur le goût pour les Highlands et d’alimenter adaptations et lectures publiques. Lorsque la vogue poétique se déplaça, il orienta son énergie vers la prose, sans renier les procédés rythmiques et visuels qui avaient fait la force de ses vers.

Avec Waverley (1814), publié anonymement, Scott donna une architecture moderne au roman historique, articulant intrigue individuelle et crise collective. Il poursuivit avec une série féconde longtemps attribuée à « l’Auteur de Waverley » : Guy Mannering, The Antiquary, Old Mortality, Rob Roy, The Heart of Mid-Lothian, The Bride of Lammermoor, entre autres. Ces récits s’attachent aux secousses politiques et sociales de l’Écosse des XVIIe et XVIIIe siècles, notamment les soulèvements jacobites, et déploient une galerie de voix, de dialectes et de mémoires. La critique salua son art de fondre sources et fiction, qui fit école et élargit le lectorat européen.

Scott étendit ensuite son cadre au-delà de l’Écosse. Ivanhoe (1819) s’ancre dans l’Angleterre médiévale, Kenilworth (1821) explore l’ère élisabéthaine, Quentin Durward (1823) situe l’action en France, tandis que The Talisman (1825) plonge aux croisades. Son travail s’appuyait sur lectures d’archives, topographie des lieux et mise en scène d’objets, costumes et pratiques d’époque. S’il lui arriva de privilégier le dramatique sur l’exactitude ponctuelle, son sens du détail vraisemblable et la cohérence des mondes représentés furent salués. L’ample diffusion de ces romans participa à une conscience historique romantique partagée à l’échelle du continent.

Parallèlement à sa carrière littéraire, Scott exerça des fonctions juridiques et administratives en Écosse et s’investit dans la vie culturelle. De convictions tories, il défendit les institutions britanniques tout en valorisant l’héritage écossais, contribuant à des cérémonials publics au début des années 1820. Engagé dans l’édition et l’imprimerie, il connut la tourmente financière de 1825-1826, lorsque ses partenaires firent faillite. Il entreprit alors de rembourser ses dettes par son travail d’écriture, produisant, entre autres, Woodstock, The Fair Maid of Perth et Anne of Geierstein. La paternité des « Waverley Novels », longtemps maintenue dans l’anonymat, fut reconnue publiquement à la fin des années 1820.

Ses dernières années furent marquées par des problèmes de santé et un labeur soutenu. Il poursuivit pourtant son cycle historique avec, notamment, Count Robert of Paris et Castle Dangerous (1832). Il mourut en 1832 dans sa demeure d’Abbotsford, conçue comme un manifeste romantique de l’architecture et des objets du passé. Son héritage est considérable : il influença durablement le roman européen, de Manzoni à Balzac, Dumas, Pouchkine ou Tolstoï, et légua un modèle narratif où mémoire, conflit et paysage s’ordonnent selon une dramaturgie historique. Ses œuvres restent l’une des matrices de la fiction historique moderne et de l’imaginaire écossais.

Le pirate (Édition résumée)

Table des Matières Principale
INTRODUCTION
AVERTISSEMENT.
CHAPITRE PREMIER. LES ÎLES SHETLAND.
CHAPITRE II. L’ÉTRANGER.
CHAPITRE III. LES DEUX SŒURS.
CHAPITRE IV. LA TEMPÊTE.
CHAPITRE V. L’HÔTE ÉCOSSAIS.
CHAPITRE VI. LA MAGICIENNE.
CHAPITRE VII. LA PROMENADE.
CHAPITRE VIII. LE NAUFRAGÉ.
CHAPITRE IX. LE COLPORTEUR.
CHAPITRE X. LE LAC.
CHAPITRE XI. LE RÉFORMATEUR.
CHAPITRE XII. L’ACCUEIL.
CHAPITRE XIII. LE BANQUET.
CHAPITRE XIV. LE CONTEUR.
CHAPITRE XV. LA DANSE DES ÉPÉES.
CHAPITRE XVI. ENTRETIEN.
CHAPITRE XVII. LA BALEINE.
CHAPITRE XVIII. LES NOUVELLES.
CHAPITRE XIX. LA VISITE NOCTURNE.
CHAPITRE XX. BOUDERIE.
CHAPITRE XXI. LA PYTHONISSE.
CHAPITRE XXII. LE PIRATE.
CHAPITRE XXIII. L’OMBRE.
CHAPITRE XXIV. LA FEMME DE CHARGE.
CHAPITRE XXV. LE CIMETIÈRE.
CHAPITRE XXVI. LE VOYAGE.
CHAPITRE XXVII. LE NAIN.
CHAPITRE XXVIII. LE CŒUR DE PLOMB.
CHAPITRE XXIX. GRAND EMBARRAS.
CHAPITRE XXX. DOLÉANCES.
CHAPITRE XXXI. LE PIRATE.