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Betty s'est fait assassiner...
Harry Stamper pensait avoir tout envisagé ou presque en matière de crime et de vengeance dans les polars dont il était l’auteur… Jusqu’à ce que Betty, l’amour de sa vie, soit sauvagement assassinée...
Plongez dans ce polar court, et découvrez l'histoire d'Harry Stamper, auteur de polars, qui voit sa vie bouleversée par un crime.
EXTRAIT
Les circonstances qui poussèrent Harry Stamper à concevoir cette « promesse » remontaient au mois précédent, à une époque où nul ne connaissait l’homme autrement que par sa réussite. Une carrière d’auteur à succès, ascension météorique entamée dès son premier roman, unanimement salué, alors qu’il n’avait pas encore trente ans. Quinze années et dix-neuf livres plus tard, chacune de ses productions était attendue comme le messie par un public fidèle et toujours plus nombreux, auquel se joignait une presse spécialisée acquise à sa cause.
À PROPOS DE L'AUTEUR
Né en 1975 à Troyes, dans l'Aube, Johann Étienne écrit depuis l'âge de seize ans. Il est l’auteur de deux précédents thrillers, Le Théorème de Roarchack et Prophétie, déjà parus chez Ex Aequo. Le Plan est son premier roman court.
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Seitenzahl: 26
Veröffentlichungsjahr: 2017
Le plan
Nouvelle Policière
Johann Etienne
ISBN : 978-2-35962-427-4
Collection Rouge
ISSN : 2108-6273
Dépôt légal février 2013
©photos de couverture Johann Etienne
©2013 Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction intégrale ou partielle, réservés pour tous pays.
Éditions Ex Aequo
« Il faut deux personnes pour faire un homme,
mais il n’en faut qu’une pour mourir. »
William Faulkner, Tandis que j’agonise.
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Sommaire
Le prologue 3
« Tout bon roman policier se construit autour d’une trame rigoureuse, sorte de squelette destiné à en définir les principaux éléments constitutifs, ainsi que chacune des grandes étapes. Sans cette structure indispensable, l’édifice a toutes les chances de s’écrouler comme un château de cartes à la moindre lacune, de quelque sorte qu’elle fut. »
Interview d’Harry Stamper,
Washington Post, 3 mai 2002.
En bon architecte de l’écrit, Harry Stamper conçut son plan un soir d’avril, à l’heure où le crépuscule rougeoyant incendie l’horizon et les âmes tourmentées. Des heures durant, il en cisela chaque détail avec la précision d’un horloger, pièce après pièce, rouage après rouage, peaufinant son œuvre sans jamais faillir à sa tâche – jusqu’à ce jour tant attendu.
Debout dans le salon, le dos chauffé par les flammes d’un âtre rougeoyant, il attendait, calme, presque serein, à l’image d’une araignée immobile au milieu de sa toile. Dans moins d’une heure, tout s’achèverait enfin, tout ce qui avait fait de sa vie, autrefois si paisible, un véritable cauchemar. Autour de lui, les murs dansaient sous les lueurs vacillantes du feu de cheminée, et des langues orangées léchaient les angles des bibliothèques, caressant les couvertures des livres, semblant presque leur donner vie.
Ils se trouvaient tous là, devant lui : les dix-neuf tranches de ses dix-neuf romans, toute son œuvre embrassée d’un regard. Chacun d’eux lui remémorait un souvenir, murmures des nuits blanches passées à en structurer les intrigues, sombres, retorses, diaboliques ; autant d’histoires où la justice était faillible, les flics corrompus, la rédemption inexistante. On ne devenait pas en dilettante « l’héritier de James Ellroy », comme l’avait autrefois titré une presse dithyrambique.
« Non seulement chaque livre doit avoir un projet, mais l'ensemble, la somme de l'œuvre d'un artiste doit aussi avoir un projet », disait William Faulkner. C’est précisément de cette somme que germa le projet d’Harry, de la contemplation de ses propres ouvrages, un projet comme on n’en portait qu’une seule fois dans une carrière d’écrivain, l’intrigue parfaite, sorte de symbiose de toutes les précédentes.
Cette idée ne prendrait pourtant jamais corps sur le papier, et son auteur lui-même n’en tirerait aucune gloire, car l’essentiel était ailleurs, s’ordonnançant quelque part entre sa réalisation dans le monde tangible et la nécessité sinistrement vitale de son exécution, forme d’ultime point final.
Le ronronnement croissant d’un moteur ramena Harry à la réalité. Étrangement, aucun frisson ne lui parcourut l’échine. Il avait depuis bien longtemps dépassé les rivages indicibles de la peur. Cette nuit, elle ne l’étreindrait pas. Cette nuit, il ferait en sorte qu’elle change de camp.
