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Panoplie de textes savoureux
Quelques rimes humoristiques et distrayantes qui présentent des aspects du monde moderne vus par un soit-disant « vieux monsieur », habité par la joie de vivre !
Machisme, rires, bagarres, sport, amour, mariage, argent, religion, shopping, parentalité, amitiés, santé, langue moderne, politique, fatuité, tatouages, robotisation, musique, informatique, trafic, le paradis, la retraite…presque tout y est pour vous faire sourire et prendre la vie du bon côté !
Un ouvrage décalé qui rassemble les réflexions humoristiques et en vers d'un homme de 80 ans !
EXTRAIT
Nombre de choses pourrit la vie des gens.
Mais le summum dont c’est l’aboutissement
Est d’être intronisé maître du trafic,
Commandant en chef de tous les superflics.
Là, c’est la joie, la fête, la folie
Pour qui a été soigneusement choisi
Pour ses penchants sadiques,
Ses desseins diaboliques.
À PROPOS DE L'AUTEUR
Robert Naggar est né à Londres. Il a vécu dix-sept ans à Alexandrie avant de terminer ses études en Angleterre. Il a ensuite travaillé aux États-Unis puis en Italie avant de s’installer à Genève où il vit avec sa famille.
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Seitenzahl: 72
Veröffentlichungsjahr: 2018
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Dédié à mon épouse adorée
Qui, dans ces petits couplets,
Est souvent malmenée.
Aussi dédié à mes enfants ;
Qui s’y reconnaîtront sûrement.
Jean de La Fontaine, sublime maître du vers,
Des hommes, avec humour, a décrit les travers.
Loin de moi de m’y comparer
Ni de tenter de l’imiter.
J’espère juste avoir su m’inspirer
De son esprit espiègle,
De son humeur enjouée.
La vie, pour moi, est source de gaîté
Que je souhaite, ici, avec vous partager.
Ai-je réussi ou bien échoué ?
C’est à vous d’en décider.
J’ai donc quatre-vingts ans !
Cela m’étonne, me surprend.
Comment en suis-je arrivé là ?
C’est vraiment stupéfiant !
Dois-je en rire ?
Ou en pleurer ?
Dois-je m’en réjouir
Ou bien me lamenter ?
C’est comme ça, c’est un fait !
Alors plutôt en rire
Que de s’en désoler !
Devrais-je me taire, me faire petit ?
Ou me distraire, profiter de la vie ?
M’accompagnerez-vous dans mes illusions ?
M’abandonnerez-vous à mes divagations ?
Quoi qu’il en soit,
Quel que soit votre choix,
Je danserai, je chanterai, j’invoquerai Belzébuth,
Tant que le sang coulera dans mes veines,
Je ferai mille culbutes
Pour prouver que quatre-vingts ans
C’est une seconde jeunesse
Et l’expérience aidant,
On en goûte mieux l’ivresse.
Trêve de blablas, de boniments,
Allons-y, voyons comment
Vivre gaîment ces quatre fois vingt ans.
Prudemment, j’ouvre un œil
Sur ce jour nouveau
Qui sourit et m’accueille.
Suis-je donc toujours là ?
Est-ce bien encore moi ?
Je regarde, je tâte, j’ausculte
L’objet de mon inéluctable culte :
Mon corps, ce frère que je ne peux quitter,
Qui semble toujours vaillant, encore entier.
Cet étrange moi-même, souvent me comble
Mais vieillit malgré lui et parfois m’encombre.
Il partage ma vie depuis quatre fois vingt ans ;
Je ne peux m’en défaire, même en essayant.
Ils ont bien de la chance nos amis les serpents
De faire des liftings !
Rajeunissent en muant !
De mon être physique, je fais vite le tour :
Le moteur cérébral est actif, tourne toujours,
Le cœur bat, régulier, en cadence ;
À l’écouter, il est gai, il danse.
Les jambes croisent, les orteils obéissent,
Les poumons respirent, les doigts réagissent,
Le dos se cambre… aïe ! il grince, le félon
Le punirai plus tard d’un coup de talon.
Les yeux voient, même si vaguement ;
Je chausserai mes lunettes à un autre moment.
La tête est indolore, la langue toujours vaillante.
Une bonne journée s’annonce, j’apprécie et je chante
Ce corps qui est mien, que je respecte, qui m’enchante.
Il a vu, avec moi, près de trente mille jours
De joies, de larmes, de rires et d’amour.
J’en prends soin, l’entretiens, l’adore ;
Avec lui je danserai et rirai encore.
Sera à mes côtés pour boire jusqu’à la lie
Cette folle équipée, cette merveille qu’est la vie.
Il paraît que l’âge venant
L’on dort plus légèrement,
On se réveille la nuit,
Se retourne dans son lit.
Le moindre craquement,
Le moindre petit bruit,
Alarme, inquiète, ravive l’insomnie.
Moi je dors comme un plomb.
Même le chant du coq voisin,
Hymne sonore au soleil du matin,
Ne dérange pas mes rêves
Parfois purs, souvent coquins.
Je me roule, m’étends, me répands
Dans les bras de Morphée,
Ma compagne du moment.
Je jouis, infatigable étalon,
Du sommeil du Juste,
Sans poser de questions.
Jeune, vieux ? Qu’importe la saison,
La nuit on dort,
Ce n’est que raison !
Nous, octogénaires,
Savons tout de la vie.
Qui ose dire le contraire ?
Qu’il se montre, l’impie !
Vous, jeunes, courez comme des débiles,
Faites en vitesse mille choses inutiles.
Nous sommes maintenant bien plus patients,
Ce que nous faisons est plus intelligent.
Vous suggérons donc d’ouvrir vos oreilles,
De nous écouter, de suivre nos conseils.
Pour vous, sommes-nous trop lents ?
Dépassés, d’un autre temps ?
Considérez un instant :
Peu de choses ont changé
Depuis la nuit des temps.
En les millions d’années
Qu’hommes et femmes font des enfants
Ils les font encore et toujours en s’aimant.
Ils mangent, boivent et rêvent en dormant,
L’amour fait toujours la pluie et le beau temps.
Malgré notre expérience maintenant millénaire,
Nous n’avons pas appris que paix vaut mieux que guerre.
Internet et Facebook sont une révolution ?
Ne sont finalement que modes de communication.
Où sont donc ces changements si profonds
Que des humains, ils ont changé le fond ?
Nous vous conseillons donc de bien nous écouter,
Évitant ainsi nos propres bêtises et nos absurdités
Car, avant vous, il nous faut bien l’avouer,
Comme les générations qui nous ont précédé,
Nous n’avons pas voulu écouter nos aînés ;
Mais lorsqu’à l’âge mûr nous sommes arrivés,
Nombre d’entre nous ont bien dû confesser :
« Mon père avait raison, il fallait l’écouter ! »
Vous n’en avez rien à faire ?
Voulez vivre à votre manière ?
C’est normal même si c’est bête
De n’en faire qu’à votre tête.
Ce matin, après m’être débarbouillé,
Comme chaque jour, c’est routinier,
Je m’assis sur mon lit pour m’habiller.
J’ôtai mon pyjama, dont se moque ma moitié
Car il date, dit-elle, du siècle dernier,
Enfilai mon maillot ainsi que mon caleçon,
Ces vieilleries que Madame juge démodées,
Puis cherchai mes chaussettes
À portée de mirettes.
J’en trouvai une toute prête,
Souriante, aimable, offerte.
Je cherchai l’autre qui, coquette,
Me narguait, sans doute,
Du fond d’une petite cachette.
Je fis le tour des lieux,
Écarquillant les yeux ;
Mais rien, pas l’ombre,
Pas la moindre miette
De cette sacrée chaussette.
J’appelai, cajolai, menaçai,
Le jeu, dis-je, avait assez duré ;
Mais pas un souffle, pas un bruit.
La chaussette, saisie d’ennui
S’était-elle donc enfuie ?
Je la maudis,
Me mis à quatre pattes,
La cherchai sous le lit,
Au fond de mes savates ;
Serait-elle donc partie
Avec ma belle cravate ?
Refusant carrément cette défaite infamante,
Je retournai la pièce de manière impatiente.
Cherchant celle que je portais la veille,
L’ayant ôtée ainsi que sa pareille.
Je fis mon lit, déprimé ;
Soulevai mon oreiller
Et là, amoureusement lovée dans mon mouchoir
Que, la veille, j’avais sans doute laissé choir,
Était ma chaussette, la traîtresse, la souillon !
Toute la nuit, sans un bruit, sans un son,
Elle avait fait l’amour avec mon vieux chiffon !
Je saisis la garce puis l’enfilai, sans façon,
Jusqu’à sa garde, au fond de mon talon !
Certains jeunes le diront,
D’autres le penseront,
C’est clair, sans discussion,
Tous les vieux sont des cons !
Mais si ces vieux,
Aussi nuls soient-ils,
Ne s’étaient pas vautrés,
Les débiles,
Dans le stupre et la fornication,
Dont les blancs-becs
Vantent les délices et la délectation,
Si les vieux donc, ne s’étaient pas,
Entre vie et trépas,
Foutus à poil, roulé des pelles,
Léché les coins sombres,
Tatouillé les aisselles,
Tous ces blancs-becs,
Aussi malins soient-ils,
N’auraient jamais, à leur tour,
Titillé leurs contours
Ni, c’est sûr, sans discours,
Jamais vu la lumière du jour !
Il faut bien, le matin et le soir,
Sans être vain, affronter son miroir.
La chose n’est pas vitale
Mais c’est question sociale.
L’on ne peut, en effet,
Au monde se présenter
Les yeux ternes, le col défait,
Décoiffé, mal rasé.
Peu de femmes embrasseraient
Un octogénaire peu soigné.
L’on se scrute donc, avec intérêt :
Les rides de la veille sont-elles altérées ?
Le cheveu est-il terne, la mine avachie ?
La pupille de l’œil a-t-elle encore blanchi ?
Mais non, rien n’est ainsi.
On bombe le torse, l’on se sourit !
Cet éclat radieux qui la face illumine,
Reflète avec plaisir une excellente mine.
L’œil est vif, les lèvres mutines,
Les rides expriment sagesse,
Et confiance masculine.
Le cheveu est un peu clairsemé
Mais les mèches qui restent
Sont de ce beau cendré
Qui dit le vécu, l’élégance, l’honnêteté.
La peau du cou est un peu flasque ?
Qu’importe, on l’oublie, on la masque
D’un pull à col roulé
De bon goût, très distingué.
Voici donc fait le tour d’inventaire ;
C’est stimulant : ventre plat et regard clair !
Quatre-vingts ans c’est beau, c’est gai,
L’on peut encore danser, plaire et draguer,
L’on peut toujours rire, encore aimer,
C’est une deuxième jeunesse dont il faut profiter !
Les chanceux, les veinards !
Voyez donc ces vieillards :
Certains ont cent ans
Et encore toutes leurs dents.
Moult nonagénaires
Sont toujours fringants
Et aspirent, c’est évident,
À devenir centenaires.
Les octogénaires espèrent
Encore baguenauder, s’amuser,
Imiter leurs aînés.
Les septuagénaires sont satisfaits,
