Les ratés les plus profitables - Jacques Braibant - E-Book

Les ratés les plus profitables E-Book

Jacques Braibant

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Beschreibung

Et si le Nutella résultait en fait d'une mauvaise conservation du chocolat ?

Si beaucoup d’inventions ou de découvertes réalisées par l’Homme aboutirent, certaines sont dues à des tentatives échouées, des erreurs ou simplement le fruit de la sérendipité, et sont pourtant devenues extraordinaires ou utiles au quotidien !

Découvrez, entre autres,...

- l’histoire de cette tarte cuisinée par les sœurs Tatin, qui s’est renversée au moment d’être servie et qui donna naissance à la célèbre tarte du nom des deux dames !

- le chocolat envoyé aux enfants en Italie pour lutter contre la malnutrition accablant le pays qui, après avoir fondu, fut mis en pot et devint le Nutella, la pâte à tartiner la plus mangée à l’heure actuelle !

- l’histoire du Coca-Cola, ce médicament raté qui est devenu une des boissons les plus consommées au monde !

- ce petit bout de papier recouvert d’une colle ratée et inutile... Jusqu’à ce que quelqu’un se rende compte que le fait qu’il puisse être repositionné est un atout et qu’il le baptise « post-it » !

- la bière, résultat d’une fermentation de grains d’orge et de houblon dans une cuve d’eau, dans laquelle ils étaient tombés par simple mégarde !

Grâce à cet ouvrage, découvrez l'origine, parfois comique et souvent hasardeuse, de nombreux objets qui vous sont utiles au quotidien.

EXTRAIT

Il est bien près de renoncer quand un jour, il pose par mégarde sur le four un morceau de latex recouvert de fleur de soufre et le produit s’enflamme. Il jette le tout par la fenêtre pour éviter un incendie. Le matin suivant, en ramassant le morceau, il constate que celui-ci possède une grande élasticité. Il vient par hasard de découvrir le processus de vulcanisation, qui consiste à cuire le caoutchouc avec le soufre. En incorporant un agent vulcanisant (le soufre en l’occurrence) à un élastomère brut (le caoutchouc), il se forme des ponts entre les chaînes moléculaires. La plasticité y perdra ce que l’élasticité y gagnera. C’est la chaleur de la cuisson qui apportera l’énergie nécessaire à l’établissement des liaisons chimiques entre le soufre et les chaînes moléculaires. Goodyear constatera par la suite que le dosage du soufre est essentiel.


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Seitenzahl: 190

Veröffentlichungsjahr: 2018

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© La Boite à Pandore

Paris

http://www.laboiteapandore.fr

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ISBN : 978-2-39009-293 – EAN : 9782390092933

Toute reproduction ou adaptation d’un extrait quelconque de ce livre par quelque procédé que ce soit, et notamment par photocopie ou microfilm, est interdite sans autorisation écrite de l’éditeur.

Jacques Braibant

Les ratés

les plus

profitables

Directeur de collection : Alain Leclercq

Dans les champs de l’observation, le hasard ne favorise que l’esprit préparé.

Louis Pasteur

Le tourisme de masse

Inconnu, ou presque, à la fin des années 40, le secteur du tourisme a connu un essor qui a fait de lui un des acteurs majeurs de l’économie mondiale. Certains pays sont largement tributaires de lui pour un pourcentage important de leur produit intérieur brut (PIB). Le concept de tourisme de masse est récent, et le nom de son inventeur en surprendra plus d’un.

Kraft durch Freude

L’image d’Hitler revêtu d’un paréo de Gentil Organisateur en train de juger un concours de genoux cagneux à Trifouillis-les-Oies ne saute pas immédiatement aux yeux.

C’est pourtant le Führer en personne qui inventa le concept de la croisière de masse, celui des forfaits et celui des installations spécialement construites pour offrir des vacances à bon marché à ses travailleurs, ses soldats et à leur famille.

Cette improbable histoire commence avec la création de l’institution qu’il avait imaginée : Kraft durch Freude : la Force par la Joie.

Dans les années 30, Kraft durch Freude est, et de très loin, le plus grand opérateur touristique du monde.

Mais avec Hitler et sa bande de sociopathes aux commandes, il y avait évidemment un agenda caché derrière cette joyeuse initiative.

L’idée était d’imposer un décervelage uniformisé à tout un peuple. Les Allemands travailleraient tous en uniforme dans des usines et des bureaux semblables, conduiraient tous la même voiture, et prendraient leurs vacances dans un environnement hautement sécurisé sur mer, au pays ou à l’étranger, toujours sous l’œil vigilant de « Big Brürhrer ».

L’homme qui avait la haute main sur le programme KdF était un individu glauque nommé Robert Ley. Il n’était pas seulement arrogant, incompétent et complètement saoul la moitié du temps, il était également sujet à des sautes d’humeur et à des explosions de violence consécutives à des dommages cérébraux, des séquelles de blessures reçues en France en 1917.

Pareil profil aurait amené n’importe quel employeur sensé à refuser de l’engager, mais il était parfaitement à sa place dans le système nazi.

C’est Ley qui porta sur les fonts baptismaux la partie vacances du programme KdF d’Hitler, en achetant ou en faisant construire des immeubles, réservés dans un premier temps aux nazis bon teint, dans des pays sympathisants comme l’Italie, l’Espagne et certains pays nordiques. Tout le personnel, de la cave au grenier, était sous la coupe de sbires de la Gestapo, chargés de recueillir d’éventuels commentaires, peu amènes pour le régime, qui auraient été proférés par des vacanciers ayant abusé de la bière et du schnaps.

Cet engouement pour le tourisme servait également de couverture à des bandes de jeunes Aryens blonds et athlétiques, que l’on retrouvait campant souvent aux alentours de sites militaires dans les pays limitrophes, et c’est également par la voie touristique que furent acheminés les renforts militaires envoyés participer à la guerre civile d’Espagne, comme en témoignent les mémoires d’Adolphe Galland, devenu plus tard le patron de la chasse allemande. Galland a participé à la guerre civile d’Espagne et il est parti sous le couvert d’une organisation touristique.

Ley mit également en chantier la première ligne de bateaux de croisière. Les passagers utilisaient depuis longtemps les grands steamers pour se rendre d’un port à un autre, mais personne n’avait jamais pensé à utiliser ces paquebots comme points de rendez-vous où chacun revenait à son point de départ, après un périple sur mer et l’un ou l’autre séjour à terre.

Entre 1936 et 1938, la ligne KdF transporta plus de cinq millions d’Allemands, et parmi eux la jeune Eva Braun, maîtresse et très éphémère épouse d’Hitler. Les films qu’elle prit de sa croisière existent toujours dans les archives.

Cet extraordinaire succès fut copié après la guerre par de nombreuses compagnies maritimes, et quelques consternantes séries télévisées s’étendent encore sur ces croisières où l’on est censé s’amuser.

La principale préoccupation des responsables de la ligne était de s’assurer qu’ils disposaient d’auditeurs forcés pendant la croisière. Les bâtiments étaient équipés de la proue à la poupe de haut-parleurs diffusant en permanence de la musique wagnérienne, entrecoupée de discours de Hitler et de morceaux choisis de propagande.

Même les dos des menus et brochures portaient des messages politiques, telles les nouvelles dispositions des lois raciales de Nuremberg, rappelant aux passagers d’éviter tout rapport sexuel avec les éléments de races inférieures qu’ils pouvaient être amenés à rencontrer lors des escales de la croisière.

Les navires amiraux de la KdF étaient le Wilhelm Gustloff et le Robert Ley, deux prestigieux navires de croisière de grandes dimensions qui furent lancés à Hambourg, le premier en mai 1937, et le second en mai 1938. Ils mesuraient tous deux plus de deux cents mètres et jaugeaient 26 000 tonnes. Ils transportaient 1 500 passagers en traversée commerciale avec 420 hommes d’équipage. Ils ne comportaient pas de classe de luxe.

Au début de la guerre, ils sont réquisitionnés comme navires-hôpitaux et connaîtront tous deux une fin tragique.

Le Wilhelm Gustloff lève l’ancre pour la dernière fois le 30 janvier 1945 avec à son bord plusieurs milliers de soldats et réfugiés civils, espérant rejoindre un des ports de la Baltique qui ne sont pas encore occupés par les troupes russes. Le nombre de passagers est incertain, mais 4 000 enfants ont embarqué. La route du paquebot croise celle du sous-marin soviétique S13, placé sous le commandement d’Alexandre Marinesko. Bien que le bateau portât clairement les marques d’un navire-hôpital, trois torpilles sont lancées. Le Wilhelm Gustloff coule en moins de 50 minutes. Seuls 996 passagers sont secourus, mais plus de 8 000 personnes périssent dans le naufrage, qui sera le plus coûteux en vies humaines que le monde ait connu.

Le Robert Ley sera coulé dans le port de Hambourg par la RAF, en mars 1945.

Le camp de vacances cauchemardesque de Prora

Ley choisit sur l’île de Rügen, la plus grande de la Baltique, un site pour y construire des immeubles sur une grande échelle. Conçu en 1934, il s’agissait d’un complexe de 100 blocs d’appartements à six étages, chaque immeuble étant relié aux autres par des corridors. L’ensemble pouvait accueillir 20 000 personnes à la fois.

Les constructions commencèrent en 1936.

S’étendant sur 5 kilomètres de côtes, ce camp de concentration pour touristes n’était pas conçu pour permettre à ses occupants de s’adonner aux joies du farniente.

S’inspirant des plans des cabines des bateaux de croisière, les chambres mesuraient deux mètres sur quatre et étaient pourvues de deux lits individuels.

Hitler ne voulait pas que ses cobayes traînent au lit dans leurs chambres, mais qu’ils restent dehors pour y subir un lavage de cerveau en règle.

Car non seulement tous les bâtiments étaient amplement pourvus de haut-parleurs, mais l’extérieur en était également truffé : ils étaient censés garder les malheureux vacanciers informés des prochains événements, soigneusement planifiés, de la liste des « réjouissances ».

Un immense auditoire avait été prévu, capable d’accueillir l’ensemble des 20 000 vacanciers, où ils seraient bombardés de passionnantes conférences sur le génie du Führer, agrémentées de discours de propagande.

Heureusement pour les populations, le début du conflit mit fin à la construction du projet, alors qu’il était presque achevé. Les immeubles restèrent vides, offrant la même vue cauchemardesque que celle des interminables suites de blocs d’appartements sans âme, que les constructeurs de HLM érigèrent après le conflit un peu partout en Europe.

Alors, Kracht durch Freude ? Une curieuse vision de la force par la joie des psychopathes nazis, mais pas plus que celle du travail, que l’on retrouvait à l’entrée des camps de concentration : « Arbeit macht Frei ». Le travail rend libre...

Postérité du tourisme de masse

En avril 1950, le Belge Maurice Blitz dépose les statuts d’un nouveau concept.

Il loue à Palma de Majorque un terrain sans eau ni électricité, sur lequel il plante 200 tentes achetées dans un surplus américain.

Il reçoit ses premiers clients avec une idée simple : abolir, le temps des vacances, les concepts d’argent et de classes sociales : le séjour est un forfait tout compris. Le tutoiement est obligatoire et les activités sont centrées sur le sport et la vie au grand air.

En 1953, il contacte une société française qui fabrique des tentes et du matériel de camping : Trigano. Le fils aîné, Gilbert, entre rapidement dans la société, qu’il dirigera à partir de 1963.

Le Club Med est né, avec ses cases, ses paréos, ses colliers-bars et ses Gentils Organisateurs parmi lesquels on relève la présence de futures pointures du show-business comme Anne Roumanoff, Élie Kakou, Jean-Luc Reichman, Patrick Bruel, Kad Merad, Vincent Lagaf’, etc.

Une success-story qui prendra un peu de plomb dans l’aile quand seront oubliés les grands fondamentaux des pères fondateurs.

Le Club Med sera largement imité dans de nombreux pays.

La voiture du peuple

Hitler avait fait construire des centaines de kilomètres d’autoroutes, dont la destination finale était d’assurer un transport rapide des troupes allemandes pendant la guerre qu’il comptait livrer. Les longues lignes droites étaient également prévues pour être utilisées par son aviation de chasse.

En attendant, le spectacle de ces rubans de béton inoccupés le morfondait et il rêvait de les voir utilisés.

Il invita le très compétent Ferdinand Porsche (1875-1951) à lui présenter un modèle de voiture bon marché, fiable et utilitaire qui coûterait moins de 1000 Reichmarks. Le prix moyen d’une voiture à l’époque étant bien plus élevé ! Une véritable voiture accessible au plus grand nombre. Rechercher le prix de l’époque d’une voiture.

Il imitait en cela son modèle en dictature, Benito Mussolini, qui dès 1930 avait demandé à Giovanni Agnelli, le fondateur de Fiat, de motoriser en urgence les Italiens avec une petite voiture économique dont le prix ne devait pas dépasser cinq mille lires. La Topolino, ancêtre de la Fiat 500, remporta un immense succès.

Le véhicule dont Hitler rêvait était du genre de celui qu’avait conçu Hans Ledwinka chez le constructeur tchécoslovaque Tatra. Il avait d’ailleurs rencontré ce dernier à plusieurs reprises et lui aurait déclaré : « Voilà la voiture pour mes routes ».

Lors de la sortie en 1934 de la KdF Wagen, il fallait être aveugle pour ne pas constater l’étonnante similitude entre la Tatra de Ledwinka et celle que l’on appellerait bientôt la Volswagen.

Mais il n’y avait pas que la ligne. Les deux voitures étaient propulsées par un moteur quatre cylindres à plat, refroidis par air.

Rien d’étonnant que Ferdinand Porsche ait admis plus tard qu’il « avait regardé par-dessus les épaules de Ledwinka pendant qu’il dessinait la Volkswagen ».

Il faut dire, à sa décharge, que le malheureux ingénieur était surchargé de travail et qu’à ce moment-là il s’occupait activement de la conception du char Tigre.

Rien d’étonnant non plus à ce que Ledwinka porte l’affaire en justice et réclame des dommages et intérêts à Porsche, qui était disposé à négocier. Hitler refusa tout arrangement en déclarant qu’il allait régler le problème.

Ce qu’il fit à sa façon en envahissant la Tchécoslovaquie.

La production de la Tatra fut immédiatement interrompue.

Après la guerre, les usines Tatra firent rouvrir le dossier, et l’affaire s’éteignit après le versement de 3 millions de marks.

À l’issue du conflit, Volkswagen était sur les genoux à l’instar du restant du pays et l’usine de Wolfsburg fut offerte à l’industrie automobile anglaise à titre de dommages de guerre.

Les représentants de Morris et de Rootes rejetèrent dédaigneusement l’offre, en affirmant que « ce véhicule ne rencontre aucune des plus fondamentales exigences techniques réclamées à une voiture automobile... elle n’est pas attrayante pour un acheteur éventuel... construire pareil véhicule serait une aberration économique ».

Ils en rajoutèrent une couche en déclarant qu’il n’y avait aucun futur pour une voiture propulsée par des cylindres à plat opposés et refroidie par air.

La construction de la « Coccinelle » VW s’arrêta définitivement en 2003. On en avait vendu au total 21 529 464 exemplaires, avec des pics de production entre 1970 et 1973 où l’on en écoula chaque année plus d’un million d’exemplaires.

Les dirigeants britanniques de l’automobile avaient eu au moins autant de flair que leur compatriote de la firme de disques Decca qui, après avoir auditionné un groupe début 1962, déclara à son manager Brian Epstein : « Retournez à Liverpool, M. Epstein. Les groupes à guitare vont disparaître ».

Il venait de condamner les Beatles et rater le milliard de disques et CD des « Fab Four ».

Les petits papiers de Kimberley-Clark

Quand les Américains entrèrent en guerre en 1917, on savait qu’une des plus importantes pénuries chroniques qui handicapaient le bon fonctionnement des hôpitaux militaires était celle du coton utilisé pour les pansements.

Depuis 1872, une modeste usine du Wisconsin s’était spécialisée dans la transformation des copeaux de bois en matières premières.

Elle proposa donc aux autorités américaines d’utiliser l’ouate cellulosique, fabriquée à partir de pulpe de bois. Le gros avantage du produit était qu’il coûtait la moitié du prix du coton traditionnel, et surtout qu’il était cinq fois plus absorbant.

Kimberley-Clark en vendit d’énormes quantités à l’Armée américaine en guerre. Soulignons ici qu’elle le fit au prix coûtant, auquel était rajouté un petit pourcentage destiné à couvrir les frais administratifs et d’expédition.

Constatons que ce genre de sentiment noble, qui consistait à ne pas vouloir tirer profit du conflit, ferait aujourd’hui que les dirigeants se verraient accusés de débilité aggravée et jetés dehors sans parachutes dorés.

Il ne fallut pas longtemps aux infirmières œuvrant sur le front pour découvrir une nouvelle application à ces tampons d’ouate de cellulose extra-absorbante.

Au début, elles se contentaient d’en garnir leurs dessous pendant leurs « mauvais jours ». Puis, elles imaginèrent de rouler l’ouate dans une forme appropriée, entourée d’un cordonnet utilisé pour l’extraction.

Auparavant, on utilisait des morceaux d’éponge qui étaient lavés et réutilisés.

La trouvaille des infirmières anglo-saxonnes fut donc à l’origine du tampon à jeter.

Quand les échos de ce nouveau type d’utilisation arrivèrent aux oreilles de Kimberley-Clark, les commerciaux réalisèrent qu’un nouveau marché s’ouvrait devant eux. Mais comment promouvoir un tel produit à une époque encore marquée par le puritanisme victorien ?

Il fallut attendre quelques années pour que la société crée une filiale nommée International Cellucoton Company. La marque commerciale devint Kotex, une ligne de produits incluant des serviettes hygiéniques et des protège-dessous.

Kotex se lança en 1921 dans des campagnes publicitaires considérées comme provocantes, pour un produit que l’on considérait comme tabou, et en dépit de critiques acerbes des milieux conservateurs, le succès fut énorme.

La version interne fit son apparition plus tard, mais refléta son origine militaire dans les différentes dénominations du produit.

Le mot tampon, selon le Dictionnaire historique Robert de la langue française « désigne d’abord un morceau de bois ou de métal servant à boucher une ouverture, sens qui a donné un grand nombre d’extensions, comme : pièce servant à presser la poudre quand on charge une arme à feu ».

« Tampon » fut ensuite utilisé pour décrire la bonde de bois fixée au bout d’un canon pour le protéger de la poussière ou de la rouille quand il n’était pas utilisé.

Dans les hôpitaux de la Grande Guerre, il était utilisé pour désigner le type de pansement destiné à colmater les blessures profondes.

Des anecdotes ramenées par les soldats présents sur les champs de bataille montrent que le tampon avait prouvé son indiscutable utilité. Ainsi, les vétérans avaient pris l’habitude d’en emporter quelques-uns dans leur version compacte, idéaux pour être introduits dans une blessure par balle, dans laquelle ils s’adaptaient immédiatement et arrêtaient l’écoulement sanguin. Ils prévenaient également du contact avec toutes les formes d’agents pathogènes que l’on retrouve sur un champ de bataille.

De plus, le cordon était très pratique pour l’extraction du tampon quand la blessure était prête à être soignée.

À la fin de la Première Guerre mondiale, Kimberley-Clark se retrouva confronté à un autre problème : ils avaient produit à grande échelle de minces feuilles de coton synthétique qui étaient utilisées pour la fabrication des doublures et des filtres de masques à gaz. Celles-ci avaient été utilisées par les mêmes infirmières du front comme lingettes à jeter pour se démaquiller.

Et comme le département marketing ne trouva pas de meilleur usage, ils lancèrent les Kleenex.

Fleming et la pénicilline

La découverte de la pénicilline par le savant anglais est l’exemple type de découverte faite par sérendipité, un terme savant qui désigne la capacité à faire une découverte, scientifique notamment, par hasard.

L’histoire est si connue que nous n’en évoquerons que les grandes lignes.

Septembre 1928. De retour de vacances, Alexander Fleming retrouve son laboratoire du Saint-Mary’s Hospital à Londres.

Il constate que ses cultures de staphylocoques ont été envahies par des colonies de filaments blanchâtres.

Elles ont été contaminées par les souches d’un champignon microscopique, le penicillium notatum, utilisées par son voisin de paillasse. (Ce dernier terme désignant dans un laboratoire un plan de travail carrelé.)

Il s’apprête à désinfecter les boîtes, pestant contre sa distraction, quand il s’aperçoit qu’autour des colonies de moisissure existent des zones circulaires dans lesquelles le staphylocoque n’a pas poussé.

Il en conclut que le champignon est responsable et appelle le produit sécrété par le champignon pénicilline.

Il publie ensuite le compte-rendu de sa découverte, sans en mesurer la portée.

Pendant une dizaine d’années, la pénicilline ne va servir qu’à isoler en laboratoire la bactérie B.influenzae, qui seule résiste à son action. Fleming va encore prouver que la pénicilline n’est pas nocive chez l’animal et il suggère de l’utiliser comme antiseptique.

Quelques essais cliniques sont effectués, mais sans grand succès et la découverte de Fleming est loin d’agiter le monde scientifique britannique.

Il faut dire que l’utilisation des moisissures pour traiter les infections est vieille comme le monde, et qu’elles faisaient partie de l’arsenal médicamenteux des premiers médecins chinois.

En 1640, John Parkington, herboriste royal, émet l’idée d’utiliser les moisissures en tant que traitement dans son Book on Pharmacology.

En 1870, Sir John Burdon-Sanderson, qui commença sa carrière au même Saint-Mary’s Hospital, observe que les bouillons de culture recouverts de moisissures ne produisent pas de bactéries.

Un an plus tard, le chirurgien John Lister, considéré comme le père de l’asepsie moderne, décrit l’action antibactérienne sur les tissus humains d’une moisissure qu’il nomme penicillium glaucum. Une infirmière dont les blessures ne répondaient pas aux antiseptiques est guérie par Lister avec une substance à base de ce penicillium.

En 1877, le grand Louis Pasteur observe que les cultures de bacille du charbon ne résistent pas en présence de moisissures du penicillium notatum.

En France toujours, Ernest Duchesne découvre en 1897 les propriétés curatives du penicillium glaucum sur les porcs infectés par une salmonelle, agent de la typhoïde.

Passons en Belgique dans les années 20. André Gratia et Sara Dath observent l’inhibition de leur culture de staphylocoques dorés par une moisissure du genre penicillium et publient leurs observations, qui passent inaperçues.

En 1999, le Lancet, une des plus prestigieuses revues scientifiques médicales du monde, leur consacre un article, qui compte tenu de la nationalité de l’éditeur, ne peut passer pour tendancieux.

« La chronique de Tonse Raju du 13 mars sur le Nobel étudie l’œuvre d’Alexander Fleming, Ernst Boris Chain et Howard Walter Florey. Le travail de Fleming et d’André Gratia sur la bactériolyse (destruction d’une molécule organique) est également important.

André Gratia (1893-1950) fut un collaborateur de Jules Bordet (prix Nobel en 1919). Il travailla successivement pour l’Université Libre de Bruxelles, puis celle de Liège en 1932.

En 1924, Gratia et Sara Dath publièrent leurs observations sur la bactériolyse d’un streptomycète par l’action d’une moisissure. Ils constatèrent que l’agent destructeur était secrété même en l’absence d’oxygène. Pour beaucoup de gens, Gratia est le père des antibiotiques.

L’année suivante, les deux chercheurs observèrent un autre agent bactériolytique, une variété du Penicillium glaucum, sur une culture d’anthrax.

Gratia découvrit également la moisissure d’un type de penicillium qu’il utilisa pour traiter la furonculose. Il est vraisemblable qu’il fut le premier à observer les effets bactériolytiques de différents types de penicilliums.

Trois ans plus tard, Fleming fit les mêmes observations sur le penicillium notatum.

Cette découverte fut développée plus tard par Florey et Chain, et conduisit à une avancée majeure de la médecine.

Quand Fleming reçut s