Libre de rêver... - Virginie Daum - E-Book

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Virginie Daum

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Beschreibung

Une lente ascension vers le bonheur... c'est ce qu'a vécu l'auteure de ce livre, de sa plus tendre enfance à aujourd'hui. Après avoir grandi dans un univers sombre, teinté par la pauvreté, la dépression et les tendances suicidaires de sa mère, l'emprisonnement puis les errances de son père, l'embrigadement dans une secte, et quelques autres faits marquants, elle nous fait part de la façon dont elle est parvenue à se reconstruire et à découvrir la vie sous un jour nouveau... Celui qui lui fait dire aujourd'hui que chaque rêve est possible à condition d'y croire, d'avancer, et d'oser. Après le récit de son parcours de vie, l'auteure nous livre des outils pratiques pour avancer vers nos rêves et construire notre bonheur. Tout y est exposé sous forme de jeux. Seriez-vous partant par exemple pour le jeu de "l'apéro-rêves" ?!...

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Veröffentlichungsjahr: 2018

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Sommaire

Première partie :

Une histoire de vie

Tout est sombre et froid

Les premiers pas

L’endoctrinement

L’ébauche ratée d’une reconstruction familiale

L’abandon

Une ambiance familiale lourde et destructrice

Un début de liberté… suivi d’un nouveau drame

Premiers pas dans la vie de jeune adulte

Le début d’une prise de conscience

Renaître de ses cendres

Quitter le nid

Un nouveau chemin professionnel

Fêtes, excès… et rupture du lien maternel

Un amour passionnel ouvre une nouvelle porte

Sur le chemin du bonheur véritable

Une nouvelle vie à trois

Tourner définitivement la page du passé

Un nouveau départ

Et aujourd’hui ?

Deuxième partie :

Construire votre bonheur… ou comment avancer vers vos rêves dès maintenant ?

Croire en soi et faire confiance à la vie

Etre son meilleur ami

La pensée positive

Trouver sa propre voie

Le bonheur

Retrouver ses envies profondes

Quelques remarques et conseils avant de vous lancer

Mes jeux pratiques pour avancer vers votre rêve

Prendre de la hauteur

Définir ses rêves

Le jeu de la liste

Prendre confiance

Le jeu du meilleur ami

Garder sa motivation intacte

Le tableau de visualisation

Avancer vers son rêve

Le jeu de l’apéro-rêves

Atteindre son objectif

Votre rêve est atteint… !

A tous les rêveurs…

Mon monde est tel que je l’ai toujours rêvé…. Beau et abîmé, sombre et profond, puis lumineux et trouble, excitant, inquiétant, affolant, amusant, délirant…. L’aurais-je imaginé mille fois que je ne pourrai jamais l’étreindre entièrement, le sentir totalement… seulement le pressentir, comme autant d’atomes, de parcelles, qui composent un tout dont je ne connais pas les limites.

Une lente ascension vers le bonheur… c’est ce que je ressens aujourd’hui. Tout prend sens, se dessine. Je commence à comprendre les raisons de mes errances, les années passées à souhaiter m’éteindre, pour mieux me réveiller. Un monde de poésie s’ouvre devant mes yeux, bien plus vaste que tout ce que j’aurais pu rêver auparavant.

Les possibilités sont telles qu’elles me donnent le vertige et je ne sais par où commencer. Je voudrais explorer chacune d’elles, comme autant d’outils qui viendraient panser des plaies qui ont eu peine à se refermer et qui parfois s’ouvrent encore.

Mais pour comprendre ce qu’il se passe aujourd’hui, il faut que je vous présente mon « hier ». Un passé souvent douloureux, que j’accepte maintenant, comme un vieil ami qui m’aurait fait du mal et à qui j’ai pardonné.

Ce livre est né du désir de partager mon expérience, afin de répandre l’idée que, dès lors qu’on y croit et qu’on avance vers son rêve, tout devient possible. Et cela même si l’on est parti du mauvais pied dans la vie, même si l’on n’a pas eu les bonnes cartes au départ, et même si l’on est tombé plusieurs fois. Parce que si nous faisons l’effort de nous relever, d’avancer, et de croire, alors nous ouvrons les portes d’infinies possibilités, et devenons, enfin, LIBRES DE RÊVER…

Première partie :

Une histoire de vie

Tout est sombre et froid

Un sous-sol humide, poisseux et lugubre… Autour de moi, les lumières vacillent et le plafond est bas, il m’écrase. Je crains de me retourner, car chaque coup d’œil me fait découvrir un nouveau squelette. Dans chaque recoin, comme tout droit sortis d’un film d’horreur, ils tournent la tête et me regardent d’un drôle d’air. Au centre de ce qui semble être la salle principale, gît un tas d’ordures entassées là depuis trop longtemps. L’odeur est rance, elle me prend au nez et me donne la nausée. Partout, des rats vont et viennent, ne faisant que peu de cas de ma présence.

Je n’ai qu’une idée en tête : rentrer chez moi. Tremblante de peur, je cours à perdre haleine. Le souffle court, mes jambes peinent à me porter. Bientôt, le dédale des couloirs me perd et je ne sais plus où je suis. Mais il me semble que je n’ai que deux étages à gravir pour retrouver la chaleur de mon appartement.

N’écoutant que mon courage, je continue ma quête et enfin, je trouve le chemin de l’ascenseur. Il s’ouvre, je saute dedans et appuie fébrilement sur le bouton du deuxième étage. La machine se referme, semble démarrer son ascension, puis rouvre ses portes, me ramenant immanquablement dans cet enfer. Qu’importe, je sais que les escaliers ne sont pas loin. Je replonge dans les méandres de ce gouffre, et poursuit ma quête. Une porte, des escaliers… je monte chaque marche comme si chacune d’elle constituait ma dernière chance. Et tandis que les marches semblent grandir à chacun de mes pas, je sens que la sortie s’éloigne encore un peu plus.

Soudain, je vois la porte m’indiquant que je suis arrivée au deuxième étage. Je l’ouvre… le palier doit être juste derrière. Raté… la cave et ses squelettes m’ouvrent à nouveau leurs bras.

Mon cœur bat à tout rompre. J’ouvre les yeux. Il fait nuit. Je suis dans mon lit. Ce satané cauchemar a refait surface. Des années qu’il me poursuit tel un fantôme avide de me faire peur. Je n’aurais jamais imaginé qu’à l’âge de vingt ans, ma mère viendrait m’éclairer sur sa signification. Mais il est trop tôt pour en parler. Rembobinons le film pour le vivre depuis le début.

Les premiers pas

Août 1981… J’ouvre les yeux dans ce monde qui me semble étranger et découvre une famille autour de moi : un père, une mère, un frère, une sœur. Rien d’exceptionnel, en somme… J’ai été désirée pendant trois longues années. Ma mère me répètera souvent comme elle pleurait chaque mois, guettant le moindre signe d’une grossesse qui tardait à arriver. C’est réconfortant, quand on y pense, de savoir que l’on a été attendue et désirée plus que tout. Cela donne un sentiment d’importance. En tous cas, c’est de cette façon que je l’ai envisagé. J’aimais presque entendre ma mère me raconter comme elle m’avait attendue, espérée, rêvée.

Après quelques jours de vie, le retour à la maison. Je suis dans mon couffin, bien au chaud. Tout est moelleux et rassurant. Par cette belle journée d’été, je m’apprête à découvrir ce qui devrait être mon cocon pour les prochaines années. Je ne vais pas être déçue.

Tandis que mes parents m’amènent dans leur chambre, mon père, pris d’une pulsion sexuelle, plaque ma mère sur le lit conjugal et se met à l’oeuvre. Cette dernière, portant les marques fraîches de sa césarienne, n’a de cesse d’hurler pour demander à mon père de mettre un terme à cet acte d’une violence inouïe. Mais chaque cri fait face à un nouvel assaut. Et tandis que les deux s’affrontent, j’assiste à la scène, impuissante. La scène est surréaliste… ma mère vient d’être violée par mon père1.

Ce premier épisode de ma vie donna le ton pour les quelques années qui allaient suivre. Des années sombres, où mon quotidien malheureux me semblait cependant être la norme. Lorsqu’on est enfant et que l’on grandit dans un environnement instable et non sécurisant, on ne se figure pas qu’un autre modèle puisse exister. Notre quotidien est pour nous « normal ».

J’ai grandi dans un foyer pauvre. Ce n’est pas pour moi une source de regret, ni d’apitoiement. J’étais consciente de notre pauvreté, mais je n’en souffrais pas. Je n’ai jamais connu la faim, et même si j’enviais certains de mes amis qui avaient plus de jouets que moi, j’ai toujours eu la sensation de ne manquer de rien.

Nous habitions dans une cité de la métropole lilloise. Un ensemble de tours qui, tels des monstres de béton, surveillaient la vie de leurs habitants. Quand j’eus un an, nous avons déménagé d’une tour pour emménager dans une autre. A l’époque, semble-t-il, c’était celle la plus prisée de la cité, où il faisait bon vivre.

Notre appartement était situé au deuxième étage de l’entrée numéro quatre. Depuis la fenêtre de ma chambre, j’apercevais le grand parking qui nous séparait des tours voisines. Une triste forteresse d’une dizaine d’étages. Au bas de celle-ci, des commerces s’étendaient sous les immeubles qui formaient un L : un supermarché, un magasin d’articles de sport, une ludothèque, un bar, un débit de tabac, une boulangerie… Ce dernier lieu était mon endroit favori… Les fameux « cinq francs de bonbons » que j’allais chercher occasionnellement. Les délicieux gâteaux me faisaient de l’œil aussi, mais ils étaient hors de ma portée… ou plutôt hors de la portée de notre porte-monnaie. A l’occasion, ma mère me faisait l’immense plaisir de m’acheter un pain au chocolat… c’était jour de fête !

Ce quartier, comme beaucoup de cités HLM, n’était pas des plus accueillants : trafics de drogues, feux de poubelles, harcèlement de rue, tentatives de meurtres... Je voyais les jeunes traîner en bas des immeubles, faisant leur petit commerce au grand jour. Malgré tout, je ne peux pas dire que cela m’affectait particulièrement. J’y étais née, mon environnement me semblait quelque peu banal. Je me souviens même de mon émerveillement quand, n’étant encore qu’une enfant, je voyais arriver les pompiers qui venaient éteindre les feux de poubelles. Cela arrivait fréquemment le soir. Nous nous positionnions alors à la fenêtre, et regardions leurs manœuvres. J’avais les yeux grands ouverts devant toutes ces lumières qui dansaient dans la nuit, tel un spectacle improvisé, un ballet qui n’avait pas besoin de mise en scène. Les sirènes retentissaient, et tout le monde observait ce manège, pris dans l’action du moment. Je rêvassais devant cette jolie danse, inconsciente du danger des flammes qui auraient pu se propager jusqu’à nous.

Je partageais ma chambre avec ma grande sœur. De cinq ans mon aînée, nous nous chamaillions régulièrement. Je me souviens des colères noires que piquait ma mère qui, ne supportant pas de nous voir nous disputer, arrivait dans notre chambre, et renversait au sol tous les jouets que nous avions. Puis elle criait : « Maintenant, vous avez de quoi vous occuper, vous n’avez plus qu’à tout ranger ! ».

Je n’avais alors pas idée que ma sœur deviendrait plus tard mon pilier, celle sur qui je pourrai toujours compter, qui m’épaulerait dans les grandes étapes de ma vie, et ses moments difficiles. Ma sœur était d’un tempérament que je qualifierais de « facile ». Souvent d’humeur égale, bien intégrée à l’école, aimant la « rigolade ». Elle semblait mener sa barque de façon aisée.

J’ai évidemment peu de souvenirs de ma plus tendre enfance. Ceux qui restent imprimés dans la mémoire consciente remontent, pour ma part, à l’âge de quatre ans environ.

Avant cela, lorsque j’avais trois ans, mes parents ont divorcé. Ce passage de ma vie existe certainement encore dans mon subconscient, mais ma mémoire me fait défaut. Ce que je sais, c’est que ma mère, alors femme au foyer, fut obligée de trouver un emploi rapidement. Elle se rendit en mairie, où un poste de femme de ménage lui fut proposé dans ce qui deviendrait plus tard mon école primaire. Elle l’accepta. Elle avait trois bouches à nourrir et ne pouvait pas faire la difficile.

Ma mère était issue d’une famille ouvrière. Elle était la dernière d’une fratrie de six enfants. Treize mois la séparaient de son frère le plus proche. Elle aimait rappeler qu’elle était un bébé-surprise, qui n’avait pas été désiré. Elle se surnommait elle-même « le vilain petit canard » et n’avait de cesse de se poser en victime. Elle broyait du noir en permanence. Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours connu ma mère dépressive. D’après mon frère, son état dépressif avait commencé deux ou trois ans avant ma naissance. Et cela empirait d’année en année, si bien qu’elle finit par développer des pensées suicidaires.

Son enfance avait été marquée par un environnement violent. Sa mère travaillait à domicile et réalisait des travaux de couture, tandis que son père était ouvrier en usine. Mon grand-père était alcoolique et il battait ma grand-mère. L’ambiance était pesante au sein du foyer. Tout puait l’alcool et la violence. Ma mère me racontait souvent comment, petite fille, sa mère l’emmenait en pleine nuit, elle et ses frères et sœurs, arpenter les rues de son village, pour échapper à son père, qui, sous l’emprise de l’alcool, menaçait de tuer toute la famille et de les enterrer dans le jardin de la maison familiale. Il préparait soigneusement le trou pour accomplir sa mission. Cela se répétait souvent, et ma mère finissait par s’endormir, la tête posée sur l’épaule de sa mère, tout en continuant à marcher, tel un automate.

Ma grand-mère semblait être une femme douce et soumise, qui n’a certainement pas trouvé la force de quitter cet enfer. Elle et mon grand-père mourront la même année d’un cancer, trois ans après ma naissance. Quelle injustice quand on y pense ! Cette femme, qui avait vécu les pires années de sa vie sous les coups de son mari, s’en allait quelques mois à peine après lui, alors qu’elle aurait enfin pu profiter du répit qui lui était accordé. Ma mère m’a souvent dit que je ressemblais à ma grand-mère : de grands yeux clairs, et des traits de visage similaires. Ma grand-mère était quelqu’un de bien. Ma mère n’avait de cesse de me dire tout l’amour qu’elle lui portait, et la peine qu’elle avait de l’avoir perdue. J’étais heureuse de ressembler à cette grand-mère que je n’avais presque pas connue, mais dont les photos faisaient ressortir la douceur.

Je passais donc mon enfance entourée de ma mère, ma sœur, et mon frère. Celui-ci était de dix ans mon aîné. Je n’ai que peu de souvenirs des moments que j’ai partagés avec lui durant mon enfance. Il quitta la maison lorsque j’avais dix ans. Mon frère était d’un tempérament soupe au lait, et je me souviens que ma sœur et moi le craignions. Il pouvait se mettre dans des états de colère absolue en quelques secondes, pour des détails à mon sens insignifiants.

Puisque mon père n’était plus à la maison, mon frère avait en quelque sorte pris sa place. Ainsi, au-delà d’être un grand frère, il était pour moi un père de substitution. C’est lui qui m’accompagna lorsque je fis mon entrée en classe de CP. Je m’en souviens encore, car, sortant de l’école, je lui déclarais fièrement : « C’est trop nul l’école, je me suis ennuyée ». Cela l’avait fait rire, et je n’en étais pas peu fière.

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu faire bonne impression auprès de mon frère. Je savais que l’école n’était pas son truc, il n’était pas un brillant élève, et préférait de loin faire des bêtises avec ses amis, et draguer les filles. Il était beau. C’était un rebelle. Il plaisait, les filles tombaient comme des mouches. Il avait adopté un certain style vestimentaire qui lui permettait de marquer son opposition. Je ne pouvais m’empêcher d’être impressionnée par le manteau qui trônait dans sa chambre : une veste en jean à l’arrière de laquelle il avait cousu un tissu arborant une immense tête de mort. Des chaînes en métal venaient agrémenter l’ensemble, ainsi qu’un bracelet clouté qu’il portait souvent au poignet. Cette veste était accrochée, par un cintre, à la porte du placard de sa chambre. Et lorsque ma mère me demandait de m’y rendre pour y déposer les vêtements propres qu’elle venait de plier, je ne pouvais m’empêcher d’avoir quelques frissons à la vue de ce décor lugubre.

Bref, en ce premier jour d’école, j’avais senti que si je voulais briller dans les yeux de mon frère, je devais dénigrer l’école. Pas besoin d’en faire des tonnes : cette première matinée consacrée aux formes géométriques m’avait particulièrement ennuyée.

Mon rapport à l’école a toujours été ambigu. J’étais une bonne élève, souvent dans les premiers de la classe. Et pourtant, tout avait plutôt mal commencé.

C’est une école maternelle privée qui me vit faire mes premiers pas dans le système éducatif. Aujourd’hui encore, je ne sais pas pourquoi ma mère avait préféré le privé au public, puisque je suivis tout le reste de mes études dans des écoles publiques.

Le fait de me séparer de ma mère pour y passer des journées entières m’était difficile. Jusqu’alors, c’est elle qui s’occupait de moi. Et à l’époque, elle était très protectrice à mon égard. Elle et moi avons toujours eu des liens très forts, dans le bon sens du terme comme dans le mauvais. Alors, c’était un véritable cauchemar chaque matin, quand elle me déposait devant l’école. J’apercevais cette cour immense, entièrement recouverte de cailloux blancs, et je ne parvenais pas à me résoudre à la traverser pour rejoindre la salle de classe. C’était un déchirement insoutenable. Le moment des au revoir se terminait généralement dans les pleurs.

J’étais une enfant d’une extrême timidité, presque maladive. Les gens me faisaient peur. J’avais aussi la particularité d’être très grande pour mon âge. Ainsi, je me suis vite sentie différente. Et les enfants ne sont pas là pour être tendres à cet âge ; ils vous lancent des vérités à la figure tels des jets de pierre. Je me souviens encore de cet enfant, qui en moyenne section de maternelle, m’avait dit : « Mais, tu ne devrais pas être avec nous chez les moyens, tu devrais être chez les grands ! ». Je suppose aujourd’hui qu’il n’y avait aucune méchanceté dans cette remarque, mais je l’ai vécue comme un rejet. Je n’étais pas à ma place, je n’avais pas à être là. C’est un peu plus tard que les réelles moqueries commenceront à me tomber sur la tête : « Girafe ! », « Baguette ! », « Il fait beau là-haut ?! », « Grande asperge ! », « Quand il pleut, tu le sais avant nous ! ».

J’étais aussi souvent impressionnée, par les gens, par les évènements, et j’avais sans cesse peur de mal faire. J’étais terrorisée à la moindre demande.