Marie Tavernier guillotinée en 1802 - Daniel Tavernier - E-Book

Marie Tavernier guillotinée en 1802 E-Book

Daniel Tavernier

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Beschreibung

Un jour, notre cousin généalogiste éclairé nous fit parvenir un curieux document issu des Archives du Tribunal Criminel du département de l'Orne à Alençon : « Affaire Marie Tavernier » Une affaire digne d'un roman feuilleton, un scénario pour une docufiction ! A partir de ce seul document contenant une bonne dizaine de pages, nous allons suivre son périple criminel, tout en nous posant la question de savoir, sans juger, si Marie fut victime d'un mariage malheureux et non consenti ou une machiavélique criminelle coupable d'assassinat sur son mari Jean Triboult... Comment et pourquoi ? On va le découvrir... Il y a donc la femme, le mari, l'amant et l'ami, et ce n'est pas du Vaudeville mais un événement réel...

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Seitenzahl: 153

Veröffentlichungsjahr: 2020

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Un grand merci à Jean Clément, mon cousin par mon père, qui tout comme moi se trouve de saines occupations de retraité. Une généalogie très fouillée et, ce faisant, il déniche aux Archives Criminelles d'Alençon un petit trésor digne d'en écrire un roman.

Quelqu'un pour l'écrire ? Chiche !

Merci à toi pour cette matière première et pour ta sagacité de relecteur et de dénicheur de « scories »

Et surtout, quel travail pour extraire d'un vieux livre d'archives un texte écrit à la plume d'oie, des écritures que moi-même je n'arrivais pas à lire avec aisance !... à peine le tiers compréhensible, sinon pas du tout à certains endroits. Merci de l'avoir rendu lisible !

Merci aussi à ma fille Caroline pour ses bons conseils avisés.

Enfin, merci à Michel Levesque Maire de St Hilaire la Gérard (1995 à 2020) et à son épouse Jacqueline Levesque pour les documents d'archive complémentaires, issus de leurs connaissances, et qui m'ont permis d'enrichir le roman.

« Celui qui contrôle la peur des gens devient le maître de leur âme... »

Nicolas Machiavel

Table des matières

L'époque

Les protagonistes

Marie

Thomas Marin Goupil

Jean Triboult

L'ami Davourt

La révolution à St-Hilaire-la-Gérard

La vie à la ferme Beauval

Le mariage

La mal mariée

Le drame

L'agonie de Triboult

L'autopsie de Triboult

Vaugirard et Paris

L'arrestation

L'instruction et le procès

24 pluviôse An X

Le document des archives criminelles

Annexe

Préface de Jean Clément :

La recherche des traces laissées par nos ancêtres dans les registres de l'État civil réserve parfois de belles surprises. Je m'étais lancé il y a quelques années dans un travail de généalogie de la branche Tavernier de notre famille dont les résultats m'avaient permis de documenter l'édition des lettres de notre grand-père Eugène écrites à sa femme pendant la grande guerre. Ce fut l'occasion de retrouver des cousins et petits cousins et de partager avec eux ce trésor épistolaire. Les origines de la famille Tavernier sont dans l'Orne, plus précisément dans le village de la Bellière, non loin d'Argentan.

Pour compléter ma recherche dans les archives régionales, je m'étais abonné à un site de généalogie collaborative. C'est ainsi qu'il y a quelques temps je fus informé de l'existence d'une archive de l'acte d'accusation du tribunal criminel du département de l'Orne à Alençon concernant une dénommée Marie Tavernier.

Je n'y aurais peut-être pas prêté attention si l'accusée n'avait été originaire de la Bellière, ce hameau où sont nos racines familiales. Cette Marie Tavernier était-elle une de nos ancêtres ? L'acte d'accusation laissait imaginer un scénario digne d'un roman ou d'un film. Après avoir transcrit l'archive, je l'envoyais aux cousins, suggérant qu'il y avait là une matière romanesque à exploiter. Ce fut mon cousin Daniel qui s'en empara.

Reconstruire le drame à partir de l'archive fut sans doute un travail difficile. Daniel s'y est appliqué avec un vrai talent d'enquêteur, démêlant les fils d'une intrigue dont l'acte d'accusation ne livrait pas d'emblée les dessous.

Mais il est allé au-delà, faisant revivre le drame en campant les personnages, en imaginant des dialogues dans la langue du terroir, en documentant la vie paysanne de l'époque, en situant le drame dans son contexte historique et social. Jouant habilement avec les données de l'archive il nous livre un récit palpitant grâce auquel nos ancêtres ne sont plus de simples noms couchés dans un registre, mais des êtres de chair emportés par la misère et le malheur. Le livre refermé, le lecteur jugera si Marie Tavernier méritait le sort qui lui fut réservé. Qu'elle ait été notre ancêtre ou non importe peu. Elle était, comme notre arrière-grand-père, une Tavernier de la Bellière.

L'époque

Marie Tavernier mon ancêtre ? Très certainement ! Mais qui est cette jeune femme, veuve de Jean Triboult, garde-champêtre à St-Hilaire-la-Gérard dans l'Orne ?

De fait, notre Grand-père, Eugène Tavernier1, se rendait souvent à Almenêches où il a passé son enfance, et où il reste encore aujourd'hui une branche de cousinage. Son père, Toussaint Tavernier est né à La Bellière2 en 1842, boucher de son état.

Nous allons nous projeter quelques années avant la Révolution française.

La monarchie, depuis des siècles, a mis en place une organisation administrative sectorisée en provinces, duchés, comtés, fiefs, gouvernés par une stricte hiérarchie où le pouvoir se transmet de père en fils par le « sang bleu ». Le roi, conseillé ou non par ses ministres, règne en maître, confondant allègrement les caisses de la Nation avec ses propres fonds de train de vie... Des mégalomanes totalement en dehors de ce qui se passe au delà des grilles des châteaux. Il y a eux et leur cour, et les autres qui servent. Une caste de dieux par essence, vivant dans l'Olympe, et des sous-dieux courtisans...

On se ruine en guerres censées agrandir le pays, réunir les provinces, défendre les territoires, ou créer des alliances, selon l'humeur du cousinage royal voisin. Une consanguinité guère favorable à des esprits et des corps sains...

Une bourgeoisie bien établie assure alors les fonctionnements de l'administration et du commerce, et rêve de « caser » les filles dans le camp de la noblesse afin d'en récolter les fruits et les blasons.

Si le roi est choisi par la grâce de dieu, il existe un facteur essentiel aux rouages de gouvernement de l'Europe, celui qui donne au Vatican un pouvoir immense, grâce à une ramification parallèle à l'ordre de la noblesse où la plupart du temps les dirigeants sont issus du « sang bleu », et celui qui lui fait jouer de diplomatie sur les cours en exerçant son puissant levier, non pas sur les royaumes mais sur toutes les âmes qui les peuplent, et jusqu'à s'emparer de l'homme par le biais du spirituel... Jusqu'à un certain point tout de même, à moins de se fâcher avec Lui, le Pape se plaçant malgré tout au-dessus de tout !

Diplomatie tortueuse dans les instances dirigeantes européennes et main-mise rigoureuse sur les populations...

Trois ordres : la noblesse, le clergé et le tiers état. Les deux premiers étant tout puissants !

Et ce tiers état représente toute la population, un très large panel, des bourgeois aux paysans. La bourgeoisie s'enrichit et se cultive. Le paysan et l'artisan se saignent... et le curé de campagne se loge à la même enseigne.

Insidieusement, la bourgeoisie se fortifie car c'est par elle que transite la finance, au point de rendre indirectement débitrice la noblesse. Ainsi, le fossé se creuse entre une noblesse qui commence à s'effondrer et une populace qui gronde. Le noble perd petit à petit son pouvoir... et le bourgeois récolte les fruits.

Nous nous situons ainsi à un tournant de l'époque moderne où l'on fait des découvertes scientifiques, où l'on invente des techniques de maîtrise des matériaux et de la nature, où l'on discourt en philosophies prônant la liberté et les droits d'existence de chacun. On souhaite un bien-être universel sur terre et non pas celui promis aux cieux...

On remet en cause les acquis par le lien du sang et les pressions de la religion, ainsi que tous les excès nuisibles au bonheur des êtres. Une sorte de méritocratie se fait jour dans les idées...

L'Amérique du nord cherche son autonomie en prenant en main sa destinée, rejetant ainsi toute hégémonie royale, qu'elle vienne de France, d'Angleterre, d'Espagne, du Portugal ou encore des Pays-Bas.

On ne veut plus de despotisme ni d'arbitraire !

Nous entrons dans le siècle de la naissance de la raison en lieu et place de la croyance religieuse, et qui aboutira en 1789 à la laïcité et à la démocratie.

Ainsi, de Voltaire à Montesquieu, on envisage de passer du despotisme éclairé d'un roi et de son gouvernement, appliquant les idées des philosophes, à un gouvernement3 doté d'une constitution et de pouvoirs partagés par une représentation de la population. Une révolution en marche...

Mais comme toute démocratie, le revers de la médaille laisse parfois des individus incultes, mégalomanes ou incompétents, mais à fort caractère charismatique, imposer leurs idées, même si elles relèvent de l'erreur de raisonnement ou de la radicalité. Les intérêts de la finance et du pouvoir s'entrechoquent. Les périodes sombres de la terreur en sont des exemples véritables.

En effet, un seul individu peut détenir la vérité par la raison, et les neuf autres errer dans l'erreur par excès de dogme ou de croyance infondée ; la démocratie aboutit alors à ce que ce soit ces derniers qui gagnent tout de même la partie4...

Une démocratie qui se cherche... et qui se cherche encore aujourd'hui. La démocratie peut parfois se révéler borgne mais on n'a pas trouvé mieux, ainsi que le déplorait Churchill5.

Notre cousine, Marie Tavernier, naît donc dans cette montée révolutionnaire, au sein du milieu paysan, où l'on subit les évènements, où parfois on se révolte aussi en ruinant et en massacrant.

Mais son histoire passe à travers tout cela, car elle n'est qu'une enfant sous la Révolution, comme si la politique n'avait pas eu prise dans ce milieu rural. Le monde du labeur continue de vivre comme il l'a toujours fait ! Les labours, les semailles et les récoltes suivent le rythme des saisons et non pas celui de la politique ! Cette vie-là s'inscrit dans une continuité de temps immuable où aujourd'hui est comme hier et comme sera demain.

Ainsi, l'histoire aurait tout aussi bien pu se passer un siècle plus tôt ou un siècle plus tard... ou encore même aujourd'hui ! A la différence qu'aujourd'hui son aventure aurait tourné autrement et elle aurait échappé à la guillotine.

1 Lire les lettres de notre grand-père « Eugène Tavernier, un poilu dans la guerre » Jean Clément – trois tomes chez BoD

2 C'est aussi là que vivait enfant Marie Tavernier

3 Au départ, cette approche démocratique n'excluait pas nécessairement la royauté. Il en fut ainsi en Angleterre par exemple et dans d'autres pays européens.

4 Relire « Les animaux malades de la peste » de La Fonfaine... un siècle auparavant.

5 « La démocratie est le pire des systèmes, à l'exclusion de tous les autres. » Il pensait alors au revers du système démocratique après avoir été battu aux Législatives de juillet 1945.

Les protagonistes

Il est nécessaire de tracer les grands traits de chacun des protagonistes que l'on découvrira au fur et à mesure de la dramatique qui va se jouer, afin de ne pas nous perdre.

Le but de cet ouvrage n'étant pas en effet de tenir en haleine un public dans une intrigue policière à suspens et à tiroirs, ainsi que le font avec talent nos auteurs de romans policiers, mais de décrire ce qui s'est passé. L'histoire est romancée mais véritable !

On saura donc dès le début qu'un drame va se jouer puisque Marie Tavernier sera guillotinée, comme l'indique le titre, avec pour acteurs une femme, un mari, un amant et un ami dans une affaire criminelle qui s'est réellement déroulée...

Quand ? Comment ? Pourquoi ? Vous le découvrirez après les présentations.

Marie Tavernier :

« Sans profession, 22 ans, originaire de la Bellière et demeurant à St-Hilaire-la-Gérard, 1,571 mètre, cheveux et sourcils châtains clairs, yeux gris, nez aquilin, bouche moyenne, menton rond, front bas, visage ovale et un peu marquée par la petite vérole. »

Apparemment orpheline, elle fut la pupille de Marin Goupil, son cousin de vingt ans son aîné, dès ses 11 ans. Elle devient son « amie » malgré la grande différence d'âge.

Elle va assassiner Jean Triboult son mari.

Jean Triboult :

Il s'agit de l'infortuné époux de Marie.

Garde-champêtre, propriétaire à la Piétière6, commune de St-Hilaire-la-Gérard. Son âge ? Un homme mûr, certainement, pour être propriétaire ; et jouissant d'une rente. Et quelque peu voûté, voire bossu7, selon les dires d'un témoin lors du procès.

Nous n'en saurons pas plus quant au physique car c'est lui la victime et rien dans le procès-verbal ne mentionne son aspect sinon celui de son handicap.

Un « bon » parti cependant de 330 francs8 de revenu annuel, mais qui ne voulait octroyer qu'un usufruit de la propriété à son épouse. Après contrat de mariage, elle devient copropriétaire grâce à l'ami du défunt, Davourt

(Thomas) Marin Goupil :

« Nourrisseur de bestiaux, natif de Bray, 43 ans, 1,625 mètre, cheveux et sourcils bruns, barbe de même. Yeux bleus, nez long, bouche moyenne, menton rond, front découvert, visage long. »

Nourrisseur n'était pas un petit métier domestique dans une ferme, mais il appartenait à une entreprise agricole où les bestiaux étaient placés en élevage pour être ensuite vendus à l'âge adulte.

Cousin germain de Marie qui devient sa pupille, suite à un événement inconnu. Marie en était amoureuse et leur relation était connue. Vingt ans les séparent. Il vit à Cercueil, près de St-Hilaire-la-Gérard.

On le surnomme aussi Lanos dans les attendus du procès... Peut-être un pseudonyme pour se cacher. ?...

Davourt :

Il est l'ami de Jean Triboult et négocie son mariage avec Marie qui n'a pas de ressources. Un mariage plutôt arrangé... mais qui attire aussi la convoitise de Goupil. Marie lui bat froid après mariage et lui en veut de l'avoir mal mariée.

Proche de Jean Triboult, il intervient auprès de lui lors de son agonie, en soupçonnant une malveillance.

Les autres personnages ne font que jalonner les tribulations, sans jouer de rôle dans l'intrigue. Ils sont témoins.

Voici maintenant l'histoire d'un meurtre par ?...

6 Ce lieu-dit doit aujourd'hui s'appeler « La Piquière », petit hameau au nord de la commune. On retrouve aussi Pitière dans d'autres documents de l'époque.

7 Un témoin dit qu'il est crossu, ce qui signifie en forme de crosse, soit bossu.

8 1 franc 1800 vaut actuellement un peu plus de 2 €. La rente s'élève donc entre 660 et 700 € annuel. Le kilo de pain coûtait 0,45 F pour un salaire d'ouvrier de 2 F par jour. En équivalence cela porterait notre kilo de pain à 20€. Mais on ne peut pas faire de comparaison car les modes de production, de commerce et de vie n'ont plus rien de commun.

Marie...

An de grâce 1779.

La Bellière...

Quatre-cent quatre-vingt-dix-huit âmes au dernier comptage de 1793. Dans ce coin de campagne entre Alençon et Argentan on se trouve bien loin des palais et de la politique.

Le roi Louis le quinzième est mort depuis cinq années et Louis le seizième fort de ses 25 ans dirige un pays qui financièrement part à vau-l'eau. Le peuple gronde en sourdine mais les privilèges tiennent bons, et les réformes attendues n'aboutissent pas.

Quant à Marie-Antoinette, elle ne s'en soucie guère et mène grand train sans étiquette au Petit Trianon. Loin du peuple qui subit l'inflation des denrées vitales.

Et dans ce petit hameau perdu de la Bellière, dans la chambre d'un petit fermage pas loin de l'église naît une fille issue de basse condition. Son père au champ guide l'araire que tire un solide percheron, quand il ne cueille pas les pommes à cidre ; et sa mère trait les trois vaches normandes qui lui donnent le lait et la crème9 à baratter pour le beurre, et élève quelques cochons qui s'égayent parmi les poules, les oies et les canards. Elle porte sur le visage les traces de la petite vérole10, ainsi que toutes les gardiennes de bovins, immunisée de ce fait paraît-il de la vraie et ravageuse variole et qui a touché « Louis le Bien-aimé » en soldant la fin de sa vie.

Le rythme des saisons11 bat rudement avec des étés caniculaires et des hivers à traverser les rivières sur la glace. Les récoltes en souffrent...

Seule enfant, elle perd sa mère après les couches et doit être élevée par son père. Il y a bien le curé comme conseil mais son sacerdoce ne se préoccupe que peu des filles dont le rôle reste et restera de servir et d'enfanter. La bourgeoisie et la noblesse ne les considèrent pas mieux, sinon qu'elles représentent une meilleure valeur « marchande ». Alors il voit à placer de-ci de-là les ouailles pubères dans les grosses fermes ; et pour les mieux loties dans une maison bourgeoise à la ville. Parfois au château, celui de d'O à Mortrée, celui de Sassy à St-Christophe-le-Jojalet, au nouveau domaine de Cordey.... Au moins là elles seront logées, nourries, blanchies... Certes pour les plus débrouillardes, mais pour Marie il ne sait trop encore sinon qu'elle se mariera très certainement avec un besogneux, ainsi que ses parents l'ont été.

Dans les hameaux reculés, en effet, on ne se préoccupe pas du superflu, seul compte le quotidien afin de pouvoir manger l'hiver venu. On égorge le poulet puis on le plume, on saigne le cochon pour le boudin, le lard et le jambon. Tuer, mourir fait partie de la vie, cela ne dérange pas la sensibilité puisque l'acte procède d'un but nourricier. Il s'inscrit dans la logique basique des choses simples et vitales. Éteindre la vie ne fait donc pas peur... Cela n'émeut pas !

C'est le cycle de la vie ! Tout comme il en est ainsi pour le taureau en rut et qui monte ; le chien qui reste collé à la femelle ; le coq qui fiche la raclée aux poules ; la vache qui vêle, la brebis qui agnelle, la vie lui apprend petit à petit qu'à son tour... parce que la nature accompagne son frustre quotidien, parce qu'elle se rend parfois auprès d'une femme post parturiente et de son bébé. Mais l'amour de la mère ?... Elle ne l'a pas connu, elle ne comprend pas cet attachement au vivant sinon une certaine bienveillance nourricière lorsque le petit tète. Un acte primaire ! Aimer ? Un père, un garçon, un être vivant, non, elle ne le ressent pas ! Mais la loi de la vie s'impose petit à petit, elle grandit, et sa petite jugeote l'oblige à intégrer qu'elle devient à son tour femelle... Pubère, elle commence en effet à être formée dès sa onzième année.

Des amis ? En a-t-elle vraiment ? Certes dans un petit village tous se connaissent et s'appellent pas leur surnom. Les hommes se retrouvent à la taverne, ou chez l'un ou l'autre, pour le canon du soir pendant que Marie, toutes les Marie, s'occupent du repas... Il y a bien les copines mais on se retrouve bien seule pour mener les vaches au pré. Il n'y a que le dimanche à la messe...