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Ils était deux et nous arrivâmes cent ! Les Jacques, Robert et Tavernier, furent les inventeurs du spectacle cinéscénique « Son et Lumière » de Linas dans l'Essonne. C'était en 1967... et l'aventure semblait utopique. Mais les représentations perdurent depuis lors ! Musique, bruitage, histoire, scénario, script, enregistrement, mixage, décors, accessoires, costumes, organisation, mise en scène, régie... Un an de travail pour une heure de représentation ! Ce livre montre les coulisses de ce spectacle singulier, de 1967 à 1989. A charge pour d'autres d'écrire la suite. « Mais ceci est une autre histoire... »
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Seitenzahl: 89
Veröffentlichungsjahr: 2022
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- Mon père Jacques Tavernier (décédé en 1977) qui fut l'un des initiateurs et fervent animateur du spectacle. Il m'a embarqué dans ce monde passionnant.
- Jim Grassart (décédé en 2015). Un grand-frère, scout puis maison de jeunes, pour son charisme et pour nous avoir guidés.
- Bernard Cottentin qui avec une grande gentillesse a pérennisé l'aventure depuis le début. Un grand-frère aussi !
- Michel Aringoli pour son accompagnement joyeux. Encore un grand-frère !
A toutes celles et ceux que j'ai côtoyés durant toutes ces années (avec quelques petites éclipses) dont les noms apparaissent sur le tableau (incomplet) des participants en fin d'ouvrage.
Un clin d’œil particulier à Françoise Grassart à François Valet, à Gilbert et Micheline Guyot, à Monique Vielle, à Bernard Leschevin, à Michel Petit, à Michel Marc, à Jean-Louis et Hélène Peralta, à Michel et Martine Picard, à...
Toutes les images proviennent des documents originaux et des photos prises par l'un ou l'autre des participants.
Remerciements
Avant-propos
La naissance d'une histoire de spectacle
Quelques personnages au début de l'aventure
Comment choisir un thème et écrire ?
Comment travaille le metteur en scène?
Le rôle du régisseur
Le rôle du producteur
La fonction de costumière
Les décors et la lumière
Les enregistrements
1967 : Premier volet sur la Révolution française
1968 : De Danton à Bonaparte
1971 : La Commune de Paris
1974-1975 : La Révolution française (reprise)
1976-1977 : La Révolution française
1978-1979 : La révolution française (reprise)
1980 : La Commune de Paris
1981 : La guerre de Vendée
1982 : La Révolution française
1983 : La commune de Paris
1984 : Osons la liberté
1985 : Les Chouans
1986 : Le drapeau français
1987 : Louis XIV une trilogie
1988 : Louis XV
1989 : Louis Capet
Souvenirs des membres
Enquête universitaire sur le son et lumière
Aujourd'hui ?
Le 13 juillet 1967 naissait le premier spectacle « son et lumière » à Linas, petit village de l'Essonne. La population s'élevait alors à un peu plus de 2.000 âmes1.
Pas de Francilienne, pas de démographie galopante...
Tous se connaissaient ! Un petit village tranquille.
Roger Vuillemey en était le maire et une équipe municipale s'occupait de la culture. De la culture dans un village très maraîcher... en 1967 ! Deux cultures à ne pas opposer.
Quelle culture donc ? De la musique, du théâtre, des festivités... Nous ne sommes pas à Paris... Et puis il faut diversifier pour ne pas devenir élitiste. Mais il y a tout de même le mot culture dans l'intitulé de la fonction des conseillers municipaux. On parlait alors de comité des fêtes.
Alors, à défaut de se payer un orchestre de musique classique, on ouvre un salon en soirée pour écouter en stéréo une œuvre et parler ensuite du compositeur et du contexte de l'écriture. On organise des expositions temporaires. Puis l'idée d'un spectacle germe. On ne sait pas bien encore quoi. Et un verre à la main on en discute jusqu'à pas d'heure et à trouver l'idée. Un spectacle « son et lumière » sur la place de la mairie !
Les pages qui vont suivre rendent compte de la genèse du spectacle et de son extraordinaire concrétisation jusqu'en 1989. Date de ma fin de participation...
En effet, récipiendaire des archives, l'aventure s'est pour moi arrêtée suite à un différent de personne avec l'adjoint d'alors chargé de la communication qui s'appropriait l'organisation à fin d'alimenter son ego politique. Conflit de vision... Ceci sans participer sous aucune forme ni présence dans cette aventure2... Cependant, la relève était là et prête à continuer sans ma présence. Nul n'est irremplaçable car ce spectacle continue encore après plus de cinquante ans d’existence.
Liste des spectacles depuis 1967 à 1989 :
Sur la place de la mairie de Linas.
- 1967 La révolution française, de l'ancien régime à la naissance de la république
- 1968 La révolution française, de Danton à Bonaparte interruption
- 1971 Centenaire de la commune interruption
- 1974 La révolution française 1ère partie (reprise)
- 1975 La révolution française 2ème partie (reprise)
Changement de lieu de spectacle, dans le parc de l'actuelle mairie de Montlhéry (partie basse) au château de la Souche.
- 1976 1792 La révolution française (1ère partie - reprise)
- 1977 La révolution française (2ème partie - reprise)
Retour sur la place de la mairie de Linas
- 1978 La révolution française (1ère partie - reprise)
- 1979 La révolution française (2ème partie - reprise)
A partir de 1980 nous créons des spectacles inédits !
- 1980 La commune de Paris 1871 (qui aurait dû être
Napoléon)
- 1981 Les guerres de Vendée
- 1982 La révolution française (réécriture)
Changement de lieu du spectacle pour adopter le stade de Linas beaucoup plus approprié afin de recevoir entre trois et quatre mille spectateurs. L'espace permet une cinéscénie large et profonde. Nous reprenons quelques spectacles antérieurs.
- 1983 La commune de Paris 1871
- 1984 Osons la liberté, les droits de l'homme
- 1985 Les Chouans (nouvelle mise en scène)
- 1986 Le drapeau français
- 1987 Louis XIV
- 1988 Louis XV
- 1989 Louis XVI dit Capet
Ensuite les spectacles n'ont cessé de se produire, avec un essai de changement de lieu éphémère sur l'autodrome de Linas-Montlhéry. Le lieu s'y prêtait, mais demandant une tout autre logistique.
Ce récit souvenir s'arrêtera donc en 1989...
Et pour raconter la suite, je passe le relais à qui voudra reprendre le flambeau. : « Mais ceci est une autre histoire »3...
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1 Recensement 2018 : 6813 habitant, pour 2156 en 1968. Je suis arrivé à Linas en 1955 pour partir définitivement en Vendée en 1994.
2 Son nom n'apparaîtra pas dans cet ouvrage...
3 Tous les spectacles se terminaient par cette phrase pour inviter les spectateurs à venir l'an prochain.
1965.
Aux élections la commune change de Maire. Monsieur Perdrigeon, agriculteur en primeurs, cède la place à Roger Vuillemey, pharmacien à Monthléry. Linas, sous la pression démographique qui s'amorce4 d'un Grand-Paris qui verra le jour cinquante années plus tard, doit s’agrandir.
Ainsi, déjà on remarque sur la courbe démographique du village une accélération de peuplement qui se traduit par la construction de zones pavillonnaires.
Une équipe totalement nouvelle redistribue les cartes des priorités de l'avenir du village. Celui-ci passe alors progressivement d'un statut rural maraîcher à celui d'une banlieue « dortoir » mais sans les tours d'immeubles. Plutôt résidentiel « cadre moyen ».
Et parmi les priorités, pour ce qui nous intéresse, l'une qui touche aussi la vie culturelle. Mon père Jacques Tavernier5 s'était déjà lancé dans l'aventure théâtrale sous la mandature précédente, mais sans mandat électif, au seul titre de citoyen. Des petites pièces, du cabaret, de la danse aussi... Il était alors chansonnier au « Grand-Quinze » et au « François-Vilon6 » à Paris jusqu'en 1961.
En 1965 il entre donc dans l'équipe du conseil municipal, et naturellement il rejoint le domaine de la culture pour lequel il avait été contacté. Mais il n'est pas seul ! Jacques Robert, lui aussi conseillé municipal, va devenir son compère. Il est pharmacien à Linas.
A partir de ce moment, il faut parler d'un binôme, les Jacques ! Un binôme qui donnera l'impulsion et l'état d'esprit de ce qui va germer. Qui en a eu l'idée ? L'un et l'autre ne sont plus là pour le dire... et c'est mieux ainsi car il ne s'agira plus alors d'une personne mais d'une équipe avec des personnages charismatiques qui émergeront dans cette aventure. Et d'autres le deviendront ensuite naturellement...
Un pari de dingues. Apporter de la culture en ruralité7 tout en s'amusant, tout en divertissant un public. Et quel meilleurs support que les festivités du 14 juillet pour offrir au village un spectacle « son et lumière », ainsi que certains commencent à le faire : le château du Ludes (1957), les tableaux des peintres à Moret-sur-Loing (1960-2000) et plus tard le Puy du Fou8 (1977), pour exemples.
On y croit ! Pourquoi ne pas parler de la Révolution française ? Un spectacle sur ce virage historique où la monarchie cède difficilement, mais radicalement, la place aux idées des Lumières.
Il y a de quoi fournir des tableaux scéniques avec du texte et de la musique. Et puisque le village fête la révolution la veille en soirée avec sa retraite aux flambeaux et son cortège d'anciens combattants, d'une fanfare et d'un public arpentant les rues à la lueur des lampions ; alors autant lui offrir une cinéscénie sur la place à la fin du défilé, avant de tirer le feu d'artifice et de guincher au son d'un orchestre. Un beau programme !
Ils ne feront pas que cela, mais si l'on peut retenir une seule chose, ils sont les initiateurs et les inventeurs du spectacle « son et lumière » de Linas. Les « frères Jacques » en quelque sorte... Ils seront là durant quelques années, formant autour d'eux une solide équipe d'amis qui prendront petit à petit le relais.
1966.
L'idée a fait son chemin, on pense déjà à opérationnaliser. Lors d'un conseil municipal on adopte donc pour 1967 l'organisation des festivité du « 14 juillet ». Le défilé, le bal, on sait faire. Mais pour le spectacle tout reste à inventer. Jacques Tavernier connaît puisqu'il vient de la « Balle » !
Et Jacques Robert est un féru d'histoire !
Définir le lieu : place de la mairie avec en toile de fond les bâtiments, les loges seront installées à l'intérieur. Une estrade. Une sonorisation couvrant toute la place qui pourra accueillir environ deux mille spectateurs. Des projecteurs installés sur les toits et les arbres environnants. Organiser les services techniques. Etc.
La création du spectacle : écrire les textes et créer des tableaux, choisir les musiques, enregistrer, mixer. Il faut donc des spécialistes et dans le milieu des connaissances et des amis les compétences existent.
La mise en scène tombera naturellement sous le responsabilité de mon père. Le rôle de régisseur coordinateur incombera plutôt à Jacques Robert. Et deux experts : Jean Guihou9 qui dans ses loisirs manie le cinéma en 16 mm et Michel Aringoli qui est ingénieur du son à la SFP10. Bernard Cottentin fournira sont expertise électrique.
Gilbert Jamois viendra enrichir l'équipe.
On se met donc rapidement au travail au cours de réunions mémorables où non seulement on produit du concret mais aussi, et cela reste le plus important et perdurera longtemps ensuite, on se lie d'une amitié autour d'une passion. Une sorte de fraternité, un noyau qui rayonne et qui débordera sur la troupe qui sera constituée.
Qui seront les acteurs ? Les familles ont des enfants ; il y a la maison des jeunes qui s'est nouvellement constituée ; les scouts ; et le bouche à oreille qui fait passer l'information.
Une photo a immortalisé l'équipe fondatrice dans le grenier d'une maison ancienne à droite de la mairie, aujourd'hui servant de cantine aux écoles.
1967 - Enregistrement des commentaires et mixage avec la musique.
Et parmi les inventeurs du spectacle Jacques Robert (debout à droite), Jaques Tavernier
