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Michel Roche, fondé de pouvoir et psychologue à la Prévention Routière, a consacré sa vie à la sécurité routière, et plus particulièrement à l'éducation routière, de la maternelle à la maison de retraite, en passant par les permis de conduire et la formation des formateurs. Ce livre analyse ses archives (livres, ouvrages pédagogiques, articles de presse, discours de congrès et notes) C'est ainsi qu'on découvre sa philosophie de ce qu'aurait dû devenir la formation à la sécurité routière en France. Visionnaire car tout ce qu'il a exploré apparaît aujourd'hui dans les matrices de formation. Mais pas sur la forme organisationnelle des institutions professionnelles, syndicales et administratives. La révolution n'a pas eu lieu !
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Seitenzahl: 333
Veröffentlichungsjahr: 2020
* A mon père Jacques Tavernier, directeur du Centre National de Formation des Moniteurs à La Prévention Routière jusqu’à son décès en1977
Photo personnelle
* A mon mentor professionnel Michel Roche, psychologue et directeur du Centre de Recherche et d’Application de La Prévention Routière, et auteur de nombreux ouvrages sur la psychologie du conducteur et sur la pédagogie de l’enseignement de la conduite. Décédé en 2006
Photo aimablement prêtée par la famille Roche
* Aux nombreux lecteurs de mon premier ouvrage :
« Chroniques d'un retraité de la Sécurité Routière » -BoD- 2018 -
https://www.bod.fr/librairie/chronique-dun-retraite-de-la-securiteroutiere-daniel-tavernier-9782322118731
et qui m'ont incité à continuer...
Les dessins accompagnant les éditos de Michel Roche sont de Pétotsch. Je n'ai malheureusement trouvé aucune trace pour pouvoir le contacter, lui ou sa famille.
Notre père connaissait des milliers de vers par cœur. C’était une anthologie vivante. Et aujourd’hui encore, dans certains lieux, devant certains paysages, c’est sa voix disant du Victor Hugo, du Péguy, de l’Aragon qui nous accueille.
L’idée que ce poète, ce littéraire, ait pu consacrer sa vie à une machine, à une mécanique aussi peu poétique que l’automobile, peut sembler une étonnante contradiction. Et quand on lit le livre admirable de Daniel Tavernier, on voit que son travail peut aussi conduire à la précision d’un raisonnement scientifique.
Mais en fait, notre père avait une approche poétique et profondément humaniste de son métier.
L’automobile, il la regardait comme un élément – certes relativement nouveau et en cela passionnant – de la condition humaine.
L’homme reste au centre des préoccupations de ce grand Résistant qui a toute sa vie milité pour une société plus juste.
Merci du fond du cœur à Daniel Tavernier qui fait revivre, à côté de cette image que nous, ses filles, gardions de notre père, l’homme de science, le visionnaire qu’il fut aussi.
Sylviane et Anne-Emmanuelle Roche
1982 Légion d'honneur
Années 1960 avec le Pr Léontier lors d'un congrès (Grèce?)
Années 1970 dans son bureau.
Années 1980 congrès à Berlin
Années 1990 ?
Photos aimablement prêtées par la famille de Michel Roche
à l'origine non datées et non circonstanciées...
Cet ouvrage a pour principe de faire réfléchir les professionnels et les institutions, acteurs directs et indirects, sur leur mission de l'éducation à la sécurité routière. En effet, au regard de l'évolution inquiétante des conditions de formation, on pourrait en déduire que la politique, l'organisation professionnelle1 et le grand public marchent à l'opposé de ce qu'elle devrait être !
On vend encore aujourd'hui la formation ainsi qu'un produit de consommation courante, tout comme on commerce au sein des petits magasins et des grandes surfaces, et maintenant en uberisation de service. Et le Ministère décrète tout en laissant libre cours à ce mode de fonctionnement... ou ferme les yeux.
Nous en avons perdu l'essentiel, l'essence même, de ce que doit être un éducation et une formation : l'être et le faire ! Surtout l'être...
Pourtant beaucoup de professionnels dont la compétence n'est pas à mettre en doute en souffrent car ils risquent de disparaître au profit d'une (dés)organisation débridée faisant fi de la raison même d’existence du métier. Les structures qui se mettent en place servent plutôt à l'optimisation du profit qu'à l'optimisation d'une formation de qualité, ceci malgré de réelles initiatives contrecarrées par un système conservateur. Et les conséquences risquent de devenir dramatiques en termes d'insécurité routière… la représentation des jeunes dans les accidents de la route n’a guère changée dans le bon sens depuis des décennies... Rien n'a vraiment évolué et rien n'évoluera tant qu'on restera sur le même axe professionnel !
Ainsi se profilent les temps modernes comme cela arrive dans tous les secteurs d'activité ! Une déshumanisation...
Au regard de l’incohérence actuelle :
- comment un gouvernement peut-il générer une situation contre productive au regard de sa mission éducative ?
- comment un certain monde de l'auto-école et des centres de formations peuvent-il oser prétendre que leur finalité vise la sécurité routière ?!
- comment le grand public peut-il se laisser mener par le bout du nez ainsi qu'un consommateur dans cette inorganisation-là !? Et je dis bien consommateur !
A savoir que la compétence pédagogique se tient dans ce qu'on retire de la science en la matière !
A savoir qu'avant même de penser organisation, on s'occupe en tout premier lieu de déterminer les finalités et les objectifs de la mission qui découlent du secteur éducatif et non pas de ceux de la finance ou de l'industrie automobile... Cela a enfin émergé avec le REMC mais libre à chacun de le commercialiser à sa sauce ! Donc un flop qui se profile quant à son efficacité opérationnelle... Aucun progrès d'avenir ne verra le jour sans un changement des structures !
Une société libérale débridée comme on la vit aujourd'hui engendre en effet, indubitablement, cet éclatement et cette réorientation qui tient surtout et avant tout, malheureusement, du commerce ! Ainsi, qui dit commerce, dit investissement financier, profit, concurrence, etc. Or cela n'a rien de commun avec une mission éducative ! Pire, cela la pervertit au point de ne plus s’occuper que de survivre et au mieux d'assurer une marge économique, au détriment - quand ce n'est pas l'oublier - de la mission sociale qui lui incombe !
Si au tout début de l'automobile, il ne s'agissait que d'apprendre à manier un véhicule avec un « mécano », dans un environnement hippomobile -et les étapes qui ont suivi-, aujourd'hui la démocratisation de tout le système de transport routier et son ampleur dans la diversité réclament autre chose, comme structures et acteurs, que des descendants directs de moniteurs de conduite dans cet environnement éducatif... Je ne parle pas ici de l'enseignant mais de sa fonction. Il convient de parler d'ingénierie, du développement de l'individu au produit fini : « l'homo automobilis2 ».
Ce monde-là a plutôt suivi le mouvement qu'il ne l'a précédé afin de mieux l'organiser de manière commerciale. Et aujourd'hui il se fait dépasser par l'opportunisme ! Il s'en est suivi un juxtaposition d'éléments, issus de tous bords, un sorte de mise en bout à bout pour tenter de coller à l'évolution... Avec une grande perte d'énergie et d’efficacité !
Il suffit de voir comment les animateurs « permis à points » ont vu leur statut évoluer vers une forme de misère entrepreneuriale ; ou encore la naissance de plates-formes immatérielles affichant une belle vitrine Internet et travaillant avec des électrons, tous corps sous-payés, et dégageant les franchiseurs de toute obligation sociale...
Une sorte d’esclavage ! Un retour aux conditions de travail du 19ème siècle... Ceci dans les corps socio-professionnels de tous les domaines !
Les visionnaires ont existé mais ils n'ont pas toujours été vraiment écoutés ni suivis dans leur analyse... L' « Unité Expérimentale de Montlhéry » fut à son époque précurseur étatique d'une mise en œuvre d'étude et d'application. Dommage que l’aventure ne se soit limitée qu'à la création de la conduite accompagnée et du livret de l'apprenant... Il y avait encore tant à faire !
Il manque aujourd'hui ce Conducteur du système global éducatif et formatif dans l'organisation de la sécurité routière ! Un homme, une institution, une unité expérimentale ? Une entité qui ne s'occupe que de la globalité de la pédagogie de la route ! Des objectifs aux infrastructures, en passant par les professions et leurs formations. L'INSERR ?
Michel Roche fut l'un de ces visionnaires au sein de « La Prévention Routière » avec le centre d'application et de formation. Au tout début et durant des années on s'évertuait à y former des moniteurs dans le but de faire évoluer leur professionnalisme. On y parlait d'objectifs et de méthodes. On expérimentait des façons d’enseigner. On allait bien au delà du monitorat....
Apprendre à se conduire (dans le sens de l'être) de la maternelle à la maison de retraite, du piéton au conducteur professionnel. Cette activité ne peut pas dépendre du Ministère l'Intérieur3 mais bien appartenir à l’Éducation Nationale ! Car c'est le seul lieu en effet qui permet de sortir du lucre pervertissant l'humain dans sa démarche d'apprentissage.
Il s'agit ici d'une mission du ressort de l’État, au même titre que la Santé publique, et non pas du ressort du secteur tertiaire privé. D'où ce Conducteur qui avant de décréter se doit de mettre à plat ce que la science préconise. Il suffit en cela de démarrer par une déclinaison complète du continuum éducatif et de la matrice originelle en termes d'objectifs éducatifs et de formation, en termes de compétences humaines, en termes de moyens, en termes de structures, et non pas que chacun se serve dedans ainsi qu'on dépouille une carcasse pour en faire son business.
Que l’État délègue au secteur privé les formations, après avoir établi les lignes pédagogiques et distribué les compétences, ne révolutionnera pas une organisation déjà en place et somme toute professionnelle -car elle possède en son sein beaucoup de compétence !-, ni non plus n'effondrera le secteur économique. Il faudra toujours, en effet, des centres de formation technique pour apprendre à conduire un engin mobile !
Mais il est du ressort de l’État de définir les lignes (finalités et objectifs) et de désigner l’Éducation Nationale comme tuteur de ces accomplissements. Car il s'agit bien d'une mission d'éducation touchant la totalité de la population française.
Le monde de l'auto-école et des centres de formations doit s'inscrire dans cette sphère et non plus plus voler de ses propres ailes dans une mouvance concurrentielle !
On s'apercevra alors de l'ampleur des champs de possibilités de métiers liés à la sécurité routière, incluant les actuels centres et petites auto-écoles de village, métiers qui peuvent donner un travail, une compétence à chacun des acteurs actuels dans toutes les strates de la matrice et du continuum éducatif. Principalement chez l'humain, mais aussi dans les autres secteurs. Vous savez, le fameux HVE ! Homme, Véhicule, Environnement. Et là, on entre dans le dur du système avec les formations à la clé de tous les professionnels intervenants. Avec une interaction horizontale ! Formations scolaires, professionnelles et universitaires. Formations qui n'excluent pas la participation des formateurs en place au niveau des savoirs, des pratiques et de l'insertion. Bien au contraire, c'est même recommandé !
J'ai expliqué tout cela dans mon premier ouvrage « Chronique d'un retraité de la Sécurité routière »4 J'y reviendrai parfois dans cet ouvrage afin de vous renvoyer sur des commentaires plus approfondis.
Afin de mieux comprendre cette vison, je vous propose d'explorer celle de Michel Roche au travers de ses ouvrages, de ses écrits, de qui j'ai hérité une partie de ses archives qu'il m'a confié peu de temps avant sa disparition. Il fut mon patron dans un moment de ma carrière puis mon conseillé mentor durant toute celle-ci..
En me remettant une caisse de dossiers, il m'a dit : « Daniel Tavernier, je vous les confie car je sais qu'un jour vous en ferez quelque chose ».
Mon père aussi, Jacques Tavernier, qui était son bras droit d'application en dirigeant sur le terrain de l'autodrome de Linas-Montlhéry le « Centre National de Formation des Moniteurs de Montlhéry » au sein de La Prévention Routière. Des milliers de moniteurs sont passés par ce centre durant plus de vingt ans !
Je vous emmène donc dans leur univers qui vous le comprendrez s'inscrit et fait partie de la genèse conceptuelle du continuum éducatif et de la matrice GDE qui a mené au REMC.
Asseyez-vous, tout comme je le faisais après déjeuner à la cafétéria de La Prévention Routière, face à Michel Roche, dans un bon fauteuil, un café à la main. Et entrez dans les discussions que nous avions parfois. Il ne parlait jamais de lui mais plutôt de ses concepts en matière de sécurité routière. Il suffisait d'écouter et l'on comprenait tout !
Si, si, vous êtes invités !
Né en 1923 dans la Marne – décédé en 2006 en Provence
Bibliographie non exhaustive :
Généralités sur la prévention des accidents -1995
Le savoir Conduire- Codes Rousseau - 1992
Pédagogie pour l'école de conduite - 1988
La Conduite des automobiles - 1980
Guide de l'élève conducteur - 1980 (collaborateur)
Comment vivre avec l'automobile - 1978
Pédagogie pour l'école de conduite – 1976
Pédagogie pour l'école de conduite - 1976 réédition 1979
Le permis de conduire – 1974
L'automobile « traité de psychologie appliquée » - 1974
Les accidents de la circulation routière en France – 1974
Vivre avec l'automobile - 1970
Technique supérieure de conduite automobile - 1965
L'homme et la route - 1961
Une partie de ces ouvrages trône de ma bibliothèque.
Ils sont à ce jour épuisés en librairie...
Divers « mots du psychologue » dans la revue de La Prévention Routière.
1 12.400 établissements pour 40.000 salariés.
2 Lire « Homo automobilis ou l'humanité routière » de J.P Assailly -Imago-2018
3 Ministère de l'Intérieur... auparavant celui des Transports. Ce n'est pas sa place logique ! Sinon celle d'une logique d'administration étatique.
4 « Chronique d'un retraité de la Sécurité routière » -BoD- 2018.
Licencié en philosophie et en psychologie.
Diplômé de l'Institut de Psychologie.
Il s'oriente à partir de 1949 vers l'étude des aspects de la psychologie de la circulation automobile, la pédagogie de la conduite et la prévention des accidents.
Il dirige le Centre d'Application de La Prévention Routière et crée le Centre National de Formation des Moniteurs (CNFM), jusqu'en 1986 (date de fermeture définitive du centre).
Un personnage humaniste dont la jeunesse fut marquée par la guerre (39/45). Encore méfiant malgré les décennies passées, il semblait toujours inquiet que les idées malsaines du nazisme ne renaissent un jour de leurs cendres... Il en avait très certainement souffert, bien que par discrétion il n'en ait jamais parlé... Un résistant !
Il représentait La Prévention Routière dans maints congrès nationaux et internationaux. Ses interventions très écoutées touchaient principalement la psychologie du conducteur et sa formation, ainsi que l'éducation à la sécurité routière chez les jeunes enfants à l'école.
Il a souvent collaboré aux réflexions et aux éditions de la DSCR5 Il encadrait les cours de psychologie lors des formations au BAFM.
De 1974 à son décès il fut plus particulièrement pour moi un guide durant mes formations professionnelles (CAPP et BAFM), mon patron, puis un conseil très avisé tout au long de ma carrière ! Il a toujours su me faire poser les bonnes questions...
5 DSCR devenue la Délégation à la Sécurité Routière (2017) elle est rattachée au Ministère de l'intérieur depuis 2008
C'est en lisant ses écrits que nous allons cerner Michel Roche. Billets sur la revue de La Prévention Routière, discours lors de congrès, écrits personnels, analyses sociales de l'environnement routier et de la pédagogie vont nous faire voyager dans sa pensée.
La vision globale, l'essence, de la sécurité routière apparaîtra selon les époques. A savoir que nous sommes passés du conducteur expert, habile dans sa conduite, au conducteur raisonnant, au fur et à mesure des recherches en la matière, des années, des avancées techniques et des évolutions de la société...
On remarquera au passage que ses analyses de la société, ses propositions pédagogiques, ont servi de cheminement vers le continuum éducatif et l'actuelle matrice GDE . Tout ceci corroboré avec la recherche scientifique, de l'ONSER à l'IFSTTAR6 et aujourd'hui des Universités7.
On découvrira combien il était un visionnaire sur ce que devrait devenir l'éducation routière. Bien des choses ont bougé par la force des évolutions incontournables et sur ses idées, mais pas sur le fond où rien n'a vraiment changé ! Le socle d'une organisation révolutionnaire autre que celle relationnelle actuelle État– Profession.
Une révolution que je partage en totalité dans son essence !
6 Onser devient Inrets puis Ifsttar par regroupement d'instituts à fin d'optimisation de la recherche.
7 Pour exemple : Paris-Dauphine, Angers ou Aix-Marseille
la Délégation à la sécurité et à la circulation routières en 2008 a été rattachée au ministère de l’Intérieur en 2012. En 2017, la Délégation à la sécurité et à la circulation routières (DSCR) change de dénomination pour devenir la Délégation à la sécurité routière (DSR)8.
Missions de l'éducation routière : définition des règles et conditions d’organisation des examens du permis de conduire ainsi que des dispositions relatives à l’enseignement de la conduite et de la sécurité routière, animation des réseaux professionnels de l’enseignement de la conduite et de la sécurité routière.
Le Délégué à la sécurité routière exerce, intuitu personæ, les responsabilités de Délégué interministériel à la sécurité routière (DISR), fonction créée en 1972 en même temps que le Comité interministériel de la sécurité routière, présidé par le Premier ministre ou, par délégation, par le ministre de l’Intérieur. Le DISR assure le secrétariat du CISR. L’organisation de la Délégation à la sécurité routière est régie par arrêté du 27 avril 2017.
8https://www.securite-routiere.gouv.fr/
Née en 1949 sous l'impulsion de la Fédération Française de l'Assurance, elle devient d'utilité publique en 19559.
Il s'agit de la plus importante et plus ancienne association en matière de sécurité routière. Ses actions sont larges et touchent l'éducation routière des enfants et adolescents, sensibilisation et information du grand public et formation continue des conducteurs (infractionnistes, salariés des entreprises, seniors). Elle intervient régulièrement auprès des pouvoirs publics pour faire des propositions visant à améliorer la sécurité routière.
Historiquement elle a accueilli un centre de formation et d'application dès les années 1960 jusqu'en 1983. Centre dirigé par Michel Roche avec une composante de formation de moniteurs (CNFM), avec pour directeur Jacques Tavernier.. Une équipe d'une dizaine d'instructeurs a été ensuite missionnée auprès du Ministère des Transport pour l'expérimentation et la mise en œuvre de la Conduite Accompagnée (AAC) en France (1983/1986).
Faisant suite à la fermeture du centre d'application, un antenne Prévention Routière Formation a été créée afin de mettre en place des stages de sensibilisation à la sécurité routière destinés aux conducteurs sanctionnés dans le cadre de la loi du 10 juillet 1989, dite loi sur le « permis à points ». Elle est aussi au service des entreprises qui souhaitent améliorer la gestion de leur risque routier, sensibiliser et former les salariés au titre de leur mission de travail ou dans celui du trajet domicile-travail.
9https://www.preventionroutiere.asso.fr/
(Référentiel pour l'éducation à la mobilité citoyenne)
Fascicule de « Formation & Sécurité »
Le PNF de La Documentation Française»
... Effectivement il servait, point par point et par objectif, à définir les savoirs et savoir-faire du futur conducteur.
Élaboré à partir des travaux de l'UEM10 puis réglementé le 30 janvier 1989 sur la base du livret d'apprentissage, il a servi de référent à tous les enseignants.
Je l'ai moi-même utilisé, entre autre, pour créer le système expert du premier simulateur de conduite automobile à destination des formateurs11.
En fait, on pourrait dire aujourd'hui qu'il détaille avec précision des éléments de la matrice GDE, en termes d'objectifs, matrice qui pour sa part complète judicieusement les contenus manquants. Les contenus seulement...
Le PNF reste donc d'actualité dans le fond et dans la forme ! Et après analyse des deux documents, il me semble même que ce dernier gagnerait à être enrichi par les contenus de la matrice. Il suffit de décliner les « trous » en objectifs de formation.
L'attention est cependant portée par tous les pédagogues sur l'utilisation quelque peu behavioriste de la pédagogie par objectifs très en vogue dans les années 80/90 et qui bien souvent n'a servi qu'à cocher des cases. Je l'ai toujours considéré comme un pense-bête plutôt que comme un guide rigoureux dogmatique. Idem le livret d'apprentissage en découlant...
Et surtout il reste à bien dégager et à sérier ce qui appartient à un apprentissage de connaissances et ce qui appartient à de la pratique. Sans oublier l'approche comportementale, évidemment qui, elle, doit être cultivée sur le terreau des attitudes.
Pour exemple prenons la décélération d'un véhicule12. Comment donner une valeur à la notion et au risque lié de celle-ci si l'on n'a pas compris et encore moins intégré ce qu'est l'énergie cinétique et sa diffusion lors d'un freinage ou d'un choc ? On remarque de suite que des connaissances théoriques sont aussi nécessaires qu'une pratique sur piste ! Et greffer dessus l'approche comportementale alors naturellement induite.
Qui le fait ? Personne ! Il n'existe pas de cours théoriques dignes de ce nom dans le milieu de l'auto-école... Aucune obligation !
On peut tout de suite remarquer qu'il n'est certainement pas du seul ressort de notre milieu d'enseigner cela. Sinon un rappel et une transposition de ce que maîtrise par excellence l’Éducation Nationale. Alors pourquoi pas un pont entre les deux milieux ?
Une formation théorique obligatoire (pourquoi pas en lieu et place d'un examen ?) au sein des établissements de formation dont on définirait le volume des contenus et des heures. Au même titre qu'il existe un minimum pour la pratique...
Décliner en cours ce que développent en partie seulement les éditeurs sur leurs livres de formation... dans une transversalité des matières et non pas une matière en soi !
De grâce, plus de QCM en batterie, en guise de formation ! Et encore moins des stages trois jours pour l'examen théorique !!! Ineptie pédagogique... On ose appeler cela de la formation.
En effet, pour avoir aussi travaillé comme animateur « permis à points », j'ai remarqué et fait savoir à l'INSERR13 la pauvreté des connaissances théoriques des stagiaires. Méconnaissances et fausses certitudes qui ne participent en rien à un éclairage sain et fiable sur la nature de la sécurité routière, socle incontournable dans la construction des attitudes vis-à-vis de la route !
Pour exemple14, j'ai arrêté de fumer le jour où on m'a expliqué les dégâts sur la santé en inhalant les substances hautement cancérigènes du tabac (4.000 substances !)... sans avoir recours à une quelconque thérapie. Montrer un poumon goudronné ou des gorges cancéreuses n’incite pas vraiment à changer de comportement… Ainsi, beaucoup cachent l’image dans un étui à paquet de cigarettes. Idem pour la voiture… L'attitude construite sur des faits objectifs a induit chez moi le comportement adapté !
Il n'y a pas que les représentations mentales à travailler chez les usagers de la route...
L'attention est ainsi portée sur tous ces documents officiels qui cadrent la formation. Ils ne sont QUE des référent de contenus ! Ils ne développent pas la pédagogie à utiliser... donc un ordre rigoureux à bannir.
L'apprentissage de la conduite devrait donc plutôt se recentrer sur la pyramide, de type Maslow, inventée à l'UEM, car les automatismes, qu'ils soient de mécaniques gestuelles à des algorithmes de raisonnement-action, requièrent une pédagogie que nous avons tous de manière intuitive mise en place : du plus simple vers le plus compliqué...
Mort le PNF ? Non pas, il faut l'utiliser pour ce qu'il est !
10 Unité Expérimentale de Montlhéry (1983-1986) créée par Pierre Maillet, premier Délégué à la Sécurité routière et dépendant directement du premier Ministre, chargé de l'expérimentation et la mise en œuvre nationale de la Conduite Accompagnée.
11 1990 au Codes Rousseau sous la présidence de Monsieur Touzé.
12 Niveau 2 de GDE : adaptation de la vitesse.
13http://www.inserr.fr/ Basé à Nevers, l'institut forme entre autres les animateurs des centres de sensibilisation à la sécurité routière. Formation initiale et continue.
14 Exemple peut-être simpliste par son évidence mais efficace ! J'ai définitivement cesser de fumer en 1978... et fais partie aujourd'hui de ceux qui ne supportent pas l'odeur du tabac. Odeur que ne perçoivent pas ceux qui fument. Pour arrêter de fumer, il suffit d'arrêter ! Radicalement, tout en gérant si nécessaire les difficultés induites.
Le REMC prend en compte la matrice GDE du rapport Gadget, à charge pour le corps enseignant de l'auto-école de se l'approprier.
Voir le rapport MERIT15.
JO n00129 06/06/2013 page 9418 texte n°14
Disponible en fascicule chez « Formation & Sécurité »16
Le
REMC
est né d'une longue réflexion issue de divers pays d'Europe. A cela s'ajoutent aussi celles des pratiques dans les pays occidentaux francophones et anglophones dits « développés »... On peut mettre en avant la pyramide de Maslow datant de 1943 et reprise au sein de l'Unité Expérimentale en 1983 pour cerner l'ensemble d'une formation.
Enfin, les contenus s'inscrivent dans le schéma général HVE (Homme Véhicule Environnement) qui enfin se voit doté d'un cercle l'englobant, et qu'on pourrait résumer par un P (pour Pressions) couvrant les aspects : sociaux, économiques et politiques.
Examinons le cheminement évolutif !
15 MERIT : ce rapport définit les minima pour devenir moniteur d'auto-école (30/06/2005) En anglais.
https://www.cieca.eu/sites/default/files/documents/projects_and_studies/1MERITFinaReportEn.pdf
16 La version du J.O. établissant une liste indigeste, ce fascicule a été mis en page afin de le rendre plus clair. www.formation-securite.org
Tableau originel
Cette pyramide donne une vision globale du fonctionnement humain occidental. Mais il ne faut pas cependant la considérer comme un modèle hiérarchique strict où il deviendrait obligatoire que les strates s'accomplissent totalement de bas en haut pour évoluer, sachant que les études montrent clairement qu'elles s'appuient les unes les autres jusqu'à parfois remarquer que les plus élevées tirent les plus basses... Les couches ne sont donc pas si figées que le schéma le montre !
Ce modèle mal compris a soulevé bien des controverses chez les scientifiques. D'où une clarification qui s'avère utile en ce qui concerne le désir et le besoin par exemple.
(Unité Expérimentale de Montlhéry 1983-1986)
Tableau originel
A partir de la pyramide de Maslow et de ses déclinaisons pratiques nous avons construit une pyramide du même type et tenant de la même essence, concernant les apprentissages.
Pour le « savoirs » : de la connaissance et la compréhension, à la métaconnaissance.
Pour le « savoir-faire » : de l'imitation, à l'expertise de la pratique de l'art.
Pour le « savoir-être » : de l'identification au modèle, à l'autonomie du comportement.
Il va de soi que pour pouvoir s'auto-évaluer, il est nécessaire de maîtriser les bases. Mais il n'est pas interdit que la propension à l'auto-évaluation aide à l'acquisition des strates inférieures.
En effet, les attitudes, la motivation, le sens critique faisant partie des strates supérieures vont faire en sorte que les acquis s'ancrent plus rapidement et avec justesse chez l'apprenant.
Matrice originelle (2002)
La matrice en évolution - 4 niveaux jusqu'en 201317
La toute première mouture de la matrice ne comportait que quatre niveaux. Et l'on remarque de suite, au regard de la pyramide de Maslow puis celle de l'UEM que d'une pyramide on évolue sur une matrice où se croisent contenus et comportements. Ce qui paraît plus logique lorsqu'on tient compte des observations controversées du monde scientifique de l'époque.
Cette matrice ne développe pas les objectifs de formation mais uniquement les contenus !
Reste donc à les inventer...
Il est à noter que la première colonne s'intitule « Connaissances et compétences », terme qui sera changé dans l'édition suivante par : « Connaissances et capacités ». Il faut y voir une rectification mieux adaptée car le mot « compétence » induit un niveau d'acquis permettant le jugement sinon l'évaluation ou auto-évaluation. Or ce niveau ne touche que les niveaux quatre et cinq de la nouvelle matrice. Les niveaux deux et trois touchent essentiellement la capacité à évaluer sa propre pratique.
On commence à visualiser les sphères éducatives ou formatrices dans lesquelles se déroulent l'apprentissage complet.
Beaucoup de contenus peuvent s'apprendre à l'école dans la transversalité des matières, de la maternelle au lycée, soit du cycle 1 au cycle 4 et au delà (lycée, Greta, universités). Le milieu professionnel de l'auto-école s'inscrit préférentiellement dans la pratique18, sans pour autant lui interdire de collaborer en milieu associatif de l'école !
C'est ainsi qu'on pourra parler d'une globalité éducative, en place et lieu du seul permis de conduire qui serait alors octroyé à « l'auto-école ».
Cette matrice s'adresse à tous !
Matrice GDE 2013 - 5 niveaux à partir de 2013
Cette dernière mouture comporte cinq niveaux. En effet, elle reprend in extenso la précédente tout en l'enrichissant en terme de contenus, mais elle se voit dotée de ce qu'on peut appeler P du système HVE encadré par l'environnement social qu'on considère comme une pression (P).
A noter qu'on retrouve la pression sociale à la fois en niveau 3 (troisième ligne) et le niveau 5... A l'intérieur du véhicule puis à l'extérieur. Il faudra bien expliquer.... Microcosme et macrocosme ?
Cette matrice ne concerne que les conducteurs, GDE signifiant Goals for Drivers Education, soit Objectifs pour l’Éducation des Conducteurs.
La colonne « Connaissances et Capacités » signifie que d'une manière théorique et d'une manière pratique les trois premiers niveaux soient acquis !
Les deux étages supérieurs, quant à eux, touchent les comportements... donc, certes une connaissance, mais aussi une mise en œuvre comportementale ! Et cela ne s'apprend pas mais s'éduque... En quelques semaines à l'auto-école ? Faut pas rêver ! On y vient uniquement pour passer son permis... Rien d'autre ! Tant que cette situation perdurera, on parlera de petit commerce.
Le niveau trois fait transition entre le « faire » et « l'être ».
On peut en déduire que ces deux derniers étages s'inscrivent dans tout le continuum éducatif !
17 Rapport n°4 DSCR/INSERR
https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-00544514/document
18 S'il fallait inscrire tous les contenus de la matrice à l'auto-école, il faudrait enrichir la formation d'une partie théorique obligatoire de plusieurs dizaines d'heures, et d'une partie pratique dépassant largement les 20 heures minimum. Plutôt une quarantaine d'heures... Pour quel coût ? Un tué sur la route coûte entre 3 et 5 millions d'euros à la société. Cela vaut la peine d'investir autrement le « capital jeune » !
Ce modèle est connu depuis longtemps, 1950 aux États-Unis, depuis que les chercheurs ont déterminé qu'il n’existait pas de fatalité mais une causalité dans les accidents de la route.
Comme chacun sait aujourd'hui, la part de l'homme est très prépondérante ! L'environnement social fait pression19 (P)
La sphère « Environnement » comporte deux domaines : statique et dynamique.
Pendant longtemps cependant on ne s'en tenait qu'au système HVE jusqu'à ce que les études plus approfondies révèlent des facteurs selon l'environnement socio-économique.
En effet on a pu remarquer par exemple une augmentation du nombre des tués sur la route lors de grands événements comme la victoire des Français lors de la coupe du monde en 1998 ou encore dans les mois qui précédaient une élection présidentielle20 du fait de l'amnistie concernant les P.V. routiers touchant aussi la sécurité. La courbe de sinistralité réagit de même en fonction du moral des Français, oscillant entre laxisme et fatalisme, tout comme la météo...
On regarde aujourd'hui cette causalité, rectiligne, comme un agglomérat de facteurs convergents. Cela s'enchaîne, certes, mais surtout, cela se cumule !
19 P : pression de l'environnement social qu'on retrouve en niveau 5 de la matrice GDE
20 Jacques Chirac fut le premier à abolir cette amnistie générale en raison de la prise en compte de la sécurité routière comme priorité nationale. (2002)
Ce continuum ne concerne que l’Éducation Nationale ! Mais il n'est pas interdit que les professionnels de la sécurité routière s'associent avec le corps enseignant afin de participer à la réalisation de certains objectifs qui font l'objet d'un document intégré dans les programmes scolaires.
Au regard de la transversalité des matières, les professionnels sont parfois invités à la mise en place d'actions internes en totale collaboration, exclusivement dans le cadre associatif !
La Prévention Routière fut précurseur depuis 1958.
Seuls les formations suivies d'examens pratiques21, après l'ASSR, sont du ressort des professionnels privés agréés.
21 Permis AM (cyclomoteur et quadricycle léger à moteur)
Dans la nomenclature des risques, celui lié à la route se situe dans la branche des « Risques de le vie quotidienne »
Diagramme d'Ishikawa
Les études scientifiques aident à déterminer la nature des risques qui sont le révélateur d'un potentiel des sinistres et des axes éducatifs et formatifs afin d'y remédier. Il convient alors de déterminer les priorités d'actions.
Il doit impérativement cependant exister un pont entre les objectifs éducatifs du continuum et les risques d'exposition des usagers de la route. Car la prise en compte des risques seuls ne suffisent pas à établir les objectifs.
Édition épuisée...
Le premier dossier sur lequel mes yeux se sont posés concerne Paul Morand. Pourquoi donc cet auteur et ce petit livret joint22 parlant de la vitesse ? Je suis donc parti en exploration littéraire !
Pour moi, ce personnage ne m'inspirait que répulsion... En effet :
il fut un académicien et un diplomate dont le comportement reste somme toute assez controversé du fait de sa proximité politique avec le régime de Vichy durant la guerre de 39/45. Il n'est pas le seul exemple dans ce milieu si l'on lit par exemple objectivement Louis-Ferdinand Céline dont les romans sont des chefs-d’œuvre !
Par curiosité je ne m'en suis tenu qu'à ses observations sur la vitesse, en les extrayant soigneusement du reste, car on comprend pourquoi il a été mis au banc pour son racisme élitiste et sa position nazie.
Passons sur le personnage pour ne porter un regard objectif que sur cet essai, reflet de la Belle-Époque. C'est cette facette-là, un regard de psychologue, qu'a dû analyser Michel Roche : une vision ethnologique du monde moderne !
Roland Barthes23, plus tard, est aussi un exemple d'observateur avec son sens de la sociologie et de la sémiologie.
La voiture était alors réservée à l'élite, à la bourgeoisie fortunée qui faisait ainsi montre de sa catégorie sociale élevée... rivalisant avec la Noblesse. Un symbole de puissance ! La crise de 1929 n'était pas encore passée par-là... ni la fantastique démocratisation de l'auto après la guerre.
Sa première observation, qu'on pourrait reprendre encore aujourd'hui tout en la relativisant, c'est à dire en multipliant par dix ou cent, parle d'adaptation de l'individu à la vitesse.
« Si le monde va trop vite, c'est que nous ne sommes pas encore adaptés, car la vitesse n'est pas le désordre, mais un ordre nouveau qu'il faut accepter. ». Il parlait de la vitesse au sens large.
En ce qui concerne la voiture, la physiologie de l'humain ne lui permet pas en effet de se conduire dans ses déplacements à plus que la vitesse du pas rapide, soit dix à quinze kilomètres heures au mieux. Au delà, il court vite et son champ de perception rétrécit. Il perd la qualité de la proximité ! Alors en voiture... Il lui faut toute une mécanique d’assistance afin de ne pas perdre le contrôle du véhicule qui devient une extension de lui-même, au même titre qu'un outil. Qu'un outil ?
Sinon le contrôle de soi ! Nous y venons...
« Il y a dans la vitesse (…) quelque chose d'irrésistible et de défendu, une beauté tragique, aux conséquences incalculables, une nécessité et une malédiction. Tout y conduit, le plaisir et l'ennui, la richesse et la pauvreté, et il n'en résulte que toujours plus de déception, toujours plus de besoins, des accidents, des supplices, de nouveaux abîmes...»
Rapprocher les êtres, raccourcir le temps. Qu'y gagne-t-on vraiment ?
Chaque chose en son temps et un temps pour chaque chose, qui signait le rythme de la vie sans vitesse peut aujourd'hui être repris, à ceci près que la perception du temps qui s'écoule dans les événements du quotidien prend une autre dimension à chaque génération, pour aujourd'hui s'accélérer à la vitesse mesurée en nanosecondes... On peut à ce jour éprouver cette même sidération, sinon angoisse, au regard de nos vitesses actuelles. : 80 km/h sur les routes passait pour excessif, sportif, alors que certains pensent maintenant s'ennuyer... Les véhicules et les infrastructures peuvent le permettre en sécurité, mais le corps humain, lui, n'a pas changé. Il subit toujours la même loi de l'énergie cinétique qu'il faut restituer pour s'arrêter. La sécurité routière tient tout d'abord de cette loi universelle ! Ne pas encaisser plus 9 g en décélération... Les dégâts sur le corps commençant bien avant !
En 1929 on cherchait à circuler à 100 km/h24, chiffre mythique, mais « ayant vingt fois trouvé le chiffre prestigieux, nous n'en sommes pas plus heureux ; le maximum rêvé, puis atteint, est bientôt devenu un monotone train de route ».
Le surplace, l'attente, la lenteur sont des « morceaux de notre vie inertes » que la vitesse annihile par « l'accroissement du rendement de la vie. » La vitesse en gagnant sur le temps crée donc de la vie disponible. C'est allonger sa propre vie !
Psychologiquement parlant, toute la problématique de la vitesse se tient dans ce ressenti-là... Une silencieuse vitesse qui n'est plus identifiée comme jadis, tant l'environnement (voiture et route) nous sécurise.
